Primaire à droite : qui est le plus libéral ?

Le think tank Generation Libre a créé un baromètre pour juger l’attachement aux libertés des candidats aux primaires à droite. Le candidat le plus libéral n’est pas nécessairement celui qu’on croit…

Par Gaspard Koenig.
Un article de GenerationLibre

By: Frédéric BISSONCC BY 2.0

Les libéraux, fidèles à la logique de la séparation des pouvoirs, ne peuvent que réprouver le principe même de l’élection présidentielle, qui confère un pouvoir extravagant à la branche exécutive, et débouche sur une hyperpersonnalisation du pouvoir de type plébiscitaire.

De plus, nous ne pouvons que constater, parmi les candidats déclarés ou putatifs, l’absence de libéral orthodoxe. La classe politique française reste viscéralement dirigiste. Mais dans la mesure où GenerationLibre est voué à promouvoir une vision libérale des politiques publiques en France, il nous faut bien trier le grain de l’ivraie dans la longue liste des candidats pour 2017.

S’agissant de la charte du baromètre

Plutôt que de nous perdre dans la psychologie des uns et des autres, nous avons décidé d’analyser les programmes, et seulement les programmes, de manière aussi neutre et scientifique que possible. Nous avons sélectionné 26 thèmes classiques de campagne (de « agriculture » à « territoires » en passant par « immigration » et « écologie ») et repris les propositions les plus marquantes énoncées par les candidats sur l’ensemble des supports (médias, livres, documents de campagne, etc).

Chacune de ces propositions a ensuite été notée de 1 à 10 par un jury composé des fidèles libéraux de notre conseil d’administration : Grégoire Lucas, Olivia Pénichou, Mathieu Laine, Édouard Fillias (et Delphine Granier et moi-même). Les moyennes sont ensuite calculées automatiquement, thème par thème, puis sous forme d’un classement général. Cet exercice est évolutif : il sera complété par les candidats de toutes les autres formations politiques, et amendé à mesure que les uns et les autres affinent ou modifient leurs propositions.

Nous avons noté selon les critères d’un libéralisme à la fois économique, politique et sociétal, plaçant l’individu et ses libertés au cœur de la politique publique. Par exemple, « augmenter l’âge de la retraite » ou « baisser les dépenses » sont des mesures comptables qui n’ont en soi rien de libéral : ce qui nous importe est la possibilité laissée ou non à l’individu d’effectuer ces choix pour lui-même, et d’en assumer les conséquences. Les propositions de GenerationLibre apparaissent en regard de chaque thème.

S’agissant des primaires à droite

Voici les conclusions que nous pouvons tirer du baromètre :

  • Sur les sujets économiques, la droite a fait de notables efforts. Dans les catégories « droit du travail », « finances publiques », « fiscalité » ou « retraites », tous ou presque ont la moyenne. On note des propositions particulièrement courageuses (par exemple F. Fillon sur le droit du travail).
  • D’autres sujets laissent voir de profondes fractures, où l’on distingue jacobins et girondins : éducation (autonomie des établissements vs centralisation et autorité) ; agriculture (logique de marché vs renforcement des aides) ; logement (libéralisation vs aides à la pierre et défiscalisations) ; éducation supérieure (sélection ou non ) ; fonction publique (maintien du statut ou non).
  • Sans surprise, les sujets sociétaux (culture, sécurité, politique familiale, laïcité…) donnent des scores très médiocres, les réflexes interventionnistes refaisant surface.
  • Enfin, on voit que seuls certains candidats élaborent des positions innovantes sur les sujets de demain (indépendants, revenu universel, numérique…), où NKM se détache nettement.

S’agissant du classement final

  • La première place de NKM s’explique par la combinaison de propositions assez drastiques sur le plan économique (flat tax, droit du travail restreint aux dispositions d’ordre public), assez ouvertes sur le plan sociétal (comme la dépénalisation du cannabis), et innovantes sur le monde de demain (revenu universel, statut de l’actif).
  • François Fillon mérite bien sa deuxième place par son thatchérisme assumé sur les sujets économiques, hélas assombri par le caractère autoritaire de sa vision sociétale.

Ce classement n’est pas fini ! Il évoluera tout au long de la campagne. Montebourg ou Macron sont très attendus… La compétition est ouverte !

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