France, tes libertés foutent le camp !

pierrO-barbelés-(CC BY-SA 2.0)

Le premier qui filmera la vérité doit être censuré !

Par Serge Federbusch.

pierrO-barbelés-(CC BY-SA 2.0)
pierrO-barbelés-(CC BY-SA 2.0)

Sans doute contaminés par l’esprit de l’état d’urgence, des hommes du ministère de l’Intérieur souhaitent interdire la diffusion du film de François Margolin, Salafistes, tourné bien avant les récents crimes islamistes. Le cinéaste montre cliniquement que nul dialogue n’est possible avec ces ennemis acharnés de l’Occident et des droits de l’Homme. On reproche à Margolin son approche froide et factuelle, laissant les adeptes de ce nouveau nazisme s’exprimer et reliant leurs discours à des images brutales de meurtres, tortures et exactions.

Mais ce ne sont pas des fonctionnaires qui doivent juger des choix narratifs d’un cinéaste qui traite d’un sujet politique. Derrière leur soi-disant prudence ou leur souci de ne pas donner la parole à des assassins, c’est la peur qui s’exprime. Ce qui est en cause ici est la pure et simple liberté de parole et de dénonciation. Le premier qui filmera la vérité doit être censuré, aurait pu fredonner Guy Béart qui nous a quittés suffisamment tôt pour ne pas voir dans quel bourbier nous nous enfonçons.

Confondre réalité crue et apologie de cette réalité est un cheminement mental particulièrement pervers. C’est toujours la même rengaine des censeurs et des ennemis de la liberté : les témoins du mal sont les complices du mal. C’est un syndrome de Stockholm présumé et par délégation. À l’heure où l’on vante les lanceurs d’alerte, Margolin en fait tout simplement partie.

Dans ce contexte, le prolongement de l’état d’urgence sert essentiellement à empêcher les manifestations qui gênent le pouvoir présidentiel et la dénonciation de son incompétence crasse. Il est inutile face au terrorisme. Les seules mesures qui permettraient d’endiguer la montée du radicalisme musulman, à savoir la rémunération des renseignements permettant d’appréhender les jihadistes ainsi que la fin du laxisme vis-à-vis du fondamentalisme ne sont, eux, toujours pas envisagés.

Patience, tout vient à point à qui sait attendre…

Sur le web

Lire sur Contrepoints tous les articles de Serge Federbusch