L’Agence Européenne des Médicaments va-t-elle quitter Londres suite au Brexit ?

Publié Par Dr Richard North, le dans Europe

Par Richard North, depuis le Royaume-Uni.

L’Agence Européenne des Médicaments va-t-elle quitter Londres ?

Traditionnellement en cette période de fêtes, les journaux remplissent leurs pages de rétrospectives. Cette année, il y a beaucoup de choses à dire, à tel point que le Brexit aura du mal à trouver sa place.

Beaucoup de ce qui sera écrit à son sujet durant les prochaines semaines sera du réchauffé, qui valait déjà à peine le coup d’être lu initialement ; et les médias ont si peu à offrir que même des articles ayant un semblant d’originalité ont trop peu de mérites pour être lus intégralement. Et nous pourrions nous passer des tentatives de faire peur comme en propose toujours The Independent.

Occasionnellement, cependant, on trouve un article qui vaut vraiment la peine d’être lu, même s’il faut aller le chercher dans le New York Times.

L’Agence Européenne des Médicaments va-t-elle quitter Londres ?

Celui-ci porte sur l’Agence Européenne des Médicaments, actuellement basée à Londres mais exposée à un risque quand le Brexit aura lieu. La plupart des commentateurs ayant réfléchi à cette question se sont résignés à la quasi certitude de la relocalisation de cette administration, ajoutant encore aux considérables complications d’extraire le Royaume-Uni de la gueule de l’Union Européenne.

Ce déménagement, écrit le New York Times, donne des sueurs froides à l’industrie pharmaceutique britannique, et soulève des craintes pour la sécurité du public, avec « des implications inquiétantes pour les secteurs biotech et pharmaceutique britanniques, vibrants et couronnés de succès, et pour la santé publique de l’Europe ».

Actuellement, des villes comme Stockholm et Strasbourg se bousculent pour accueillir cette agence, alors que l’incertitude présente un désavantage sur la rétention des employés et leur recrutement. Son directeur exécutif, Guido Ras, se dit très inquiet des effets d’une relocalisation sur les effectifs de son personnel.

Depuis sa création il y a deux décennies, cette administration a validé à peu près 1 000 produits. Avec une pleine charge de demandes en cours, elle est déjà proche de la rupture. Si elle perd plus de 15% de ses experts, elle ne pourra pas continuer au même rythme.

Ce n’est que l’un des nombreux problèmes soulevés par le New York Times au sujet de cette agence, problèmes qui n’ont guère été discutés dans les médias du Royaume-Uni, obsédés par des points de détail sans importance, et incapables de dépasser le niveau le plus basique. Mais ce sont des questions comme celle ayant trait à l’Agence Européenne des Médicaments qui vont définir le détail des mécanismes du Brexit, et consommer d’énormes quantités de temps et de capital de négociation avant d’être résolues.

Dans un monde où le Brexit serait négocié intelligemment…

Dans un monde idéal, le Royaume-Uni serait capable de débattre ouvertement du sort de cette agence, et de négocier un nouvel accord pour la conserver, ainsi que l’Autorité Bancaire Européenne. Pour ce faire, cependant, il faudrait révolutionner le fonctionnement de l’Union Européenne, en changer considérablement les règles.

Une approche intelligente du Brexit offrirait cette possibilité. Et même si le prix à payer est cher, une exclusion le serait encore davantage. Cette administration et les plus de 40 agences décentralisées sont au cœur du système commercial de l’UE, et les répliquer pour le Royaume-Uni serait d’un coût prohibitif.

Mais le Royaume-Uni ne serait pas seul à en souffrir. Son retrait complet causerait des perturbations considérables pour les membres de l’Espace Économique Européen, ainsi qu’à d’autres États se reposant sur les systèmes européens.

L’UE rencontre suffisamment de difficultés pour ne pas en ajouter, ce qui donne au Royaume-Uni un certain levier, et pourrait aussi nous offrir une opportunité de redéfinir son mode de fonctionnement.

En ce sens, les problèmes du Brexit n’ont pas besoin d’être traités sous un angle entièrement négatif. Ils représentent aussi des opportunités, si nous nous appliquons à les saisir. L’année qui vient pourrait nous porter chance.

Sur le web – Traduction Contrepoints.

  1. Cet article illustre à merveille l’intensité d’hypocrisie qui caractérise les « valeurs comportementales » de l’U.E. (entre autre le sens de cette « solidarité » inter-étatique qui se transforme vite en un lynchage).
    Depuis le vote démocratique exprimé en juin 2016, TOUS les dirigeants de l’U.E. et ses E-M se disputent le « dépeçage » des activités installées au sein de U.K. (cela commença dès le lendemain pour la City, suivie des flux futurs d’investisseurs)… suivi ici des perspectives des « Agences » réparties ».

    Bien qu’étant continental, mais en pleine connaissance des agissements internes des institutions U.E. (et ceux d’E-M), je suis en pleine sympathie d’avec les citoyens qui exprimèrent leur ras-le-bol quant aux inepties dont se rendent coupables les bureaucrates de Bruxelles et les politiciens de tous bords qui se nourrissent sur « le dos de la bête » (c’est à dire indirectement sur notre propre dos) !
    Nos Pères fondateurs doivent s’en retourner nombre de fois dans leur tombe !!!

    1. L’UE est surtout un excellent bouc-émissaires pour tous les politiciens nationaux minables qui entendent acheter des voix avec l’argent des autres. Ici, comme outre-Manche.

      Les anglais qui ont votés le Brexit l’on fait pour plus de subsides sociaux parce qu’ils ont un véritable syndrome d’oedipe : « plus d’étrangers, c’est moins d’argents des autres pour moi ». Qu’on ne fasse pas croire que c’était pour plus de liberté. C’est un mensonge.

  2. Dans un monde où le Brexit serait négocié intelligemment…

    Quand on entend le nain du Luxembourg gueuler « sofort » comme un ordre, on peut se permettre de douter 🙁

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