Brexit : vers un « Royaume Désuni » ?

Après des mois de discussions et d’âpres débats, Theresa May, la Première Ministre britannique l’a activé mercredi 29 mars. Retour sur le divorce annoncé entre le Royaume-Uni et l’UE.

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Brexit : vers un « Royaume Désuni » ?

Publié le 19 avril 2017
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Par Chloé Lourenço.
Un article de Trop Libre

Après que la Grande-Bretagne a voté « Leave » le 23 juin dernier, un petit texte, passé jusque-là inaperçu a commencé à faire parler de lui dans les hautes sphères bruxelloises. Ce texte, c’est bien entendu l’article 50 du Traité de Lisbonne qui donne la marche à suivre pour un État qui souhaite quitter l’Union européenne.

Après des mois de discussions et d’âpres débats, Theresa May, la Première ministre britannique l’a activé mercredi 29 mars. Retour sur le divorce annoncé entre le Royaume-Uni et l’UE.

Une procédure complexe

L’article 50 du Traité de Lisbonne  décrit comment un État peut demander à quitter l’Union Européenne. Lorsque le processus est enclenché, le candidat au départ dispose d’un délai de 2 ans pour faire ses bagages.

Cette période peut être prorogée par un vote à l’unanimité du Conseil européen, mais il est fort peu probable que cela ait lieu dans le cas du Brexit, les 27 souhaitant voir partir au plus vite le Royaume-Uni. Toutefois, si au bout de deux ans de négociations aucun accord n’est trouvé entre l’UE et la Grande-Bretagne, elle devra quand même quitter l’union, mais sans aucune compensation.

Mercredi 29 mars, Theresa May a activé cet article et lancé la procédure de divorce, car c’est bien de cela dont il est question. Le Royaume-Uni cessera donc d’être un membre de l’UE dès le mois de mars 2019. Si outre-Manche la teneur des négociations demeure toujours floue, pour Bruxelles, en revanche, cela se précise.

Le 20 mars dernier, Donald Tusk, président du Conseil européen a annoncé sa volonté de réunir les 27 lors d’une réunion extraordinaire le 29 avril prochain, en présence du négociateur en chef du Brexit pour la Commission européenne, Michel Barnier. « Comme vous le savez, j’aurais personnellement souhaité que le Royaume-Uni ne choisisse pas de quitter l’UE, mais la majorité des électeurs britanniques en a décidé autrement. Par conséquent, nous devons faire tout notre possible pour que le processus de divorce soit le moins douloureux possible pour l’UE » a déclaré le président du Conseil.

L’Union européenne va marcher sur des œufs pendant les deux prochaines années. Si elle négocie un départ trop dur pour les Britanniques, cela fera le jeu des nationalistes. Mais si elle accorde trop de choses à la Grande-Bretagne, il risque d’y avoir un effet domino sur le continent, certains préférant sortir que rester dans son giron.

« A Plan for Britain »

Theresa May, elle-même peu encline à quitter l’UE s’est vite aperçue de la nécessité de préserver l’unité du Royaume qu’elle gouverne. Mi-mars, elle s’est rendue au Pays de Galles, où elle a encore réaffirmé sa volonté de trouver un compromis dans lequel tous les sujets de sa majesté seront gagnants. « From my first day on the steps of Downing Street, I made clear my determination to strengthen and sustain the precious union. I have also been clear that as we leave the EU, I will work to deliver a deal that works for the whole of the UK ».

Voyant que le Royaume-Uni risquait de se désintégrer purement et simplement, le gouvernement de Londres a mis en place un plan pour la Grande-Bretagne, dans lequel elle promeut l’unité du pays, et promet aux Britanniques qu’ils ne perdront rien à quitter l’UE. « What we are looking to negotiate when we leave the European Union is a bright future for a stronger, fairer Britain. That’s about getting the right deal with the EU, but it’s also about insuring that we’re getting a better deal for ordinary working people here, across the UK ». Ce plan doit, par exemple, empêcher l’économie de sombrer dans la tourmente annoncée dès le 23 juin dernier ; mais nul ne sait véritablement ce qu’il va se passer.

Un Royaume davantage « désuni »

L’Écosse a récemment demandé à Londres l’autorisation de conduire un nouveau référendum sur l’indépendance du pays, ce à quoi Theresa May a répondu non, arguant qu’il fallait attendre la sortie définitive de l’UE. Si l’Écosse a fait savoir qu’elle souhaitait vivement rester dans l’UE, la Première ministre britannique a expliqué que les Écossais avaient eu la parole il y a trois ans, lors du dernier référendum, et qu’ils avaient voulu rester membre du Royaume-Uni.

L’Irlande du Nord, quant à elle, songe à se réunifier avec la République d’Irlande pour continuer à faire partie de l’UE qu’elle refusait de quitter. Enda Kenny, Premier ministre irlandais, a même fait savoir que si l’Allemagne avait pu se réunifier après la guerre froide, il devait en être de même pour les deux moitiés de l’Irlande.

C’est sans doute ici que le Brexit aura le plus d’impact, tant les relations entre Londres et Dublin ont été compliquées par le passé. Même le Pays de Galles, d’ordinaire complaisant, commence à voir le Brexit d’un très mauvais œil, alors que le « Leave » l’avait emporté.
Theresa May a donc du pain sur la planche si elle veut mener à bien des négociations qui s’avèrent dures et si elle souhaite conserver un Royaume « Uni ». On pourrait bientôt lire dans les manuels d’histoire : « Royaume-Uni : 1707-2017 ».

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  • Avec tout ça, ne nous dirigeons nous pas vers une Europe des Provinces, unies sous une même banière, plutot qu’une Europe des nations ?

  • Et 46% des exportations Eire vont vers quel pays déjà?
    Quel pays a vu sa souveraineté bafouée récemment (amende Apple)?
    Dans la même veine, quel budget affiche 15 billions de déficit?
    Article court, sujet, vaste

  • Concernant la réponse faite aux écossais, ça risque d’être léger. Certes la question leur a été posée, sauf qu’à l’époque il n’était pas question que le royaume les entraine hors de l’UE. Ça change totalement la donne et il est donc logique de reproceder a un vote.

  • Les commentaires sont fermés.

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