Le libéralisme français est une utopie réalisable

Le libéralisme a déjà vaincu le silence et la pusillanimité qui l’étouffaient naguère, il suffit pour s’en persuader de faire un nouveau point à trois mois des primaires, à neuf mois des présidentielles.

Par Jacques Garello.

Le libéralisme français est une utopie réalisable
By: Ian RansleyCC BY 2.0

Le libéralisme français est une utopie. Non pas au sens d’un objectif qu’on ne peut atteindre (certes, la route sera longue compte tenu de la tyrannie du statu quo). Mais au sens d’un objectif qui stimule, au sens de la foi qui renverse les montagnes. Les idées de la liberté ne perceront dans notre pays que si nous y croyons. L’utopie chasse la résignation, elle exclut le scepticisme, Nous croyons à la libération de la France, et les résistants de 1942 étaient à coup sûr des croyants. L’utopie libérale nous soutiendra.

Le vote libéral inévitable

Le vote libéral pourra alors s’imposer comme réalité inévitable, comme donnée incontournable du débat public et de la vie politique. Réellement il n’y a aucune raison pour que les principes libéraux soient ignorés chez nous, alors qu’ils sont appliqués, ou au minimum connus et respectés, dans la plupart des pays libres et démocratiques.

La réalité c’est que le libéralisme a déjà vaincu le silence et la pusillanimité qui l’étouffaient naguère, il suffit pour s’en persuader de faire un nouveau point à trois mois des primaires, à neuf mois des présidentielles.

Aujourd’hui, deux points de non-retour ont été franchis. D’une part, le régalien est au cœur des discours et des débats ; d’autre part, l’Europe doit trouver une nouvelle voie après le Brexit.

Le régalien, cheval de bataille du libéralisme français

Le régalien, c’est la contestation de l’État Providence, le constat que la puissance publique en fait trop et devrait se recentrer sur ses missions naturelles.

Si cette évidence est maintenant acquise dans l’esprit de la population, voire des hommes de l’État, c’est malheureusement dû à deux malheurs : les attentats et le chômage. L’incurie des forces de l’ordre, mais surtout de certains magistrats, autant que l’inadaptation de nos textes de loi, ne sont plus contestées, et la conclusion s’impose : trop d’État tue l’État. Accroître de 60.000 fonctionnaires les effectifs de l’Éducation Nationale n’est-ce pas démesuré par rapport aux 5.000 emplois prévus au lendemain du Bataclan pour la justice et la police ? Il y a une erreur d’aiguillage dans l’usage (en soi excessif) de l’argent public. Et que dire de la politique de plein emploi appliquée sans cesse depuis un demi-siècle ?

Ce n’est pas en distribuant des allocations, des subventions, du pouvoir d’achat artificiel, et artificiellement financé par des déficits massifs et une dette publique croissante, que l’on peut rendre aux entrepreneurs les moyens et les motivations de créer des emplois marchands. Alors, de toutes parts, il n’est question que de redessiner la frontière entre public et privé, entre régalien et marchand ou communautaire. Certes le retour au régalien donne aliment à l’étatisme (l’État fort d’Alain Juppé) mais il fait partie des principes libéraux (la subsidiarité de Fillon).

Il appelle aussi un grand débat sur les compétences publiques, sur la répartition des missions régaliennes entre l’État et les collectivités territoriales (l’affaire de Nice est dramatiquement révélatrice). En tout cas, peu nombreux sont aujourd’hui les hommes politiques qui promettent d’en faire plus. Même si François Hollande fait de l’arrosage électoral, il a rappelé à Manuel Valls que ce n’est pas à l’État de financer les mosquées. C’est un détail, mais significatif.

L’Europe est confrontée au même problème après le Brexit. La sécession anglaise a été inspirée par le sentiment que Bruxelles en faisait trop. Trop au goût des Anglais, mais aussi de beaucoup d’autres Européens. Il va bien falloir réduire la toile. Si les gouvernements continuent à s’engager dans la politique monétaire de la Banque Centrale de Mario Draghi, s’ils tolèrent la profusion de réglementations bureaucratiques, s’ils recherchent une harmonisation forcée au lieu d’admettre une libre concurrence entre États libres de leurs choix en matière fiscale, sociale, environnementale, l’Europe Providence s’enfoncera dans l’échec et explosera. Aujourd’hui l’heure des choix européens a sonné, alors qu’elle a été retardée depuis un demi-siècle. Peut-on réduire l’État à Paris et le renforcer à Bruxelles ?

Repenser le périmètre de l’État

Toujours est-il que l’on ne peut plus faire l’impasse, ni à Bruxelles, ni à Paris. Réduire le périmètre de l’État est un objectif maintenant acquis.

Va-t-on s’endormir sur ces lauriers ?

Certainement pas. D’abord parce que la moisson est abondante, ensuite parce qu’il y a peu d’ouvriers. La moisson, la mission, consiste à passer de l’idée à sa mise en œuvre : vaincre la tyrannie du statu quo, qui va devenir tyrannique, à l’image de la CGT, des paysans, du personnel d’Air France, et soutenir l’effort en expliquant aux Français que se passer de l’État n’est pas un drame mais un progrès, et que recentrer l’État sur la sécurité et la défense des libertés permet de vaincre d’un seul coup et le terrorisme et le chômage. Alors, où sont les moissonneurs ? Le rôle des libéraux, dans les mois à venir, sera de les assister quand ils existent, de les recruter quand ils n’existent pas.

Nous n’y parviendrons qu’avec votre compréhension, votre engagement, votre aide, et votre foi.

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