Fillon, Macron, Hamon : qui servira de marchepied à Marine Le Pen ?

Marine Le Pen, Leader of the French National Front Image Courtesy: Rémi Noyon (www.flickr.com/photos/remijdn/6957828536/), Licensed under the Creative Commons Attribution 2.0 Generic | Flickr

Quel que soit le candidat qui se retrouvera en face de Marine Le Pen, il aura du mal à mobiliser ses troupes pour gagner face à la vague populiste.

Par Serge Federbusch.

C’est un vrai concours entre les prétendants au titre de meilleur marchepied de Marine Le Pen pour l’Élysée.

Continuant à braver certains de mes lecteurs, je mettrai au sommet du podium François Fillon qui, à l’en croire, a décidé de se maintenir dans la course coûte que coûte. Son renvoi en correctionnelle accompagné de sa famille et de certains de ses amis ou, a minima, la saisine d’un juge d’instruction par le Parquet national financier sont pourtant probables dans les semaines si ce n’est les jours qui viennent.

Cela relancera inévitablement la polémique et il ne pourra s’en sortir qu’en criant de plus en plus fort au complot de l’Élysée et de la gauche, aidé par des ultras et des juristes aux raisonnements filandreux. Mais les faits sont têtus et il aura le plus grand mal à justifier des sommes perçues par Pénélope, notamment de son ami Ladreit de Lacharrière.

Pendant ce temps, la gauche électrisera ses troupes en le traitant de Mégamenteur et Mégavoleur, superlatifs du Supermenteur et du Supervoleur dont elle affubla naguère Jacques Chirac. Comment, dans ces conditions, appeler ses électeurs à voter Fillon au deuxième tour ? Le suppositoire de 2002 risque de se transformer en 2017 en « tonfa » modèle Théo pour son électorat de chouineurs progressistes. Décidément, je deviens de moins en moins politiquement correct en ces temps troublés !

François Fillon face à Marine Le Pen

Certains sondages ne donnent plus Fillon gagnant qu’à 54 % dans un deuxième tour face à Marine Le Pen. À ce stade de la compétition et avant de nouvelles révélations et polémiques autant dire que le jeu est ouvert. En attendant, Fillon perd chaque semaine un peu plus son élan réformateur. Il avait déjà fait montre de rouerie en parlant de la suppression de 500 000 emplois publics et non de 500 000 fonctionnaires, sachant que la disparition des emplois bidons créés par Hollande permettrait d’atteindre les deux tiers de cet objectif, le surplus étant laissé à la responsabilité des collectivités locales.

On a vu récemment le candidat LR annoncer qu’il ne toucherait pas au système de perfusion ruineuse qui irrigue l’Outre-Mer depuis des décennies. Il prévoit même d’accroître les aides de l’État et de verser encore plus d’argent dans le tonneau des Domnaïdes !

L’attitude vis-à-vis de ces danseuses de la République est depuis toujours le meilleur révélateur de la capitulation face au clientélisme. Fillon met également de l’eau dans son vin sur la question des remboursements par la Sécurité sociale. Bientôt, il promettra comme Macron des dents et des yeux tout neufs aux Français. À ce rythme, il annoncera aussi que le report de l’âge légal de départ à la retraite sera progressif jusqu’à la Saint Glinglin. Il faut dire que depuis la faveur faite à NKM pour son investiture parisienne, on ne peut plus se faire trop d’illusion sur son éventuel mandat. Qui peut prétendre affronter le péril islamique et les fonctionnaires tout en redoutant la Pasionaria auto-proclamée des bobos de droite, électorat pourtant minuscule ?

L’étoile pâlissante d’Emmanuel Macron 

Le cas Macron est plus savoureux encore. Cette pousse médiatique à la floraison soudaine commence à s’étioler. Le grand écart de ce danseur mondain de la politique lui a provoqué une déchirure musculaire en Algérie. Après avoir assimilé la colonisation française à une entreprise quasi-génocidaire le voilà soudain cherchant à se faire pardonner par les Pieds noirs en répétant la formule traîtresse de de Gaulle sur le forum d’Alger : « Je vous ai compris », sommet de duplicité ou de realpolitik au choix.

Mais, tout comme on n’imagine pas de Gaulle mis en examen, on n’imagine pas Macron sous le képi du général. Pour parvenir à ce niveau de duperie politique sans se faire pincer, il faut un charisme historique que n’a pas le prédicateur-banquier. Voilà ce qui arrive quand on part à l’assaut de l’Élysée conseillé par des Science-potards qui ont mal assimilé leur cours d’histoire contemporaine…

Bref, la candidature Macron est entrée dans un processus de délitement que les 5 à 6 % d’électeurs que risque de lui prendre Bayrou pourrait accélérer.

J’ai gardé les meilleurs pour la fin : Hamon et son double en délirium socialistens à savoir Mélenchon.

Mélenchon et Hamon pour la soviétisation française

Leurs projets saugrenus de soviétisation de la France sont en concurrence frontale, non sur le fond mais du fait de leurs ambitions personnelles. Pour Mélenchon c’est la dernière chance de devenir lider maximo. Pour Hamon, il s’agit avant tout de préempter le parti socialiste après les élections. Aucun ne veut donc reculer et ils iront à l’affrontement final.

Tout cela nous conduit à une candidature frontiste solidement campée autour de 30% au premier tour, appuyée sur quelques propositions démagogiques comme le retour de la retraite à 60 ans. Les trois challengers de Le Pen : Hamon, Fillon et Macron, se toiseront autour de 14 à 18%. Un rien qualifiera l’un, l’autre ou le troisième. Le plus haut placé de ces impétrants sera tout de même assez bas. Les électorats de Fillon et Hamon auront ensuite le plus grand mal à se mobiliser pour l’adversaire d’hier au seul mot d’ordre de faire battre Le Pen au deuxième tour.

Quant à Macron, sa chevauchée solitaire et ses propos décousus finissent par entretenir des doutes sur son état mental qui risquent de priver de toute envie de voter pour lui ceux qui échappent à son magnétisme douteux, c’est-à-dire 94% de la population.

Quoi qu’il arrive, les législatives qui suivront la présidentielle seront encore plus incertaines. La seule hypothèse de stabilité relative serait l’élection d’un Fillon cerné par la justice avec une majorité « Républicaine » fragile mais dopée au 49-3.

Quand on réalise que le scénario le plus sécurisant est lui-même passablement anxiogène, on mesure l’état de dégradation civique de notre République, inédit depuis 1958.

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