Non, la Loi Travail n’est pas une loi libérale !

Publié Par Jonathan Frickert, le dans Travail & emploi

Par Jonathan Frickert.

Loi Travail by doubichlou(CC BY-NC-ND 2.0)

Loi Travail by doubichlou(CC BY-NC-ND 2.0)

 

Légèrement occultée par le Championnat d’Europe de football, l’actualité législative n’en est pas moins toujours présente via l’épiphénomène des manifestations contre la loi Travail.

Après plusieurs réunions davantage esthétiques qu’utiles entre le gouvernement et les principales organisations syndicales opposées au texte, et un passage en force symptomatique d’un pays gangrené par la rente syndicale, la loi sera très probablement adoptée sous peu à l’Assemblée nationale suite à l’utilisation de la procédure de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution et de la couardise des prétendus « frondeurs ».

Voyons donc, au fond de ce texte, s’il est effectivement l’ogre néolibéral dont se targue le lobby des insiders1 que constitue aujourd’hui la CGT.

Si on attend naïvement d’un François Hollande, foutu pour foutu, et à défaut d’être la Thatcher que nombreux attendent, de finir son quinquennat en Schröder français et donc sauver les meubles devant l’Histoire, nous sommes de nouveau face à une loi patronale, davantage animée par certains lobbies qu’un véritable saut libéral.

Le projet de loi travail : un texte patronal aux antipodes du libéralisme

Avant toute chose, il faut rappeler que le droit du travail tourne autour de trois objectifs :

  • Protection du travailleur
  • Régulation des relations employeur-salarié
  • Régulation de concurrence entre les entreprises.

Depuis la loi Auroux de 1982, mais surtout depuis la loi de 2008, une nouvelle tendance se dégage afin d’en faire un instrument de gestion. Un pas en avant énorme dont on regrette toutefois l’absence de vision du monde post-salarial qui s’annonce et qui aurait besoin de protéger les salariés et non l’emploi, avec une augmentation de la flexibilité, source de plein emploi2.

Afin de nous demander si la loi El Khomri est ou non libérale, et malgré le fait que nombre d’entre vous savent évidemment ce qu’est le libéralisme, revenons à la définition première. Pour cela, ouvrons le Larousse :

« Doctrine économique qui privilégie l’individu et sa liberté ainsi que le libre jeu des actions individuelles conduisant à l’intérêt général.

Doctrine politique visant à limiter les pouvoirs de l’État au regard des libertés individuelles. »

Pour aller plus loin, le libéralisme, en matière économique, se traduit par la libre entreprise, la libre concurrence et le respect du droit de propriété. En un mot : laissez-faire.

Une définition évidente mais bien loin de ce que nous propose la gauche, extrême droite comprise, dans le débat public depuis plusieurs dizaines d’années…

À présent, raisonnons en juriste : appliquons cette définition aux faits et voyons si ce texte est effectivement libéral ou non.

Pour ce faire, regardons les 5 points-clefs de ce projet.

  • Sur les référendums d’entreprise

Premier point qui fait criser les professionnels du syndicalisme : en absence de majorité dans la signature d’un projet d’accord d’entreprise, un référendum portant sur ce dernier sera possible sur demande de syndicats représentant au moins 30% des salariés.

Est-ce libéral ? J’ai tendance à dire oui. Pourquoi ? Parce qu’on apporte un contrôle de la négociation par les partenaires sociaux. La minorité (ici les syndicats représentant au moins 30% des salariés) peut agir pour contrôler l’action de la majorité. On est bien loin de la dictature de la majorité de Rousseau et bien plus proche du système de « Checks n’ balances » chère à nos penseurs libéraux.

  • Sur les licenciements

Troisième point, et non des moins contestés : la possibilité d’engager un licenciement en cas de baisse significative du chiffre d’affaires sur une période allant de 1 à 4 trimestres.

Est-ce libéral ? Non.

Pourquoi ? Ici, on élargit la possibilité de licencier pour motifs économiques. Mais un contrôle du motif est toujours opéré. De fait, l’État s’immisce toujours dans la gestion de l’entreprise puisqu’il estime qu’il est légitime de procéder à des licenciements lorsque ces conditions sont réunies.

  • Sur la garantie jeune

Le dispositif prévoit la généralisation du versement d’une somme mensuelle de 461 euros à tous les jeunes sans emploi hors études ou formation, et ce, durant un an.

Est-ce libéral ? Non.

Pourquoi ? Versement d’argent par l’État sans contrepartie, pas besoin de faire un dessin.

  • Sur les heures supplémentaires

La loi Travail propose de limiter la majoration des heures supplémentaires quoiqu’en dise l’accord de branche.

Est-ce libéral ? Non.

Pourquoi ? Encore une fois, on est sur une question d’inversion de la hiérarchie des normes et donc de décentralisation. La mesure peut sembler libérale car elle ouvre un champ plus large à la négociation collective, oui, mais toujours avec ce garde-fou étatique : le plancher des 10%. On est donc toujours sur le fil rouge, suffisant pour satisfaire le patronat sans que l’État ne se désengage du processus.

  • Sur le temps de travail

Point central de la contestation : le projet de loi prévoit notamment d’élargir les dérogations au principe de faveur, qui veut qu’une norme inférieure s’applique uniquement si elle est plus favorable au salarié.

Pour ce faire, le projet permet aux accords d’entreprise de déroger aux accords de branche en matière de temps de travail.

Est-ce libéral ? Oui, mais la question est épineuse. Pourquoi ? Parce qu’on touche à un des fondements de l’État de droit qu’est la hiérarchie des normes chère à Hans Kelsen, mais aussi parce que cette fameuse « inversion de la hiérarchie des normes » permet de faire déroger deux contrats portant sur le même objet entre eux.

Pour faciliter notre réponse, prenons pour problématique celle de la hiérarchie des normes. Celle théorisée par Kelsen traduit une pensée clairement positiviste, opposée au justnaturalisme, théorie du droit naturel et donc éminemment libéral. De ce fait, on peut se dire que la hiérarchie des normes, en tant que théorie de légitimation de l’État qui ne soit pas limitée à la légitimité accordée par les libéraux (à savoir la garantie du principe de non-agression et du respect du consentement justifiant ses fonctions régaliennes), est antilibérale ou a-libérale.

Revenons à l’article 2 du projet de loi : il propose une continuation de l’inversion de la hiérarchie des normes, privilégiant l’échelon inférieur sur l’échelon supérieur. En soi, cet article est donc libéral.

Donc on résume :

Mesure Libérale
Sur le référendum d’entreprise OUI
Sur les licenciements NON
Sur la garantie jeune NON
Sur les heures supplémentaires NON
Sur le temps de travail OUI
BILAN NON

 

Ces cinq éléments ne sont que les plus représentatifs de l’esprit du texte. On peut agréger à cette démonstration de nombreux autres exemples  :

  • Sur le plan général, certaines mesures s’appliquent à certains types d’entreprise et ce, à des conditions spécifiques, privilégiant certaines catégories d’opérateurs économiques.
  • Certaines autres appliquent de nouveaux seuils, de nouvelles précisions, de nouveaux quadrillages.
  • Remplacement de la liberté religieuse par un principe de neutralité.
  • Possibilité pour un apprenti de travailler 10 heures par jour et plus de 35 heures par semaine … sur information de l’inspection et de la médecine du travail.

En soi, on n’a fait qu’allonger la longueur de la chaîne pour certaines catégories d’entreprises, sans la briser.

Si la Loi Travail était libérale, à quoi ressemblerait-elle ?

À présent, reprenons chaque point et imaginons que le texte ait été réellement libéral.

Pour aller plus vite, faisons un rapide listing des mesures.

  • Sur les référendums d’entreprise.

Ajouter au dispositif l’ouverture du droit de pétition aux accords d’entreprise.

  • Sur les licenciements.

Supprimer les causes de licenciement. Élargir les marges d’action des entreprises comme les marges d’appréciation des juges.

  • Sur la garantie jeune.

Absence de garantie jeune. Faire jouer les mécanismes d’assurance privée, au pire des cas.

  • Sur les heures supplémentaires.

Libre négociation de leur majoration entre salarié et employeur.

  • Sur le temps de travail.

Libre négociation du temps de travail dans l’entreprise, dans la limite des 48 heures fixées par le droit de l’Union européenne auquel on ne peut déroger.

« Mais arrêtez donc d’emmerder les Français. Il y a beaucoup trop de lois, trop de règlements dans ce pays. » (Georges Pompidou)

  1. La CGT protège les emplois, et non les chômeurs. La flexibilité est donc une atteinte à la rente du salariat par rapport aux chômeurs.
  2. Le plein-emploi étant le fruit du chômage frictionnel, il présuppose la flexibilité.
  1. J’aimerais bien comprendre une chose, être libéral signifie-il souhaiter la disparition de l’État de droit au nom d’une liberté totale, et/ou l’impossibilité pour ce dernier d’intervenir dans la vie des citoyens, au point de n’être plus rien d’autre qu’une simple frontière ?

    Quel système politique serait concevable dans ce système ? Quels en seraient ses tenants et aboutissants ? Où se situerait le processus décisionnel pour maintenir une cohésion de la vie en société ?

    Ce n’est pas un troll, sur le sujet du riz doré, je suis tombé sur ce que j’appelle des commentaires « radicaux », me rangeant tout de suite dans des cases du contre (des socialos aux écolos en passant par les communistes) du simple fait que je n’étais pas d’accord avec eux… J’espère qu’il y a ici des esprits plus éclairés qui ne suivent pas le libéralisme tel un dogme… Et qui sauront me renseigner.

    Qu’est ce qu’à votre sens, le libéralisme est exactement, quelle est la finalité de ce dernier, et quels processus devraient être mis en œuvre ?

    1. « être libéral signifie-il souhaiter la disparition de l’État de droit au nom d’une liberté totale, et/ou l’impossibilité pour ce dernier d’intervenir dans la vie des citoyens »

      D’abord la notion d’Etat de droit ne signifie pas que l’Etat peut intervenir comme bon lui semble dans la vie des citoyens. Bien au contraire, l’objectif de l’Etat de droit consiste à encadrer et à limiter, grâce à un ensemble de normes juridiques, le pouvoir de l’État.
      Lire ceci : http://www.wikiberal.org/wiki/%C3%89tat_de_droit

      Sinon, les libéraux préfèrent la notion d’état de droit (sans « e » majuscule) ou « Rule of Law ». Pour comprendre la différence, lire ceci : http://www.wikiberal.org/wiki/Rule_of_Law

    2. Un peu de lecture sur wikiberal répondra à vos questions

    3. REPONSE A HERVE
      Hervé, votre question est formulée avec respect et courtoisie : elle invite à répondre.
      Je crois que ce que vous décrivez est l’ultra-libéralisme, à savoir une forme d’anarchie visant à tout laisser faire, forme « épouvantail » du libéralisme. Bien sûr une telle vue extrême n’existe nulle part sauf au coeur de la forêt Amazonienne. En fait, les régimes libéraux réalisent à leur manière, un équilibre harmonieux entre régulation étatique et jeu du marché. La différence avec notre régime est simplement une question de position du curseur. On retrouve dans les régimes libéraux et les régimes socialistes ou dirigistes, les mêmes ingrédients (lois, normes, institutions…), utilisés avec plus ou moins de force. Mais dans les régimes libéraux, l’esprit est clairement de privilégier la liberté d’entreprendre, le libre marché et l’autonomie des agents. Ce n’est que par exception, qu’on instaure ici et là des lois, des contraintes, des règlements, des normes, des contrôles. L’hyper-règlementation française (4 000 pages de droit du travail contre 150 en Suisse !) provient d’une idéologie selon laquelle l’économie de marché est une jungle qui permet aux forts d’exploiter les faibles, et qu’il faut donc la combattre. Cette idéologie ne reconnaît pas un fait pourtant évident : aucun système économique autre que l’économie de marché n’a jamais fait ses preuves pour fabriquer des richesses.
      Les pays libéraux partent du principe que la prospérité de l’économie dans son ensemble, et par là, le bonheur du citoyen, proviennent d’abord et avant tout de la libre concurrence. C’est d’ailleurs pourquoi les lois et les pratiques visant à garantir la concurrence et prévenir les monopoles, sont bien plus draconiennes dans les pays libéraux que dans les pays étatistes, qui s’accommodent complaisamment des monopoles. Privilégier l’économie de marché ne signifie pas pour autant abandonner les faibles : on crée des lois et des institutions pour les protéger, mais seulement par exception, et aussi avec prudence, car on se doute que ces lois sont vite détournées par des profiteurs (e.g. faux chômeurs, syndicalistes « protégés », achats de médicaments remboursés pour soigner son chien, immigration économique…). On sait aussi que l’excès de prélèvement étatique, ainsi que l’excès de régulation, étouffent rapidement une économie.
      Le régime américain est parmi les plus libéraux, et est réputé fabriquer des inégalités. Pourtant l’électeur américain le privilégie systématiquement par son vote depuis toujours. Faut-il qu’il soit bête ?
      Bien cordialement.

      1. Oui un peu quand on voit le système de santé ! Mais ils n’ont pas le choix je pense .

        1. D’un autre côté, peut-on vraiment se permettre de donner des leçons en terme de « système de santé »? Ou plus généralement, en terme de système de sécurité sociale.

    4. Si vous cherchez à comprendre le libèralisme, un excellent livre: « Pulp libéralisme » de Daniel Tourre

    5. La disparition de l’état au profits du seul droit, voilà l’objectif. l’état étant un simple parasite se nourrissant de la société sans rien lui apporté bien au contraire…

      1. Pourtant, en 2008, quand les banques ont pleuré famines, qui c’est qui est intervenu pour éviter l’effondrement du système capitaliste sinon l’Etat ???? Des milliards ont été distribués aux voleurs et le ploucs moyen en paye maintenant les conséquences dont la loi travail n’est que le sommet de l’iceberg ! J’ai toujours pensé que ceux qui militaient pour un libéralisme pur et dur étaient des sortes de psychopathes égoïstes et tournés vers eux-mêmes. Seuls l’individu compte, le collectif pour eux étant à bannir. Pourtant, l’intelligence et le bon sens amènent à penser que les forces mises en commun sont bien plus efficaces …

        1. Bonjour mediflo2014!

          Les libéraux ne sont pas pour l’intervention de l’état visant à soutenir les banques défaillantes. Une banque qui ne peut plus faire face à ses engagements doit fait faillite et ainsi seules les banques saines se maintiennent sur le marché. La faillite est un mécanisme sain d’élimination des entreprises défaillantes.

          Vous faites erreur, les libéraux ne sont pas pro-business, ils sont tout simplement pour le respect des droit de l’homme.

    6. Dans un système libéral, l’état est limité aux fonctions régaliennes (justice, police, Armée) pour le reste, le présupposé de base est que l’homme est un individu social de nature (l’homme sauvage vivait en troupeau, pas seul) qui a naturellement intérêt à etre en relation avec les autres. Le comportement des exploiteurs est une déviance contre nature qui est le fait d’une minorité, ou alors provoqué par une sur régulation qui génère un besoin de capitaliser ou de ne pas suivre les règles pour montrer son indépendance.

      Techniquement, un système totalement libéral peut se passer d’états tels que nous les connaissons, liés au concept de nationalité : chaque individu est libre de choisir où il veut vivre et c’est de son action que dépendra son intégration, pas d’une procédure administrative.

      Être libéral, c’est estimer que la valeur phare est la liberté, et qu’elle ne peut aller dans son pendant : la responsabilité individuelle

  2. PAS DU TOUT D’ACCROD POUR DIRE QUE LA CLAUSE SUR LE REFERENDUM EST LIBERALE : cette clause ne fait que confirmer le monopole syndical. Si le chef d’entreprise ne passe pas par les fourches caudines d’un syndicat, il ne peut signer aucun accord sur le temps de travail. Sachant que la plupart des PME n’ont pas (et ne veulent pas) de délégué syndical, dites-moi comment l’entreprise peut trouver un régime adapté à sa situation, qui déroge aux accords de branche ?
    (je suis bien d’accord avec le reste de l’article !!!)

  3. Le libéralisme n’est pas la disparition de l’Etat, et surtout pas de l’Etat de droit
    Il s’agit plutôt de l’application bien comprise du principe de subsidiarité: laisser de préférence, les individus ou groupes d’individus décider de ce qui les concerne à chaque fois que c’est possible. MAIS cela suppose le droit, c’est-à-dire que les relations sociales doivent être exemptes de violence, vol, coerciction et fraudes diverses, ainsi que de privilèges, préférences, statuts qui faussent la concurrence. Et donc que l’Etat fasse respecter ces règles du droit par une justice impartiale, efficace et accessible…
    De la théorie à la pratique, il faut faire preuve de pragmatisme…

  4. Les conditions de l’élaboration et de la discussion de la « loi travail » sont significatives de l’état de délabrement de la démocratie française. Cette loi, venant après la loi sur la déchéance de nationalité, est l’expression d’une déficience de l’esprit démocratique des français en général qu’ils se situent au niveau du patronat ou au niveau du salariat.

    Au final, cette loi va ajouter une strate supplémentaire de complexité à la législation sur le travail sans régler les problèmes de l’emploi en général et du chômage en particulier.

    1. La démocratie est un système politique qui ne peut pas fonctionner et en particulier ne peut pas conduire ou même maintenir un système libéral car il se trouvera toujours une majorité qui demandera et un état qui accordera la spoliation des minorités au profits de la majorité. la démocratie ça n’est en définitive qu’une dictature la dictature de la majorité. Comme toutes les dictature elle viole le droit quand ça l’arrange et use de la force pour imposer ses volontés aux individus.

  5. Le simple fait qu’il existe une loi encadrant les relations entre patrons et salariés n’est pas libérale, pas besoin d’aller plus loin…

  6. C’est vrai qu’en lisant la définition du libéralisme, on pourrait croire au paradis … mais comme pour le communisme, l’application stricte de cette doctrine aboutit vite au cauchemar ! Laisser faire « la liberté de l’individu et le libre jeu des actions individuelles » ne conduit absolument pas à l’intérêt général, bien au contraire ! Tout simplement parce que ni les hommes ni les pays ne sont égaux entre eux. Laisser faire revient forcément à favoriser les plus beaux, les plus intelligents, les plus riches, etc … qui prendront (à quelques exceptions prêt) vite le dessus. Je considère donc que le libéralisme est une idéologie primaire et égoïste et c’est tout à l’honneur d’autres gens de vouloir rétablir un peu d’équilibre. D’ailleurs, quand on voit dans quelle catastrophe humaine et écologique nous mène le libéralisme, l’auteur devrait plutôt avoir honte d’en faire la promotion …

    1. Si vous pensez réellement que les avantages naturels doivent être éliminés, comment voulez-vous réglementer le mariage ? Défiguration de tous les candidats ? Mariage au hasard ?
      Et les diplômes ? On les tire au sort ?

    2. C’est bien dit ce que raconte mediflop2014!
      Comparez la catastrophe humaine et écologique de la Suisse et le brillant développement social et national du Venezuela!

    3. Question :
      Mettons que vous ayez raison et qu’il faut qu’un état ne laisse pas faire les gens, afin de rétablir un peu plus d’égalité, etc.
      –> Comme toute politique, elle aura ses partisans et ses détracteurs.
      Comment gérez vous les détracteurs qui disent : « ben moi, je ne veux pas participer à votre politique idiote »?

    4. A mediflot2014!. L’application stricte de la doctrine libérale n’a jamais été essayée nulle part. Vous ne pouvez donc pas savoir si elle mènerait au désastre, au contraire du communisme, dont l’application stricte a bien été essayée à plusieurs reprises, pour le plus grand malheur des peuples qui l’ont subi. La planète est actuellement integralement dominée par des états, plus ou moins interventionistes, mais tous le sont (si vous connaissez un coin de la terre non soumis à la juridiction d’un état, merci de nous le faire savoir). Les états les moins interventionistes sont ceux où on vit le mieux, les états les plus interventionistes sont ceux où règnent la misère, la pauvreté, la maladie, la pénurie, l’injustice, l’insécurité, les désastres ecologiques, tout ce que vous n’aimez pas. Le libéralisme se contente d’affirmer le droit universel de chacun à la liberté, la liberté étant définie comme la garantie de l’absence de violence ou de menace de la violence de la part des autres humains. C’est, à ma connaissance, la seule définition qui soit à la fois universelle (s’applique à tous) et cohérente (non contradictoire). Si vous en connaissez une autre, merci de nous le faire savoir. Vous ferez faire un grand pas à l’humanité.
      Toute votre diatribe est en fait un plaidoyer contre l’interventionnisme, l’étatisme et le socialisme car oui, si vous donnez le pouvoir à certains de dominer les autres par la violence et la contrainte, il est certain que ce seront effectivement les plus forts, les plus rusés, les plus prédateurs qui écraseront les autres et les conduiront au servage. Cette situation est bien connue puisque c’est celle qui a prévalu avant la diffusion, très lente, des idées libérales pendant les siècles qui ont précédé une diffusion plus large de ces idées au sein d’un petit nombre de peuples vers le 18e siècle. Le socialisme n’est qu’un avatar des mentalités archaïques qui ont dominé les humains pendant des millénaires et, malheureusement, peut-être, les domineront encore pendant longtemps. Sa force est de reposer sur quelques défauts humains les mieux partagés du monde : l’envie, la jalousie, la paresse intellectuelle, la crédulité, la croyance en la supériorité de certains (aujourd’hui, les hommes de l’état, réputés infaillible) sur les autres.

  7. J’ai du mal à comprendre pourquoi une telle proposition de loi serait plus libérale dans le sens qu’elle ne répond pas aux libertés individuelles du travailleurs dans l’entreprise.
    En effet, au vu de cette citation de Benjamin Constant en quoi la liberté et les droits des individus travaillant dans l’entreprise sont-ils respectés 😕

    « « Les citoyens possèdent des droits individuels indépendants de toute autorité sociale ou politique, et toute autorité qui viole ces droits devient illégitime. Les droits des citoyens sont la liberté individuelle, la liberté religieuse, la liberté d’opinion, dans laquelle est comprise sa publicité, la jouissance de la propriété, la garantie contre tout arbitraire. 
    Aucune autorité ne peut porter atteinte à ces droits, sans déchirer son propre titre. »
    Benjamin Constant
    En effet, avec une telle loi, dans l’entreprise, le citoyen-travailleur est dépendant du bon vouloir d’une autorité sociale, le patron, qui pourrait le virer sans motif. Il n’a donc pas la garantie contre tout arbitraire.

  8. Pas d’accord avec tout… Le revenu de base inconditionnel est une proposition libérale

  9. Bonjour à tous,
    D’abord je tiens à remercier chaleureusement la rédaction de Contrepoint pour la publication de l’article.
    Ensuite, merci à tous les partages et commentaires. Le débat continue ici et c’est très encourageant intellectuellement.

    Beaucoup de points ont été évoqués ici. Je vais tenter de répondre à certains points.

    Tout d’abord, sur la question de l’État de droit.
    C’est un point assez épineux comme précisé dans l’article dans le sens où les études de droit amènent rapidement à se tourner vers la pyramide des normes de Hans Kelsen. J’ai d’abord dû m’y pencher avant de répondre à la question de l’article 2 du projet de loi.
    Il se trouve que cette conception est opposée à la conception du droit naturel, qui, elle, est libérale (dont les principaux auteurs sont Ayn Rand, Locke, Rothbard et Bastiat pour ne citer qu’eux).
    Après, et je le précise dans l’article, rejeter l’État de droit ne signifie pas rejeter l’État. Ces deux notions sont distinctes. Je pense que ce qui distingue le libéralisme de l’anarchie est essentiellement le respect du consentement et l’axiome de non agression qui rendent nécessaire et légitime l’État.
    Récemment, un ami étatiste s’est plain à plusieurs reprises qu’un « ultralibéral » comme Juppé puisse écrire un livre intitulé « pour un État fort ». Je lui ai répondu à chaque fois qu’être libéral ne s’oppose pas à l’idée de prôner un État fort, tant qu’il se concentre sur ses fonctions régaliennes. Force et omniprésence sont distinctes.

    En passant, je confirme pour Pulp Libéralisme et Wikiberal. Ce dernier site m’a été très utile lorsque j’étais face à des incertitudes sur le caractère libéral d’un dispositif.

    Ensuite, sur la question du référendum, j’avoue que c’est le point qui m’a le plus posé de difficultés.
    En effet on est face à une possibilité de dérogation aux conventions librement formées. N’ayant pas eu de réponse claire sur le sujet, j’ai pris le problème sous l’angle des « checks n’ balances ». Le dispositif sur les référendums permet à l’opposition de contrôler l’action des syndicats majoritaires.
    Enfin, la démocratie directe est un fondement de la Suisse, pays parmi les plus libéraux.

    Ncko a posé la question hier soir du revenu universel. La question est très large, mais fait écho à la garantie jeune.
    Je ne vais pas rentrer dans cette question, comme dit très large par rapport à notre sujet, mais je vais répondre sur la qualification de « non libéral » que j’ai appliquée à la garantie jeune.
    Ces mécanismes consistent à donner de l’argent sans contrepartie. De fait, il créé une dépendance des individus à l’État, même si cette somme est destinée à libérer. Donc cette question est très large, autant qu’elle est épineuse, d’autant que de grands auteurs libéraux se sont prononcés pour, comme Milton Friedman.
    Or, il faut bien distinguer la garantie jeune et le revenu universel dans son esprit, puisque le revenu universel touche tout le monde et suppose une véritable réforme de société (que j’ai effleuré en début d’article sur la question de la fin du salariat), que la garantie jeune, comme mécanisme d’allocation classique, ne garantit pas.

    Pour terminer, j’ai vu dans les commentaires la mention de la crise écologique, dénoncée comme étant le produit du libéralisme (il me semble que c’est Mediflo).
    Or, le libéralisme a pour base l’ordre naturel et le laisser-faire. Le fait est que les questions écologiques viennent bien davantage du constructivisme que d’un quelconque laisser-faire. Plusieurs articles démontrent que le libéralisme a des réponses à donner à la crise écologique.

Les commentaires sont fermés.