Super mardi : l’inévitable Donald Trump

Donald Trump (Crédits : Gage Skidmore, licence CC BY-SA 2.0), via Flickr.

En ce jour du Super mardi, Donald Trump se dirige vers une victoire éclatante.

Par Daniel Girard, depuis les États-Unis.

Donald Trump (Crédits : Gage Skidmore, licence CC BY-SA 2.0), via Flickr.
Donald Trump (Crédits : Gage Skidmore, licence CC BY-SA 2.0), via Flickr.

L’establishment du Grand Old Party (Parti républicain) attendait patiemment, depuis juin, l’implosion de la candidature de Donald Trump à l’investiture républicaine. Or, la seule implosion, c’est celle de la pensée stratégique de cet establishment pour contrer la montée irrésistible du magnat de l’immobilier.

En ce jour du Super mardi, le constat est cruel et clair. Donald Trump se dirige vers une victoire éclatante, dont l’ampleur pourrait le rendre imbattable. Les chiffres du dernier sondage de la chaîne d’information CNN sont brutaux.

Dès le début de sa campagne, Donald Trump a tenu un discours qui a interpellé l’électeur républicain désabusé par l’indifférence de l’establishment. Il s’en est pris à la concurrence commerciale de la Chine et s’est engagé à construire un mur avec le Mexique. Il a marqué des points. Plusieurs Américains se sentent laissés-pour-compte de la mondialisation : trop d’emplois disparaissent de l’Amérique pour réapparaître à bas prix en Chine. Une situation qui ne fait qu’exacerber le sentiment d’injustice provoqué par l’emploi de sans-papiers sur les chantiers de construction.

Analystes et stratèges républicains croyaient que ce discours n’allait soulever que les électeurs peu scolarisés. Ils étaient certains que l’effet Trump n’agirait pas chez les autres segments de l’électorat républicain. L’analyse détaillée du dernier sondage de CNN n’a rien pour les rassurer. Donald Trump plaît à tous les groupes.

Sera-t-il possible de bloquer Donald Trump ? L’opération s’annonce difficile. Au cours des derniers jours, le milliardaire a reçu des soutiens importants. Son ex-rival, le gouverneur du New Jersey Chris Christie, s’est rendu au Texas pour le seconder.


Appui encore plus important : le sénateur de l’Alabama, Jeff Sessions s’est rangé derrière l’homme d’affaires devant 32 000 partisans.

Donald Trump qui a dû faire sa part de damage control après avoir cafouillé lors d’une entrevue avec Jake Tapper à CNN dimanche. Le chef d’antenne lui a demandé à plusieurs reprises s’il condamnait le suprémaciste blanc David Duke, associé au Ku Klux Klan. Mais Donald Trump a dit ignorer que David Duke l’appuyait et il n’a pas voulu se prononcer sur la question.

Les adversaires de Donald Trump ont vite sauté sur cet extrait d’entrevue pour souligner qu’il avait manqué de jugement en ne condamnant pas immédiatement le KKK. Le milliardaire a attribué la confusion à son oreillette.

Le magnat de l’immobilier est revenu sur le sujet pour tenter de clore le dossier.

Les sénateurs Ted Cruz et Marco Rubio sont les seuls à gagner d’une controverse. Ils risquent tous deux de subir le K.O ce soir. Lors du Super mardi, le quart des délégués des primaires sont attribués dans onze États, soit 595 sur 2 472 (Il en faut 1237 pour gagner). Si un candidat ne remporte pas un État, il doit récolter 20% des votes pour obtenir une fraction proportionnelle des délégués.

Donald Trump domine largement ses adversaires qui peinent à atteindre les 20%.

Le Texan Ted Cruz détient l’avance dans un seul État, le sien, qui compte 155 délégués. Il y devance Donald Trump par neuf points. Ted Cruz ne pourra pas se contenter d’une victoire à l’arrachée dans son État pour maintenir sa candidature. Elle devra être convaincante.

Mais pour l’establishment, le candidat de choix, ce n’est pas Ted Cruz, un sénateur universellement détesté, mais Marco Rubio, qui n’a toujours pas remporté un seul État. Pire. Marco Rubio est loin derrière Donald Trump (44% versus 28%) dans son État de la Floride où le scrutin a lieu le 15 mars.

Pour plusieurs barons républicains, Marco Rubio est leur seul espoir. Des Super Pacs vont dépenser des millions en publicité négative contre Donald Trump, au cours des prochains mois, pour tenter de l’empêcher de décrocher l’investiture avant la convention de juillet à Cleveland.

Mais alors que certains barons sont déterminés à se battre contre Donald Trump, d’autres se font à l’idée de sa victoire. Newt Gingrich estime que les Républicains qui s’attendent à l’autodestruction de Trump rêvent en couleur. Il puise habilement dans la colère des citoyens, dit-il.

L’ex-sénateur Bob Dole, qui appuie Marco Rubio, souligne que si Donald Trump décime ses adversaires lors du super mardi, il faudra bien reconnaître sa victoire. Et il y a Peter Brown, sondeur de l’Université Quinnipac, qui fait remarquer que la proportion de Républicains affirmant qu’ils ne voteront jamais pour Donald Trump est en constant déclin…

Bernie Sanders défait

Du côté démocrate, Bernie Sanders, qui a essuyé une dure défaite en Caroline du Sud, précise qu’il compte demeurer dans la course jusqu’à la convention démocrate de Philadelphie, en juillet. Il a récolté 40 millions $ en février…

Et alors que tous les projecteurs sont rivés sur Donald Trump, les deux candidats démocrates peuvent se réjouir de ce nouveau sondage de CNN : ils remporteraient tous deux la victoire contre Donald Trump.

Mais pour le libertarien Ron Paul, cela ne fait vraiment pas de différence si Donald Trump et Hillary Clinton l’emportent chacun de leur côté, c’est du pareil au même…

(Mise à Jour : 01/03/2016 à 18h33)