La critique des médias est-elle en train d’aller trop loin ?

La dénonciation de plus en plus systématique des médias peut tendre à fermer insidieusement la porte de la liberté d’expression pour entrouvrir celle du contrôle de l’information. Les seules issues sont pourtant l’esprit critique et la responsabilité individuelle.

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La critique des médias est-elle en train d’aller trop loin ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 18 janvier 2017
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Par Kevin Gandon.

La critique des médias est-elle en train d'aller trop loin ?
By: Leigh BlackallCC BY 2.0

C’est le 24 décembre dans un petit village de province. Toute votre petite famille s’est réunie plus ou moins gaiement chez mamie pour absorber autant de calories que tout le reste de l’année. Alors que cette dernière vous lance un regard insistant pour que vous repreniez de la bûche une troisième fois, votre oncle René lâche à son voisin une phrase qui vous interpelle : « Je vais te dire, Gérard, le plus scandaleux c’est tous ces journalistes qui nous racontent que des bobards ».

Ce n’est pas la première fois que vous entendez cet argument facile pour débatteur en mal de punchline. Mais si le « média bashing » n’est pas nouveau, son intensité est devenue tout à fait remarquable ces dernières années, en particulier avec l’essor d’internet et des réseaux sociaux comme sources d’information alternatives.

Le média bashing pourrait se définir schématiquement par deux tendances contradictoires et étrangement complémentaires : d’un côté,  la perte de confiance d’une partie du public dans les médias traditionnels accusés de véhiculer une vérité imposée (c’est la vérité du « système ») et de l’autre côté, corrélativement, l’essor de sources d’information alternatives (sites internets, blogueurs, chaînes Youtube etc.) proposant une autre façon d’aborder les faits et l’actu, eux-mêmes attaqués sur le traitement dévoyé qu’ils peuvent en faire (allant jusqu’à les taxer de complotisme ou de désinformation).

Tout l’enjeu est alors celui de la dénonciation du parti-pris, toute la critique fondée sur le traitement des faits et leur analyse. Chaque camp1 accusant l’autre de cacher la vérité, de la déformer, ou d’en inventer une à des fins plus ou moins cachées de manipulation des masses, et manquant par la même au « devoir » d’objectivité auquel tout média devrait souscrire.

Certes, au stade de la traditionnelle prise de bec de Noël, ce n’est pas dramatique, et on pardonnera bien volontiers à tonton René de s’être égaré entre le fromage et le dessert puisqu’après tout, c’est son droit.

Toutefois, plus récemment, ce mouvement de fond à l’encontre des médias et du traitement de l’information dans l’espace public s’est traduit par la manifestation de volonté de certains acteurs d’aller beaucoup plus loin.

Ainsi est-on passé d’une franche agressivité (l’insulte systématique des journalistes sur les réseaux sociaux par exemple) à la critique quasi-institutionnelle (Facebook a été directement ou indirectement accusé, notamment par B. Obama, d’avoir contribué à l’élection de D. Trump en diffusant des informations fausses, ou encore A. Merkel qui souhaite s’attaquer aux algorithmes des moteurs de recherchent qui selon elle tendent à biaiser l’information disponible), puis à une volonté de passer clairement un coup de balais parmi certains vecteurs d’info de la part d’opérateurs privés (Facebook et Google s’étant par exemple engagés dans à lutter contre la « désinformation ») voire à une intervention directe des pouvoirs publics eux-mêmes (pénalisation de certains sites de « désinformation » par la France).

Le devoir impossible d’objectivité

Bien évidemment, toute critique constructive est saine, et la liberté d’expression dont profitent les médias ne saurait priver celle de tout-un-chacun de la sienne. Il ne faut toutefois pas perdre de vue certains éléments, pourtant essentiels, à l’heure ou le débat semble s’hystériser.

Le premier, c’est que les médias n’ont aucunement obligation ou vocation à être objectifs. D’abord parce que la liberté d’expression dont ils jouissent ne le leur impose pas, et ensuite parce qu’ils se sont tous construits sur le parti pris, et en adoptant ce qu’on définit traditionnellement comme une ligne éditoriale. Du Figaro, plus vieux journal français, qui s’est construit sous la restauration contre le pouvoir monarchique de Charles X, à L’Opinion, un des plus récents, qui a choisi un positionnement présenté comme libéral et européen. Le raisonnement est valable pour tous les autres relayeurs d’info.

Le second c’est que l’objectivité est une quête impossible à atteindre. Relater un fait vous fait forcément prendre parti et ce malgré tous les efforts que vous puissiez faire pour rester le plus neutre possible.

Prenez par exemple l’AFP, dont le modèle se propose de « rechercher objectivement la vérité des faits et de diffuser des informations vérifiées sous différents formats ».

L’AFP se contente pour ce faire de diffuser des courtes dépêches, sans commentaires, sans analyse. Et pourtant dans le choix des mots qu’elle utilise elle va inévitablement prendre parti : migrants, déplacés ou réfugiés ? Rébellion, insurrection ou résistance armée ?  Compromis ou reculade ? Assassinat ou attentat ? Verre à moitié vide ou à moitié plein ?

D’ailleurs, choisir dans l’immensité des actualités lesquelles diffuser, lesquelles laisser de côté est également une prise de parti.

Ce raisonnement s’applique aussi à des programmes comme No Comment sur Euronews ou Le zapping sur Canal : même en l’absence de tout commentaire, l’articulation d’images brutes mais inévitablement choisies va apporter un éclairage aux faits. Et comme tout éclairage, il souligne un point de vue, met en lumière certains éléments et en laisse certains autres dans l’ombre.

Un symptôme de la déresponsabilisation générale

En vérité le média-bashing n’est que l’une des facettes d’un phénomène beaucoup plus général qui est celui de la déresponsabilisation. Ce phénomène résulte de l’attitude lâche de l’individu qui s’en remet à autrui pour se défausser de conséquences qu’il devrait assumer lui-même.

Celui-ci, bien assis sur son canapé, attend en allumant sa télé qu’elle lui apporte sur un joli plateau un information toute propre, vérifiée, objective, prémâchée. Son propre rôle se réduirait à celui de créancier passif d’une obligation d’informer dont les médias seraient, pense-t-il, les redevables. Comment alors, par une telle posture, ne pas se sentir floué le jour où il s’apercevra d’une distorsion entre sa propre perception de la réalité et ce qu’il a béatement entendu devant l’écran ?

La déresponsabilisation ne s’arrête pas à la façon dont il s’informe : il reprochera de la même façon à l’école de mal éduquer ses propres enfants, à l’État de ne pas lui trouver un travail décent, au supermarché de lui faire manger n’importe quoi, et ainsi de suite.

Face à cet effet secondaire de la maternalisation globale de notre société, patiemment mise en place par l’État-providence depuis les décennies, il est urgent de remettre l’individu face à ses responsabilités : « Là où les citoyens comptent trop sur les autorités, ils finissent par ne pas assez compter sur eux-mêmes, et la cause la plus efficace du progrès en est certainement neutralisée »2.

Car rappelons-le, l’unique responsable, c’est lui. C’est à lui qu’il appartient d’aller au-delà du superficiel, du slogan ou même du préjugé, et d’arrêter de gober tout ce qu’il entend, média mainstream ou non. C’est à lui qu’il appartient de diversifier ses sources, de raisonner, de confronter, et d’assumer le cas échéant s’il se trompe. Et à personne d’autre. De cette seule façon il aiguisera son esprit critique, réduira la possibilité d’être floué ou manipulé et aura le pouvoir de faire des choix mieux éclairés.

Le raisonnement inverse induirait deux éléments aussi déplorables l’un que l’autre :

En premier lieu ce serait penser que l’Homme ne peut pas être suffisamment libre, responsable et intelligent pour être capable de juger par lui-même. Ce qui constitue une vision particulièrement dégradante de la nature humaine.

En second lieu, ce qui est beaucoup plus grave et en découle naturellement : un tel raisonnement ouvre grand la porte à la justification d’une intervention, d’un contrôle, voire d’une mainmise extérieure, au nom d’une sorte de « responsabilité sociale des médias ».

Le terme est emprunté à certains universitaires américains, au premier rang desquels Wilbur Schramm, lesquels, au milieu du XXe siècle estimaient que puisque les médias faisaient preuve d’irresponsabilité, la société était en droit de leur imposer, par quelque moyen que ce soit, d’assumer la « responsabilité sociale » à laquelle ils n’auraient jamais dû se soustraire3.

La ficelle est grosse comme un câble de téléphérique, un tel raisonnement constituant on le voit bien la porte ouverte à la censure de l’État, autant dire par des politiciens ou d’obscurs fonctionnaires dans un bureau ministériel (chacun appréciera la compétence des premiers et la légitimité des seconds – à moins que ça ne soit l’inverse…), s’estimant, eux, suffisamment intelligents pour faire le tri dans l’information à votre place.

Non. Ce n’est ni à l’État ni à quiconque de tracer la ligne entre le vrai et le faux à la place du citoyen, ou d’interdire/pénaliser les contenus qu’il n’approuve pas, en totale contradiction avec la liberté d’expression. Cette dernière, rappelons-le, recouvre également le droit de raconter n’importe quoi (hé oui ! La bêtise n’est pas interdite).

S’il faut s’insurger contre toute intervention publique, faut-il également refuser celle des géants de l’internet ? En réalité le débat est tout autre ici : on ne peut pas reprocher à ces derniers, entreprises privées qui n’ont de comptes à rendre à personne, de décider à tort à ou raison peut-être mais en toute souveraineté quel contenu référencer ou pas. Libre aux utilisateurs insatisfaits d’aller voir ailleurs (on leur souhaite bien du courage d’ailleurs, mais c’est un autre problème). En outre, les contenus qui ne sont pas ou plus référencés ne sont pas pour autant supprimés, et demeurent tout à fait accessibles.

En conclusion, et même s’il ne faut pas occulter les critiques légitimes qui peuvent être faites aux médias (subventions publiques qui gonflent artificiellement les audiences de ceux qui en bénéficient, utilisations de certains médias comme véhicules de propagandes par certains États), gardons-nous de donner des munitions à ceux qui s’attaquent au pluralisme et donc à la concurrence : le média bashing est une erreur de cible : le problème n’est pas du côté de celui qui informe, mais du côté de celui qui s’informe. Il n’est pas du côté de la liberté d’expression, mais de celui de l’esprit critique. Privilégions toujours à la censure du premier l’apprentissage du second.

Et s’il est vrai que ce n’est pas le choix de la facilité, rappelons-nous qu’« il ne dépend que de nous de suivre la route qui monte et d’éviter celle qui descend » (Platon).

  1.  On notera que la distinction entre médias « du système » et médias « alternatifs » est schématique et évolutive : ainsi peut-on s’interroger sur l’ « institutionnalisation » d’un média comme Breitbart aux États-Unis, dont le propriétaire a intégré l’équipe gouvernementale du président élu D. Trump.
  2.  F. Bastiat, Le Libre-échange, 27 juin 1847.
  3.  M. Laine, Dictionnaire du libéralisme, entrée « Médias », p. 402.
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  • Plutôt saine la réaction de tonton rené. le plus grave c’est de gober sans sourciller toutes les informations de la presse subventionné.
    l’esprit critique est tout autant salutaire que la pluralité de la presse.

    • Le malheur est que peu de gens ont l’esprit critique, et bizarrement ce sont les plus éduqués qui en manquent le plus, à ce que je remarque! Le politiquement correct sévit dans ces couches de population!

  • Je souhaite réagir à cet article sur le media bashing. Je trouve un peu simpliste ce raisonnement qui consiste à renvoyer la responsabilité à celui qui cherche à s’informer en lui demandant de sélectionner trier ou chercher autrement l’information. Tout d’abord, à chacun son métier, celui qui informe doit le faire avec professionnalisme et si possible objectivité, ensuite, rechercher une information fiable lorsque l’on est inondé d’informations plus ou moins « formatées » est tout sauf aisé. Ce qui m’amène à un autre point souvent oublié, qui est la recherche de la cause. pourquoi de plus en plus de rejet ou de méfiance envers les médias? si ce n’est parce que les médias ne satisfont plus ou ne correspondent plus à ce que l’on attend d’eux. Donc pour ma part je pense que c’est aux médias de se responsabiliser et de se remettre en cause. Lorsque l’on appelle un maçon ou un électricien on ne s’attend pas à devoir éplucher l’ensemble des CV ou des prestations déja réalisées (même si malheureusement on y vient tellement il y a de personnes non professionnelles) avant de choisir son prestataire. De plus dans notre mode de vie, tout est pressé rapide, urgent et nous avons de moins en moins de temps pour nous poser, donc certaines activités dont l’information tant relatée 24h/24h par des médias une nouvelle fois, formatés (il suffit de regarder les différents journaux télévisés pour s’en rendre compte) n’est plus forcément une priorité. Autre point, notre éducation depuis la petite école nous enlève petit à petit notre esprit critique pour faire de nous de bons petits soldats, prêt à obéir, pour consommer, s’endetter et accepter tout ce qui nous est imposé. Tout nous est dicté, jusqu’à ce qu’il faut accepter comme étant la normalité, le bien ou le mal, la moralité. Donc OUI à la responsabilisation des consommateurs, mais surtout OUI et un grand OUI à la liberté d’exister, de vivre, de penser, de croire, d’agir, d’intervenir, d’entreprendre et à une éducation qui nous y conduise.

    • J’approuve tout à fait votre commentaire.
      J’ajouterais que la colère des citoyens vient du fait que l’imposition d’un point de vue (ce qu’il faut bien appeler propagande) remplace peu à peu l’information brute, exactement comme dans les lrogrammes d’histoire de l’EN. D’autre part, les médias alternatifs révèlent le principal défaut des médias subventionnés: l’occultation d’un certain nombre d’informations qui donnent sens aux autres.
      Cela a été révélé en particulier pour la couverture du conflit syrien, où pour le coup, même dans les médias mainstream, la vérité a fini par percer.
      À partir de ce point particulier, beaucoup de gens ont réalisé le parti pris des médias mainstream, et que ce dernier s’étendait à bien d’autres sujets.
      Ceci dit, l’auteur de l’article souligne bien qu’il faut sauver le pluralisme. Mais la vérité ferait-elle peur à ceux qui nous gouvernent et qui subventionnent les médias?

  • On peut dire et pense’r ce qu’on veut…m^me des conneries, et on peut bien accuser qui on veut à condition d’avoir des éléments de preuves pour le faire.
    Pourquoi faire une analyse systémique et globale? Alors que le problème reste d’abord « individuel »? Il y a un manque de pluralisme d’un coté, ou le contraire si on inclut le net, et de l’autre coté on a des gens qui acceptent une information qui défie le sens commun.

    J’écoutais France inter hier…où des journalistes déplorait la diffusion de fausses nouvelles ( fake news) sur le net…mais qui dans la foulée on donné la parole a un politique jadot je crois, qui a asséné des affirmations du genre « la pollution fait 48 000 morts en france », aucune réaction des journalistes façon la pollution de quoi? comment compte on les morts?

    La réalité c’est que d’après des études scientifiques ( qui peuvent être erronées) il a été estimé ,que si les français vivaient dans un air quasiment sans particules fines et polluants, sans pour autant changer de mode de vie par ailleurs , On éviterait 48 000 décès prématurés…plus ou moins…

    l’insee à une définition de la mort prématurée..
    Le taux de mortalité prématurée est le nombre de décès, au cours de l’année, d’individus âgés de moins de 65 ans, rapporté à la population totale des moins de 65 ans, de la même année.
    wikipedia a une dentition de la mort prématurée plus générale X ans au lieu de 65…
    vous connaissiez ces définitions? moi non… est ce qu’elles correspondent à l’idée triviale que tout le monde se fait d’une mort prématurée..non.

    Désormais brûler du bois n’émet pas de CO2…
    Désormais on sauve la planète…
    Les transports en commun sont gratuits..
    On peut continuer ad nauseam…

    Diffuser des information qui ne veulent RIEN dire est devenu la norme médiatique.

  • Oui je suis d’accord avec l’auteur sur ce point : c’est à nous d’être critique, sceptique, d’y réfléchir à deux fois lorsqu’on nous délivre une information sur le fond comme sur la forme… Et consulter plusieurs médias, au partis pris contradictoires, aident…

    Pour paraphraser le magazine Marianne, la recherche de la vérité n’interdit pas de prendre parti. Et réciproquement de prendre parti ne doit pas nous faire rejeter la vérité.

    Donc je suis en désaccord sur ce point.
    Le journalisme a une responsabilité sociale, qui ne dédouane absolument pas l’usager de la sienne, la moindre est de ne pas mentir, inventer, travestir les faits. La liberté d’expression n’est pas sa responsabilité, elle n’est pas la liberté de dire n’importe quoi. Il faut savoir prouver, argumenter, démontrer ce que l’on dit, écrit… dans une démarche journalistique.

  • Cet article repose sur de bonnes bases. Sa logique est implacable. Toute information est partisane, même involontairement. C’est au lecteur/auditeur d’utiliser la raison et de filtrer cette information, par là même qui sera de nouveau teintée à ses couleurs.
    Ce qui me dérange chez la majorité, pour ne pas dire la quasi totalité de ces gratte-culs, c’est l’inculture crasse, l’absence totale de curiosité des « journalistes » et des medias qui les emploient. Aucunes recherches, tout n’est que reproduction de dépêches, y compris les erreurs de syntaxe ou d’orthographe.
    Ajoutez-y le travail de sape de l’éducation national et nous avons Marine le Pen ou Mélenchon au deuxième tour de l’élection présidentielle.
    Qu’on apprenne de nouveau aux français la curiosité et l’amour du savoir, et nous aurons un peuple cultivé, brillant et un gouvernement éclairé….

  • Très bon article… qui ne nous empêche pas de penser que beaucoup de journaliste devraient travailler leur esprit critique! Ainsi que parfaire leur connaissance en économie!

    • C’est tellement vrai !
      Quand on voit comment il est difficile de se comprendre entre nous ici, alors même que nous faisons tous des efforts en ce sens et que nous avons à minima une base de culture économique… alors que penser de ces journalistes qui sont aussi incultes que leurs lecteurs sur des sujets essentiels…
      Je les plains, au fond…

  • Une info vrai ou fausse reste une info intéressante a connaitre….si on est capable de l’interpréter.
    Un exemple, l’irrigation du colon ,vous en avez sans doute entendu parlé ou lu dans un journal d’infos insignifiantes…..quelques jours plus tard ,une belle campagne publicitaire pour soigner votre colon….si vous n’êtes pas capable de voir qu’une succession de fait n’est pas une coïncidence mais une opération publicitaire vous étés mûr pour accepter la propagande pour tout et n’importe quoi et que vous étés sans aucun doute possible ‘ de gauche ‘.
    L’info est et sera toujours plus fausse, c’est du bizness pas une œuvre de charité !
    L’homme n’est pas le seul animal ayant le mensonge comme moyen de défense, caméléon, la souris faisant semblant d’être morte etc !
    Internet est en train de tuer la presse les politiciens…ils se défendent !

  • La solution libéral à la subjectivité est la privatisation de l’audiovisuel public.
    Si le citoyen n’aime pas les journalistes qui s’y produisent, il pourra choisir une chaine avec la ligne éditorial de sont choix.
    Le problème de tonton René, c’est que depuis l’ORTF et maintenant FranceTélévision il paye pour diffuser une pensée unique, et qu’il commence à comprendre que ce n’et pas une bonne chose.

    • Pas de privatisation de l’AV public, mais suppression pure et simple du « service public » correspondant.
      Pour comprendre ma position,observons l’apport qualitatif de la toute jeune francetvinfo : rien !

  • Dans les années 90, au RU, en première année de journalisme, la leçon principale qui nous était distillée consistait a ne jamais mépriser son audience, a ne jamais sous estimer l’intelligence du lecteur, et, oui, déjà, a le considérer comme un client. Murdoch pouvait écrire et penser ce qu’il voulait, mais cela ne voulait pas dire une seule seconde que son audience était dupe. Avoir un point de vue tranché en revanche était particulièrement encouragé, a condition de l’assumer et de présenter une argumentation logique.
    C’était primordiale et relativement facile a appliquer dans un environnement somme toute très stable depuis WW2. TV, radio, presse _ même pour un petit con étatiste de gauche n’ayant jamais payé d’impôts et éduqué en France, c’est dire! Les fabricants comme les consommateurs étaient très éduqués et confortables avec les medias en place.

    Si aujourd’hui je devais trouver des traits communs entre CNN, BBC, BFM, etc.., c’est ce marriage de mépris assumé de l’audience avec une indolence intellectuelle qui parfois tient du nihilisme mais la plupart du temps, d’un immense vide et surtout, du suivisme résultant des social medias.
    En effet, il faut afficher le bien être physique (clic, yoga, cross fit, ironman, mud run), son bien être psychique (clic, reprise d’articles du camp du bien), son allégeance au camp du bien (Clic, boo Trump, boo Brexiter, boo climato-sceptique, boo neo-naz.. pardon neo-libéral, bref boowoo avec les loups), bonheur (clic bouffe improbable sur son lit d’assiette, clic gadget design, clic « ma vie est trop top cool sérieux t’as vu un peu? », remplie d’aventure (clic, moi avec Machu, Taj, Eiffel, Ben et/ou un tigre complètement stoned). Je pourrais continuer. Mais bon, like me like me like me I’m so lonely est le fond de commerce des social medias.
    L’insécurité criante et l’obsession narcissique addictive n’encouragent absolument pas a la différence, a l’analyse, a la prise de risque, a l’exposé d’une idée originale et de sa logique.
    En 37, des millions se sont rués dehors, la guerre des mondes, tout ca, sacré Orson. Nos générations futures analyseront notre manque de maturité et de perspective vis a vis des social medias avec le meme amusement.
    Bref je ne vois pas comment traiter d’un tel sujet sans admettre les effets, brutaux et très profonds, des social medias, en l’espace d’une courte décennie. Et c’est encore plus vrai dans des pays fermés et contrôlés culturellement comme la France.

    • Je pense que l’on n’a pas d’autre choix que d’apprendre à vivre avec ça. Souvenez vous des publicités il y a 40 ans : la lessive qui lave plus blanc que blanc ! Heureusement des emm… pardons humoristes comme Coluche ou Jean Yanne se sont payé la tête de ces gens qui nous prenaient pour des imbéciles. C’est la force de l’humour : réveiller l’esprit critique par des rapprochements qui soulignent l’absurdité des propos.

      Il faut faire la même chose avec l’information. L’absurdité est omniprésente dans ce que nous « vende » les médias. Par exemple hier on pouvait lire qu’une collision avait été évitée entre 2 avions à 1000m d’écart d’altitude s’éloignant l’un de l’autre ! Et qu’il fallait imprimer en recto-verso pour économiser du courant ! Dénoncez systématiquement par l’humour les exagérations ridicules et les à-peu-près de la presse, et le discrédit remettra à leur place certain pseudo-journalistes et pseudo-médias. (Et l’ensemble des politiciens !)

      C’est pourquoi j’ai beaucoup d’estime pour le travail de H16 et René Le Honzec sur ce site : l’important n’est pas de détenir une vérité absolue, mais de démontrer que les autres ne peuvent pas avoir raison.

    • Un exemple de mépris de la part des médias, surtout Français je trouve, est le nombre de fautes d’orthographe voire de syntaxe dans leurs brèves. Je trouve ceci aberrant de la part d’un journal. Sans parler du contresens de l’utilisation de certains mots (petit exemple un peu hors sujet : semaine dernière annonce de la part de la RATP suite à un retard : en raison d’un train en gare de Lyon, le trafic est ralenti jusqu’à 18h. Ô mon dieu un train dans un gare ??? Mais que fait la police ? 🙂 )

      Pour le reste, je vous rejoins totalement sur l’effet des médias sociaux et l’importance que les individus leur donnent.

  • S’il y avait un impôt sur la connerie, les médias rapporteraient plus qu’ils ne coutent en subvention.

    (Mais peut-être que ma critique va trop loin ?)

    • Rassurez vous, ils la méritent largement! Prenez n’importe lequel, et on trouve un tas d’âneries, de mensonges et de calomnies à longueur de page.

  • Un média bashing ? Oui un peu ou beaucoup, cest vrai et ce n’est pas réjouissant, mais à qui la faute ? Essentiellement aux médias qui nous servent tous les mêmes faits divers, les mêmes marronniers, s abreuvent tous aux mêmes dépêches d’agences de presse.

  • Il faudrait quand même songer à ne pas inverser le processus en cours.

    Ce n’est pas parce qu’on dénonce les médias que la liberté d’expression pourrait disparaître. C’est parce que la liberté d’expression est déjà largement amputée par le quasi monopole d’idées (la pensée inique collectiviste) des médias classiques, agences, TV et journaux subventionnés, qu’on critique ces médias en particulier.

    Les menaces contre la liberté d’expression, notamment celles tout à fait explicites proférées par Obama à la suite de « sa » défaite (Trump aurait gagné à cause des prétendus mensonges diffusés du fait d’une liberté d’expression mal maîtrisée (sic), mais surtout pas à cause du bilan catastrophique d’Obama ni de la nullité abyssale de Clinton), visent à favoriser les médias subventionnés pour empêcher leurs concurrents d’exister, notamment grâce à internet, pour leur réserver l’exclusivité de la capacité d’expression, au nom d’une liberté d’expression qui n’est plus qu’une coquille vide.

    Tant que la concurrence avait l’effet d’une piqûre de moustique, juste un peu désagréable sans plus, on tolérait son existence. Maintenant qu’elle a prouvé son efficacité pour renverser les pouvoirs, elle va être combattue avec férocité.

  • Je trouve parfaitement libéral cette décrédibilisation des médias traditionnels. Le marché a décidé du « prix » que valait la qualité de leur information et il n’est pas élevé surtout que le journalisme missionnaire et idéologique a pris le pas sur le journalisme d’analyse factuel. Dans un marché libre, ces médias auraient du couler et laisser la place.

    Je pense que la plupart des gens ont actuellement de multiples sources d’informations et c’est une très bonne nouvelle pour l’esprit critique.

  • Non, la critique des médias ne va pas trop loin:
    – Il est désolant de constater qu’au vu du nombre de médias, numériques ou non, en France, l’information délivrée est d’une pauvreté sans nom, à laquelle on ajoute une fort navrante convergence de vue.
    – Cette désolation s’amplifie lorsque l’on balaie, même rapidement, les médias étrangers. Sans aller jusqu’à lire dans le texte l’allemand ou l’anglais, il existe quand même des sources en français, hors frontière, qui délivre un complément que nous devrions avoir en local.
    – Une petite « playlist » de sites internet, des plus contrariens aux plus intégrés, fait apparaitre, rapidement et sans spécialement avoir bac+8, des avis courts, quand même un peu éclairés/documentés, adaptés à l’époque et en rapport avec la vraie vie.
    Tout ceci sans y passer des heures, donc compatible avec une journée « normale » type boulot, transport, enfants et divers. Donc, une grave déficience de nos médias qui, vu mon âge un peu avancé, s’aggrave lentement mais sûrement. Une préparation à l’apocalypse?

  • D’accord avec l’article, mais l’auteur me semble tout de même oublier un point important. Si l’interprétation des faits est en effet affaire subjective, les faits eux-mêmes devraient être établis et communiqués de la façon la plus objective possible, ce que trop de journalistes ne font pas!

    Recueillir les faits sans a priori, vérifier les sources, comparer les points de vue et les synthétiser est le travail de base préalable à toute analyse et interprétation. Mais ce travail n’est même pas fait, les faits sont tronqués, biaisés, voire purement ignorés, pour satisfaire à l’édition de gros titres bien gras et bien racoleurs, formulés de telle sorte qu’ils sont déjà un mensonge en eux-mêmes.
    Les exemples sont tristement nombreux. Le dernier le plus flagrant? Les prétendues orgies de Trump en Russie, avec des journaux, des radios français qui présentent l’intox comme une info, sans enquête ni vérification.

    C’est cela qui cause le rejet et la défiance des médias, et je regrette que cela ne soit pas pointé dans cet article.

  • Non, mr Kevin Gandon, votre article n’est que du routage de gu**le.

    Responsabiliser le citoyen, vautré dans son canapé? Quand il paye une fortune pour avoir l’information? Quand il entretien une armée de parasites qui ne font même pas leur boulot?

    Je vous appellerai que 100% des élèves sortis de l’Ecole de journalisme lilloise sont de gauche, et seulement(?) 83 % pour le reste des autres écoles.

    Reprocher à l’ouvrier, après sa journée de boulot bien remplie, de ne pas aller chercher l’information, est idiot. Il paye pour ça un soi-disant service public totalement vérolé par des crétins qui se prennent pour des intellectuels.

    Et je n’ose parler de la sémantique permanente utilisée : débat dans un congrès de gauche, ça c’est la démocratie. Débat dans une réunion de droite, ça c’est la guerre des chefs.
    Des exemples de ce genre foisonnent à longueur de journée sur presque que tous les médias.

  • Bel article, mais il faut bien avouer que les media font tout pour détruire leur réputation. Les calomnies envers Trump n’en ont été que le bouquet final, l’apothéose! Vecteur du politiquement correct, politiquement orienté, on ne peut se fier à leurs informations. Que ce soit les OGM qu’ils dénigrent sans arrêt, le réchauffement climatique, les énergie renouvelables (pas tant que ça) etc… Il n’y a pas un sujet sur lequel ils fournissent une information scientifique et objective. Ils répandent des rumeurs et des ragots invraisemblables que les gens finissent par avaler. C’est Aldous Huxley qui affirmait: soixante deux milles quatre cents répétitions font une vérité!

  • Non, le media bashing n’est pas une erreur de cible! C’est justement parce qu’une très grande partie des media a perdu tout sens critique que cela se passe. Le jour où les journalistes seront dignes de foi et non les porte-paroles de ceux qui les subventionnent, alors peut-être retrouveront-ils grâce aux yeux des lecteurs et auditeurs qui attendent d’eux respect et confiance dans l’information donnée. A chacun son métier! Je ne demande pas à mon plombier d’être critique d’art même s’il peut l’être à ses moments perdus.

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Par Sam Bocetta. Un article de la Foundation for Economic Education

 

De récentes enquêtes sur la culture financière ont révélé que les adultes de la génération Z (personnes âgées de 18 à 25 ans) sont plus instruits financièrement que toute autre génération précédente. Aujourd'hui, plus de la moitié de la génération Z investit déjà sous une forme ou une autre. 26 % de ceux qui ont investi placent leur argent sur le marché boursier.

Mais cela ne signifie pas que cette génération n'a pas encore tout à apprendre. Parmi ... Poursuivre la lecture

Par Matt Hampton. Un article de la Foundation for Economic Education

 

Depuis des années, certaines personnes qui s'opposent à la censure sur les médias sociaux affirment que c'est à l'État d'y mettre fin. D'autres ont fait valoir que le marché libre est une meilleure solution que l'État, malgré le problème posé par des entreprises qui déforment le discours public.

La semaine dernière, l'achat de Twitter par le PDG de Tesla, Elon Musk, est l'exemple parfait pour illustrer que des acteurs privés peuvent apporter des c... Poursuivre la lecture

"Mon premier souhait est de voir ce fléau de l'humanité banni de la Terre".

George Washington écrit cela à propos de la guerre dans une lettre de 1785, et malheureusement, plus de 200 ans plus tard, ce souhait que tant de personnes ont ardemment formulé ne s'est toujours pas réalisé.

La guerre est un événement épouvantable, banal et horrible. Cette réalité est si traumatisante et inhumaine que l'on a du mal à croire que des hommes et des femmes continuent à s'engager pour y participer.

Mais, comme l'a récemment dit Ron Pa... Poursuivre la lecture

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