Emploi : le Royaume-Uni, un modèle pour la France ?

Rares sont les publications qui tentent de s’attaquer au problème de l’emploi, et le livre de Nathalie Droal est un de ceux-là. Il le fait en analysant le cas du Royaume-Uni, dont les résultats ont été incomparablement plus performants que ceux de la France.

Par Yves Buchsenschutz.
Un article d’Emploi 2017

Tout y est et sort en filigrane de la comparaison : les emplois marchands, seuls créateurs de richesse réelle et tangible pour la collectivité, ne peuvent en définitive être créés que par de nouvelles entreprises. De plus, seule l’initiative privée peut avoir une chance raisonnable de les inventer puis de les développer. De ce point de vue, le Royaume-Uni a construit patiemment une politique générale d’encouragement à l’investissement des personnes physiques, quand la France, dans le même temps, favorisait l’assurance-vie, l’investissement dans les œuvres d’art et l’immobilier… ou encore l’intervention publique, peu convaincante en la matière.

Encouragé par ses think tanks, le Royaume-Uni a joué le pragmatisme, la France les réglementations, voire la pénalisation systématique de la croissance, en particulier via la fiscalité, des initiatives individuelles. Le Royaume-Uni a choisi l’encouragement du risque quand la France a installé des rentes. Nos voisins d’outre-Manche ont mis en place une réforme ambitieuse de l’apprentissage, rendant les entreprises encore davantage maitresses du dispositif, quand la France l’a laissé aux mains d’une Éducation nationale farouchement opposée à l’entreprise.

Que dire de plus ? La France ne supporte pas l’existence des riches : ils sont pourtant les seuls susceptibles de créer le mouvement pour l’emploi. Pour investir, il faut de l’argent et il faut pouvoir prendre des risques, toute chose hors de portée des citoyens moyens. Demandez à la collectivité de prendre les risques et de l’argent à ceux qui en ont peu, ou pas, est tout simplement contre-productif du point de vue de l’emploi. Punir ceux qui créent les amène à aller investir ailleurs ou autrement.

Il faudra bien qu’un jour notre pays accepte que son développement dépende de l’accroissement du gâteau que nous avons à partager, et que les pâtissiers de ce dernier ne peuvent être que des investisseurs aisés et expérimentés.

Sur le web