États-Unis : Donald Trump doublé par Ted Cruz ?

Ted Cruz crédits iprimages (CC BY-ND 2.0)

Donald Trump est-il fini ? Pas si sûr…

Par Frédéric Mas.

Ted Cruz crédits iprimages (CC BY-ND 2.0)
Ted Cruz crédits iprimages (CC BY-ND 2.0)

Les primaires au sein du Parti républicain sont tout sauf un long fleuve tranquille. Dernier rebondissement en date, Donald Trump, donné favori pour le Caucus de l’Iowa, vient de se faire souffler la vedette par Ted Cruz, qui est arrivé premier (27,7 % des voix contre 24,3 % à Trump).

Pour l’élection présidentielle américaine, chaque parti doit se choisir un champion. Ce champion est désigné au sein de primaires très médiatisées : celles-ci passent par l’élection de délégués dans chaque État, délégués qui par la suite désigneront le candidat qui se présentera à l’élection lors des conventions nationales démocrates et républicaines.

La première étape de ce grand chelem des primaires se tenait lundi avec le caucus de l’Iowa. À droite, Trump s’est distingué en refusant le débat télévisé sur Fox News. Le candidat anti-establishment, qui a réussi à se mettre à dos les médias mais aussi bon nombre de conservateurs et de libéraux, a jusqu’aujourd’hui bénéficié de sondages favorables exceptionnels de la part des sympathisants républicains, pour la plupart séduits par ses déclarations scandaleuses sur l’Islam ou l’immigration mexicaine.

Seulement, comme le remarque Rod Dreher dans The American Conservative, sans être définitivement hors course, son aura ne sera plus la même après cette première victoire de Ted Cruz. Si ce dernier, grâce à une organisation politique plus efficace que celle de Trump, a réussi à être victorieux, rien n’indique pourtant que la chance continue à lui sourire pour la prochaine échéance, c’est-à-dire pour la primaire du New Hampshire du 9 février. Ted Cruz est perçu par l’opinion publique américaine comme un ultraconservateur, image qu’il cultive intelligemment pour se démarquer de ses adversaires. Il faudra cependant réussir à se débarrasser de cette image clivante s’il veut franchir les prochaines étapes vers l’investiture.

Marco Rubio arrive troisième, et n’en reste pas moins bien placé pour gagner la première place. En effet, si Cruz a pu l’emporter, c’est qu’il bénéficiait d’une meilleure pénétration dans l’appareil du parti républicain, et à ce jeu-là Marco Rubio, qui reste le candidat des médias et des élites favorables au parti républicain, a une longueur d’avance.

Parmi les grands perdants des caucus de l’Iowa, on compte au sein du parti démocrate Hillary Clinton, contestée sur sa gauche par Bernie Sanders, et Jeb Bush au sein du parti républicain, qui peine à faire 3%. Comme le dit Rod Dreher de manière lyrique : la dynastie politique Bush est morte cette nuit dans les plaines du midwest.

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