Brexit : messieurs les Anglais, tirez-vous les premiers !

Publié Par Serge Federbusch, le dans Europe

Par Serge Federbusch.

Certes, les Anglais, notamment grâce à Margaret Thatcher, ont réussi à limiter la casse depuis trente ans. N’ayant pas adopté l’euro, cette purge allemande administrée à l’Europe du Sud, ils ont préservé leur croissance. Ils ont en particulier évité les enchaînements délétères de la monnaie unique. Un taux de change surévalué plombe les entreprises et conduit les États à augmenter interventions et déficits. Ces derniers sont financés par la planche à billets qui permet le maintien d’un taux de change inadapté, etc. Les étoiles du drapeau européen forment un cercle vicieux.

Ce qui chagrine les Britanniques tient plutôt au spectacle du désordre continental. La contribution nette qu’ils versent au budget de ce Moloch bureaucratique n’est pas non plus pour leur plaire. Familiers des œuvres d’Orwell et Huxley, cette sorte de dictature technocratique molle prétendant faire notre bien leur apparaît pour ce qu’elle est : un système qui, à Bruxelles et à Francfort, échappe peu à peu au contrôle des citoyens.

Le poisson pilote des libertés en Europe

C’est donc à raison qu’un nombre croissant de Britanniques veulent en sortir. Perspicace Albion. Espérons que la Grande-Bretagne soit, comme maintes fois par le passé, le poisson-pilote des libertés en Europe ; réponse le 23 juin prochain.

Bien sûr, comme au mauvais vieux temps des traités de Maastricht et Rome 2, le bourrage de crâne s’intensifie à mesure que le scrutin approche. People, banquiers et petites pépées nous écrivent une nouvelle version de l’Apocalypse. Mais les Britanniques seraient bien avisés, au contraire, de faire preuve d’anticipation. La construction européenne finira par s’effondrer dans un grand fracas. Plus tard ce sera, plus douloureuse sera sa chute. S’ils s’en vont maintenant, les Anglais limiteront leurs déboires futurs et nous permettront peut-être de renégocier les traités qui nous mènent aujourd’hui dans le mur. En bref, ce serait comme en juin 1940 ou en juin 1944 : une singulière preuve d’amitié avec le peuple français que de nous ouvrir à nouveau le chemin de la liberté. Il sera toujours temps de reprendre les outils du bilatéralisme qui sont suffisants pour régler la plupart des difficultés auxquelles nous sommes confrontés.

Le pouvoir économique à Francfort

Car sinon, que se tramera-t-il à Bruxelles ? Même si la victoire des partisans de l’adhésion est étriquée, ces derniers la diront triomphale et poursuivront leurs visées annexionnistes. Le futur ministre des Finances européen qu’ils nous fabriquent en ce moment même n’aura d’autre feuille de route que de continuer à priver insidieusement les peuples des instruments de leur souveraineté. Depuis trois ans maintenant, le pouvoir économique et financier effectif a été transféré chez Mario Draghi à Francfort. Au mieux, les gouvernants locaux font la danse du ventre pour bénéficier de financements à taux zéro afin d’assurer leur réélection ; nous en avons un pitoyable exemple en France ces derniers mois.

Au pire pour les eurocrates, ils font comme de plus en plus d’Allemands : ils pestent contre ceux qui spolient leur épargne. Mais rien ne change et, comme tout système dogmatique, la folle machine bruxelloise est désormais incapable de s’amender.

Aussi, paraphrasant le comte d’Anterroches à la bataille de Fontenoy devons-nous dire haut et fort : « Messieurs les anglais, tirez-vous les premiers ! » Et, pour l’occasion, nous leur accorderons également l’inflexion d’une autre formule célèbre de ce personnage : « Impossible n’est pas anglais ! »

Sur le web

  1. « l’euro, cette purge allemande administrée à l’Europe du Sud ». Donc si je comprends bien il aurait mieux valu que l’Europe du Sud dévalue de temps en temps leur monnaie nationale, après avoir dépensé de toute façon l’argent qu’ils n’ont pas, histoire de pomper l’épargne des citoyens. J’ai bon? Ou alors non j’ai mal compris: l’euro est en fait un grand complot allemand pour se venger car ils ont perdu la guerre en 40′. Et d’ailleurs Hitler est vivant et de son bunker sécurisé, il entend nommer le ministre des finances européen, qui n’a « d’autre feuille de route que de continuer à priver insidieusement les peuples des instruments de leur souveraineté ». Enfin je ne sais pas trop en quoi un ministre des finances « européen » prive davantage les peuples de leur souveraineté qu’un ministre des finances « national », mais sans doute que « national » est un mot magique. Ou alors, de nouveau, j’ai mal compris?

    Sortir de l’Europe: le plus grand rêve de l’extrême droite, de l’extrême gauche, et de certains libéraux, qu’apparemment cela ne fait pas réfléchir.
    L’Europe est imparfaite, mais si elle disparaît ce sera d’abord la fin d’une zone de libre-échange, et à ce moment-là on regrettera jusqu’aux parlementaires surpayés, aux réglementations rigolotes et à la méchante monnaie unique…

    1. Allons, ce qu’il restera sera la zone de libre échange, le reste disparaîtra pour notre plus grand bien.

      1. Peut-être. C’est un pari dangereux. Mon pronostic si le RU s’en va?
        1. Davantage d’étatisme dans l’UE, car les anglais ne seront plus là pour freiner les ardeurs franco-allemandes.
        2. Moins de croissance au RU, parce qu’il sera plus difficile d’attirer les talents et les capitaux, parce que la libre circulation sera restreinte.
        3. L’indépendance de l’Ecosse, qui voudra rejoindre l’UE
        4. une perte d’influence à l’international pour tout le monde. Nous sommes déjà assez peu crédibles, nous ne le serons plus du tout.

        1. Mon pronostic si le RU s’en va ?
          1 – ça va créer un choc tel que le fonctionnement de l’UE sera profondément remis en cause (ou s’écroulera)
          2 – le RU ne s’en portera ni moins bien ni mieux
          3 – les Ecossais resteront dans le RU car ils n’auront aucune envie de se fader le processus d’adhésion à un machin en pleine déliquescence
          4 – ça n’aura aucune incidence sur notre influence car l’EU n’en a strictement aucune. L’influence ça reste au niveau des Etats. Et si nous Français perdons en crédibilité ça tient plus à notre incapacité à nous réformer et manque total de leadership des dirigeants actuels qu’à autre chose.

          Pour être tout à fait franc, n’étant pas un mage ce que je viens d’écrire tient plus de l’espoir que du pronostic (sauf le point 4 qui est un fait).

          Pari dangereux dites vous ? Ce qui me paraît vraiment dangereux c’est de continuer comme nous le faisons actuellement.

          1. En un sens je vous comprends. J’espère que si le RU s’en va, il y aura un électrochoc salutaire, mais je n’y crois pas. Comme je le disais plus haut, une bonne part de ceux qui veulent voir le RU sortir (y compris au RU lui-même) le font pour des raisons profondément antilibérales (le refus de l’immigration au RU par exemple, la lutte contre l’UE « ultralibérale » en France, etc.) Donc le plus probable est que la sortie du RU signifiera moins de liberté. L’UE est imparfaite, mais la plupart des gens lui reprochent d’être trop libérale, et non pas assez. Si elle disparaît, cette majorité risque d’avoir le pouvoir.

            1. L’immigration a un role prépondérant dans le débat au RU, vous avez raison.
              Optique négative: trop de gens viennent trop vite. Le résident « historique » devient l’étranger. Son bien immobilier est dévalué. Les services déjà exsangues de la NHS sont au supplice, etc..La concurrence a un effet déflationniste sur les salaires. Que les débats qui accompagnent des phénomènes soient souvent malsains et colériques ne changent rien a leur réalité.
              Optique positive: la croissance de ces dernières années n’auraient jamais été possible sans cette nouvelle population. Sa contribution a l’économie nationale est largement supérieure a son cout. Les meilleurs et les plus ambitieux du continent viennent en nombre. La croissance phénoménale de Londres doit beaucoup aux inepties françaises depuis 2012…

              Arrive un temps ou vous ne pouvez plus prétendre aux avantages du phénomène sans apporter une solution aux inconvénients. Pour peu qu’il y en ait une, of course. Il est courant de citer le système australien en modèle. Bof.

              Article passionnant sur le sujet :
              http://www.telegraph.co.uk/opinion/2016/06/04/johnson-and-gove-have-an-exciting-chance-to-shift-the-axis-of-po/

        2. Tant mieux, que l’UE meurt, et qu’on garde les mécanisme de justice et de liberté comme la CEDH et le marché commun. C’est la seul concession de souveraineté que j’accepte, un parlement européen avec des super-étatistes ? Non merci, j’en ai déjà assez à la maison, et l’idée de leur donner un pouvoir encore plus grand me remplis d’éffroi.

          1. C’est quoi une « concession de souveraineté »? un pur concept étatiste: le fait qu’un Etat national abandonne une partie de ses prérogatives à une institution supranationale. Vis à vis de la liberté, c’est en soi neutre: c’est bon si le supranational est plus respectueux de la liberté que le national, mauvais si c’est l’inverse. Et à moi, l’UE me semble moins « super-étatiste » que la France, et de loin.
            a moins que vous croyiez encore à la fable « en France, le peuple est souverain »? alors je ne peux rien pour vous…

            1. Répondre à une fable par une autre fable voir une escroquerie est amusant!
              J’invite à lire (comme d’hab) à lire Vladimir Boukovsky « l’union européenne cette nouvelle URSS » …
              Cette Europe est constructiviste et si peu libérale.

              1. Merci pour le conseil de lecture qui a l’air bien intéressant, mais de quelle fable parlez-vous à propos de mon message? L’UE n’est pas le paradis que d’aucuns avaient promis. Elle est peut-être plus « constructiviste » que libérale (encore que vous ne précisiez pas en quoi…), mais vous pensez vraiment que sans UE la France sera plus libérale et moins « constructiviste »? Vraiment? Et vous pensez vraiment que l’UE soit une « escroquerie », plus que les Etats nationaux qui pompent 50% du PIB?

              2. Malheureusement, je ne peux que vous décevoir, hors de France, une référence à un « grand auteur » dans son livre forcément écrit dans le passé, ne peut être un argument sur un problème d’aujourd’hui!

                Surtout sur une oeuvre en cours de construction qui dépend forcément des décisions de demain. Ou il existe une liberté, ou tout est écrit mais je n’ai jamais cru aux « voyants ». Ni à la théorie du complot.

            2. @Bruno Dandolo

              Enfin un commentaire un peu moins négatif!

              L’Union Européenne n’est pas responsable des malheurs de la France même si c’est le bouc-émissaire préféré des conversations de bistrot, toujours en mal de trouver un coupable qui ne soit pas Français, évidemment!

              Elle, l’Europe, n’est pas responsable si votre président n’a pas tenu compte du référendum du 29/05/2005.

              Pas responsable non plus que la France refuse obstinément de se réformer.

              Encore moins responsable si elle élit un président inamovible socialiste.

              La France, pays fondateur, qui a donc participé depuis le début à toutes les grandes décisions européennes, avec droit de veto, rend maintenant l’oeuvre commune, totalement responsable des malheurs qu’elle traverse (oui, enfin, qu’elle « vit »; « traverser », on ne voit pas encore!).

              Alors, pourquoi fait-elle tout pour ne pas respecter les règles du jeu, sans même s’apercevoir que les critères de Maastricht (qu’elle a signés en … février 1992! Il y a donc plus de 24 ans!) ne sont que des critères de bonne conduite et de bonne gestion:
              – pas ou peu de déficit budgétaire,
              – pas de dette excessive,
              – pas d’inflation idiote,
              – monnaie stable et
              – maîtrise des taux d’intérêt.

              Bref tout pour permettre à un gouvernement d’avoir les moyens de gouverner sans hypothéquer l’avenir ni vivre aux crochets des autres membres plus vertueux de la zone € qui, comme par hasard, renouent, eux, avec la croissance!

              Ce qui est patent, c’est que la France reste agrippée à son modèle, elle-même disant qu’il était le meilleur du monde, sans se confronter à ce qui se faisait ailleurs et même sans se rendre compte que le monde était en train de bouger! Et sa population n’a rien envie de changer, alors, élections ou pas, ça ne risque pas de changer! (À moins que M.Le Pen finisse par passer: Good Luck!)

              Soyons clair: il est déjà trop tard!

              Sans remonter dans l’histoire, il est clair qu’avec le plan européen sur la libéralisation et la concurrence du rail, Fr.Hollande n’aurait pas dû céder lamentablement à une CGT exigeant encore plus de privilèges ni aux autres (contrôleurs du ciel, pilotes Air-France etc …).

              Donc non, le brexit ne tuera évidemment pas l’Europe (les Britanniques n’étant déjà pas les plus européens qui soient) mais non aussi à la réforme européenne « made by » Rama Yade sur un modèle français, selon son programme.

              Et ne me faites pas le même coup qu’en Suisse en m’expliquant que je ne comprends pas:

              http://ficanas.blog.lemonde.fr/2015/08/11/crise-francaise-cest-que-le-debut-daccord-daccord/

            3. Le fait est qu’un état existe, les citoyen de cette état ont encore le droit de déterminer par le vote de leur avenir politique. Avec l’union européenne, cette souveraineté politique du citoyen a disparus dans une entité éloigné à laquelle je n’ai aucune envie de participer et qui n’a aucun sens hormis si elle est une entité veillant au respect des droits des européen, un espèce de garde-fou.
              Je veux que l’UE contrôle nos politiques nationaux, pas qu’elle décide à leur place.

              1. Pour faire plus clair, je veux que l’UE nous protèges de nos politiques, pas qu’il les remplaces.

                1. Ce n’est évidemment ps sa vocation! Elle doit donc discuter avec R.T.Edogan et composer avec J.Ader, le Hongrois!

              2. @ dexter

                Vous êtes-vous déjà rendu compte que toute décision européenne est, réellement, confirmée par le vote de l’assemblée nationale, avant de pouvoir s’appliquer en France?

                Donc non, la souveraineté n’a pas disparu.

                Et Bruxelles, pas très éloignée de la France, essaie de voir vos députés en séance, très nombreux (10% de l’assemblée européenne en théorie) mais trop rarement présents en séance! (c’est leur réputation et ils vous sont rarement connus, les tribuns restant évidemment en France, vous n’envoyez à Bruxelles qu des « recasés » de la politique nationale, ou des 3ièm ou 4ièmes couteaux des partis: ils gagnent bien mais ils s’ennuient vu qu’ils sont aussi polyglottes que Fr.Hollande ou N.Sarkozy!).

                Même votre commissaire fait pâle figure, dans la commission.

                Mais si c’est votre choix souverain, ne vous en privez pas. De préférence, en gardant à l’esprit qu’entre 30 et 50 % de votre législation vous vient de l’Union!

                Et il est vrai que ce sont les lois favorables à la lutte contre les monopoles et pour la concurrence qui ne sont pas d’origine française: « Bruxelles » étant moins étatiste que Paris et, parmi 28, maintient que chacun ait sa chance sur le Marché!

                Sans hésitation, l’Europe est plus libérale que la France! À vous de voir!

                1. Vous pensez qu’on peut imposer la démocratie dans le monde aussi ?

        3. Quand quelqu’un est dans le système, il est dans le système et ne peut voir rien d’autre. Tout comme une souris dans son fromage qui ne voit pas arriver le chat ! Un pays composé de « trouillards » a bien peu de chances de durer . Il n’y a rien à faire et les meilleurs continueront à s’en aller réussir ailleurs !

          1. @ Philvar

            Et les plus courageux à rester pour continuer à se battre et à construire (je n’ai pas envie de m’approcher du point Godwin).

    2. « Sortir de l’Europe: le plus grand rêve de l’extrême droite, de l’extrême gauche » : ce mépris, ces insultes que nous ne supportons plus.

  2. L’Europe existait avant la dictature molle de l’EURSS et elle existera après cette boursouflure technocratique bruxelloise. Je me marre en lisant la propagande éculée, les sophismes à deux balles et la distribution à tout va de points Godwin de certains bureaucrato-béats …

    1. Marrez-vous! Je m’en voudrais que vous ne profitez pas de votre plaisir!

      Vous confondez sans doute « Bruxelles » à ce que vous vivez chez vous. il en est pourtant tout autrement et vous auriez tort de confondre les connaissances européennes d’un J.C.Juncker ou d’un M.Schultz avec celles d’un Fr.Hollande qui n’y pige que pouic!

  3. Le RU est passé d’un vieux rafiot en perdition dans les années 70 a ce qu’il est aujourd’hui, de par ses propres efforts. En récompense, l »EU lui promet une union politique toujours plus forte avec des pays comme la France ou l’Italie, dont les paquebots prennent l’eau de toutes parts, dont les dirigeants font la fête sur le pont supérieur pendant que leur peuple apprend a respirer avec une paille ou a venir en nombres irréalistes sur le bateau Anglais, le tout sous l’oeil attentif et affamé d’un cuirassé Russe.
    Ca me chagrine, mais la trop forte et rapide arrivée de millions d’européens chagrine beaucoup les Anglais. Sujet difficile a traiter car les accusations de racisme ou de bigoterie ne sont jamais loin. Mais sujet qui pourtant est central au débat actuel.

    Lier mon destin de près ou de loin aux politiques Français est tout simplement hors de question. L’objectif budgétaire ici au RU est de passer sous les 35% de dépenses publiques. L’objectif en France est de maquiller le chiffre, qui est sans aucun doute supérieur au 57% annoncé et étrangement statique depuis 2012, de mentir, de l’augmenter. Qui se souvient de Mitterand, selon qui un taux supérieur a 41% n’est pas tenable!
    Pilotage a vue. Irresponsabilité totale. Suis je prêt assumer une baisse d’un point ou demi point de croissance pendant quelques années au RU suite au Brexit? Absolument. Les Ecossais pourraient quitter le royaume? Si tel était leur choix, most welcome. Pays basque, Corse, Catalogne, Lombardie, Bavière, autant de poutres pour notre paille.
    Bring it on.

    L’article effleure, a mon humble avis, le danger pour l’EU, que les Anglais aient mis les voiles ou pas: un ras le bol fiscal des contribuables Allemands. Quand ces derniers auront accepté que l »euro est un échec dont l’addition finale va leur être présentée, au secours. Les romantiques déçus, pas trop ma tasse de thé.
    Le deuxième choc potentiel vient d’outre manche. Si effectivement les USA mettent les pays européens au pied du mur et leur demandent d’assumer et d’assurer leur propre sécurité, l’illusion de la sécurité serait révélée pour ce qu’elle est, le choc budgétaire conséquent violent, ou le pays non défendu.

    1. @ Tintincan

      Comme vous y vivez, j’ai tendance à prendre ce que vous dites sur votre vécu pour vrai, vos prévisions d’avenir, c’est différent.

      Mais expliquez-moi alors pourquoi le pays comme sa classe politique sont aussi divisés!

      Les sondages sont +/- à 50/50, les jeunes sont contre mais n’iront sans doute pas voter en masse.
      Quels sont les sujets qui risquent de motiver les électeurs?

      Je ne cherche qu’à m’informer, ce en quoi, l’article n’est d’aucune aide!

      1. Pourquoi aussi divisés? Mais parce qu’il y a beaucoup de bonnes raisons pour justifier de l’un ou l’autre choix. Si l’EU s’est perdue ces dernières années, il n’en demeure pas moins que le projet est beau, les objectifs louables, la stabilité appréciable.
        D’un point de vue purement intellectuel, tout depend de votre appréciation de l’action de l’UE sur la dernière décennie.

        Comme je le souligne plus haut, la reaction émotionnelle a un afflux massif de nouveaux venus n’est absolument pas a négliger. UKIP est particulièrement bien représenté par d’ex électeurs du Labour. La réaction pratique, également. Aujourd’hui, contrairement a ma génération, un diplômé est endetté, n’a plus la garantie d’un bon job, au contraire, il est mis en concurrence avec un diplômé EU prêt a baisser son salaire pour pouvoir travailler.
        Il est très difficile d’expliquer a quel point le contexte professionnel a été bouleversé en très peu de temps.
        La révolution Thatcher reposait sur une incitation a grimper l’échelle sociale, et faisait tout pour en faciliter l’accès, et en étant sans états d’âme pour ce qui n’avait aucun avenir. Aujourd’hui, cette démarche est remise en question. D’ou une résurgence d’un discours socialiste dur et des atermoiements incompréhensifs et illisibles de Cameron et Osborne. Un jour pro business, le lendemain, anti, un jour pro NHS, le lendemain, -20%.
        Pour les socialiste, l’EU est vu comme une dernière chance de faire entrer des lois sociales a la Française par la petite porte.

        Pour faire simple, une synthèse grossière: nous ne voyons pas comment concilier notre pragmatisme libéral avec les usines a gaz européennes, souvent inspirées par les brilliants énarques français.

        Et les Tories sont en train d’affronter leur contradiction majeure: comment concilier une jacobine a la T May avec un maverick libéral comme B Jonhson?
        Le referendum sera quoiqu’il arrive determinant d’un nouveau cycle politique, et une immense majorité souhaite le depart du ticket Cameron Osborne.

        http://www.telegraph.co.uk/opinion/2016/06/04/johnson-and-gove-have-an-exciting-chance-to-shift-the-axis-of-po/

        1. @ Tintincan

          D’abord, je tiens à vous remercier vivement de m’avoir répondu de plus, très clairement.

          Ensuite, je comprends mieux, même si je me rends compte, qu’en fait, il faut choisir entre 2 choses, aucune n’étant simplement à « jeter »! D’autant qu’en fait, personne ne connait exactement les conséquences des 2 choix. Il est vrai que dans ce cas, l’expérience montre que les gens ont tendance à garder la posture actuelle, pas forcément au Royaume-Uni, où, insulaires, ils ont quand même acquis une part de leur prospérité par des voyages plus à la conquête de comptoirs marins que de colonisations de territoires, le commerce étant bien ancré dans ces entreprises.

          Il faut dire que de toute façon, je n’aurais jamais écrit un article tel qu’ici: respectant bien trop la liberté du choix personnel pour vouloir l’influencer (j’aurais vraiment fait un piètre politicien!).

          Si je défends l’Union Européenne, ce n’est pas parce qu’elle est parfaite, mais parce que c’est une aventure commune où l’on ne se parle plus avec des fusils et que dans la globalisation/mondialisation, il me parait clair que si, ensemble, nous avons une chance, séparément, nous deviendrons les jouets des autres puissances actuelles ou émergentes.

          Bien qu’adepte, je crois, du libéralisme, il me manque dans la théorie le besoin « naturel » de solidarité (qu’on retrouve d’ailleurs chez l’animal) et il est indiscutable que l’idée de sécurité sociale (quel que soit le système) est, comme on dit maintenant, dans les gênes originaux de l’Europe des fondateurs, par opposition à des « ultra-libéraux » (ultra = en-dehors!) qui existent bien chez ceux qui ne retiennent du libéralisme que « propriété et capital » et sont donc prêts à contraindre les autres dans ce seul but.

          Ainsi, je crois, nous nous comprenons mieux.

          Merci, encore!

  4. Je comprends pas bien. L’UE prône la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux, la concurrence libre et non faussée, la réduction des déficits budgétaires, la privatisation du secteur public, et toutes ces choses que vous prônez vous-mêmes sur ce site à longueur d’articles. Pas très cohérent tout ca!

    1. La théorie, c’est bien.
      En pratique, la cohérence entre ce que l’EU prone et ce que les pays membres font (a commencer par la France) n’existe pas. Et quelle occasion de pratiquer le capitalisme de connivence!
      Ceci dit, si j’étais encore résident français, je verrais l »EU comme un rempart aux délires étatiques de nos fonctionnaires dirigeants…

      1. L’UE et ses membres appliquent pourtant tous ces principes à la lettre. Les biens, les services, les personnes et les capitaux circulent librement en Europe, lutte contre les pratiques anticoncurrentielles des entreprises, contre les ententes et les abus de position dominante, contrôle des concentrations des entreprises, monopoles d’Etat, des aides d’Etat, libéralisation des services postaux et autres services publics, critères de convergence pour limiter les déficits publics, indépendance de la BCE qui a pour unique mission de contrôler l’inflation….je sais pas ce qu’il vous faut de plus!

        1. « L’UE et ses membres appliquent pourtant tous ces principes à la lettre »
          Le pays qui ratifie le plus. La France. Qui applique le moins. La France. Qui se fait rétoquer le plus. La France. Qui ne respecte aucun engagement budgétaire depuis une bonne décennie. La France.
          Independence de la BCE et Euro..Sérieusement, c’est une réussite, selon vous?
          L’affirmer en dépit de la réalité tient de la foi religieuse.

          1. Mais comment peut-on vouloir revenir au système français où la banque de France faisait ce qu’on lui disait, imprimant du papier quand le gouvernement le demandait.

            Je me souviens très bien (avantage de l’âge) des débuts du « nouveau franc français » qui valait 10 francs dans ma monnaie nationale, mais, à la veille d’un long week-end ou des vacances, on apprenait régulièrement une dévaluation, le « nouveau franc », « serpent monétaire ou pas, descendant ainsi jusqu’à l’€ où sont taux de change était descendu à 6 francs, dans ma monnaie nationale qui, elle non plus, n’avait pas connu que des heures de gloire, la différence relative expliquant bien ce qui, à l’époque, remplaçait l’emprunt, mais l’un n’empêchant pas l’autre!

            Donc oui, actuellement, vous avez des € qui ne se maintiennent pas trop mal face au $ et rendent, sans les brader, vos exportations possibles et rentables.

            Mais bien sûr, ça n’empêchera jamais votre gouvernement de dépenser l’argent qu’il n’a pas, y compris pour son simple fonctionnement ou ses cadeaux pré-électoraux imbéciles. Mais ne vous en prenez pas à la BCE ou à l’€ de la gestion idiote de la France! D’autres pays s’en portent très bien!

            Fr.Hollande est un « innocent » (énarque sans aucun sens de la vie réelle) qui a attendu pendant 4 ans que la croissance des autres pays autour soit contagieuse pour la France, sans effort de sa part: pari perdu!

            C’est bien à lui qu’il faut s’en prendre! Mais les instances européennes vous ont crié « casse-cou! », sans aucun effet!

        2. Pas d’accord. Si l’Europe est pour la liberté, pourquoi fait-elle tout pour empêcher un pays d’en sortir ? Pourquoi vouloir supprimer les billets de 500 eur si ce n’est pour contrôler notre épargne ? Pourquoi imposer que les lecteurs de DVD soient zonés en Europe, ce qui empêche les Européens d’acheter des DVDs à l’étranger (en Suisse il est interdit de « zoner » un lecteur de DVD) ? Pourquoi interdire les ampoules à incandescence si on soutient le libre marché ? Pourquoi ne pas accepter les référenda d’initiative populaire lorsqu’ils répondent aux critères fixés par l’Europe elle-même ? La liberté de l’Europe est très partiale et limitée.

          1.  » Pas d’accord. Si l’Europe est pour la liberté, pourquoi fait-elle tout pour empêcher un pays d’en sortir ?  »

            Elle ne fait pas tout pour empêcher la GB de sortir mais elle fait tout pour la convaincre de ne pas sortir ce qui n’est pas pareil. En cas de oui au Brexit l’UE ne pourra que prendre acte de la décision britannique.

            D.J

            1. C’est comme dire que la loi décourage le crime en promettant la prison en cas de crime. En soit rien n’empêchera un individus de commettre le crime et la police prendra acte de sa décision en le foutant en taule (en théorie).

            2. Et l’Union Européenne a raison: vous rendez-vous compte des changements à organiser: Jonathan Hill (commissaire) puis tous les fonctionnaires, agents et assimilés qui devront déménager avec femme et enfants, le nombre de parlementaires à réduire ou à répartir! Dont coût? Assumé par qui? Et contrairement à ce que j’ai lu ici, j’espère bien que le libre échange ne leur soit plus usi ouvert: ils n’auront plus le choix, les Britanniques et devront signer l’échange ouvert hors-taxe avec les U.S.A.: nous ne discutons pas avec les U.S.A. pour qu’ils puissent contourner l’obstacle via le Royaume Uni! et les Britanniques accepteront-ils de conserver ad vitam les 300 000 Français de Londres? Et que va dire la City, manifestement contre le brexit, ce paradis fiscal autrement plus important que le Luxembourg que personne n’ose évoquer?

              J’ignore donc qui pourra profiter de ce brexit!

      2. Et donc plus libéral que ce qu’aucun candidat à la présidence n’oserait proposser … et tenir!

      3. En même temps ce sont les premiers ministres et les présidents des Etats qui décident ce que l’Europe doit, il n’ y a pas de structure supranationale technocratique qui déciderait à la place du citoyen, aucune mesure n’est adoptée sans l’aval des exécutifs nationaux, le reste relève de rapports de force dans tout ce qu’il y a de plus classique. L’unanimité n’existe pas en réalité, elle résulte de l’influence des Etats de l’UE qui ont le plus d’influence, du lobbyng etc, si les anglais pestent contre certaines mesures de l’UE d’autres s’en réjouissent.

        « Je veux que l’UE contrôle nos politiques nationaux, pas qu’elle décide à leur place »?

        Très contradictoire comme souhait en général ceux qui contrôlent décident en dernière instance en cas de blocages et des blocages il y en a souvent au sein de l’UE , vous souhaitez que l’UE soit une sorte de magistrature?

        1. « vous souhaitez que l’UE soit une sorte de magistrature? »

          Parfaitement. La nation fait les lois, l’UE protège les citoyen européen contre les nations.

          1. quelle nation? la nation Europe?

    2. Moody vous avez franchi la première étape en admettant que vous ne comprenez pas.
      il vous en reste deux : vouloir comprendre, et être près à changer d’avis (ce qui n’a rien de confortable).
      Si vous n’êtes pas près à prendre ce risque, vous continuerez à ne pas comprendre.

      Comme je ne suis pas sûr ce ce qui vous bloque, je ne suis pas sûr de vous donner la bonne explication, mais j’ai bien l’impression qu’il vous manque l’essentiel : ce qui compte ce n’est pas le but, c’est le chemin, les moyens utilisés pour atteindre ce but.
      Ce qui fait toute la différence entre le « socialisme » de l’abbé Pierre et de Coluche, et celui de Mitterrand ou de Hollande, ou entre le « libéralisme » de la commission européenne ou de Rousseau (« on les forcera d’être libre ») et le nôtre.

      Réglementer la courbure des bananes n’est pas une bonne façon d’assurer la libre circulation des biens. Pondre des milliers de pages de réglementation bancaires supplémentaire et supprimer les monnaies nationales au profit d’une monnaie supra-nationale n’est pas une bonne façon d’assurer la libre circulation des capitaux. La concurrence est « libre et non faussée » seulement si l’État ne s’en occupe absolument pas, y compris en ne faisant rien pour soi disant la faire exister quand elle ne semble pas suffisante. Etc. L’EURSS a peut-être l’air, pour vous, de viser des buts « ultra-libéraux » , mais ses moyens reste communistes (ou étatiste, ou planiste, ou collectiviste : appelez ça comme vous voulez, j’espère que vous avez saisi l’idée).

      C’est probablement une des raisons pour laquelle il y a une telle chute de la cote d’amour de l’UE.

    3. @Moody

      « toutes ces choses que vous prônez vous-mêmes »

      JE ne parle que pour moi, mais je ne demande pas forcément plus de libéralisme, mais du vrai libéralisme. Qu’on cesse de considérer les entrepreneurs comme des arrivistes ou des profiteurs, ceux qui travaillent dur pour des vaches à lait, qu’on reconnaisse certaines nécessités économiques et surtout qu’on ne prétende pas règlementer la façon de vivre de chacun. L’UE est passé outre le vote des français qui craignaient (à tort ou à raison) les « plombiers polonais », elle s’est élargie à cadence forcée sans l’assentiment des populations pas forcément prêtes à l’accepter et aux réalités économiques. En tant que libéral, je veux une Europe libérale du libre échange – parce que je crois que le libre-échange est la voie de la paix, la prospérité et la stabilité – et pas une Europe politique décidée par des groupes d’influence multiples, y compris les USA. Et cela d’autant plus que l’Europe politique est un échec total.

  5. Promesse d’une Europe à la carte ou d’un sauvetage national, le Brexit pourrait sonner le glas de l’UE. Pour mieux comprendre les enjeux de ce vote lisez l’article « Brexit ou l’Europe du désengagement » sur Trop Libre ( http://goo.gl/sXtBgN )

  6. Encore une elucubration d’un énarque comme toujours irresponsable. Nous en avons assez mon petit monsieur de votre savoir incontrôlé.

  7. on nous explique tellement que cela sera catastrophique( alors qu’il y a fort à parier que cela ne changera pas grand chose: trop d’intérêts en jeu pour ne pas accepter de poursuivre les coopérations de part et d’autre de la manche, mais autrement), que rien que pour cela, ce serait vraiment extra de voir nos voisins quitter l’union !
    Bon , alors c’est vrai que pour la défense des libertés à Bruxelles, ils vont nous manquer…

  8. «  »messieurs les Anglais, tirez-vous les premiers ! » »
    Quand un édifice ne tient plus debout, il faut commencer par écrouler l’ancien, pour pouvoir le reconstruire.
    C’est peu être là, que les Anglais vont être très utiles…

    1. Timber!

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