Paix, amour et (libre) échangisme

Tout le monde veut davantage de paix dans le monde. Laisser fleurir le libre-échange, aux quatre coins du globe, constitue une excellente façon d’y parvenir.

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Paix, amour et (libre) échangisme

Publié le 24 septembre 2016
- A +

Par Youri Chassin.
Un article de l’Institut économique de Montréal

Paix, amour et (libre) échangisme
By: Brady TulkCC BY 2.0

À la suite du 21 septembre, Journée internationale de la paix, prenons le temps de souhaiter à toutes les populations touchées par des conflits que les armes se taisent et les barrières barbelées tombent. Incluant les barrières commerciales.

« Si les marchandises ne traversent pas les frontières, les soldats le feront ». Cette phrase, parfois attribuée à Frédéric Bastiat, nous rappelle que le libre-échange est un vecteur de paix.

Dit de façon plus prosaïque : quand les habitants des deux pays ont des intérêts communs développés grâce à leurs relations commerciales, leurs gouvernements respectifs n’ont pas autant intérêt à se faire la guerre.

Justin Trudeau apôtre de la libéralisation du commerce

On peut se réjouir de voir que le Premier ministre Justin Trudeau, à l’issue d’une rencontre avec la directrice du Fonds monétaire international, s’est récemment fait l’apôtre de la libéralisation du commerce afin de stimuler la croissance de l’économie et créer de la richesse.

On connaît déjà les bienfaits du commerce et du libre-échange pour l’enrichissement collectif. Mon collègue Mathieu Bédard a d’ailleurs récemment montré que la libéralisation des échanges, notamment entre le Canada et les États-Unis, a entraîné des bénéfices durables. La très grande majorité des économistes s’entendent là-dessus. Les pays qui ouvrent leurs frontières aux échanges commerciaux connaissent une croissance et une prospérité soutenues.

Le libre échange favorise la paix

Mais ce qu’on oublie parfois, c’est que le libre-échange favorise aussi la paix. En éliminant les barrières tarifaires, le libre-échange augmente le nombre de citoyens et de groupes qui bénéficient des échanges commerciaux avec d’autres pays. Cette dynamique rend plus coûteux – autant sur le plan économique que politique – un acte d’agression armée contre un partenaire économique.

La logique est d’ailleurs la même en ce qui concerne la libre circulation des capitaux (et non seulement des marchandises).

Disons que cette position a plus de mérite que celle de Pyongyang, qui continue de faire des tests nucléaires et de menacer ses voisins, notamment la Corée du Sud, un de ses rares partenaires économiques d’importance. Ou celle de Vladimir Poutine en Russie, qui utilise fréquemment les livraisons de gaz naturel comme un outil d’un grand jeu géopolitique avec ses voisins, notamment dans la relation tendue (pour utiliser un euphémisme) qu’il entretient avec l’Ukraine.

Les tarifs douaniers à l’origine de la crise de 1929

On se rappellera que la crise économique de 1929 a poussé des politiciens américains à mettre en place un régime de tarifs douaniers sur plus de 20 000 biens importés, exacerbant du coup la crise et l’exportant chez ses partenaires économiques, qui ont riposté avec la même dangereuse prescription. Avec la suite que l’on connaît, la crise s’étant muée en un long épisode de dépression économique.

Or, depuis la Seconde Guerre mondiale, on observe une importante réduction de la violence et de la fréquence des conflits à l’échelle mondiale. En particulier, l’Europe a connu une période de paix tout à fait exceptionnelle durant la seconde moitié du XXe siècle. Pour en expliquer les causes, plusieurs chercheurs ont montré une relation positive entre le commerce et la liberté économique au sens large, et la paix. Et les pays européens ont misé avec justesse sur davantage d’intégration économique.

Ne pas perdre de l’argent

Ça ne devrait pas nous surprendre : l’être humain, de façon générale, n’aime pas perdre de l’argent. Et si vous avez l’habitude de transiger avec votre voisin, et que vous tirez mutuellement un profit de ces transactions, cela peut devenir très coûteux d’envahir son territoire avec une arme au poing. Plusieurs auteurs vont jusqu’à dire que plus vous faites affaire avec votre voisin, plus il se développera un lien de confiance entre vous. L’économiste F. A. Hayek, lauréat d’un prix Nobel, soutenait déjà que par le processus d’échange, les individus apprennent à communiquer, coopérer et se faire mutuellement confiance.

Même si ce n’est pas votre voisin immédiat, mais un commerçant anonyme dans un autre pays, la relation semble fonctionner : « As individual participate in anonymous market transactions and engage in exchange, they build relationships which in turn expose individuals to new knowledge, ideas, values, cultures, and virtues. These include trust, respect, hard work, and honesty » (Claudia R. Williamson).

Tout le monde veut davantage de paix dans le monde. Laisser fleurir le libre-échange, aux quatre coins du globe, constitue une excellente façon d’y parvenir.

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Jean-Marc Daniel libéralisme
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Écouter ou lire Jean-Marc Daniel est toujours un plaisir.

Sur un ton constamment paisible et empreint de clarté, non dénué de petites touches d’humour et de bonne humeur, il parvient à nous captiver et à nous expliquer avec un grand sens de la pédagogie de nombreux mécanismes et faits d’actualité touchant à l’économie.

Que l’on soit d’accord ou non avec lui, on l’écoute, on apprend, il suscite le respect de ses interlocuteurs, ce qui permet la tenue de débats de qualité.

 

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