Vote des expatriés : un certain recul sur la situation française

Les expatriés représentent généralement une population électorale originale. Et si leur point de vue extérieur était riche d'enseignements pour la France ?
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Vote des expatriés : un certain recul sur la situation française

Publié le 2 avril 2017
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Par la Rédaction de Contrepoints.

Un sondage BVA pour lepetitjournal.com de mars 20171 se focalise sur les intentions de vote des Français de l’étranger.

Le vote expatrié diffère de celui des résidents

Premier constat, lors des élections présidentielles de 2012, les expatriés ont voté bien différemment des Français résidents. Si à gauche, les proportions sont globalement conformes à ce qu’on a pu observer chez les résidents – à l’exception d’un gain de 3% pour Eva Joly et d’une perte de 3% pour Jean-Luc Mélenchon -, à droite, on observe un net rejet de Marine Le Pen chez les expatriés. Elle perd 12% alors que Nicolas Sarkozy en gagne 11 et François Bayrou 2.5.

Écart entre le vote des résidents Français et des expatriés au premier tour des présidentielles de 2012.
Écart entre le vote des résidents Français et des expatriés au premier tour des présidentielles de 2012.

Les expatriés ont donc plus tendance à voter pour la droite modérée et cela se ressent au second tour puisque Nicolas Sarkozy fait 53% (+5%) et François Hollande 47% (-5%). De façon plus générale, ils ont tendance à privilégier les candidats plus proches du centre de l’échiquier politique. Cette tendance se ressent aussi dans les intentions de vote pour les présidentielles de 2017.

Les intentions de vote des expatriés pour 2017

Ce sont Emmanuel Macron (36%) et François Fillon (31%) qui arrivent largement en tête des intentions de vote. Benoît Hamon arrive troisième avec 13%, Marine Le Pen suit avec 9% seulement puis vient Jean-Luc Mélenchon avec 8%.

Intentions de vote des expatriés pour 2017.
Intentions de vote des expatriés pour 2017.

Comme en France, la proportion de l’électorat qui est sûre de son choix est plus forte à droite (72% chez François Fillon, 83% chez Marine Le Pen) et plus faible à gauche (53% pour Emmanuel Macron et 51% pour Benoît Hamon). Emmanuel Macron rencontre un franc succès chez les sympathisants du centre (UDI et Modem) alors qu’il partage l’adhésion des chefs ou cadres d’entreprise (42%) avec François Fillon (37%).

Plus de clairvoyance ?

Et si le point de vue des expatriés en disait beaucoup sur les solutions raisonnables pour la France ? Il s’agit d’une population diverse, qui est partie pour des raisons presque aussi nombreuses que les individus qui ont fait ce choix. Entre tous, il existe pourtant un indéniable point commun : ils voient la situation depuis l’extérieur, à la lumière de la situation dans le pays où ils se trouvent. Compte-tenu de la situation de la France, ils se trouvent probablement majoritairement quelque part où la situation est meilleure sur bien des plans. Et que nous disent-ils ? Ils rejettent l’extrême droite et son socialisme nationaliste et autoritaire rampant. Ils ne privilégient pas les solutions socialistes qui prônent l’égalitarisme et la collectivisation sous toutes ses formes. Ils privilégient en fait des solutions plus proches du centre et de la droite modérée, historiquement plus favorables aux libertés économiques et individuelles.

Les expatriés ont probablement vu ce que les aveuglements médiatiques et politiques empêchent les Français résidents de voir : l’extrémisme ne résoudra aucun des problèmes du pays et la France ne s’en sortira pas par une collectivisation accrue de l’économie. C’est aussi ce qu’enseignent les politiques, la plupart du temps plus efficaces, menées à l’étranger.

  1. Étude réalisée par l’Institut BVA par internet du 3 au 11 mars 2017. Échantillon de 2213 personnes inscrites sur les listes électorales, issues d’un échantillon représentatif de 2333 Français âgés de 18 ans et plus, vivant à l’étranger. La représentativité de l’échantillon a été assurée grâce à la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, CSP de l’interviewé et zone de résidence. Les intentions de vote qui figurent dans ce rapport reposent sur la base (indiquée en brut) des personnes inscrites sur les listes électorales, certaines d’aller voter et ayant exprimé une intention de vote, soit 1709 individus. Pour cet effectif, pour un pourcentage obtenu par enquête de 20%, la marge d’erreur est égale à 1,9. Le pourcentage a donc 95% de chance d’être compris entre 18,1% et 21,9%. Les résultats d’intentions de vote ne constituent pas un élément de prévision du résultat électoral. Ils donnent une indication significative de l’état du rapport de forces observé la première quinzaine de Mars, pour le 1er tour. La notice de cette enquête est consultable à la commission des sondages qui la rend publique sur son service de communication en ligne.
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  • Je pense que le vote des expatriés, en soi, est presque un non sens, sauf si ces expatriés ne le sont que de manière très temporaire.
    Quel droit peut avoir un expatrié « définitif » à influer sur la vie quotidienne des Français qui vont payer, jour après jour, les conséquences de ces élections ?
    A titre d’exemple j’ai connue une personne vivant depuis 15 ans en France, d’origine Algérienne, qui votait Front Islamique de Salut alors même qu’elle vivait,depuis 15 ans, 100% à l’EUropéenne : mini-jupe, voiture « branchée », maquillage etc…
    Je lui ai demandé de quel droit elle plongeait par son vote les femmes musulmanes du Djébel dans l’obscurantisme alors qu’elle n’allait pas en supporter elle-même les conséquences ? (Pas de réponse)
    Enfin le regard que l’on porte sur son propre pays quand on vit à l’étranger est différent car on aura plus tendance à se poser la question :
    « Quel regard mes voisins (étrangers) vont-ils avoir sur mon pays si telle personne est élue ».
    Ce qui oriente les choix vers le consensus « mou » qui est « vendable » facilement à l’étranger.

    • @ Balthazar

      Je ne suis pas d’accord avec vous: même émigré (pas « expatrié », appellation à réserver aux fonctionnaires et assimilés envoyés dans les DOM en mission: il n’y a aucune raison, à part un chauvinisme, de faire une différence entre un étranger venu en France et un Français parti dans un autre pays! Erreur involontaire mais significative!) donc, même émigré, on peut garder sa nationalité d’origine, éventuellement doublée, et donc on garde ses droits civils pleins et entiers, en France comme en Algérie!

      Vous ignorez manifestement l’ouverture d’esprit qu’apporte le fait de vivre (pas seulement voyager) à l’étranger, avec la faculté de s’intégrer et donc d’adopter un autre point de vue, local. C’est aussi une façon idéale de prendre du recul par rapport à son pays d’origine, d’analyser différemment ce qui s’y passe, avec en plus, des points concrets de comparaison!

      Il est rarement objectif de juger une situation qu’on ne partage pas! Donc l’avis des émigrés votant aux élections françaises a la même valeur que le vôtre! Et l’avis de @ FYN, ci-dessous, mérite la même réponse, même sans payer d’impôt.

      Je ne suis pas Français: j’ai vécu et travaillé 15 ans en France en y payant mes impôts, sans y exercer le moindre droit de vote! Je ne regrette ni d’y avoir été, ni d’en être parti!

    • Tout a fait d’accord avec vous.
      Et j’ajouterai que ce vote,loin du fracas (tracas) de la France perd beaucoup en conscience des réalités quotidienne !
      Les problèmes se sont radicalisés et prennent un ampleur sans précédents. Et économiques ET sociétaux.
      Alors faire le  » donneur de leçon » ou le sage loin des problèmes concrets me parait facile et peu efficace…
      C’est mon point de vue.
      C’est le mari fidèle qui vit dans un bled de 200 habitants qu’il ne quitte quasiment jamais qui juge le volage en vivant en pleine
      ville !
      A vaincre sans périls…
      Un peu facile…

  • « Quel droit peut avoir un expatrié « définitif » à influer sur la vie quotidienne des Français qui vont payer, jour après jour, les conséquences de ces élections ? »
    Le droit de celui qui continue de payer des impôts en France.

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