Donner sa chance à Macron, oui. À en perdre la tête, non !

Contrairement à ce que le discours ambiant voudrait nous faire croire, « donner sa chance à Macron » ce n’est pas lui donner carte blanche sur un programme qui reste très vague pour l’instant. C’est garder sa capacité de réflexion pour juger correctement.

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Donner sa chance à Macron, oui. À en perdre la tête, non !

Publié le 17 mai 2017
- A +

Par Nathalie MP.

Quel génie ce Macron ! En nommant Édouard Philippe à la tête de son gouvernement, il réussit le prodige de faire entrer à Matignon un politicien jamais ministre auparavant et néanmoins chevronné, un « nouveau visage » passé bien classiquement par l’ENA, un élu Les Républicains (LR) qui a fait ses classes politiques avec Rocard au Parti socialiste, un proche de Juppé qui s’est revendiqué hier « homme de droite » tout en couvrant d’éloges son prédécesseur Cazeneuve « homme de gauche », un converti récent au macronisme qui ne s’était pas privé il y a seulement quelques semaines de brocarder férocement son patron d’aujourd’hui ! 

Échantillon réjouissant de sa prose de l’époque :

Macron (…) n’assume rien mais promet tout, avec la fougue d’un conquérant juvénile et le cynisme d’un vieux routier (si j’ose dire, s’agissant du promoteur des autocars). (Libération, 18 janvier 2017)

Et voilà qu’Édouard Philippe, vieux routier lui-même, se retrouve Premier ministre du promoteur des autocars ! Beau rétablissement pour lui et formidable retournement que Macron vient d’opérer !

Des journalistes en extase

Tout a l’air de sourire à notre jeune Président, du soleil jetant ses doux rayons sur son investiture aux commentaires extasiés des journalistes télé le voyant monter les escaliers quatre à quatre.

Son élection à la présidence de la République a eu la conséquence rapide et évidente de faire exploser le Parti socialiste. La nomination hier (15 mai 2017) d’Édouard Philippe, député-maire LR du Havre, au poste de Premier ministre, est lue de façon assez unanime comme une stratégie pour dynamiter la droite et former autour de lui un grand rassemblement transpartisan pas loin de l’idée d’union sacrée pour sauver la France.

De là à conclure qu’il est en passe de réussir son opération de déstabilisation des partis traditionnels et d’engranger les députés qui lui manquaient encore pour obtenir une majorité absolue en juin, il n’y a que quelques petits pas que 22 députés LR (plus NKM qui s’est rajoutée à la liste hier soir) se sont empressés de franchir en demandant à leur parti d’accepter la main tendue du Président de la République :

La main tendue du président

Il y a cependant matière à penser que tout ne se déroule pas et ne se déroulera pas aussi simplement qu’il y paraît.

Les députés LR sont aujourd’hui au nombre de 200, ils évoluent souvent de concert avec leurs homologues UDI qui sont une vingtaine. Le ralliement de 22 d’entre eux à la majorité présidentielle reste assez marginal et ne rend pas compte du choix particulièrement tranché des électeurs de droite en faveur du projet de rupture de François Fillon lors de la primaire. La droite et le centre gardent un énorme potentiel électoral en tant qu’opposants à la ligne présidentielle.

Juppé aux législatives

Alain Juppé lui-même a fait part de son choix de mener la bataille des législatives dans sa famille politique d’origine tout en appelant à une opposition constructive si la droite n’obtenait pas la majorité à l’Assemblée en juin :

Du côté du PS, on n’a pas manqué de souligner que le caractère « de droite » mis en avant par le Premier ministre plaidait pour plus de gauche dans la vie politique :

Hollande à l’investiture

Il n’est pas exclu que cela puisse en effet re-motiver quelques troupes socialistes, d’autant que la veille, François Hollande était venu directement de l’investiture de Macron au siège du PS rue de Solférino pour expliquer, avec l’ambiguïté qui le caractérise décidément en permanence, que :

C’est toujours à la gauche qu’il appartient de faire avancer le progrès social et de permettre le redressement économique.

Par ailleurs, on sent que même si l’on trouve toujours un bon contingent de politiciens prêts à voler au secours de la victoire, les tractations d’Emmanuel Macron pour former une majorité sont compliquées. Jeudi dernier déjà, la présentation des 428 premières investitures de La République En Marche (LREM) s’était faite avec deux heures de retard sur l’horaire prévu. Et même avec ce délai pour procéder aux ajustements de dernière minute, pas mal de couacs et malentendus avaient transformé cette opération de communication en une belle démonstration d’à peu près.

L’enthousiasme ne suffit pas

De même, la nomination du Premier ministre, pour attendue qu’elle était, ne fut effective qu’à 15 heures hier alors qu’elle avait été annoncée pour le milieu de matinée. La composition du gouvernement devait être divulguée hier et celle des 149 députés LREM non encore sélectionnés aujourd’hui, on en déduit assez facilement que l’enthousiasme à faire de la « politique autrement » est loin de suffire quand on en vient au concret, c’est-à-dire aux postes des uns et des autres.

Mais, me direz-vous, de quoi vous plaignez-vous ? Après avoir renvoyé le FN à ses étroitesses et ses incompétences, Macron donne un coup de pied dans la fourmilière des mauvaises habitudes politiciennes de ce pays, il fait vaciller les vieux partis, dépasse les clivages d’autrefois et entraîne dans son sillage une nouvelle génération très motivée qui entend faire souffler un vent frais sur la façon de faire de la politique. C’est une chance que la France doit saisir.

Dégagisme et recyclages

Il y a certes de quoi se réjouir de la déconfiture de tous les vieux briscards qui occupaient les postes ministériels, les matinales radios et les 20 heures télévisés depuis 30 ans avec beaucoup de suffisance et fort peu de bons résultats, emportés qu’ils furent par le « dégagisme » qui a marqué cette élection présidentielle.

Mais au vu des manœuvres politiciennes en cours, au vu des tentatives de recyclage du PS d’un côté et des risettes à la droite de l’autre, au vu de tous les énarques qui accourent dans le prétendument nouveau paysage politique, au vu de l’impressionnant « déjà vu » qu’on ressent face au spectacle de la macronie qui s’installe, il reste à s’interroger sur les contours exacts du renouveau et du rassemblement mis en oeuvre par Emmanuel Macron.

Un alignement d’événements exceptionnels

Je pense premièrement que s’il se voyait clairement Président un jour, il n’imaginait pas y arriver en 2017, mais plutôt en 2022 ou 2027. Il aura fallu un exceptionnel alignement d’événements – renonciation de Hollande, victoire de Hamon, échec de Sarkozy et Juppé, difficultés de Fillon, montée de Mélenchon dans la dernière ligne droite, débat suicide de Le Pen – pour le voir accéder au pouvoir dès cette année.

Cette précocité est un facteur de fragilité, car il n’est vraiment prêt ni sur le fond ni sur la forme. Il est de plus fort mal élu, le rejet des autres candidats supplantant nettement l’adhésion à sa personne et son programme.

Recruter des marcheurs

Au départ, son objectif fut surtout de recruter des « marcheurs » à tour de bras sur la base d’un espoir de changement poétiquement intitulé « pensons printemps » à défaut de se décliner en mesures concrètes. Mais avec l’évolution « complètement dingue » de l’élection présidentielle, il a rapidement fallu donner de la consistance au projet sans effaroucher personne, d’où un positionnement mou susceptible de parler à tout le monde. Macron est rassembleur par nécessité, mais il y a deux façons de rassembler et il a choisi la moins intéressante.

Situation réelle de la France

Soit vous faites un vrai constat sans concession de la situation réelle de la France, de son chômage, sa dette, ses prélèvements obligatoires toujours plus élevés, son insécurité à la petite semaine qui pourrit lentement mais sûrement la vie des gens, et vous proposez un vrai projet de transformation du pays qui passe forcément par le programme « baisse des dépenses, baisse des impôts, libéralisation du marché du travail, choc de simplification » dont j’ai déjà parlé.

La perspective est rude, d’autant plus rude qu’on a beaucoup trop attendu, mais à force d’explications claires et fondées, le rassemblement se fait petit à petit sur un projet, certes difficile, mais dont l’orientation est claire et acceptée.

Soit, et c’est ainsi qu’Emmanuel Macron a procédé, vous attirez à vous le plus de monde possible en choisissant vos mots, toujours enthousiasmants, selon que vous parlez à tel public plutôt de gauche, ou plutôt de droite, ou plutôt jeune ou plutôt âgé etc… En d’autres termes, et ce n’est guère nouveau, vous usez de votre charisme et de belles promesses enivrantes où chacun trouve quelque chose à se mettre sous la dent pour « ratisser large », mais vous ne créez ni projet ni unité politique.

Un projet social-démocrate

À entendre beaucoup de soutiens du Président, si on n’est pas entièrement avec lui, c’est qu’on est contre lui, voire contre les possibilités de la France de se réformer. Pourtant, la chance que la France doit saisir avec Macron est loin d’être claire. Chez LREM, on perçoit beaucoup de ferveur pour un projet à dominante social-démocrate pour ce qu’on en sait et dont beaucoup d’éléments restent en pointillés.

Que deviendrait alors la légitime faculté d’opposition s’il fallait que tout un chacun, acceptant la main tendue d’Emmanuel Macron comme le demandent les 22 députés LR mentionnés plus haut, décide d’entrer dans la majorité présidentielle, ou tout au moins de fermer les yeux sur les politiques menées au nom des vertus (encore à démontrer) de la recomposition politique en cours et de l’union sacrée pour sauver la France ?

Face au gouvernement

Il ne resterait plus que les irréductibles du FN et de La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon pour porter la contradiction au gouvernement. On voit d’ici où pourrait nous mener une politique social-démocrate perpétuellement et uniquement remise en cause par des « frondeurs » idéologues et pour tout dire hors-sol.

Il importe au contraire qu’Emmanuel Macron ait face à lui, non pas un pays presque entièrement sous son charme, mais une opposition constructive, qu’elle soit parlementaire, médiatique ou qu’elle vienne de la « société civile. »

Contrairement à ce que le discours ambiant voudrait nous faire croire, « donner sa chance à Macron »  ce n’est pas lui donner carte blanche sur un programme qui reste très vague pour l’instant, ce n’est pas faire le jeu d’une recomposition politique qui n’est que politicienne à ce jour, ce n’est pas foncer tête baissée dans les postes à pourvoir sur la base d’un vague entendement « renouveau, jeunesse, fraîcheur, printemps ».

« Donner sa chance à Macron », c’est à l’inverse garder son indépendance, garder ses capacités d’observation et de réflexion extérieures afin d’évaluer la future politique du gouvernement exactement pour ce qu’elle vaudra, ni plus ni moins, sans perdre la tête.

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  • Effectivement, si les LR s’allient avec en marche, la seule opposition devient Lepen Mélanchon, donc si il y a mécontentement des français dans 5 ans , nous aurons comme futur president l’un des deux.

  • ma foi , je n’ai pas perdu la tête pour l’élection présidentielle , je ne vais pas la perdre non plus pour les législatives ; ce serai faire un chèque en blanc à quelqu’un que je ne connais pas et dont je me méfie ;

  • S’il avait au moins la possibilité de faire appliquer ses ordonnances cet été, nous ferions déjà en 3 mois ce que nous n’aurions même pas osé envisager avec un quinquennat de droite au pouvoir.

    • @ Virgile : J’ai lu son livre.

    • @ cachou42

      Le président élu dans un choix de 11 candidats, par les électeurs « utiles » * , se voit à l’aube de son 3ième jour en fonction, déjà victime d’un bashing, par Nathalie MP, alors qu’il n’a encore QUE choisi son premier ministre, ce qui est tout de même, son droit le plus respectable!

      Mais bon! Depuis 1967, les Français devraient avoir retenu que:

      « Et quant au reste, tout ce qui grouille, grenouille, scribouille, n’a pas de conséquence historique dans ces grandes circonstances – pas plus qu’il n’en eut jamais dans d’autres. »

      Pas de comparaison Ch.De Gaulle-E.Macron, mais un exemple de conception du président qui inspire!

      Il est quand même paradoxal de « râler » contre 40 ans d’un système qui a continuellement foiré et de refuser d’essayer une autre solution dont l’initiateur a été élu pour ça!

      Quoi de plus normal que de rassembler au pouvoir (et donc de « mouiller ») une majorité large quand il faut prendre des décisions anti-démagogiques et déplaisantes, quand le clivage traditionnel « gauche-droite » n’y est jamais parvenu!

      C’est plus un « gouvernement d’union nationale » que la fin de la IVième république!

      * Électeurs utiles = ceux qui ont voté: je ne parle de « votes utiles » d’interprétation bien trop indéfinie et variable pour être utilisable, ni d’interprétation subjective d’abstentions, votes blancs ou nuls!

      • Vous oubliez tout simplement que votre renouveau sort de l’ENA et fut conseiller économique et ministre de Hollande, donc responsable du 1,1% de croissance en 2016 et du million de chômeurs supplémentaires à la charge du pays et de ses contribuables. Votre chouchou n’est pas un perdreau de l’année, il a déjà un passif derrière lui et n’a pas démontré de capacité pour redresser l’économie du pays aux deux postes qu’il a occupé!

        • @ Virgile
          Non! Un ministre n’est pas seul responsable des décisions: un gouvernement a une responsabilité collective et lui a démissionné.

          L’ENA: oui, il n’est pas le seul!

          Un président « perdreau de l’année », ce serait prendre les électeurs pour des crétins: ce n’est pas mon opinion.

          Je ne suis pas Français, donc ça m’est bien égal! Mais il est clair qu’E.Macron était le meilleur choix enfin opposé à ce clivage stupide de gauche droite … refusé par l’électeur.

          Un président quel qu’il soit dépense évidemment l’argent des contribuables.

          Mais lui, au moins, essaye « autre chose » (pas vraiment nouveau, mais pas essayé depuis au moins 37 ans).

          Et si pas E.Macron, M.Le Pen?

          Ce mercredi a déjà détruit toutes les prédictions de Macron=Hollande bis et autres âneries de ces « prophètes de malheur », prétentieux serviteurs de « sinistrose », à l’imagination stérile, concrètement, en critiquant même ce qui n’a pas encore commencé.

          Et ça, c’est évidemment la meilleure recette de l’échec!

    • Vous rêvez car il n’a aucune intention de faire ce que vous lui prêtez si complaisamment. Vous avez lu mais pas compris!

      • Celle là, je l’attendais de votre part.
        Par correction je m’étais retenu de la faire à votre encontre, mais vous bien sûr osez tout, c’est à même à ça qu’on vous reconnaît.

  • Cela ne veut rien dire « laisser sa chance à Macron », ce n’est pas un jeu de télé-réalité, il a obligation de résultat, c’est tout.

  • Les LR vont exploser entre une droite traditionnelle et un centre droit libéral .
    Macron est le président au programme le plus libéral que nous ayons eu depuis près de 60 ans (1958). Laissons lui sa chance et soutenons cette ouverture au libéralisme !

    • Vous avez vu où son programme libéral? Vous nous faites bien rire avec vos affirmations injustifiées!

      • Je ne vais pas vous mâcher le travail à vous et vos comparses (il semblerait que vous soyez nombreux derrière ce « nous », peut être vous et votre ego qui sait ?) :
        http://www.generationlibre-primaires.fr/
        Je vous laisse vous instruire, vous avez le détail des propositions. Bon courage à vous et….

    • @Mathador
      C’est Giscard qui a fait passer les PO de 37% à 43% du PIB entre 74 et 79.
      Les sociaux-démocrates qui nous gouvernent depuis ce jour là son moins libéraux que le vieux général qui pourtant tenait une bonne couche d’étatisme.

  • déjà il y a trop d’énarques à l’Elysée ce qui est très mauvais signe, la fermeture de l’ENA étant une condition sine qua non du redressement de la France. Mo dès que je vois un énarque candidat je vote contre par principe

  • La gauche redresse l’économie française? Ce n’est pas ce que l’on a constaté lorsqu’elle était au pouvoir! C’est même carrément l’inverse vu ce qu’elle fit en 1981 et 2012. Si 1,1% de croissance c’est pour Hollande un redressement on peut s’inquiéter sur sa santé mentale!

  • Donner sa chance à Macron… C’est donner une nouvelle chance aux socialistes de montrer leur savoir-faire.
    Et à l’occasion épurer la droite de ses socialistes..on va bientôt avoir tous les noms….merci Macron et bientôt , Au revoir Macron et toute sa clique.

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