En finir avec le mythe du monstre néolibéral

Pourquoi le néolibéralisme n’est pas cet impérialisme cupide, ravageur et immoral.

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En finir avec le mythe du monstre néolibéral

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 28 janvier 2017
- A +
En finir avec le mythe du monstre néolibéral
By: Ian MylesCC BY 2.0

J’ai l’espoir, sûrement prétentieux et chimérique, de mettre fin au mythe selon lequel le « néolibéralisme » serait métaphoriquement une bête monstrueuse, qui se sustente tous les matins de travailleurs asiatiques, qui fait tomber quotidiennement des bombes en Afrique et en Asie comme il fait tomber du sel dans une assiette pour assaisonner un plat, qui avant de se coucher prie son Dieu, l’argent, et qui toute la nuit ne rêve que d’une chose, conserver son hégémonie.

Je vous le dis tout de suite, ce monstre existe, mais il ne se nomme sûrement pas néolibéralisme. Il nous faut donc redorer le blason de la tradition libérale, dont les convictions sont sujettes à débats, mais seulement si on ne se trompe pas de sujet.

Comme je ne sais pas vraiment ce qu’est le « néolibéralisme », je suis allé chercher des définitions chez ceux qui en parlaient. Voyons les perles que nous pouvons trouver :

« Violating human rights is integral to the project of neoliberalism and global hegemony » par Arundhati Roy dans Things that can & cannot be said

À vrai dire, celle-ci est venue à moi en lisant ce livre, pourtant très intéressant (j’y reviendrai).

Ou encore, pour une définition plus explicite on a aussi :

«  Les politiques néolibérales sont une expression du pouvoir de la finance : c’est la prééminence des marchés monétaires et financiers. »

Celle-ci nous vient de Michel A. Bailly dans Néolibéralisme et militarisme dans l’analyse économique et dans la pensée galbraithienne, trouvé sur Cairn. Un érudit donc.

Voyons ensuite ce qui est plus précisément imputé au néolibéralisme

 Tâchons d’énumérer ce qui est théorisé par la « doctrine dominante néolibérale » :

  • Des guerres menées par cupidité, pour l’accaparement du pouvoir et des ressources qui sont la conséquence directe du fait que de toute façon c’est le marché qui « prédomine » (c’est-à-dire qui bénéficie d’une absolue priorité),
  • Des services de renseignement (comme la NSA) récoltant toutes les informations nécessaires sur la population mondiale afin de préserver l’ordre économique mondial,
  • Des géants des médias et de la communication pour faire la bonne propagande de la doctrine,
  • Des firmes internationales (pharmaceutique, pétrole, énergie, biotechnologie) qui contrôlent leurs marchés respectifs grâce à l’appui de l’État,
  • Des banquiers qui s’en mettent plein les poches en étant de mèche avec un peu de tout cela,
  • Et enfin des déréglementations pour bien s’assurer que l’action immorale de ces personnages ne soit pas gênée.

Comment se fait-il qu’il faille encore expliquer que le néolibéralisme n’est pas un impérialisme cupide, ravageur et immoral à des personnes pourtant loin d’être arriérées ?

Quand son adversaire est caricaturé grossièrement de cette manière, on ne pose pas vraiment les bases d’un débat honnête. C’est bien dommage, essayons d’apporter un peu de lumière là où règnent les inepties.

Ce qu’est le libéralisme et ce qu’il n’est pas

Parlons d’abord de libéralisme. Le libéralisme est une doctrine par essence pacifique, qui laisse émerger le profit mais condamne la rente.

Dans les deux définitions qui sont données dans la première partie, l’erreur majeure est que les auteurs n’ont pas compris le point de départ du libéralisme, dont toutes les réflexions vont découler : l’individu. C’est l’individu et ses droits qui prédominent, non pas l’argent et le marché.

N’oublions pas que c’est originellement le libéralisme qui a fait émerger les droits de l’homme. Le libéralisme est d’abord une doctrine du droit théorisée par John Locke. Locke reconnaît un droit naturel dont le principe fondamental est la propriété de soi et de tout ce qui en découle. En conséquence, ce principe bannit l’usage de la force sur un individu. C’est une valeur fondamentale qui constitue la racine, le point de départ de toute réflexion libérale et qui ne serait être reléguée au second rang.

Ainsi, dire que dans le libéralisme « les marchés monétaires et financiers prédominent » au détriment des personnes est une erreur intellectuelle, car justement c’est la liberté de l’individu qui prédomine sur n’importe quel intérêt, même monétaire ou financier. Ce droit est le même pour tout le monde et aucune supériorité d’un individu sur un autre devant la loi ne saurait être justifiée. Toute différence de traitement devant la loi est par conséquence une injustice.

Le libéralisme se définit d’abord donc, comme la gauche, par l’égalité de tous les individus devant la loi. Si jadis la classe privilégiée à combattre était l’aristocratie, aujourd’hui ce sont les rentiers qui maintiennent leur richesse sans prendre de risque ni faire d’effort mais en capturant l’État qu’il faut dénoncer.

Ne nous trompons pas, comme disait Ludwig Von Mises, « les gens qui se battent pour la libre entreprise ne défendent pas les intérêts de ceux qui se trouvent aujourd’hui être riches », puisque dans un système de libre entreprise il serait bien plus compliqué pour eux de conserver leur position.

Ainsi, chaque accord de libre-échange qui ne fait que rendre l’échange moins libre et plus avantageux pour les industriels au détriment des artisans, chaque argent prélevé aux honnêtes gens qui termine dans les poches de frauduleux businessmen amis du pouvoir, chaque arrangement entre puissants monnayé pour chercher des protections financières et règlementaires, chaque balle tirée ou chaque bombe lâchée sous prétexte de défense publique, chaque donnée collectée sur la population sous prétexte de la protéger sont des violations des valeurs libérales.

Le danger du pouvoir

Ce monstre, que les pourfendeurs du « néolibéralisme » détaillent mieux que moi, n’est en fait que l’enfant du Pouvoir.

En effet, un autre héritage du libéralisme et de Locke notamment est sa réflexion sur la tendance naturelle de l’homme à désirer le pouvoir. Le rôle premier de l’État est de protéger nos droits et de faire respecter l’égalité devant la loi, donc de garantir notre liberté. Par contre, si on sait où commence l’État, on ne sait pas où il s’arrête, tel est le problème. Le libéralisme au fil du temps a réfléchi à des mécanismes de contre-pouvoir pour limiter l’accumulation du pouvoir entre les mains d’une seule personne, entreprise ou institution : la séparation des pouvoirs, le constitutionnalisme, la concurrence, etc.

Il n’en reste pas moins que l’État, pour lutter contre les ennemis de la liberté, a besoin du monopole de la violence légitime. Or, ce monopole de violence légitime a engendré une machine qui grossit inéluctablement, pour finalement toujours augmenter son pouvoir et en abuser. Ces abus de pouvoir se manifestent sous différentes formes : capitalisme de connivence, espionnage de sa propre population, impérialisme, etc.

Ce qui est communément appelé la « doctrine néolibérale » n’a donc rien à voir avec le libéralisme, c’est au contraire le symptôme de la maladie du pouvoir, le résultat d’États qui, en ayant gagné leur légitimité en promettant de garantir nos libertés, sont eux-mêmes devenus des ennemis de la liberté.

J’en reviens à l’auteur que j’ai cité précédemment, Arundhati Roy. La voilà à un moment du livre où elle doute sur l’espoir pour faire bouger les choses : « Est-il possible d’avoir un État moral ? »  se questionne-t-elle, et elle ajoute ensuite « Un super-pouvoir moral ? ».

Un « super-pouvoir moral » est ce qu’est censé incarner l’État ; pourtant le caractère utopique de cette antinomie éclate aux yeux. Un super-pouvoir ne peut pas être moral, pas s’il est composé d’hommes, ou ce serait un miracle.

Et au fait, c’est quoi le néolibéralisme ?

C’est une question qui porte à débat. Terme dont personne ne se revendique ? Réforme du libéralisme pour s’ajuster à la modernité ?

Ce qui est certain c’est que si le néolibéralisme est le petit frère du libéralisme, il n’a pas pu se détacher de son essence qui est le droit naturel de l’individu.

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  • Arundathi roy est une femme, écrivaine et essayiste militante indienne, il s’ensuit non pas « il » dans le texte, mais « elle »

  • Tout à l’envers

    – le libéralisme est une philosophie politique, contrairement au néolibéralisme qui est une doctrine du droit, en particulier d’un droit commercial universel.
    – la liberté n’est pas du domaine du droit, contrairement à l’autonomie
    – Locke n’a jamais fondé sa philosophie sur la propriété, mais sur la liberté
    – Locke, d’ailleurs n’arrête pas de réduire le champ d’action du Magistrat, expliquant clairement que la pensée est de l’ordre de la liberté et non du droit.
    – Le pouvoir n’a pas à être moral : la morale est du domaine de la religion, donc de la liberté d’opinion
    – Le pouvoir à deux devoirs distincts qui doivent absolument être séparés : celui de dignité et celui d’efficacité
    – La rente est du domaine de la propriété, propriété qui est un corolaire de la liberté
    – Le libéralisme s’attachant à la primauté de l’individu, n’a absolument pas comme but de combattre les rentes.
    – le rôle de l’Etat n’est pas de protéger nos droits, ça c’est le rôle de la justice
    – La vision libérale ne définit aucun monopole sur la violence, au contraire
    – Le rôle de l’Etat est de servir les citoyens, pas de centraliser quoi que ce soit (pouvoir, droit, force…)

    • Peut-être vous êtes-vous senti autorisé à faire la leçon à l’auteur parce qu’il est encore jeune, mais ça tombe un peu à l’eau :

      – Le néolibéralisme serait une doctrine de droit commercial universel : j’aimerais bien connaître la source d’une telle affirmation péremptoire.
      – Vous n’avez visiblement jamais entendu parler de la notion de « droits et liberté ».
      – Locke a fondé sa philosophie sur la propriété de soi, comme le rappelle judicieusement l’auteur.
      – La morale n’est pas un domaine réservé de la religion.
      – Vous n’avez visiblement jamais entendu parler des nombreuses théories critiques libérales qui portent sur la rente.
      – Sur les relations entre Etat, justice et droit, vous n’avez visiblement jamais entendu parler d’Etat régalien ou d’Etat de droit.
      – « L’Etat détient le monopole de la violence légitime » – Max Weber, dont vous n’avez visiblement jamais entendu parler.

      • @Raphaël :

        La propriété est une conséquence de la liberté :

        « bien que la nature ait donné toutes choses en commun, l’homme néanmoins, étant le maître et le propriétaire de toutes ses actions, de tout son travail, a toujours en soi le grand fondement de la propriété » Locke – Traité du gouvernement civil. 44

        Vous confondez la propriété de soi et la propriété. De plus « être le maître et de propriétaire de … » ne signifie pas propriété de soi uniquement mais liberté, le « maître de » venant avant le « propriétaire de soi » … toute la philosophie de Locke est que l’homme est maître de lui même … libéralisme et non propriétarisme.

        Le propriétarisme est une conception du droit … https://www.wikiberal.org/wiki/Propri%C3%A9tarisme

        Le pouvoir n’a pas à être moral : la morale est du domaine de la religion, donc de la liberté d’opinion :

        « l’État, selon mes idées, est une société d’hommes instituée dans la seule vue de l’établissement, de la conservation et de l’avancement de leurs intérêts civils. J’appelle intérêts civils, la vie, la liberté, la santé du corps ; la possession des biens extérieurs, tels que sont l’argent, les terres, les maisons, les meubles, et autres choses de cette nature.

        (..)

        Les bonnes mœurs, qui ne sont pas la moindre partie de la religion et de la véritable piété, se rapportent aussi à la vie civile, et le salut de l’État n’en dépend guère moins que celui des âmes ; de sorte que les actions morales relèvent de l’une et de l’autre juridiction, extérieure et intérieure, civile et domestique, c’est-à-dire du magistrat et de la conscience. Il est donc fort à craindre que l’une n’empiète sur les droits de l’autre, et qu’il y ait un conflit entre le conservateur de la paix publique, et ceux qui ont la direction des âmes. Mais si l’on pèse bien ce que nous avons déjà dit sur les limites de ces deux sortes de gouvernement, on triomphera facilement de ces difficultés. » Locke – Lettre sur la tolérance

        La séparation des pouvoirs moraux et civils est une des bases de la philosophie de Locke

        Monopole de la violence légitime :

        Max Weber 1864-1920 – Locke 1632-1704 : Libéralisme vs Néolibéralisme ? Résurgence du Léviathan de Hobbes : Vous êtes opposé au port d’arme ?

        Droit commercial

        Le néolibéralisme est à l’origine une philosophie économique basée sur Hayek (et un peu sur Friedman) en réaction à l’Etat providence, que l’on peut résumer en transformation du rôle de l’Etat providence ou l’Etat acteur économique (Keynes) en organisateur civil (disparition du secteur public au profit du privé) de l’activité économique (limitation à son rôle régalien) – donc le néolibéralisme non seulement limite les frontières du droit commercial, mais en et en donne un certain nombre de directions sur les monopoles, la concurrence, la connivence, la monnaie …

        Droits et liberté

        « Le libéralisme se définit d’abord donc, comme la gauche, par l’égalité de tous les individus devant la loi » (auteur de l’article) : il ne parle donc clairement pas de droits et liberté, mais de droit positif

    • Il y a de très nombreuses interprétations et des courants libéraux à foison. Les notions sont elles-mêmes interprétables (par exemple la main invisible).
      The Economist est par exemple anti-armes à feu, moi-même je le suis, d’autres non.
      Pour la rente c’est peut-être qu’il a fait un bac ES, qu’il étudie l’économie ou qu’il a tout simplement des connaissances en économie : les néoclassiques ne sont pas très gentils envers les rentiers et ils ont pas tout à fait tort (leur « justice sociale » passe par le travail), Smith et Ricardo avaient une méfiance envers la rente sans forcément vouloir l’interdire.

  • Malheureusement trop fréquent sur Contrepoints, des titres d’articles alléchants mais un contenu qui n’est pas à la hauteur. ici l’auteur ne répond même pas à la question qu’il pose !!

  • Il faudrait psychanalyser tous ces gens qui utilisent le mot « néolibéralisme » pour désigner tout ce qu’ils n’aiment pas, et que bien des libéraux n’aiment pas non plus.
    On s’apercevrait que ce qu’ils veulent, c’est pouvoir interdire tout ce qu’ils ‘aiment pas, ce que justement le libéralisme interdit (« il est interdit d’interdire » comme on disait en mai 68 tout en vomissant déjà le « libéralisme »). Autrement dit, ceux qui critiquent cette théorie imaginaire qu’ils appellent « néolibéralisme » sont en fait des néostaliniens.

    • @ Gérard Dréan
      Il faut pouvoir reconnaitre des choses simples pour comprendre les situations compliquées: le néolibéralisme n’est pas le libéralisme sinon pourquoi utiliser 2 mots différents.?

      Il ne faudrait pas parler de néolibéralisme (qui serait un « nouveau » libéralisme adapté à l’époque actuelle) mais d’ultralibéralisme qui serait un libéralisme dont la pratique dépasserait allègrement le sens premier des notions de base du libéralisme, détournées pour les utiliser, « à la carte », une fois l’une, une fois l’autre, sans tenir compte que le libéralisme nécessite le respect de ses notions bien définies, simultanément: (augmenter SA liberté, aux dépens de la propriété d’AUTRUI, par exemple ou autre exemple: utiliser la violence, soi-même, sans être personnellement menacé par un voleur de biens, ce qui est condamnable en droit et en justice).

      Si les exemples particuliers sont clairement compréhensibles, qu’en est-il avec des multinationales complexes aptes à se défendre en justice avec des armadas d’avocats jouant sur les mots des diverses législations nationales? On est vite très éloigné de la cohérence libérale théorique, évidemment séduisante pour l’esprit, mais exigeante quant au respect des différents principes basés sur l’ensemble du respect simultané des différentes « valeurs libérales »!

      Faut-il alors s’étonner qu’en conséquence, l’ultralibéralisme pratiqué puisse, pratiquement paraitre inacceptable comme, par exemple, la concentration de la richesse mondiale dans des mains de moins en moins nombreuses? Et comment s’étonner que cette « néo-aristocratie des plus riches » acquière un poids politique et donc une part de pouvoir imméritée en démocratie théorique.

      Donc oui, l’ultralibéralisme nécessite une éthique générale (pour ne pas dire une « morale », notion individuelle) respectée, ce qui n’est pas le cas.

      On comprend alors qu’un « simple » traité de « libre échange » demande 1 600 pages de texte pour tenter de prévenir toute entorse à l’accord, le « libre échange » restant bien un principe de base du libéralisme.

      Or un texte ne peut tout prévoir mais, de plus, donne immédiatement de la matière aux juristes chargés de trouver les failles qu’on pourra légalement utiliser.

      • « le néolibéralisme n’est pas le libéralisme »
        C’est exactement ce que je dis.
        Les mots « néolibéralisme » et « ultralibéralisme » désignent des thèses imaginaires que personne ne soutient, en tous cas pas les libéraux, mais qui d’après les utilisateurs de ces termes seraient à l’origine d’un certain nombre de phénomènes qu’ils dénoncent, et qui toujours d’après eux seraient des variantes du libéralisme, d’où le choix des termes..
        S’ils disaient « néoschtroupfisme » ou « ultratirlipotisme », ce qui serait tout aussi exact, il n’y aurait pas de problème.
        .

        • Merci pour votre commentaire.

        • @Gérard Dréan :

          « Le libéralisme est un ensemble de courants de philosophie politique visant à faire reconnaître la primauté des principes de liberté et de responsabilité individuelle sur l’autorité du souverain (que ce souverain soit un monarque ou le peuple) »

          Le fait que le souverain soit un monarque (XVIII° siècle occidental) ou le peuple (XX° siècle occidental) ne change pas la définition ci-dessus, mais pose une claire question pour les sociaux-démocrates qui pensent que l’individu a sa liberté assurée par la souveraineté populaire.

          D’où le terme de néo-libéralisme pour différencier le libéralisme « moderne », s’opposant à la social-démocratie versus le libéralisme « ancien » qui est lui légitime (pour les démocrates) car s’opposant à la monarchie où à une classe sociale dirigeante

          En plus simple pour résumer la version gauchiste : le libéralisme s’oppose à la monarchie (à l’Etat nation) et le néo-libéralisme s’oppose à la démocratie (à l’Etat providence)

      • @mikylux :
        « On comprend alors qu’un « simple » traité de « libre échange » demande 1 600 pages de texte pour tenter de prévenir toute entorse à l’accord, le « libre échange » restant bien un principe de base du libéralisme. »
        Pour ce que je comprends du libéralisme, un traité de libre échange ne devrait faire qu’une phrase : « Les échanges sont libres ». On peut la développer un poil, mais par nature le libre-echange ne saurait être enfermé dans des traités aussi abscons.
        Dès lors, ces traités ne traitent pas de « libre-echange » mais d’échanges contraints et réglementés : on n’est plus dans le libéralisme. Ni classique, ni néo, ni ultra.

  • Le néolibéralisme est au libéralisme ce qu’est la créature du docteur Frankenstein a son créateur…c’est bien un monstre.

  • ce qu’on nomme néolibéralisme c’est le libéralisme quand ca arrange.

    Exemple : dérugerler la finance (libéralisme) MAIS sauver les banques (le méchant état) quand faillite (quand ca m’arrange)

    On nomme cela néolibéralisme. Les croyants libéraux ne devrait pas défendre le néolibéralisme puisqu’elle est un usage partial de leur dogme.

    C’est ainsi que tout les fondamentalistes libéraux disent que le monde actuel n’est pas libéral (ils ont raison il est très exactement néolibéral).

    • Guillaume, si vous lisez ce message, c’est que votre courageuse tentative de démythification a échoué. Sans vouloir vous décourager, vous vous attaquez à un problème insoluble, ou plus exactement vous empruntez un chemin impraticable si vous espérez être efficace.

      En effet, vous faites appel à la raison alors que le concept du néolibéralisme relève de l’irrationnel sectaire, exactement comme le concept du capitalisme l’a été en son temps. Il y a pire. Plus vous argumentez avec des arguments objectifs, plus vous confortez dans leur erreur les victimes de l’illusion, égarées dans leur imaginaire délirant, ainsi que le précédent message le démontre sans ambiguïté.

      • +1
        Ce qu’il faut comprendre une fois pour toutes, c’est que le mot est utilisé, mais que la chose n’existe pas.

        • « Ce qu’il faut comprendre une fois pour toutes, c’est que le mot est utilisé, mais que la chose n’existe pas »

          Exact, « le terme de traité ou d’accord de libre échange est utilisé pour décrire des traités commerciaux internationaux qui sont tous sauf libéraux, d’ailleurs ce terme relève de la plus pure communication politique. Il vaudrait mieux utiliser les termes de traités, de partenariats, d’accord de coopération ou préférentiels.

          Ces accords sont en réalités des traités ou conventions négociés dans un cadre exclusivement intergouvernementale: cas des traités bilatéraux ou multilatéral élargi quand les négociations se font au sein d’organisations internationales avec des représentants des différents acteurs: Etats, ONG, firmes multinationales et lobbies en toujours. Ce qui est reproché et que le second cas est en réalité anecdotique en ce qui concernent les ONG et la société civiles.

          Il faut bien à avoir à l’idée que les acteurs de la société civile qui font des campagnes sur tel ou tel traité ou accord n’ont en réalité aucune influence au sein des lieux de négociation.

          Ce n’est pas Greenpeace, ni Oxfam, ni ATTAC qui ont une influence quelconque sur le processus dans le cadre d’accord plus ancien comme l’ALE l’ALENA, et aujourd’hui le TAFTA ou le TPP.

          Ce qui est libre dans un accord de « libre échange » (un oxymore parfait) est circonscrit techniquement et juridiquement par l’accord.

          Ce qui n’est pas dans le périmètre de l’accord négocié est laissé à la loi du plus fort:

          -droit de douanes
          -quotas
          -subvention aux importation
          -barrières non tarifaires

          Avec des nuances tous les Etats du monde pratiquent au moins une des 4 mesures cités dans le cadre de leur politique commerciale respective.

          Dans aucun pays du monde sauf celui d’Alice au pays des merveilles je ne peux importer et exporter tout ce que je veux, ou je veux et aux quantités que je veux.

          Quand au terme néolibéralisme: cela désigne juste la gouvernance économique, financière et commerciale international depuis post 45: vous pouvez appelez ça du capitalisme de connivence ou de copinage, de système ou c’est le too big to fail qui domine comme bon vous semble…

          Le points faibles de ceux qui s’affirment libéraux et justement leur incapacité à sortir du cadre contractant deux volonté individuels et en le transposant naïvement ou pire malhonnêtement à des négociations entre plusieurs Etats ou entre régions du monde.

          En réalité à par donner notre opinion, en débattre âprement sur Contrepoints, ni moi ni vous ni l’ auteur de l’article n’avons le pouvoir d’orienter les tenants et aboutissants de tels accords.

          A tord ou a raison certains acteurs font pressions au près de leur Etat pour qu’il signe d’autre font la même chose pour qu’il ne soient pas signé.

          L’un des premier principes du libre échange devrait être la liberté d’échanger de ne pas échanger.

          Sans compter que nos sociétés étant de plus en plus interdépendantes sur des enjeux de plus en plus communs, ce type d’accords posent problème sur un point crucial: ce qui sont pour ce genre d’accord s’en remette in fine à des responsables politiques qui n’auront de compte à personne lorsque le vend tourne.

          Prenons le TPP: que peuvent faire les autres pays suite au retrait des USA à part pleurer? Quand est il des populations à qui les gouvernements et lobbies ont vendu un gain de croissance, de pouvoir d’achat et d’emploi made in bisouland? Elles aussi n’ont plus qu’à pleurer.

          Le néolibéralisme c’est promouvoir le libre échange tout en usant de tous les rapports de force possibles pour défendre sa position sur la scène international.

          Il faut s’intéresser de prêt au conditions de négociation de l’ALE et de l’ALENA durant les années 90 pour se rendre compte que le terme « libre échange » est un label idéologique.

          Seuls les secteurs qui bénéficient de manière réciproque de l’accord sont libre d’échanger,

          On peut prendre comme fondement du néolibéralisme l’ordre économique et financier post 45 de la création du GATT à celle de l’OMC: d’ailleurs pourquoi Trump agit de la sorte: fin du TPP, renégociation de l’ALENA, menace sur l’OMC et sur l’ONU?

          Tout simplement pour revenir à un cadre de négociation bilatéral qui est largement à l’avantage des USA que le multilatéralisme des organisations internationales.

          Théresa May avec naïveté voit la future idylle d’un accord commercial avec les USA: il n’en sera en réalité rien, elle se pliera, ou rien ne sera signé.

          A part les la Chine l’Inde et l’UE quasiment aucune nations n’est en mesure de négocier à arme égales avec les USA.

          On l’a bien vu avec le cycle de Doha le « STOP » de l’Inde est signal lancé au USA ils ont compris qu’ils ne peuvent plus faire ce qu’il veulent.

          Ah et puis il est pas inutile de rappeler que toute convention ou traités signés entre deux Etats se voit exécuté par les partis de « bonne foi ».

          La bonne foi entre individu je veux bien mais au niveau international n’est ce pas du politiquement correct pour désigner du pur rapport de force.

          Ne pas oublier que les formes régulatrices de l’action des Etats que sont les Organisations Intergouvernementales sont avant tout représentées par eux…

    • Le néolibéralisme c’est Keynes, Beveridge, et des sociaux-libéraux d’avant ces deux là. Le néolibéralisme c’est le social-libéralisme ! Le vrai néolibéralisme bien sûr. D’ailleurs le vrai Keynes est anti-socialiste et pro-business dans la réalité (être pro-business ne s’oppose pas à d’autres priorités).
      Ce que les gaucho-droiteux appellent néolibéralisme ce n’est qu’une forme de capitalisme de connivence mélangeant socialisme des pertes et marché libre pour les lobbies mais pas pour les autres. C’est la guerre d’appropriation qui viole les droits de propriétés …

    • Le neoliberalisme se conçoit dans la doxa collectiviste (communisme) qui est celle des intellectuels français. Depuis 1989, puisqu’il faut s’accommoder du marché, donc un marché en liberté surveillé, on abouti dans les faits à un monstre publique-privé, le célèbre: ‘les bénéfices pour le privé, les déficits pour le publique’.
      Un marché réellement libre est hors du champ conceptuel de nos petits fonctionnaires de la pensée.

  • Facile le néolibéralisme c’est soit le néoclassicisme en économie ou soit le social-libéralisme. À la limite une forme de libéralisme farouchement anti-interventionniste (vous savez c’est ce qu’on appelle le libertarianisme). Et aucune de ces 3 écoles n’a de valeurs semblables â ce que les intellectuels (ayant souvent des prétentions à tout pouvoir et savoir diriger parfaitement et scientifiquement, tout en sachant mieux que nous ce qui est bon pour nous) cités et de gauche ou de droite antilibérales dénoncent.

  • J’ai lu tous les commentaires de cet article.
    Je peux comprendre que certains, peut-être à juste titre, défendent une « meilleure » lecture des classiques que l’auteur, en matière de libéralisme.
    Je peux comprendre que certains aient deceloppé une culture libérale solide, parfois doctrinaire, et dès lors facilement clivante.
    Je peux comprendre qu’en terme de libéralisme on finisse par trouver, comme dans toute idéologie (au sens premier du terme) des intégristes, des réformistes, etc.
    Mais je salue l’article pour son contenu et surtout pour le sens du sujet : reprendre l’auteur sur des points de théorie ne modifie pas fondamentalement son propos. Et donc merci à notre jeune auteur pour sa contribution.

    • Oui, même si j’ai été très critiques sur les arguments, l’effort est louable.

      Le problème de base viens je pense que le libéralisme n’est pas une doctrine qui tente de décrire un modèle, mais plus un contre pouvoir, une revendication : celle de laisser plus de place à l’individu.

      Cette revendication contrairement aux autres qui réclament des droits, réclame elle de la confiance, ce qui est une démarche contrairement inverse de la conception habituelle du pouvoir, surtout de la conception jacobine, universaliste qui préside en France.

      Comme le dit Locke, le libéralisme est basé sur la confiance, sur l’honnêteté, sur la parole donnée, sur le contrat, qui rendent inutile le besoin de lois positives décidées pour tous.

      Pour en revenir au néolibéralisme, je suis assez d’avis avec Cavaignac : c’est avant tout un spectre, comme le capitalisme a été le spectre du libéralisme confronté aux Etats Nations du XIX°, le néolibéralisme est le spectre du libéralisme confronté aux Etats providence du XX°.

      Mon avis personnel est que le libéralisme entre de plus en plus en conflit avec la démocratie, qui tente elle de fusionner pouvoir et individu, alors que le libéralisme est basé sur la séparation entre les deux et que vu les tourments dans lesquels la démocratie semble engagée, il y a une grande opportunité pour le libéralisme, amis aussi un grand risque.

      • Le souci viens également du personnel politique et bureaucratique se réclamant souvent du libre échange etc etc etc alors que la réalité internationale et souvent tout autre.

        Comme le dit Locke, le libéralisme est basé sur la confiance, sur l’honnêteté, sur la parole donnée, sur le contrat, qui rendent inutile le besoin de lois positives décidées pour tous.

        Donc le libéralisme n’ a pas sa place en politique et ne doit pas s’en occuper il doit rester une philosophie de vie comme l’hédonisme ou l’épicurisme.

        « le besoin de loi positives décidées pour tous », le plus petit dénominateur commun des définitions que l’on peut donner de la politique et ceci de puis des lustres qu’on soit de gauche, de droit, libéral, conservateur, progressiste ou je ne sait quoi d’ailleurs.

        Les plus beaux escrocs sont ceux qui se battent contre ce « besoin de loi positives décidés pour tous » en faisant de la politique.

        Tocqueville et Bastiat en tant qu’hommes politiques ne votaient-ils pas eux même « des loi décidés pour tous »?

        D’accord avec vous que le libéralisme est de la philosophie politique, la question est de ça savoir si elle normative ou pas auquel cas le terme politique ne peut s’y accoler.

      • Difficile en effet de faire la part de choses. Et être autodidacte en la matière, comme je le suis, est parfois un peu épuisant. Je lis « Libéralisme » de Pascal Salin en ce moment, et pour ce que j’en comprends pour le moment, son propos fondamental rejoint bien le votre : la Démocratie implique par sa nature même une croissance excessive de l’Etat, et s’oppose donc formellement aux bases du libéralisme.
        Il reste du chemin à faire…

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