Jean-Marc Daniel, pourfendeur de la rente

tableatny-BXP135660(CC BY 2.0)

Seule la concurrence permet aux talents individuels de s’exprimer en mettant fin aux privilèges indus.

Par Nicolas Beyls
Un article de Trop Libre en partenariat avec Think Liberal Sciences Po.

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Le professeur d’économie à l’ESCP-Europe propose dans son dernier ouvrage L’État de connivence de rompre avec les politiques keynésiennes et de choisir un capitalisme authentiquement libéral. En effet, seule la concurrence permet aux talents individuels de s’exprimer en mettant fin aux privilèges indus.

Jean-Marc Daniel fustige d’abord le court-termisme des analyses économiques actuelles. Face à la crise, les commentateurs mercantilistes mettent en avant le manque de compétitivité de notre pays et réclament une dévaluation, qui braderait artificiellement le travail des Français sur les marchés mondiaux. Au contraire, l’auteur souhaite doper notre croissance potentielle, celle de long-terme, grâce au progrès technique et à l’entrepreneuriat.

D’après Jean-Marc Daniel, l’État doit ici jouer un rôle. Il doit cesser d’entretenir la rente. Chez Ricardo, la rente agricole est assurée par l’État qui protège les propriétaires terriens du libre-échange. À l’âge industriel, les « champions nationaux » en position de monopole échappent à la concurrence internationale, forcément « déloyale », grâce à leur connivence avec l’État. Dans l’économie immatérielle d’aujourd’hui, des individus mieux placés que d’autres captent une « rente de l’imposture » : par exemple les artistes doués pour l’intrigue politique ou les cadres des banques « too big to fail ».

jm danielContrairement à la rente, la concurrence est moralement juste selon Jean-Marc Daniel car elle permet l’égalité sur le marché entre producteurs et entre consommateurs. La concurrence est aussi économiquement efficace. Elle fait baisser les prix excessivement élevés proposés par les producteurs rentiers et accroît donc le pouvoir d’achat des consommateurs. Elle agit aussi sur l’offre car elle pousse les entreprises à innover, ce qui favorise la croissance. Enfin la concurrence redistribue les cartes dans l’entreprise en cassant le pouvoir des managers peu inventifs au profit des innovateurs.

Le bon docteur Daniel propose enfin plusieurs remèdes pour insuffler plus de concurrence dans notre économie et notre société :

  • La privatisation massive des derniers monopoles publics, certains opérateurs de service public, comme la SNCF, mais aussi les universités et l’assurance maladie, au profit d’assurances privées,
  • L’inévitable libéralisation des professions réglementées, comme les taxis, mais aussi la fonction publique à travers son statut,
  • Fluidifier le marché du travail au profit de ses exclus, les jeunes et les chômeurs, les fameux « outsiders »,
  • Mettre fin aux rentes publiques qui opèrent un transfert des pauvres vers les riches, appelé aussi Robin Hood reverse, (« Robin des Bois à l’envers ») comme les subventions culturelles, et réduire la dette publique qui octroie des revenus détaxés aux souscripteurs d’assurance-vie grâce à la TVA payée par tous,
  • Accroître la concurrence entre les banques afin de les responsabiliser.

En décembre 2014, Trop Libre recevait Jean-Marc Daniel, pour une discussion autour de son livre :


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