Blocage des centrales nucléaires : la CGT moins puissante qu’il n’y paraît

Publié Par Michel Gay, le dans Énergie et matières premières

Par Michel Gay.

Petits autocollants CGT By: fdecomiteCC BY 2.0

La CGT a annoncé des grèves dans les centrales nucléaires de production d’électricité depuis une semaine. Puisque ces centres produisent plus de 75% de notre électricité, il aurait dû y avoir des coupures d’électricité ou des importations massives pour compenser cette baisse de production.

Au delà des effets de manche et des rodomontades, qu’en est-il exactement ?

Le droit de grève dans les centrales nucléaires est règlementé de manière à ne pas porter atteinte à la sûreté des installations. Diminuer la production est possible dans certaines limites. Et c’est bien ce que fait régulièrement EDF pour ajuster la production au besoin, notamment le week-end.

Baisser lentement la production de toutes les centrales nucléaires conduirait alors à une pénurie d’électricité que les centrales à charbon, à gaz et les barrages hydrauliques disponibles en France ne pourraient pas compenser (il n’y a pas assez de puissance disponible sur le long terme). Il faudrait alors importer massivement dans les limites techniques de nos lignes électriques aux frontières, environ 12 gigawatts (GW).

Il est aussi possible de retarder le démarrage d’un réacteur suite à un arrêt antérieur pour « révision ».

Cependant, en examinant la production française cette semaine, on constate que la France a exporté en permanence (et massivement) de l’électricité peu chère vers ses voisins demandeurs (dont les Allemands), en atteignant même plusieurs fois le maximum technique des lignes électriques à ses frontières (autour de 12 GW). La France continue donc de produire plus d’électricité que son propre besoin, pour le plus grand bénéfice de notre économie car ces ventes rapportent environ 2 milliards d’euros par an.

En cette fin mai, les centrales nucléaires ont produit de manière nominale (conforme aux attentes) entre 38 et 42 GW sur les 63 GW de maximum théorique de puissance disponible. Pour atteindre ce maximum, il faudrait que les 58 réacteurs soient à pleine charge en même temps, ce qui n’est pas possible compte-tenu des maintenances et des recharges de combustibles tous les 4 ou 5 ans.

Un réacteur nucléaire « moyen » (1 GW) en fonctionnement produit environ un million d’euros d’électricité par jour. C’est aussi globalement son coût lorsqu’il est à l’arrêt car l’essentiel des dépenses provient des investissements qu’il faut continuer à rembourser, et du personnel qui sera payé de toute façon en fin de mois. En effet, le combustible nucléaire ne coûte quasiment rien dans la production : 0,5 % du prix sur la facture d’électricité des clients.

Ainsi, les effets d’annonces temporaires de la CGT dans ce rapport de force social apparaissent moins coûteux que la volonté du gouvernement de fermer définitivement une centrale nucléaire en parfait état de marche (Fessenheim). Cette dernière pourrait probablement produire pendant encore au moins 20 ans si on se réfère à son équivalent technique aux États-Unis. Fessenheim est en effet quasiment identique (la France a acheté la licence) à de nombreux réacteurs américains déjà autorisés à fonctionner 60 ans, et les Américains étudient en ce moment la prolongation à 80 ans.

Ce sont donc plusieurs milliards d’euros de manque à gagner pour EDF, et donc pour les Français, que le gouvernement envisage de dilapider dans sa volonté idéologique de fermer deux réacteurs à Fessenheim pour faire plaisir à sa minorité « verte » dont elle a peur. C’est une menace finalement plus grave que celle que fait peser aujourd’hui la CGT…

  1. Je suis convaincu que l’histoire pointera la responsabilité de nos dirigeants et des syndicats, dans le declin de la France. Qu’on le veuille ou non, la compétition mondiale est en route, les cartes se redistribuent, les revenus aussi. Pendant ce temps, nos dirigeants et nos syndicats font joujou et handicapent durablement notre avenir. Les français ne sont pas médiocres mais nos dirigeants le sont. Les médias ne nous aident pas, un discours de raison n’est pas vendeur. La France mérite autre chose, c’est pourquoi la révolte gronde.

  2. Très bon commentaire
    Mais je compléterai en ajoutant que les dirigeants PS sont pires que les autres et ont concrétiser l’avènement d’une gauche rétrograde et antimoderniste.
    A droite un mouvement plus rationnel commence à émerger par des prises de position courageuses qu’il faudrait encourager
    Par ex, Juppé n’est pas contre la reprise des recherches sur les OGM
    Il est quand utile de rappeler que Sarko a toujours été contre la fermeture de Fessenheim
    voir aussi la position de Maud Fontenoy fraîchement élue en région PACA
    Il y a donc des avancées dans certains milieux politiques et il appartient à tous les libéraux de les porter le plus loin possible en agissant dans ces milieux politiques

  3. Le Bolchevik Martinez contre le couple Menchevik Hollande/Valls.? Attention, dans l’Histoire du Socialisme se sont les Bolcheviks qui ont bouffè les Mencheviks/Trotskistes surnommés du doux euphémisme de « Sociaux-démocrates ».

  4. C’est normal étant donné le déclin de cette CGT, et la France qui va vraiment mal grâce à des gents comme il y a à la CGT, les Français n’ont plus confiance n’y en l’un n’y en l’autre.
    Mais bon ne les écoutons pas et allons dans le bon sens.

  5. à force de croire que nos politiques et nos syndicalistes sont des gens stupides vous allez finir par oublier qu’ils ne sont pas là par hasard.
    leurs aspirations ne sont tout simplement pas les vôtres . pour un politique fermer une centrale ne lui coute rien mais lui rapporte, des voix et surement quelques petits suppléments internationaux , pour un syndicaliste…il veut sa part .

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