Pourquoi Hillary Clinton veut que vous aimiez l’Union Européenne

Sec. Hillary Rodham Clinton By: Aaron Vowels - CC BY 2.0

Hillary Clinton, semble avoir des sympathies pour l’Union Européenne, allant jusqu’à critiquer le Brexit. Mais pourquoi tant de sympathie ?

Par Bill Wirtz.

Pourquoi Hillary Clinton veut que vous aimiez l'Union Européenne
Sec. Hillary Rodham Clinton By: Aaron VowelsCC BY 2.0

L’apparition du politicien pro-Brexit Nigel Farage lors d’un événement du candidat républicain Donald Trump au Mississippi a été fortement critiquée par Hillary Clinton. Elle a accusé les opposants à l’Union Européenne d’avoir « nourri des sentiments anti-immigration » et d’être « une marque de nationalisme extrême ».

Les institutions de l’Union Européenne sont complexes

La raison pour laquelle Hillary Clinton veut que vous aimiez l’UE est claire : l’Union représente tous les aspects que le mainstream politique veut soutenir, dont la croissance continue des responsabilités de l’État.

L’Union, avec ses trois institutions principales, est un grand chaos de responsabilités. La commission est censée être l’exécutif. Elle est composée d’ex-politiciens, la grande majorité étant inconnue, qui sont surtout là pour satisfaire l’intérêt politique de l’État, ou du gouvernement les ayant mis en place. Le parlement européen n’est pas vraiment un parlement, puisqu’il ne détient pas le droit d’initier de la législation. Et enfin il y a le conseil, qui est en place pour défendre les intérêts des États, et qui a un président permanent, un président par rotation, un président de commission et tous les présidents et chefs de gouvernement… bref il y a de multiples présidents un peu partout.

Ne s’agissant que des bases du fonctionnement de l’UE, soyons d’accord que le citoyen moyen éprouve beaucoup de difficultés à comprendre qui est vraiment en charge et qui prend ces décisions. Cette structure incompréhensible a rendu facile la centralisation.

Les Britanniques sont devenus eurosceptiques à cause de la centralisation des décisions

Quand l’électorat britannique a dû en 1975 se prononcer sur la participation du Royaume-Uni à la Communauté économique européenne, ils ont répondu par l’affirmative car celle-ci priorisait le libre-échange. Ce libre-échange est une valeur libérale qui a enrichi tous les peuples d’Europe.

L’intégration politique et la centralisation de l’Union européenne a rendu les Britanniques, par nature sceptiques envers les gouvernements trop intrusifs, extêmement eurosceptiques. Quand on parle de ces Britanniques eurosceptiques on oppose les bureaucrates de l’UE au pays de John Locke, Adam Smith et John Stuart Mill.

Un sentiment britannique anti-immigration ?

Est-il donc faux de dire que la campagne pour la sortie de l’Union européenne a incité des sentiments anti-immigration ? Non. Ces sentiments ont vraiment eu leur importance dans le débat. Il faut cependant savoir que seul un quart des personnes ayant voté pour la sortie de l’UE sont des sympathisants du parti UKIP de Nigel Farage. Par conséquent, il est malhonnête de conclure que ce sont les positions anti-immigration qui ont été les clés de cette victoire.

Lors de sa visite au Royaume-Uni, Barack Obama a supplié l’électorat britannique de maintenir le pays au sein de l’Union. À en juger par la réaction de Clinton à l’annonce du résultat, il semble que le mainstream politique ait vraiment cette union politique à cœur. Ont-ils peur que les notions de décentralisation politique et des réductions des pouvoir des États se propagent ? Enfin, s’il y a un Brexit, pourquoi pas un Texit (sortie du Texas des États-Unis) ?

Si, dans un avion, un des passagers commence à se plaindre, la probabilité que d’autres le suivent augmente. C’est un peu la même chose en politique. Et c’est sans doute pour cela qu’Hillary Clinton veut effacer tout doute envers l’Union européenne. Si demain, les Européens commencent à remettre en cause Bruxelles, les Américains pourraient remettre en cause Washington. Et c’est comme ça que le pouvoir vous échappe des mains.

De quoi ont-ils vraiment peur ? Du peuple.

Traduction par Bill Wirtz pour Contrepoints de « Why Hillary Clinton Wants You To Like The European Union ».