Le scandale du financement syndical que personne ne dénonce [Replay]

Publié Par Éric Verhaeghe, le dans Pushmobile, Syndicalisme

Par Éric Verhaeghe.

Officiellement, l’échec de la manifestation d’hier contre la loi Travail témoigne d’une division syndicale intense. Les uns sont réformistes et ne défilent pas, les autres sont contestataires et battent le pavé. Les uns ne veulent pas entendre parler d’inversion de la hiérarchie des normes, les autres la soutiennent. Mais derrière ces paravents de la discorde, se cache une entente plus profonde, une coalition d’intérêts où la division syndicale n’a plus sa place et qui tient en un mot : le financement des syndicats.

Une intersyndicale en pleine division

Il faut lire, dans les colonnes de la Tribune, la publication d’une lettre à Marisol Touraine signée par les cinq syndicats représentatifs au niveau interprofessionnel, pour comprendre quelle unité les organisations syndicales sont capables de trouver dès qu’il s’agit d’assurer leur financement. La lettre porte bien la signature de Philippe Martinez, de Laurent Berger, de Jean-Claude Mailly, de Philippe Louis et du tout nouvel élu de la CGC François Hommeril. On rêve ? Non, c’est bien vrai ! Alors que les centrales se déchirent sur la loi Travail, elles font, dans l’ombre, leur unité sur une question énigmatique pour le grand public : l’application de la loi du 11 février 1950 sur les pratiques conventionnelles en matière de protection sociale complémentaire.

Qu’en termes élégants et pudiques ces choses-là sont dites !

Un étrange amour pour les très petites entreprises

Dans leur courrier, les organisations syndicales jouent un étrange rôle de composition : elles parlent au nom des très petites entreprises. C’est bien connu ! les syndicats de salariés, en France, sont là pour défendre les patrons et les employeurs, rôle qui ne revient pas du tout aux organisations patronales.

Donc, dans l’intérêt des très petites entreprises, ces petites choses en sucre qui ont besoin de la CGT et de la CFDT pour exprimer leurs revendications, la bande des 5 demande à la ministre de préserver les désignations en prévoyance, c’est-à-dire l’interdiction faite aux très petites entreprises de choisir elle-même l’assureur qui couvre les risques de leurs salariés. Dans l’intérêt des très petites entreprises, il faut que le choix de l’assureur revienne aux négociateurs de branche et non aux entrepreneurs eux-mêmes.

La question du financement des syndicats

Bien sûr, ce sujet, qui pèse 30 milliards environ dans l’économie française, est présenté dans l’intérêt des entreprises. Et, comme toujours quand on entend un syndicat de salariés parler au nom des entreprises, il cache une affaire de gros sous.

Car les syndicats ne précisent pas que les accords de branche que leurs représentants négocient en prévoyance complémentaire profitent à peu près systématiquement à un cartel de groupes de protection sociale… gouvernés par les syndicats eux-mêmes et qui sont pour ceux-ci de superbes pompes à phynances. Autrement dit, les syndicats viennent de demander à Marisol Touraine de préserver un système (dénoncé par l’Autorité de la Concurrence comme attentatoire à la libre concurrence) censuré par le Conseil Constitutionnel parce que contraire à la liberté d’entreprendre, aux seules fins de garantir la continuité de leur financement.

Sur le web

  1. Et on peu parier immediatement que le gouvernement va obtemper!

    1. @Borlo
      Il y a pourtant une solution simple: donner au syndicats, groupes importants, la « personnalité morale », donc devenus responsables de tout ce qui est fait en leur nom (dégâts des manifestations, par exemple) mis aussi l’accès à leurs bilans annuels publiés de recettes et de dépenses, avec, pourquoi pas, un contrôle fiscal de temps en temps, si, du moins, il n’y a ps de risque de connivence avec cette autre administration …?

  2. Comment peut-on parler de financement syndical sans évoquer le rapport Perruchot ?
    Rapport officiel, censuré pour une paire d’années il me semble.

    1. Le vrai rapport de force des syndicats aujourd’hui c’est son financement par l’Etat, par les contribuables, car les salariés ne se retrouvent pas dans les revendications de ceux ci.

  3. Chaque fois que vous payez votre facture Edf 1% part à la Cgt

    1. Hoax démonté depuis des mois dans un site spécialisé dans le dés-hoaxage et le nettoyage des rumeurs…
      Sur le site en question, le rédacteur de l’article initial (publié sur Boulevard Voltaire) explique qu’il ne sait pas qui a ajouté le paragraphe comportant l’intox fantaisiste du 1 % reversé au CE d’ EDF (et par extension à la CGT) … mais qu’il ne l’a jamais écrit.
      Ce que vous diffusez n’est donc que du pillage de texte, ou autrement dit du « caviardage », et ne repose sur aucun fondement.
      C’est incroyable de voir jusqu’où certains sont prêts à aller pour faire coller de prétendues « preuves » à leurs fantasmes !

  4. S’il n’y avait que « le scandale du financement des syndicats… » à dénoncer mais hélas il en a bien d’autres avec. Les subventions aux associations diverses et avariées (ligue de l’enseignement par exemple), les rentes des politiciens français et européens, les facilités données à une certaine « religion » au travers de baux emphytéotiques et de loyers dont n’importe quel locataire serait preneur (750 € par an pour une mosquée par exemple), Les millions dépensés par les parisiens pour cette même « cause », mais là curieusement, personne n’en à parlé dans les médias « officiels », surtout pas à la mairie de Paris. Pour finir, les subventions et les cadeaux faits à la presse dite « libre ». L’AME, etc.Voilà ou passe l’argent des impôts des français !

  5. D’une façon générale, une démocratie saine a des corps intermédiaires de la société civile indépendants de l’Etat. C’est peu dire que nous sommes très éloignés de cette situation. C’est justement la rupture entre les citoyens et ceux qui sont censés défendre leurs intérêts, à cause de la mainmise de l’Etat, qui est une cause majeure de notre crise permanente. Le problème est que cela risque toujours de déboucher sur la violence… C’est ce qui se produira s’il n’y a pas de politiques qui s’attaquent à ce problème majeur sur lequel se greffent tous les autres.

  6. les divers syndicats font exactement comme les partis politiques ; ça se critique à tout va , ce n’est d’accord sur rien , mais quand il faut se sérrer les coudes , pour obtenir du fric pour les syndics ,pour contrer un autre parti pour les politiques , ha ben là c’est du copain-copain ; ils me dégoutent tous ;

  7. Et le financement des partis politiques ????Tout est lié , et je suis complètement opposé à tout financement public de toutes ces organisations qu’elles soient politiques ou pseudos syndicales….Et je n’écris pas au sujet des associations sous marins de partis politiques……Que de gabegies en France au nom d’un soi disant système social et des pseudos valeurs de notre pseudo république

  8. A supprimer en urgence : subventions à la presse, subventions à la SNCF, subventions aux syndicats.

    1. Subventions tout court, non?

      1. Exact….Toutes les subventions devraient être supprimées et les organisations ou associations ne se débrouiller qu’avec l’argent de leurs adhérents ou de leurs sympathisants….La France et les Français feraient de très sérieuses écionomies

  9. On a tous eu connaissance du rapport « Perruchot » que Bernard Accoyer, président de l’Assemblée Nationale s’est dépêché d’enterrer et d’en faire interdire la publication officielle pendant « X » années. Et que disait en final ce rapport.? Pour résumer 30 Milliards d’euros étaient distribuées annuellement aux Syndicats.!! De quoi s’en foutre plein les fouilles. Comme disent les Japonais « c’est l’huile qui graisse les rouages ». Et tout le monde est heureux, cocu mais content.!!!!!!!

    1. Si le rapport a été enterré, c’est surtout parce qu’il montrait que les syndicats patronaux, le MEDEF en particulier, n’étaient pas non plus les derniers à aller à la soupe. Pour la CGT, tout le monde le savait déjà…

  10. Il faut absolument supprimer toutes subventions aux syndicats qui devraient vivre des cotisations de leurs syndiqués mais comme en moyenne il n’y a que 8% de syndiqués en tenant compte des fonctionnaires, sinon dans le privé il n’y a que 3% des syndiqués, il est évident que les syndicats disparaitraient !

  11. 30 milliards ? du delire.
    Le rapport Perruchot fait état de 4,5 milliards, cotisations comprises. La part la plus importante allant aux syndicats patronaux et d’agriculteurs.
    Ce budget des syndicats francais est plus élevé que celui de leurs voisins européens pour la raison qu’ils incluent le financement de la formation des prud’hommes, mais aussi l’entretien des Bourses du Travail, entre autres.

  12. Heu … 30 milliards … ça va ? vous n’avez pas l’impression que vous n’avez pas le sens des proportions ? Merci d’indiquer au minimum UNE source. Le nombre de pigeons qui trainent ici… et qui publient …

    1. vous tapez rapport perruchot dans le moteur de recherche et vous aurez tout lol

      1. Je n’ai pas relu récemment le Rapport Perruchot (puisque c’est de lui dont il s’agit)…
        Mais, si ma mémoire est bonne, ce rapport faisait état de moins de 5 milliards ; donc, bien loin de 30 milliards.
        Par conséquent, moi aussi, j’aimerais bien savoir de quel chapeau sortent ces 30 milliards.

  13. Pourquoi de telles informations ne sont jamais présentées dans les grands journaux télévisés???
    Quelle escroquerie !!!

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