Tuerie d’Orlando : l’hypocrisie des médias

Publié Par Christophe de Voogd, le dans Terrorisme

Par Christophe de Voogd.
Un article de Trop Libre

Homage to the Victims of Orlando by The All-Nite Images(CC BY-SA 2.0)

Homage to the Victims of Orlando by The All-Nite Images(CC BY-SA 2.0)

Les premières réactions des médias audiovisuels français à l’attentat d’Orlando auraient été cocasses si cette tragédie atroce ne nous appelait à une émotion et à des réflexions autrement plus sérieuses sur un événement gravissime qui menace le cœur même de nos libertés.

À peine connue l’atrocité de l’attentat d’Orlando, l’on reste coi devant les immenses manœuvres rhétoriques employées et déployées pour, comme toujours, ne pas nommer les choses. Certes on n’en est plus aux « hypothèses » de l’époque Merah, lorsque nos grands médias évoquaient « la piste de l’extrême-droite », et du temps de Charlie, quand, malgré l’évidence sonore d’un « Allah O Akbar ! », l’on prétendait « ne pas pouvoir comprendre les mots des attaquants ».

Mais cela n’a pas empêché, dans la tragédie d’Orlando, nos « experts » d’incriminer à nouveau le discours anti-gays… des chrétiens fondamentalistes : même le nom de Christine Boutin (!) a été mentionné. Comme il l’avait été lors de l’agression d’un couple homosexuel à Paris il y a trois ans, agression qui s’est révélée être le fait de jeunes des quartiers. Mais voilà : la grille du politiquement correct est si contraignante que l’homophobie ne peut être le fait que de l’extrême droite et/ou du christianisme : n’est-ce pas, au fond, la même chose ? Que le tueur Omar Mateen soit d’origine afghane (« peu importe », nous a dit un expert des États-Unis) et sous surveillance, hélas trop distante du FBI, ne pesait guère dans cette affaire.

Or, aussi négatif soit le bilan passé du christianisme en matière d’homophobie, ce ne sont pas, que l’on sache, des toits du Vatican mais de ceux de Raca et de Mossoul que l’on précipite aujourd’hui les gays dans le vide… Et l’on a eu beau chercher, il n’y a, même dans une société aussi violente que la société américaine et aussi fréquents qu’y soient les actes homophobes, aucun précédent d’un tel massacre de gays aux États-Unis.

Il en faut toutefois davantage pour décourager le politiquement correct : au fur et à mesure des révélations sur le tueur et sur les faits, le discours dominant a évolué : « fusillade la plus grave de l’histoire américaine », certes, mais s’inscrivant dans une longue série (cf. Colombine et Virginia Tech) ; puis « acte homophobe » signant un « crime de haine » (hate crime) d’un névrosé « pas particulièrement religieux » (sic). « Terreur OU haine ? » s’est-on même demandé, curieuse alternative, à vrai dire, comme si la haine n’était pas le fondement même du terrorisme. Et l’on apprend bientôt que le « suspect » (re-sic) a fait allégeance… à l’État islamique. Certes encore, mais, nous dit-on, il faut bien distinguer les crimes commis « au nom de Daech » et ceux commis « sur ordre de Daech ». Mais patatras ! Ledit État islamique revendique l’attentat le jour même.

Reste l’ultime rempart : la vraie question est celle du contrôle des armes à feu aux États-Unis… Enjeu capital, certes, mais en l’occurrence le tireur était un agent de sécurité détenteur d’un permis de port d’arme. Est-il excessif de prédire que Donald Trump ne va faire qu’une bouchée de l’argument en rappelant encore une fois le précédent de notre Bataclan désarmé ?

Pour que les choses soient enfin claires, et pour que les scrupules de nos médias trouvent enfin repos, nous recommandons l’analyse de Gilles Kepel, qui a montré depuis des années, l’évolution du paradigme terroriste : non plus le commandement central de type al-Qaïda mais la délégation de « franchise », où tout « bon croyant » est appelé à tuer les infidèles, où et quand l’occasion s’en présente.

Pourquoi alors, au-delà de l’ignorance, tant de gêne dans le propos et de contorsions dans le commentaire ? Peur des « amalgames », de la « stigmatisation » bien sûr, et comme toujours dans de tels cas. Car il est tout simplement impossible, dans le raisonnement sophistique et sociologiste de la correction politique, qu’un « dominé » (musulman) s’en prennent à des « dominés » (homosexuels).

Mais deux voix autorisées ne s’y sont pas trompées : Barack Obama qui, refusant de se perdre dans un débat sur le sexe du crime, a parlé de « terreur ET de haine ». Et Manuel Valls : « en frappant la communauté gay, l’attaque effroyable d’Orlando nous atteint tous ».

Car dans cette tragédie il y va tout simplement de notre liberté fondamentale : celle d’être soi ; celle des gays ; celle de nous tous ; celle des musulmans eux-mêmes.

Sur le web

  1. OUI, dans notre époque actuelle, les agressions homophobes les plus violentes sont généralement commises par des extrémistes musulmans.

    NON, cet état de fait n’invalide pas les reproches des progressistes contre l’homophobie « des chrétiens fondamentalistes. »

    Certes, l’article ne dit pas vraiment le contraire, mais c’est toujours bon à préciser. 🙂

    1. agressions homophobes….c’est tellement plus grave qu’une agression normale que l’on doit trouver un coupable communautaire ?
      pas besoin , ces agresseurs ont fait leur classe dans l’agression ordinaire ensuite c’est simplement une spécialisation médiatiquement demandée !
      l’homophobie , le racisme etc est une invention politique à usage politique..le français ordinaire n’est ni raciste ni homophobe ,sa vie est de vivre le mieux possible en assumant ses échecs et ses succès malgré un état omniprésent dirigeant nos vies en utilisant nos échecs pour en faire son succès.
      Que les mouvement religieux utilisent les mêmes ficelles que l’état pour arriver a ses fins n’est pas une surprise , c’est même normal , ils ont le même but : le pouvoir absolu sur nos vies .

  2. Ca a l’air un peu plus compliqué que cela : le tueur avait visiblement une homosexualité plus ou moins refoulée, ce qui n’empêche pas l’homophobie, au contraire : un hétérosexuel assumé et bien dans sa vie n’a aucune raison de développer une haine contre les gays (comme disait le comique : « tant mieux ça fait plus de gonzesses pour nous »). Par ailleurs vu la détestation et le mépris pour la femme de la « religion de paix et d’amour », il existe dans son pays d’origine , en particulier dans certaines ethnies, des pratiques homosexuelles ritualisées et parfaitement tolérées malgré l’interdit religieux affiché. Donc affaire complexe…

  3. Petit « détail » :

    « Orlando’s ‘Pulse’ Gay Bar Was a ‘Gun-Free Zone’ by State Law »
    http://www.breitbart.com/big-government/2016/06/12/orlando-pulse-gay-bar-gun-free-zone-state-law/

    Le bar d’Orlando était une zone « sans arme » par décret.
    Et le tueur le savait très bien puisqu’il avait fréquenté ce bar et qu’il y a un grande pancarte « gun free zone » à l’entrée.
    Au crime dit « raciste » ou « homophobe » s’ajoute celui de couardise.
    Ce tueur avait un port d’arme officiel puisqu’il était agent de sécurité et s’est attaqué qu’à une zone désarmée.
    Cette tuerie n’a rien à voir avec le contrôle des armes à feu et/ou en ventes libres puisque c’était un « professionnel » accrédité pour être armé…

    Idem avec la tuerie de nos deux policiers qui s’est faite au couteaux (il en avait acheté 3) de cuisine en attaquant des cibles désarmées.
    Va t-on aussi en France interdire les couteaux de cuisine, les Opinel, les Laguiole…les coupes-ongles ? (Zut, Ségolene vient juste d’interdire les couteaux en plastique)

    Il va y avoir désormais deux types de Français : ceux qui sont armés, les policiers et les malfrats, puis les autres désarmés, nous, comme au Bataclan et dans les rues de Paris. À qui vont donc s’attaquer nos « couards » ?
    Et même si on décide d’attacher un garde-du-corps armé aux cibles potentielles, c’est le premier à être abattu (le gilet pare-balles de base n’arrête pas une balle de Kalach à 5m) et on retombe dans le cas des « non-armés » … Dur, dur…

  4. le problème avec les médias de gauche omniprésents dans notre paysage national c’est qu’ils sont des thuriféraires inconditionnels des LGBT et da,nereusement indulgents avec les musulmans, car ils comptent leurs soutiens les plus importants dans ces deux communautés, or elles sont incompatbibles entre elles : un musuman ne pouvant être homosexuel, sans risquer au mieux l’anthèmùe au pire la mort. les socialistes et leur aile gauche doivent choisir et sortir de cette ambiguïté électoraliste

  5. quand plus de 50 chrétiens ont été tués dans la cathédrale de Bagdad, il n’y avait pas eu autant de commentaires politiques ou médiatiques…

    1. De même que à Orlando le public n’est composé que de gays, suivant les mérdias, au Moyen Orient il n’y a que des Arabes.
      Le simplisme est une base de la propagande sinon les gens se mettent à réfléchir.
      Votre remarque est dangereusement séditieuse…

  6. Si le meurtrier avait été un sympathisant chrétien, on aurait vite accusé les évangiles et la Bible, mais comme c’est un musulman pas d’amalgames avec le Coran.

    1. « Si le meurtrier avait été un sympathisant chrétien, on aurait vite accusé les évangiles et la Bible »

      Et on aurait eu parfaitement raison. Jésus n’a peut-être rien dit sur l’homosexualité, mais la Bible n’en reste pas moins un livre homophobe.

      « mais comme c’est un musulman pas d’amalgames avec le Coran. »

      Selon moi il n’y a rien de mal à juger que le Coran est un livre homophobe, et que le « mauvais islam » ne se distingue du « bon islam » que par son degré, et non par sa nature. Autrement dit : il n’y a rien de mal à mettre le « mauvais islam » et le « bon islam » dans le même sac.

      Le problème, c’est que la majorité des personnes qui pensent de cette manière ne sont pas, contrairement à moi, des LIBÉRAUX. Par conséquent ils veulent restreindre ou supprimer la LIBERTÉ religieuse des musulmans. Cela aura pour conséquence d’aggraver la situation.

      On résume : Ce n’est pas le fait de critiquer l’islam qui pose problème mais le fait qu’une grande partie des « islamophobes » veulent supprimer la liberté des musulmans. (Étant donné que la plupart des « islamophobes » ne sont pas libéraux.)

      1. Commando : on s’en contrefout que la Bible soit un livre homophobe. Jésus est venu apporter un NOUVEAU Testament, qui élimine l’Ancien Testament. Pouvez-vous comprendre cela plutôt que de vous placer dans une interprétation « islamique » des textes suivant laquelle le texte EST dieu, comme en islam ?

        1. « on s’en contrefout que la Bible soit un livre homophobe.  »

          @Célestin : NON. Si on est intransigeant avec le Coran, il faut être intransigeant avec la Bible, sinon on est un petit hypocrite.

          Vous utilisez le type d’arguments suivant pour défendre l’homophobie de la Bible : « Ouais mais faut pas prendre ça à lettre, faut remettre ça dans son contexte, le véritable sens est plus profond, tout ça est plus subtile qu’il n’y parait. »

          C’est exactement avec cette façon d’argumenter que beaucoup de musulmans refusent de remettre en question l’homophobie, le sexisme, et le racisme du Coran.

          Si on considère que c’est irresponsable de la part de ces musulmans de refuser de remettre en question le Coran, il faut considérer que c’est tout aussi irresponsable de la part des occidentaux comme vous de dire avec désinvolture « on s’en contrefout que la Bible soit un livre homophobe. « 

          1. Non, vous n’avez pas compris le message du Christ. Tant pis. Comme de nombreux commentateurs également , ici et ailleurs, vous ne voyez pas la différence entre un message, une « bonne nouvelle », un évangile, certes mis par écrit pour témoigner du message du Christ, et un livre, le coran, par lequel le dieu de Mahomet se serait « inverbé ». Tant pis aussi.

        2. je ne sais pas où vous avez pris que Jésus éliminait l’Ancien Testament ; en tous cas pas dans le nouveau testament, puisqu’on on lit qu’au contraire il était là pour l’accomplir totalement. La différence est que Jésus renonce à la condamnation légale, terrestre (Cf. femme adultère : en toute logique ça s’appliquerait aussi bien à un couple d’homme )
          L’ancien testament considère que l’homosexualité est une abomination (parmi tellement d’autres abomination, dont l’onanisme !) , mais fait quand même d’un homosexuel notoire (David, qui a également d’autres casseroles : adultère, meurtre…) un prophète qu’on insère dans la généalogique de Jésus…

          1. Jésus a fait une exégèse de l’ancien testament et cette exégèse se poursuit encore de nos jours.
            Ce qui est aujourd’hui condamné par l’église catholique romaine c’est l’acte d’homosexualité et pas l’homosexuel en tant que personne, et ce n’est pas parce que Jésus pardonne à la femme adultère que pour autant l’adultère n’est plus un péché.

            Pour ce qui est de la condamnation à mort contre les homosexuels dans l’Ancien Testament, il faut bien comprendre que beaucoup d’autres péchés sont dignes de mort dans l’Ancien Testament ce qui ne veut pas dire qu’il faut exécuter celui qui se livre à des actes homosexuels mais que la sentence peut aller jusqu’à la mort.

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