Le mal français nous vient de l’Éducation nationale et de la Sécurité sociale

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Quel candidat abolira les monopoles publics de l’enseignement et de la Sécurité sociale pour introduire une vraie rupture politique ?

Par Jacques Garello.

L’Éducation Nationale et la Sécurité Sociale sont les deux foyers du mal français. Dans l’hypothèse osée où les électeurs français seraient en position de faire cette année un vrai choix de société, la vraie rupture serait d’en finir avec le monopole public de l’enseignement et de la protection sociale.

Vous me direz que je rêve, mais des millions de Français rêvent avec moi. Et des millions d’Américains se réjouissent aujourd’hui parce que Donald Trump démolit l’Obamacare, ce système qui prétendait rendre obligatoire une couverture sociale confiée à l’administration fédérale, et Trump a choisi Betsy DeVos comme Secrétaire à l’Enseignement, qui a le projet de laisser les familles choisir librement l’école et le collège de leurs enfants, sans être obligées de les confier à des établissements publics qui désespèrent les jeunes et sacrifient les plus déshérités.

De vrais projets libéraux

Si elle admirait vraiment Trump, Marine Le Pen devrait oublier le volet protectionniste et « patriotique » du Président américain, volet utopiste et suicidaire qui fera sans doute long feu, et ajouter à son programme le démantèlement de l’Éducation nationale et de la Sécurité sociale, vrai projet des vrais « ultra-libéraux » qu’elle déteste tant.

Certes je n’attends rien des candidats de gauche (Macron inclus bien sûr) et je doute que François Fillon se risque sur ce terrain, bien qu’il ait promis de soustraire les établissements privés au contrôle du ministère de la rue de Grenelle et qu’il ait fait une timide tentative pour amender le système public de santé. Mais sait-on jamais ? Il me semble indispensable en tout cas que les électeurs soient au moins informés des dégâts causés par nos deux monopoles.

L’école de la République

Chez nous l’école n’est pas celle des parents et des enfants, c’est l’école de la République. Le premier résultat est l’ignorance, allant jusqu’à l’illettrisme ; à part Najat Vallaud-Belkacem tout le monde en convient et s’en désole. Mais les autres retombées sont tout aussi dramatiques :

– La violence scolaire, agrémentée de harcèlements, de racket et d’addiction à la drogue ;

– La déconsidération des enseignants, l’absence de dialogue entre parents et maîtres ;

– La fabrique d’asociaux, incapables de communiquer et de travailler en équipe ;

– La négation du mérite, de la compétition, de l’effort, le nivellement par le bas ;

– L’incapacité d’assimiler les immigrés et le développement du communautarisme ;

– Le conditionnement de masse, le contrôle de la pensée.

La sécu dépense sans compter

Chez nous la protection sociale n’est pas une assurance contre les aléas de la vie, c’est une machine à redistribuer l’argent en vue d’effacer les inégalités. Le premier résultat est l’inefficacité : soins inaccessibles, coûts prohibitifs, ruine des retraites, bureaucratie arbitraire. À part Marisol Touraine tout le monde en convient et s’en désole. Mais les autres retombées sont tout aussi dramatiques :

– Le pouvoir d’achat n’est plus lié au service rendu par son activité, c’est un droit social ;

– Richesse et réussite attisent la haine des gens appauvris par le système ;

– Le parasitisme, la tricherie et la corruption entrent dans les mœurs ;

– Les privilèges se multiplient en faveur des clientèles électorales et des corporations ;

– Cotisations et charges sociales grèvent la compétitivité internationale des entreprises.

Voilà donc comment l’État français est en train de parachever une entreprise multiséculaire d’asservissement du peuple et d’impunité des dirigeants. Aujourd’hui les deux ingrédients de la servitude sont réunis et parfaits : l’ignorance et la grégarisation.

Les jeunes ne peuvent épanouir leur personnalité, devenus adultes ils vivent d’assistance. Pour réussir sa vie et ne pas dépendre de l’assistance publique, il faut avoir un solide capital humain, accepter le travail, l’effort et parfois l’échec ; il faut avoir le respect de soi-même et des autres ; il faut savoir assumer sa liberté.

L’État providence propose une alternative séduisante, aussi séduisante que le fruit de l’arbre de vérité : la garantie universelle. Je suis frappé du succès de l’universel dans cette campagne. L’universel, négation du personnel. L’universel est la forme la plus aboutie de l’égalitarisme, l’universel est la négation du personnel.

Bien sûr il est important aux yeux des libéraux de défendre et prôner la libre entreprise et le libre échange. Mais la liberté ne peut subsister et porter ses fruits que lorsqu’elle est associée à la responsabilité.

Éducation nationale et Sécurité sociale enfoncent le peuple français dans l’irresponsabilité. Voilà ce qui est au cœur de la rupture libérale espérée. Parlons-en autour de nous.

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