Marine Le Pen veut-elle vraiment gagner l’élection présidentielle ?

Paradoxalement, la grande faiblesse du programme du Front National est de ne pas être enracinée dans la société française.

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Marine Le Pen - Front national - Meeting 1er mai 2012 - Blandine La Cain via Flickr

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Marine Le Pen veut-elle vraiment gagner l’élection présidentielle ?

Publié le 25 avril 2017
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Par Éric Verhaeghe.

L’image était frappante dimanche soir. Le discours de Marine Le Pen commentant les résultats avait quelque chose de glacé, de triste, de mécanique dans lequel on ne percevait pas l’envie d’être présidente. Quelques minutes plus tard, Emmanuel Macron prononçait des mots triomphalistes, posait ses mots : « Je souhaite devenir votre Président ». D’un côté, la défense, de l’autre, l’attaque.

Faut-il en déduire que l’envie se trouve dans un camp et pas dans l’autre ?

La campagne en demi-teinte de Marine Le Pen

Rétrospectivement, certains ne manqueront pas de souligner le faible enthousiasme de la campagne menée par Marine Le Pen. L’obsession de la dédiabolisation a été portée jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à nier le projet de sortir de l’euro, et jusqu’à arrondir beaucoup d’angles sur les questions identitaires. Dans la pratique, l’essentiel de la posture nationaliste a consisté à dénoncer l’européisme et le mondialisme des autres candidats, sans véritablement porter le fer.

Faute de propositions concrètes qui marquent l’opinion, la campagne de Marine Le Pen a donc essentiellement consisté à surfer sur une victoire promise, dont les résultats finaux montrent les limites : non seulement le Front National est loin des 30% annoncés, mais la candidate du Front ne termine qu’en seconde position. Certes, elle a réuni plus de 7,6 millions de voix, mais… avec une campagne plus « nerveuse », elle aurait sans doute pu faire bien mieux.

Le front républicain, certes, mais l’envie…

En écoutant Marine Le Pen, hier soir, on entendait déjà le discours dénonçant le front républicain qui devrait théoriquement faire perdre Marine Le Pen au second tour. Le Front National annonce sa défaite, ou l’intériorise avant qu’elle n’ait lieu. La question est de savoir si, sans front républicain, Marine Le Pen remporterait l’élection.

Rien n’est en réalité moins sûr. Pour gagner au second tour, il ne suffit pas d’une arithmétique complexe. Il faut aussi une envie, et une rencontre avec le peuple français. Marine Le Pen n’a ni clairement exprimé la première, ni connu la seconde. Elle dispose désormais de quinze jours pour tenter cette alchimie dont elle aurait besoin même si la totalité des forces politiques ne cherchait pas à la faire perdre.

Qui a une vision claire de la société proposée par le Front National

Sur le fond, le Front National a probablement réussi une part de sa dédiabolisation, mais il n’a pas encore expliqué quelle société il voulait. En dehors d’une rupture (floutée par Marine Le Pen) avec l’Union Européenne, et de quelques mesures ponctuelles, en dehors d’un durcissement des règles en matière d’immigration et de nationalité, on peine à saisir « l’identité » du projet frontiste. Paradoxalement, la grande faiblesse du programme du Front National est de ne pas être enracinée dans la société française.

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  • enraciné, sans ‘e’: ce n’est pas la faiblesse qui est enracinée, mais le programme (qui n’est pas enraciné), oops!

  • sur orange actu , 6045 personnes ont été intérrogé sur leur futur vote : 29% pour macron ; 42 % pour le pen ; 27% ne se prononce pas ; si elle ne sait pas ce qu’elle veut , d’autre le savent à sa place…..

  • A mon avis l’énorme faiblesse de Le Pen, c’est son programme économique qui ressemble tant à celui de Mélenchon qu’on se demande pourquoi les mélenchonistes ne vont pas voter en masse pour elle au second tour.
    Si elle avait construit un programme national-libéral et non national-socialiste de bien triste mémoire, elle pourrait gagner bientôt (mais pas en 2017 ni tant qu’elle ou plutôt Philipot n ‘auront rien compris à l’économie).

  • Je ne suis (pour une fois) pas totalement d’accord.
    Pour avoir lu les 144 propositions de MLP, je trouve qu’une large part fait écho à des attentes souvent exprimées par une large part de la population. On retrouve d’ailleurs des propositions sociales ou économiques similaires chez la plupart des candidats de gauche, jusqu’à Macron.
    Je pense que ce qui pose un problème complexe au FN est l’image de parti d’extrême-droite et de contestation qu’il a depuis ses débuts, alors que clairement c’est désormais un Parti de gauche plutôt extrémiste qui cherche à conquérir le Pouvoir.
    Du coup, l’électeur très à droite ne s’y retrouve plus trop, et l’électeur de gauche préfère un JLM a une MLP alors que sur l’essentiel ils tiennent le même discours…

  • ce qui est croquignolesque, c’ est que LR appelle ses électeurs à voter MACRON à la présidentielle , et aux législatives , ils vont expliquer pourquoi il faut voter LR : autant être logique et voter pour les candidats présentés par MACRON .

  • @tous ce qui se plaignant de la monté du FN,
    posez vous les vraies questions.
    Les responsabilités, sont en premier lieu les responsables(irresponsable) politiques gauche et droite depuis plus de 30ans.
    si le vote blanc avait été pris en compte, le peuple ne serait pas obligé de voter pour les extrêmes, afin de faire entendre leur désir de changement profond de classe politique, 4 élections passés et ils n’ont toujours rien fait, voir même comme M.Valls persister dans sa connerie en comportement de petit dictateur Franquiste.
    Et nous tous les électeurs, avons aussi notre part de responsabilités, nous votons pour des députés véreux, arrivistes, corrompus, bon en rien mauvais en tout, simplement parce que ils sont de la représentation du parti politique ne notre choix, pas pour la valeur des hommes.
    Une démocratie ne fonctionne que sur une basse de partage et respect du pouvoir, quand un gouvernement les a pratiquement tous les, président, députation, et sénat, la démocratie tourne vite a la dictature.

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