Voitures électriques : l’innovation avant les subventions

Publié Par Youri Chassin, le dans Canada

Par Youri Chassin, depuis le Canada.
Un article de l’Institut économique de Montréal

voiture électrique

Voiture électrique By: SuperCar-RoadTrip.frCC BY 2.0

La voiture électrique est à l’honneur cette semaine, alors que le Palais des congrès de Montréal accueille la 29e édition du Symposium international sur les véhicules électriques.

Il y a, justement, deux nouvelles encourageantes pour l’industrie. La première, c’est que la technologie continue de s’améliorer. De nouveaux modèles de voitures électriques feront leur entrée en 2016, avec plus d’autonomie (par exemple, 320 km pour la Bolt de Chevrolet). La seconde, c’est que le nombre de Québécois propriétaires d’une auto électrique atteint maintenant 9763 (ils étaient 1207 en 2012). C’est encore très peu par rapport au parc automobile total de plus de 4,7 millions de véhicules, mais le nombre augmente rapidement.

La voiture électrique comporte certes des avantages pour le consommateur. En plus d’être silencieuse et agréable à conduire, on épargne sur le carburant et l’entretien. Par contre, la faible autonomie (pour l’instant) et le temps de recharge obligent les propriétaires à s’en tenir à des trajets courts et bien planifiés. Il y a aussi le prix, qui demeure élevé malgré la subvention de Québec de 8000 $ après taxes à l’achat d’un véhicule entièrement électrique.

C’est d’ailleurs pourquoi, pour bon nombre de ménages, la voiture électrique est un deuxième ou un troisième véhicule.

Voiture électrique écologique

Ce qui est moins souvent discuté, c’est qu’au-delà de l’image « verte » de la voiture électrique, son impact sur la réduction des émissions de GES est somme toute marginal. Cela est notamment dû au fait que, si les voitures électriques n’émettent pas de GES durant leur utilisation, leur construction en émet davantage que pour un véhicule à essence régulier. Aussi, plusieurs achètent un véhicule électrique non pas pour remplacer un gros pick-up polluant, mais souvent à la place d’une petite voiture peu gourmande en essence (ou parfois même au détriment du transport en commun).

Autrement dit, il faut attendre plusieurs années d’utilisation pour qu’une voiture électrique obtienne un bilan d’émission de GES favorable à l’environnement.

C’est pourquoi je réitère, comme je l’ai souvent fait depuis quelques années, qu’il faut être prudent lorsqu’on se sert de fonds publics pour promouvoir cette technologie, et qu’il serait préférable de la laisser évoluer et devenir attrayante grâce aux efforts des acteurs du marché plutôt qu’à l’aide de subventions. Bref, évitons de tirer sur la fleur pour la faire pousser plus vite.

Rappelons qu’en Norvège, leader mondial des voitures électriques, le gouvernement offre des subventions à l’achat des véhicules, des avantages comme l’utilisation de voies réservées ou le stationnement gratuit, et aucun frais aux péages. Ces subventions équivalent à 6925 $ pour chaque tonne de GES non émise.

Si le Québec voulait imiter la Norvège, il en coûterait au gouvernement 1560 $ par tonne non émise, au minimum. À titre de comparaison, sur le marché du carbone québécois, le prix était de 17$ par tonne en novembre 2015. Comme je l’écrivais dans un autre billet, les contribuables paieraient 91 fois trop cher pour chaque tonne de GES évitée !

Pour combattre les changements climatiques, il est préférable de laisser le marché, comme il le fait en ce moment, continuer à innover et à répondre à la demande des automobilistes.

Sur le web

  1. Il y a tant des choses, d’organismes, d’associations, de journaux, les éoliennes, qu’on subventionne qu’on peut bien continuer avec les voitures électriques éventuellement. Et puis, c’est l’État qui paye, non…!

  2. C gratuit. C L’État qui paye. ENA au Québec?

  3. « Pour combattre les changements climatiques  » Késaco ??? La phrase n’a pas de sens…On ne « combat » pas des changements pluri annuels voire pluri- millénaires avec des voitures fussent elles électriques; On essaie de prévoir au plus juste, et de s’adapter quand un phénomène météorologique « extrême » arrive (il arrivera bien « un jour » que ce soit en trop chaud ou trop froid, en trop sec ou trop humide), et en étant sinon intelligent , du moins de bon sens (on évitera par exemple de laisser construire en zone inondable, en bord de mer sous le niveau d’icelle, etc…). Enfin on apprendra à « soigner » au plus efficace afin de « guérir » au plus vite (dans les pays « du Sud », mais pas que !).

  4. « Pour combattre les changements climatiques, il est préférable de laisser le marché, « , il serait encore plus judicieux que les politiciens ne se mêlent pas de science plutôt que l’orienter et de la brider.
    Il deviendrait alors probable qu’on peut pas « combattre les changements climatiques » (et les forces de la Nature) mais seulement les accompagner.

  5. Ceux qui se targuent de combattre le changement climatiques se moqueraient volontiers de nos ancêtres qui priaient pour obtenir la pluie. Ce n’est oas la même chose? Si, dans les deux cas, c’est une question de croyance, la science n’ayant rien prouvé quoi qu’en disent certains.

    1. En effet, pure superstition.

  6. Avec la menace de la baisse de subventions sur les panneaux photovoltaïques aux USA, les propriétaires américains de TESLA risquent d’avoir à rouler avec des ions tirés du gaz de schiste…

    http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0211053474620-tesla-veut-racheter-solarcity-pour-devenir-un-geant-des-energies-renouvelables-2008687.php

    « Plusieurs analystes estiment que la décision est motivée par la volonté de sauver SolarCity, alors que la société est crise depuis plusieurs mois. Son cours a chuté de 60% depuis janvier, alors qu’elle fait face dans plus de 20 Etats américains à la menace d’une réduction des incitations financières pour les acheteurs de panneaux solaires, déjà mise en oeuvre au Nevada en décembre. Après avoir revu ses prévisions d’installations de panneaux solaires à la baisse à plusieurs reprises, la société a annoncé un changement de business model pour passer de la location à la vente de panneaux solaires par le biais d’un prêt. Un virage qui n’a pas convaincu Wall Street. »

  7. quelle est l’autonomie d’une voiture électrique en hiver au canada et en été sur la cote d’azur ?
    toute cette histoire est ridicule et c’est pourquoi on utilise le prétexte ridicule du réchauffement climatique sinon , aucune personne sensée ne penserait a une telle solution débile !

    1. Des VE en ville pour protéger les enfants des gaz d’échappement, cela peut encore se concevoir mais pour le reste c’est pour moi du grand n »importe quoi !!!
      La seule motivation des constructeurs est de pourvoir répondre aux objectifs qu’on leur assigne, vendre du VE pour pouvoir continuer à vendre de grosses cylindrées thermiques, le reste n’a pas de signification économique !

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