Marine Le Pen est plus un « produit du système » que ne l’est Macron

La France crève du socialisme. Depuis l’URSS, modèle du socialisme dur, la France constitue l’expérience la plus aboutie de socialisme appliqué.

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Marine Le Pen est plus un « produit du système » que ne l’est Macron

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 10 mai 2017
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Par Drieu Godefridi.

J’ai toujours détesté l’esprit de meute et de lynchage : le dernier crachat sur un homme à terre est le plus vil. Quand je lis les analyses du débat entre Mme Le Pen et M. Macron, je suis surpris de constater que s’agissant de Marine Le Pen — pourtant une femme ! — il n’existe virtuellement aucune limite dans l’injure. Si je ne l’avais pas regardé, je croirais que le débat était entre un Rottweiler et un jeune prince souriant.

Ce débat, je l’ai regardé. La forme ne m’intéresse pas. En revanche, j’ai été surpris par l’impréparation de Mme Le Pen.

Bien sûr son programme de sortie de l’euro, nationaliste et protectionniste au sens strict s’inspire directement des thèses de ses conseillers économiques d’extrême gauche dans la ligne de Jacques Sapir et, plus haut, J. Stiglitz et P. Krugman.

Mais après tout ces critiques de l’euro ont une thèse, partagée du reste par des libéraux qui ont de ces questions une intelligence réelle (je pense à Charles Gave et Henri Lepage). Encore faut-il être capable de la soutenir, ce qui n’était pas son cas.

Du socialisme au sens strict

Pour le reste, le programme économique de Mme Le Pen est socialiste au sens strict : retraite à 60 ans, maintien des 35h, “évitement” de la concurrence entre entreprises même françaises (sic), protection des Français “contre” l’économie, aucune remise en cause de l’hyperinflation législative ni des 57% de PIB en dépense publique annuelle, soit le record mondial et dans l’histoire de France.

Cette doctrine est la doctrine française depuis 40 ans, transcendant les clivages et partis. En ce sens Mme Le Pen est tout autant un produit du “système” que l’est M. Macron — et sans doute l’est-elle, sur le plan idéologique, encore davantage que lui.

La France tombe, tout le monde le « sent » et — plus signifiant — les chiffres (chômage, dette, exode des Français qui s’en vont créer de la richesse à l’étranger) désormais en attestent. Mais ce dont la France souffre d’abord, c’est de l’aveuglement de ses élites intellectuelles.

Hostilité française au libre-échange

Il y a toujours eu, sinon en fait, du moins en théorie, une hostilité française à l’égard du libéralisme et du libre-échange. Cette hostilité est liée au positionnement géopolitique historique de la France, plus autonome économiquement que ne l’a jamais été l’Angleterre ouverte aux vents du large.

Mais les précédentes générations d’intellectuels étaient capables de faire la part de l’atavisme et du fait. Ce n’est plus le cas. Triomphent aujourd’hui dans la droite et l’extrême droite intellectuelles les thèses d’un Jean-Claude Michéa, selon lequel c’est du libéralisme — ou du « modèle libéral-libertaire » — que souffre la France.

Il n’est pas jusqu’aux éditorialistes les plus en vus de la presse de droite qui ne se définissent comme socialistes, anti-libéraux et décroissants (sic).

Quelques vérités élémentaires

On peut être ce que l’on veut, c’est la beauté des idées et des valeurs. Mais si la France ne veut pas « crever » du socialisme en étant persuadée que c’est la liberté qui la tue, il serait temps de retrouver le chemin de quelques vérités élémentaires.

Jamais, dans l’histoire de France, les prélèvements obligatoires n’ont été aussi élevés. Jamais, dans l’histoire de France, l’individu n’a été soumis à un volume de normes, lois et règles ne serait-ce que vaguement comparable à celui qui s’abat sur le Français dès le pas de sa porte — et jusque dans sa chambre.

Je dirige actuellement une équipe internationale de chercheurs sur ce sujet, et nos recherches montrent que la France produit désormais davantage de normes chaque année — dans les 50 à 60.000 pages par an — qu’il s’en est produit entre Saint-Louis et 1789 ! Cela sans même tenir compte des 150.000 pages du droit européen.

Un grand nombre de ces lois — le principe libéral de l’État neutre ayant été sacrifié depuis bien longtemps — sont désormais morales au sens strict, aussi vrai que la domination, le harcèlement, la violence psychologique, la discrimination, etc. sont moralement insupportables ! Tout se mesure désormais à l’aune du critère de l’inégalité matérielle comme mal en soi, et tout est bon pour y remédier.

La France crève du socialisme. Depuis l’URSS, modèle du socialisme dur, la France constitue l’expérience la plus aboutie de socialisme appliqué.

À paraître : La passion de l’égalité — Essai sur la civilisation socialiste.

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  • Ce n’est malheureusement que trop vrai, la France est avec Cuba, le Venezuela et la Corée du nord les derniers pays communistes!

  • Et le plus marxiste d’Europe après la Grèce, c’est peu dire. On voit ou va la Grèce, et je ne sais pas si les Français l’accepteront !

  • Merci à Drieu pour ces rappels salutaires. Les Français sont effectivement aveuglés par le socialisme, dont la propagande insidieuse s’exerce au quotidien sur toutes les radios et télévisions, dans la quasi totalité de la presse, les innombrables « parutions » de toutes les strates administratives du pays (communes, communautés de communes, « pays », communautés d’agglomération, départements, régions, état. Elle a gangrené la justice dont l’objectif n’est pas la protection des honnêtes citoyens mais la « réinsertion » des délinquants, « victimes de la société ». Elle est au cœur de l’action de « machins » (HALDE, CSA …) et d’associations financés par les contribuables. Elle est relayée par les syndicats dans les entreprises et dans la rue. On la trouve jusque dans la publicité des entreprises « privées » (ou du moins ce qu’il en reste). Difficile d’y échapper. Le catéchisme socialiste est inculqué dès le plus jeune âge à l’école. On remarquera qu’aucun parti politique n’est autorisé (ni ne s’autorise) à remettre en question l’intégralité des dogmes socialistes. D’où la partition de la droite en 2 camps, l’un remettant en cause les dogmes socialistes sur « le vivre ensemble », la justice, l’école, mais leur restant fidèle dans tous les autres domaines (protectionnisme, interventionnisme, défense des prétendus services publics…), l’autre se contentant principalement de viser à une tentative de réduction du périmètre d’intervention de la sphère étatique, sans débat sur le fond (voir https://www.contrepoints.org/2017/05/01/288171-france-incapable-de-penser-lavenir-de-letat), et soumis à l’injonction qui lui interdit de s’allier au premier.

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casier Législatives coute
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