Macron en hausse, Fillon et Le Pen en baisse ?

Que nous dit l'évolution récente des sondages sur les chances d’Emmanuel Macron à l'élection présidentielle ?

Par Aarti Shankar.
Un article de Open Europe

Macron en hausse, Fillon et Le Pen en baisse ?

À l’Université Humboldt à Berlin avant-hier, le candidat à la présidentielle française et ancien ministre de l’Économie Emmanuel Macron a déclaré :

« La vérité est que nous devons collectivement reconnaître que l’euro est incomplet et ne peut pas durer sans des réformes majeures […] Il n’a pas apporté à l’Europe la convergence naturelle entre les différents États membres. »

Il a ensuite ajouté :

« Le statu quo est synonyme d’un démantèlement de l’euro dans dix ans. Le dysfonctionnement de l’euro est bien utile à l’Allemagne, je dois dire… L’euro est un deutsche mark faible. »

Ce n’est pas la première fois que Macron avertit que la monnaie unique est susceptible de s’effondrer en l’absence de réformes substantielles. Cependant, son discours pendant une visite de deux jours en Allemagne pour soutenir sa campagne présidentielle a brisé la glace, renforçant son crédit comme figure réformatrice audacieuse pour la France. Rendons cependant à César ce qui est à César. L’affirmation ci-dessus est de celles que peu de gens se seraient attendus à entendre dans la bouche du Président François Hollande, et encore moins à Berlin.

Le soutien pour Macron est en hausse

Ceci se produit alors que les sondages montrent que Macron est en train d’émerger comme prétendant sérieux à l’élection présidentielle de cette année. Même s’il n’est toujours pas certain d’être qualifié au second tour, le soutien du public pour sa candidature a crû plus vite que celui de ses concurrents. Par exemple, le candidat de droite et favori actuel pour la victoire, François Fillon, a vu sa part des intentions de vote au premier tour chuter à 26-28%, en baisse de 2 à 4 points par rapport aux sondages effectués juste après sa victoire à la primaire de la droite et du centre en novembre dernier.

De façon similaire, le chef du Front National Marine Le Pen est actuellement aux alentours de 22-24% dans les sondages, une légère chute par rapport à ses chiffres de la fin de l’année dernière. Par contraste, Emmanuel Macron a l’air de pouvoir prendre de 18 à 24% des voix du premier tour, en hausse significative par rapport aux prévisions de novembre à 15%.

Néanmoins, Macron n’a pas d’appareil traditionnel de parti en soutien pour se présenter comme candidat indépendant, son groupe « En Marche » étant un mouvement politique. Dans l’histoire de la Ve République, aucun président français ne s’est fait élire sans le soutien d’un parti politique à part entière.

Même si Macron arrivait à s’emparer de la présidence de la République, reste en suspens la question de savoir quelle majorité le soutiendrait au parlement français. Rappelez-vous que les élections législatives pour l’Assemblée Nationale se tiendront en juin. Serait-il capable de présenter des candidats dans tout le pays ?

Président Macron ?

Le dernier sondage effectué par IFOP-Fiducial pour le magazine Paris Match confirme que Macron est en effet celui qu’il faut suivre de près. Ses chances de se qualifier pour le second tour de la présidentielle reposeront sur les résultats de la primaire de la gauche qui se déroule en ce mois de janvier.

Si un candidat nettement à gauche, comme les anciens ministres Benoît Hamon ou Arnaud Montebourg, émerge comme le candidat socialiste à l’élection présidentielle, Macron profitera de cette opportunité pour occuper l’espace au centre. Si, cependant, l’ancien Premier ministre Manuel Valls gagnait la primaire, lui et Macron se partageraient plus probablement le vote centriste au premier tour de la présidentielle.

Le point important est de souligner que si Macron se qualifiait pour le deuxième tour, selon le sondage IFOP-Fiducial, il pourrait être vainqueur dans tous les duels hypothétiques. S’il se retrouve face à Le Pen, on peut s’attendre à ce qu’il l’emporte par un raz-de-marée de 65%. Mais, même s’il se retrouvait face à Fillon, il pourrait remporter une étroite victoire à 52% contre 48%.

Quand bien même il reste des obstacles politiques significatifs à surmonter pour lui, il convient certainement de prendre note de son élan qui s’accélère.


Sur le web. Traduction Contrepoints.