Fillon, Macron, Hamon : qui servira de marchepied à Marine Le Pen ?

Quel que soit le candidat qui se retrouvera en face de Marine Le Pen, il aura du mal à mobiliser ses troupes pour gagner face à la vague populiste.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Marine Le Pen, Leader of the French National Front Image Courtesy: Rémi Noyon (www.flickr.com/photos/remijdn/6957828536/), Licensed under the Creative Commons Attribution 2.0 Generic | Flickr

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Fillon, Macron, Hamon : qui servira de marchepied à Marine Le Pen ?

Publié le 23 février 2017
- A +

Par Serge Federbusch.

C’est un vrai concours entre les prétendants au titre de meilleur marchepied de Marine Le Pen pour l’Élysée.

Continuant à braver certains de mes lecteurs, je mettrai au sommet du podium François Fillon qui, à l’en croire, a décidé de se maintenir dans la course coûte que coûte. Son renvoi en correctionnelle accompagné de sa famille et de certains de ses amis ou, a minima, la saisine d’un juge d’instruction par le Parquet national financier sont pourtant probables dans les semaines si ce n’est les jours qui viennent.

Cela relancera inévitablement la polémique et il ne pourra s’en sortir qu’en criant de plus en plus fort au complot de l’Élysée et de la gauche, aidé par des ultras et des juristes aux raisonnements filandreux. Mais les faits sont têtus et il aura le plus grand mal à justifier des sommes perçues par Pénélope, notamment de son ami Ladreit de Lacharrière.

Pendant ce temps, la gauche électrisera ses troupes en le traitant de Mégamenteur et Mégavoleur, superlatifs du Supermenteur et du Supervoleur dont elle affubla naguère Jacques Chirac. Comment, dans ces conditions, appeler ses électeurs à voter Fillon au deuxième tour ? Le suppositoire de 2002 risque de se transformer en 2017 en « tonfa » modèle Théo pour son électorat de chouineurs progressistes. Décidément, je deviens de moins en moins politiquement correct en ces temps troublés !

François Fillon face à Marine Le Pen

Certains sondages ne donnent plus Fillon gagnant qu’à 54 % dans un deuxième tour face à Marine Le Pen. À ce stade de la compétition et avant de nouvelles révélations et polémiques autant dire que le jeu est ouvert. En attendant, Fillon perd chaque semaine un peu plus son élan réformateur. Il avait déjà fait montre de rouerie en parlant de la suppression de 500 000 emplois publics et non de 500 000 fonctionnaires, sachant que la disparition des emplois bidons créés par Hollande permettrait d’atteindre les deux tiers de cet objectif, le surplus étant laissé à la responsabilité des collectivités locales.

On a vu récemment le candidat LR annoncer qu’il ne toucherait pas au système de perfusion ruineuse qui irrigue l’Outre-Mer depuis des décennies. Il prévoit même d’accroître les aides de l’État et de verser encore plus d’argent dans le tonneau des Domnaïdes !

L’attitude vis-à-vis de ces danseuses de la République est depuis toujours le meilleur révélateur de la capitulation face au clientélisme. Fillon met également de l’eau dans son vin sur la question des remboursements par la Sécurité sociale. Bientôt, il promettra comme Macron des dents et des yeux tout neufs aux Français. À ce rythme, il annoncera aussi que le report de l’âge légal de départ à la retraite sera progressif jusqu’à la Saint Glinglin. Il faut dire que depuis la faveur faite à NKM pour son investiture parisienne, on ne peut plus se faire trop d’illusion sur son éventuel mandat. Qui peut prétendre affronter le péril islamique et les fonctionnaires tout en redoutant la Pasionaria auto-proclamée des bobos de droite, électorat pourtant minuscule ?

L’étoile pâlissante d’Emmanuel Macron 

Le cas Macron est plus savoureux encore. Cette pousse médiatique à la floraison soudaine commence à s’étioler. Le grand écart de ce danseur mondain de la politique lui a provoqué une déchirure musculaire en Algérie. Après avoir assimilé la colonisation française à une entreprise quasi-génocidaire le voilà soudain cherchant à se faire pardonner par les Pieds noirs en répétant la formule traîtresse de de Gaulle sur le forum d’Alger : « Je vous ai compris », sommet de duplicité ou de realpolitik au choix.

Mais, tout comme on n’imagine pas de Gaulle mis en examen, on n’imagine pas Macron sous le képi du général. Pour parvenir à ce niveau de duperie politique sans se faire pincer, il faut un charisme historique que n’a pas le prédicateur-banquier. Voilà ce qui arrive quand on part à l’assaut de l’Élysée conseillé par des Science-potards qui ont mal assimilé leur cours d’histoire contemporaine…

Bref, la candidature Macron est entrée dans un processus de délitement que les 5 à 6 % d’électeurs que risque de lui prendre Bayrou pourrait accélérer.

J’ai gardé les meilleurs pour la fin : Hamon et son double en délirium socialistens à savoir Mélenchon.

Mélenchon et Hamon pour la soviétisation française

Leurs projets saugrenus de soviétisation de la France sont en concurrence frontale, non sur le fond mais du fait de leurs ambitions personnelles. Pour Mélenchon c’est la dernière chance de devenir lider maximo. Pour Hamon, il s’agit avant tout de préempter le parti socialiste après les élections. Aucun ne veut donc reculer et ils iront à l’affrontement final.

Tout cela nous conduit à une candidature frontiste solidement campée autour de 30% au premier tour, appuyée sur quelques propositions démagogiques comme le retour de la retraite à 60 ans. Les trois challengers de Le Pen : Hamon, Fillon et Macron, se toiseront autour de 14 à 18%. Un rien qualifiera l’un, l’autre ou le troisième. Le plus haut placé de ces impétrants sera tout de même assez bas. Les électorats de Fillon et Hamon auront ensuite le plus grand mal à se mobiliser pour l’adversaire d’hier au seul mot d’ordre de faire battre Le Pen au deuxième tour.

Quant à Macron, sa chevauchée solitaire et ses propos décousus finissent par entretenir des doutes sur son état mental qui risquent de priver de toute envie de voter pour lui ceux qui échappent à son magnétisme douteux, c’est-à-dire 94% de la population.

Quoi qu’il arrive, les législatives qui suivront la présidentielle seront encore plus incertaines. La seule hypothèse de stabilité relative serait l’élection d’un Fillon cerné par la justice avec une majorité « Républicaine » fragile mais dopée au 49-3.

Quand on réalise que le scénario le plus sécurisant est lui-même passablement anxiogène, on mesure l’état de dégradation civique de notre République, inédit depuis 1958.

Sur le web

Voir les commentaires (13)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (13)
  • Je suis d’accord sur votre conclusion. Pour le reste, un peu moins. Déjà vous vous êtes trompé sur Bayrou…

  • Mais, « le marchepied à Marine LE PEN » a été rendu glissant à dessein par les journalistes aux ordres du « CANARD ENCHAÎNÉ » et par la partialité gauchisante de la « JUSTICE »…

  • MLP a trois socles d’électeurs ; ceux qui ont toujours voté pour elle , ceux qui sont lassés par les affaires /magouilles / mensonges /promesses non tenus de la droite et de la gauche , et qui se disent  » pourquoi ne pas éssayer autre chose ? et ceux qui voteront FN pour emmerder les autres partis , en se foutant royalement de ce qu’il adviendra de ce pays ; d’une manière ou d’une autre , si MLP passe en 2017 , ce ne sont pas les électeurs qui l’auront mis au pouvoir , mais bel et bien la droite et la gauche ;

  • pas franchement convaincu par l’article, notemment au sujet de Macron auquel vient de se rallier Bayrou!!! don’t act, tous les commentateurs ne l’avaient pas vu venir. pour répondre au commentaire précédent combien même les partis gauche et droite jouent avec le FN depuis des lustres, ce sont les électeurs qui mettront leur bulletin de vote dans l’urne et qui éliront Marine. Si cela arrive. Il ne faut pas leur enlever cette responsabilité qui est celle du citoyen en Démocratie.

    • Sur Bayrou voir l’édito de H16.
      Après avoir invité ses troupes à voter pour Moi-President en 2012, il se rallie à Mini-moi-président à deux mois de l’élection, après l’avoir copieusement dénigré à l’automne. De François là ne vaut pas mieux que les autres !

  • Il n’est pas impossible que ce soit des petits thèmes comme celui du ras le bol routier qui fassent la différence, les petites gouttes faisant de grands fleuves.
    http://fil-conducteurs.ning.com/temoignages/marine-le-pen-serons-nous-ineluctablement-oblige-de-l-elire

  • Celui qui a la baraka depuis le début c’est Macron et comme il ne manque pas de talents ni de malignité il est le mieux placé pour installer le plafond de verre de mlp.

  • Aux oraux de Sciences Po, les pseuso élites intellectuelles du jury qui ont tout fait pour ouvrir un grand boulevard orné d’un magnifique tapis rouge à Le Pen en faisant exploser le chomage et la pression fiscale pendant des décennies en sont à demander aux candidats ce qu’il sera possible de faire pour neutraliser Marine Le Pen une fois qu’elle sera au pouvoir. Il faudrait peut être expliquer à ces grands penseurs qu’il est totalement futile de s’inquiéter des conséquences des causes qu’ils chérissent. Plus que quiconque, ils sont responsables de la montée de Le Pen.

    • C’est quoi déjà les solutions de mlp contre le chômage dans son programme mélenchonnesque ?

      • Le chômage structurel de masse en France depuis 1974 explique en grande partie le discrédit de la classe politique établie qui a alterné au pouvoir au cours de la période et profite aux partis extrémistes en gonflant le nombre des déclassés et des déçus.

        Ce chômage structurel de masse est le résultat totalement logique de politiques économiques mutuellement incompatibles constamment poursuivies par les dirigeants successifs depuis 1974 :

        1) Augmenter les salaires, et en particulier les bas salaires correspondant à des emplois peu qualifiés, plus vite que la productivité du travail.

        2) Diminuer la durée du travail en baissant à la fois l’âge légal de la retraite et la durée hebdomadaire du travail, et entraver les relations contractuelles (code du travail de 3500 pages contre 130 pages en Suisse pour prendre un exemple voisin et socialement mieux disant), renchérissant ainsi encore davantage le coût du travail.

        3) Étendre le champ et les effectifs du secteur public, poussant ainsi les dépenses publiques et donc la fiscalité pesant sur les coûts de production du pays à des niveaux parmi les plus élevés du monde relativement au PIB.

        4) Engager le pays dans une monnaie unique avec d’autres pays européens, se privant ainsi d’un possible ajustement par le taux de change sans s’assurer de la convergence des politiques économiques et, en l’occurrence, en divergeant totalement de l’autre pilier de l’Euro – l’Allemagne – qui a suivi la politique exactement inverse de la France en allongeant la durée et en réduisant le coût du travail pour soigner sa compétitivité européenne et mondiale, augmentant ainsi sa croissance et son emploi domestiques par des excédents extérieurs, y compris intra-zone Euro.

        5) Engager le pays dans le libre-échange mondial, y compris avec des pays ayant des salaires 10 fois moins élevés, des charges salariales 2 fois moins élevées, des durées du travail 40% plus élevées, une fiscalité 50% moins élevée, sans s’assurer que les parités de change seraient bien fixées à des niveaux équilibrant les balances commerciales et donc les balances en emplois.

        6) Créer des emplois en France.

        Il est immédiatement visible que 1-2-3 sont incompatibles avec 4-5 et que cette incompatibilité ne peut se traduire que par la destruction d’emplois et l’envolée du chômage, c’est à dire l’échec de 6.

        Dans les faits, les dirigeants français ont constamment choisi le chômage de masse en France. On peut dire qu’ils ont réussi. De 1974 à 2015 : +5.3 millions de chômeurs toutes catégories ; +3.2 millions d’emplois précaires (CDD, stages, interim, emplois aidés) ; +2.3 millions d’emplois publics ; en net, pas un seul emploi marchand de qualité crée en 41 ans !

        Le tout financé par une fuite en avant fiscale, les dépenses des administrations publiques augmentant de 59% à 91% de la valeur ajoutée du secteur marchand entre 1974 et 2015 et la dette publique de 29% à 158%. Autrement dit, pour chaque Euro de base fiscale générée durant la période par le secteur marchand, le secteur public en a dépensé 1.6 (91% – 59% +158% – 29% = 161%). La hausse délirante du sous-emploi a entraîné la hausse délirante de la fiscalité au point que le secteur marchand est aujourd’hui étouffé par le poids des prélèvements, ce qui ne fait qu’entretenir le cercle vicieux de la croissance atone, du sous-emploi massif et du déficit public. Soutenable, vous pensez ?

        Alors, si des partis qui ne sont pas responsables de cette situation, n’ayant pas été au pouvoir durant cette période, proposent de sortir de 4. et 5. pour tenter d’améliorer 6., qu’est ce que cela a de particulièrement étonnant, quoi qu’on puisse en penser par ailleurs ?

        Que les « lumières » de Sciences Po qui sont restées très largement éteintes durant « le suicide français » de ces 43 dernières années se réveillent maintenant en sursaut et s’inquiètent des conséquences des causes auxquelles elles sont restées obstinément aveugles et sourdes est simplement au-delà du pathétique.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

 

Lors de sa confirmation comme ministre de l’Économie et des Finances du nouveau quinquennat du Président Macron, Bruno Le Maire a déclaré que la priorité du nouveau gouvernement sera la "protection des Français contre l'inflation", proche de 5 % sur un an en avril 2022.

"Dès demain nous allons donc nous atteler à la préparation du projet de loi sur le pouvoir d’achat », a affirmé le ministre de l'Économie et des Finances, reconduit vendredi 20 mai 2022 dans ses fonctions. "Je recevrai dès lundi les acteurs économiques pour étu... Poursuivre la lecture

L'Élysée maintient la consigne déjà édictée par Emmanuel Macron il y a cinq ans, et héritée de Nicolas Sarkozy en 2007. Les ministres défaits lors du scrutin des 12 et 19 juin devront quitter le gouvernement, a confirmé le palais présidentiel ce dimanche. Élisabeth Borne, fraîchement nommée à Matignon, ne dérogera pas à la règle. La moitié du gouvernement est concernée.

Bien que la situation soit nettement différente de celle de 2017 - ils n'étaient que six concernés -, l'Élysée a décidé de maintenir la consigne déjà édictée par Emmanu... Poursuivre la lecture

Macron Macron lettre dette
1
Sauvegarder cet article

Lors de sa campagne de réélection, le président faisait la promesse d’une planification écologique de l’économie.

Selon La Tribune, le président candidat a expliqué lors d'un meeting à Marseille :

« Cela concerne tous les domaines, tous les secteurs, toutes les dépenses, tous les équipements, tous les investissements. »

Il a remplacé son Premier ministre par une écologiste, ex-ministre de la Transition écologique !

Le président maintient le cap. Mais pourquoi pas ? Personne ne s’oppose.

Dans une tribune publ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles