Pour les jeunes, Macron incarne le libéralisme

Selon un sondage IFOP, les jeunes auraient une opinion de plus en plus positive du libéralisme et Emmanuel Macron serait le plus susceptible de l’incarner.

Un article de Génération Libre

By: OFFICIAL LEWEB PHOTOSCC BY 2.0

Premier enseignement, la perception positive du mot « libéralisme » chez les Français progresse. Ils étaient 57% à déclarer « aimer le libéralisme » en 2014 et 58% en 2015. Ils sont, cette année, 59% à déclarer « aimer le libéralisme », contre 52% qui déclarent « aimer l’État ».

Deuxième enseignement, il semble que le libéralisme ait enfin trouvé son incarnation politique. Alors que les éditions précédentes désignaient Nicolas Sarkozy comme « meilleur représentant du libéralisme et des idées libérales », faisant fi de son très timide bilan du point de vue libéral (abandon du rapport Attali sur l’ouverture des professions réglementées, du rapport Silicani sur l’assouplissement du statut de la fonction publique, du rapport Perruchot sur le financement des syndicats, etc.), c’est Emmanuel Macron qui incarne cette année les idées libérales, loin devant Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde et Bruno Le Maire. Une idée partagée par 54% des sympathisants du Parti socialiste et 57% des sympathisants Les Républicains.

La personnalité française incarnant le mieux les idées libérales

Macron

Source : Baromètre IFOP édition 2016

Troisième enseignement, découlant pour partie du deuxième sans doute, ce sont les plus jeunes qui sont les plus favorables au libéralisme (66% des moins de 25 ans). Donnant aux idées libérales un visage moderne, un élan transpartisan et une dynamique progressiste, Emmanuel Macron a certainement contribué à cette évolution du sentiment libéral dans la nouvelle génération.

Enfin, si la gauche devrait, pour la majorité des sondés, rester fidèle à son caractère « socialiste » (30%), la droite devrait, en revanche, avant tout se définir comme libérale (plutôt que conservatrice, gaulliste, souverainiste, etc.) pour 31% des sympathisants Les Républicains (vs 28% pour une droite « gaulliste » et 2% pour une droite « souverainiste ») notamment.

 

Capture d’écran 2016-05-17 à 15.54.40

Source : Baromètre IFOP édition 2016

 

Le libéralisme économique a le vent en poupe

Les Français sont de plus en plus nombreux à penser que l’État devrait moins intervenir en matière économique et sont 53% à déclarer « aimer l’économie de marché » (tout en étant 64% à déclarer « aimer l’État », preuve que les deux ne sont pas incompatibles).

53% des sondés continuent à plaider pour que l’État intervienne davantage mais cette tendance est en baisse (ils étaient 58% en 2015). En ce qui concerne ceux qui déclarent « aimer l’État », les résultats les plus élevés figurent chez les ménages les plus aisés (avec 69% des 4000 euros et plus de revenu net mensuel par ménage concerné).

La même tendance s’observe en matière sociale. La majorité des sondés juge l’État « trop protecteur » (43%) et 70% rejettent l’État-Providence (dont 58% de sympathisants de gauche). 56% sont favorables à « la mise en place d’un revenu qui se substituerait à la plupart des allocations existantes ».

Capture d’écran 2016-05-17 à 15.31.20

Source : Baromètre IFOP édition 2016

 

Un tournant libéral encore trop théorique et les libertés individuelles à la traîne

Malgré une appétence libérale qui progresse, les sondés demeurent attachés à l’intervention de l’État dans de nombreux secteurs. 83% des sondés considèrent que l’école doit être gérée par le secteur public. Résultat identique pour la santé, et même le permis de conduire, dont l’organisation relève pourtant d’un parcours du combattant en France, suscitent une préférence pour le secteur public de la part des sondés.

Même constat sur le plan des libertés individuelles. 68% des sondés jugent l’état d’urgence compatible avec le respect des libertés. 71% considèrent que la liberté d’expression est suffisamment garantie et 65% pensent de même concernant le droit de propriété.

Le chemin est donc encore long pour les idées libérales, qui ont progressé sur le plan des valeurs mais doivent continuer à gagner du terrain sur le volet pratique. Toutefois, les signaux sont au vert.

Si l’intervention de l’État reste plébiscitée dans de nombreux domaines, la tendance est à la baisse dans la plupart des secteurs, de la vie culturelle (-4 points) aux transports (-9 points).

Considérez-vous que ces activités devraient, à l’avenir, être assurées par le secteur privé ou public ?

Capture d’écran 2016-05-17 à 16.48.46

 

Les Français ne sont, par ailleurs, pas dupes : seuls 11% associent le mot « libéralisme » au gouvernement (contre 28% pour « socialisme »). Nous sommes loin des cris d’orfraie des frondeurs.

Enfin, la « Liberté » demeure le mot de la devise de la République préféré des sondés.

Consultez les résultats détaillés du baromètre ici.

Sur le web