Primaires américaines : Donald qui rit, Bernie qui pleure

Bernie Sanders (Crédits : Donkey Hotey via Flickr ( (CC BY 2.0)

Trump renforce son avance mais doit composer avec ses adversaires, Bernie Sanders échoue mais reste un pouvoir de nuisance pour Clinton.

Par Daniel Girard, depuis les États-Unis

Bernie Sanders credits Donkey Hotey via Flickr ( (CC BY 2.0)
Bernie Sanders credits Donkey Hotey
via Flickr ( (CC BY 2.0)

C’était attendu, Donald Trump chez les Républicains et Hillary Clinton, chez les Démocrates, ont largement dominé les primaires du Super Mardi. Le magnat de l’immobilier a remporté la victoire dans sept États, la Géorgie, le Tennessee, l’Alabama, la Virginie, l’Arkansas, le Massachusetts et le Vermont. Le sénateur Ted Cruz, qui avait promis de briller lors du Super Mardi, a sauvé la mise en décrochant son État, le Texas — qui fournissait le plus de délégués — l’État voisin, l’Oklahoma et, en fin de soirée l’Alaska.

Le candidat favori de l’establishment, le sénateur Marco Rubio de la Floride, a finalement remporté une première victoire, au Minnesota… mais il bat de l’aile contre Donald Trump dans son État de la Floride pour le scrutin du 15 mars, qu’il doit absolument remporter pour rester dans la course.

Hillary Clinton bien en selle

Chez les Démocrates, Hillary Clinton a elle aussi fait le plein de délégués en l’emportant dans six États où elle a pu profiter du vote des Noirs et des Latinos : le Texas, l’Alabama, la Virginie, l’Arkansas, la Géorgie et le Tennessee. Elle a gagné le Massachusetts à l’arrachée. Son adversaire, Bernie Sanders, a remporté l’État qu’il représente, le Vermont, ainsi que l’Oklahoma, le Colorado et le Minnesota. Par ses sept victoires contre Bernie Sanders, l’ex-secrétaire d’État a creusé son avance.

Mais Bernie Sanders ne s’avoue pas vaincu. Fort de ses 42 millions $ de dons, il s’engage à rester dans la course jusqu’à la convention de Philadelphie, en juillet. Il reste encore des luttes à livrer dans 35 États a-t-il souligné.

Parti républicain : la révolte de l’establishment

C’est un Donald Trump calme et pas du tout triomphaliste qui s’est adressé à ses partisans et aux journalistes à Palm Beach, en Floride, où il suivait le dépouillement du scrutin. Dans un discours serein, il s’est engagé à être rassembleur s’il décroche l’investiture ; à travailler de concert avec les sénateurs et les congressistes qui le critiquent. Il a souligné que, depuis qu’il a décidé de se lancer dans la course à l’investiture, le Parti républicain a pris de l’expansion.

Mais même s’il multiplie les victoires et qu’il adopte un ton plus conciliant, Donald Trump va devoir composer avec une frange de l’establishment prête à tout faire pour l’empêcher de devenir le candidat républicain à la présidence. Le sénateur Lindsey Graham a réagi à la bonne récolte de Donald Trump lors du Super mardi en disant : « vous savez comment je déteste Ted Cruz, mais j’ai bien peur que le GOP n’aura pas d’autre choix que de l’appuyer pour freiner Donald Trump. »

Et c’est là le paradoxe qui ronge le Parti républicain. Plus l’establishment se mobilise pour bloquer Donald Trump, plus l’appui de ses partisans se renforce. Les entrevues à la sortie de l’urne révèlent qu’un grand nombre des électeurs de Donald Trump disent l’appuyer parce qu’ils sont en colère et désabusés… Et leur nombre n’arrête pas d’augmenter. Le GOP pourra-t-il continuer de tenter de freiner le milliardaire à tout prix, peu importe ce qu’en pensent ses farouches partisans qui réclament un outsider ?

L’ex-leader républicain de la Chambre des Représentants des États-Unis, Newt Gingrich, estime que cette lutte contre Donald Trump malgré son appui populaire, va finir par faire mal au GOP… et favorisera Hillary Clinton. Le GOP est sur la corde raide…