Les voitures électriques émettent plus de CO2

Publié Par Contrepoints, le dans Sciences et technologies

Par la rédaction de Contrepoints.

La voiture électrique coûte cher en subventions

Voiture électrique (Crédits René Le Honzec/Contrepoints.org, licence CC-BY 2.0)

Une étude britannique comparant les émissions en dioxyde de carbone des voitures traditionnelles et des voitures électriques a été publié en Juin 2011. En prenant en compte la production et le remplacement de la batterie, ces dernières émettent plus de CO2 que les premières.

Pour un véhicule électrique de taille moyenne, la consommation sur la durée de vie du véhicule s’élève à 23,1 tonnes de CO2, contre 24 tonnes pour un véhicule avec moteur à explosion. En effet, il faut prendre en compte le CO2 généré pour produire l’électricité utilisée par le véhicule. Il faudrait que le possesseur d’une voiture électrique roule au minimum 129 000 kilomètres pour que la consommation en CO2 soit équivalent à celle d’un véhicule à essence. Même s’il conduisait 160 000 kilomètres, il n’économiserait sur la durée de vie du véhicule que une tonne de carbone. Ces niveaux sont très improbables car la batterie des véhicules électriques permet généralement de couvrir moins de 150 kilomètres avec une charge complète et ne sont pas adaptées pour des longs trajets.

Ceci ne prend pas compte le changement de batterie nécessaire après quelques années pour une partie des véhicules électriques. L’étude initiale est parti du postulat, faux, que les batteries n’auraient jamais à être remplacées. Or, si on la prend en compte, le coût de production en tonnes de CO2 s’élève à 12,6 tonnes pour un véhicule électrique, contre 5,6 pour un véhicule à essence. Cela compense la modeste économie faite sur la consommation. Le recyclage des véhicules électriques coûte également sensiblement plus cher en raison de la présence de métaux lourds dans la batterie.

Cette étude britannique a été commandée par le gouvernement britannique avec l’industrie automobile britannique, associés dans le Low Carbon Vehicle Partnership. Le but de cet organisation est d’accélérer la transition vers des véhicules à faibles émissions de CO2.

Aucune étude n’avait jusque là analysé les émissions sur l’ensemble de la durée de vie des véhicules, en incluant la production. Ses résultats pourraient impacter les politiques menées puisqu’il est avéré que la promotion des véhicules électriques n’est, à ce jour, pas une bonne chose pour les gaz à effet de serre.

Gageons cependant que les industriels dépendant des subventions tenteront d’éviter la réduction des aides massives sur le secteur. En 2010, le ministère des transports britannique a ainsi subventionné à hauteur de plus de 5000€ chaque achat de véhicule électrique pour 8 600 acheteurs. Coût total : près de 50 millions €.

  1. Mesurer le CO2 n’a aucun intérêt.

  2. Avez-vous lu l’étude que vous mentionnez ?
    A lire votre billet, il semble que non.

    1. je vous renvoie à l’étude :
      – consommation = 24 vs 18 tonnes (essence/électrique)
      – production = 5,6 vs 8,8
      – total : 29,6 vers 26,8
      Et cela, sans même prendre en compte le recyclage, qui émet nettement plus pour l’électrique, ou même la seconde batterie qui sera, qu’on le veuille ou non, souvent nécessaire. En intégrant les deux, le bilan devient en faveur de l’essence.

      1. Précision: les calculs d’émission dus à l’utilisation de la voiture sont fondés sur des hypothèses ultra optimistes, voir plus haut (qui utilise sa voiture électrique pour autre chose que des petites distances?). Les chiffres que je donne, repris de l’étude, sont globalement biaisés en faveur de l’électrique.

  3. L’étude prend en compte la fabrication et le recyclage des batteries. Mais prend-elle en compte la fabrication de l’essence : non. La dépollution (marées noires…) : non. Le « recyclage » des gaz polluants (Nox, CO…) : non. L’impact sur la santé de ces gaz : non
    C’est très partial, tout ça.

    1. De fait mesurer le CO2 n’a aucun sens. Et quand aux vrais polluants, nocifs, toxiques ou dangereux, CO, SOx, NOx, hyrdocarbures imbrûlés, composés volatiles, particules fines, il est infiniment plus facile de maîtriser les émissions de quelques centaines de cheminées (centrales électriques) que de dizaines de millions de véhicules, d’âges divers. Sans même aborder l’absence d’émissions des centrales nucléaires.

  4. Bonjour,

    Une tentative pour comprendre pourquoi les voitures électriques nous enfument, même en France …..
    http://blogs.mediapart.fr/blog/michel-riazuelo/161011/nous-enfume-avec-la-voiture-electrique

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