Benoît Hamon ou le stade terminal du socialisme

Benoit Hamon (Crédits Mathieu Delmestre- Parti Socialiste licence Creative Commons)

Voilà donc Benoît Hamon en passe de remporter les primaires de la belle mésalliance populaire. Son projet ? Écraser les actifs pour financer l’assistanat généralisé.

Par Serge Federbusch.

Benoît Hamon ou le stade terminal du socialisme
Benoit Hamon (Crédits Mathieu Delmestre- Parti Socialiste licence Creative Commons)

Osons immodestement corriger le grand, l’immense Spinoza. Contrairement à ce que disait le sage d’Amsterdam, l’essence de toute chose n’est pas son « conatus », son effort pour persévérer dans son être. Quand il s’agit de socialisme, elle est de s’anéantir dans l’absurde.

Voilà donc Benoît Hamon en passe de remporter les primaires de la belle mésalliance populaire. Son projet ? Écraser les actifs pour financer l’assistanat généralisé, taxer les robots – du moins ceux qui ne peuvent prendre leurs roues et boulons à leurs cous -, accueillir généreusement les migrants pour les faire bénéficier de tous ces bienfaits et parfumer l’air ambiant d’une âcre odeur de cannabis. Le paradis de la gauche ne saurait être qu’artificiel. Que les cadres de Solférino planquent leur moquette : elle sera bientôt fumée par leur nouveau chef.

Dans les bars à chicha où se réuniront alors les sections du parti, les femmes seront-elles tolérées ? N’oublions pas qu’Hamon mettait leur absence de certains établissements de Seine-Saint-Denis sur le compte de traditions pour lesquelles il avait de la mansuétude. « Le problème c’est que quand vous faites en France plus souvent l’expérience de l’inégalité que de l’égalité, de la contrainte que de la fraternité, vous vous dites à un moment, même quand vous avez eu un parcours remarquable qui a respecté toutes les lois, vous vous dites : vivre ensemble en France, ça ne marche pas, donc je choisis l’entre soi … Arrêtons de créer des guerres tout le temps. Oui, il y a des problèmes, mais ce n’est pas en jetant l’opprobre systématiquement qu’on arrivera à les résoudre ».

L’électorat socialiste en voie de volatilisation

Bref, selon Hamon, le vivre-ensemble a un prix : les habitantes de Sevran sont priées de baisser la tête et d’y éviter pour le moment la fréquentation des bistrots. Voilà le triste sire qu’un électorat socialiste en voie de volatilisation a décidé de mettre en avant pour diriger le pays. On savourera particulièrement la promesse du revenu universel en rappelant qu’Hamon et les siens votaient des deux mains il y a peu la mise sous condition de ressources des allocations familiales qui, précisément, étaient auparavant universelles en ne tenant compte que du nombre d’enfants.

Il est vrai que les dires d’Hamon comportent une bonne part de rouerie. Il n’appliquera sa mesure qu’aux moins de 25 ans puis renverra sa généralisation, dit-il, à une grande conférence. Cela étant, la boîte de Pandore sera ouverte et, comme pour les 35 heures, il lui sera impossible d’en refuser l’application intégrale.

Mieux vaut se taire que proférer des absurdités : c’est ce que doit penser Macron en se frottant les mains. Il aurait grand tort car la radicalisation par l’absurde d’une part importante de l’électorat de gauche lui rendra les désistements très difficiles, que ce soit au deuxième tour de la présidentielle si par extraordinaire il y parvenait, qu’aux législatives s’il investissait des candidats.
Le projet de Hamon est une sorte de programme commun entre communistes, communistes et communistes. En neutralisant ainsi un cinquième du corps électoral, la gauche va paradoxalement vivre ce que vit la droite depuis trente ans avec le Front national. La percée de Hamon va renforcer l’immobilisme centriste et technocratique dans lequel patauge la vie politique française.

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