Plan d’urgence pour l’emploi : osons la liberté !

François Hollande rejette un «libéralisme sans conscience», il est plus que temps de porter un libéralisme sans méfiance !

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Francois Hollande credits Parti socialiste WikiCommons ( (CC BY-NC-ND 2.0)

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Plan d’urgence pour l’emploi : osons la liberté !

Publié le 20 janvier 2016
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Par Gaspard Koenig.
Une tribune de Generation Libre

Francois Hollande credits Parti socialiste WikiCommons ( (CC BY-NC-ND 2.0)
Francois Hollande credits Parti socialiste WikiCommons ( (CC BY-NC-ND 2.0)

Pitié pour François Hollande, qui a bien dû passer une dizaine d’heures à broder sur le thème de : «bonne année». Il a en effet présenté ses vœux successivement : aux Français, au gouvernement, au Conseil constitutionnel, aux autorités religieuses, aux forces de sécurité publique, à la jeunesse (devenue mystérieusement un groupe social), aux corps constitués, aux bureaux des Assemblées (sic), aux armées et aux territoires. On comprend donc qu’il ait été à court d’inspiration en arrivant devant le Conseil économique et social (et environnemental) pour ses «vœux aux acteurs de l’entreprise et de l’emploi». Et on l’excusera d’avoir cédé à la facilité rhétorique de «l’état d’urgence économique et social», en espérant qu’il ne s’inspire pas des lois d’exceptions sécuritaires pour faire baisser le chômage. Quand un président décidera de couper court à cette orgie de cérémonies républicaines, qui se prolonge sous des formes diverses tout au long de l’année, peut-être l’État se mettra-t-il enfin au travail.

En attendant, il faut reconnaître qu’après quatre ans de formation professionnelle, le président semble toucher du doigt les vrais enjeux. Il assume que chacun puisse «exercer le métier qu’il a choisi», même si cela nécessite d’abaisser les qualifications requises (autrement dit, de libéraliser les marchés). Il renonce à la fiction du CICE et autres «pactes de responsabilité», pour réduire les cotisations sociales sans contrepartie. Il comprend que la sortie du chômage passera par «la création d’entreprise», qui correspond à l’essor de l’auto-entrepreneuriat. Il esquisse la possibilité d’une inversion de la hiérarchie des normes dans le droit social en précisant que les modalités d’organisation du temps de travail pourront «s’imposer au contrat de travail». Il anticipe une gestion des droits plus autonome avec le «compte personnel d’activité». Et il admet que, face aux mutations en cours, il faille «redéfinir notre modèle économique et social». Derrière cette inflexion très nette du discours socialiste, il faut voir le résultat de mille forces convergentes que le pouvoir ne peut plus ignorer.

Mais si les idées commencent doucement à s’ouvrir au nouveau monde, les mesures proposées restent prisonnières de l’ancien – comme le Conseil économique et social lui-même qui, s’il peut produire des rapports intéressants, reste l’incarnation du consensus bureaucratique, venu de l’ère gaulliste de l’économie administrée. Alors qu’autour de nous, au Royaume-Uni, en Espagne, en Allemagne, le chômage entame ou poursuit sa décrue, nous restons fidèles aux recettes qui ne marchent pas. On remet une bonne louche de dette publique au service de formations forcément inadaptées car trop standardisées (il suffit de voir La Loi du marché, où Vincent Lindon enchaîne les cours de rédaction de CV, pour s’en convaincre). On redonne aux entreprises une énième subvention à l’embauche, sans ôter les contraintes fiscales et réglementaires qui les entravent. On se flatte d’engager une réforme du Code du travail, mais en sacralisant sa durée légale (comme si d’ailleurs, à l’heure de la connexion permanente, le travail se comptait encore en heures de présence). On promet des réformes, mais en misant sur le «dialogue social», qui a largement fait ses preuves depuis trente ans pour maintenir le statu quo entre privilégiés.

Le «plan d’urgence pour l’emploi» n’aura d’autre effet que d’ajouter quelques normes en guise de simplification, et quelques niches fiscales sous couvert d’incitations. L’État croit encore résoudre les problèmes de ses administrés à coup de dépenses et de plans d’action. Alors que le problème, c’est l’État lui-même, obèse, drogué, déambulant dans le pays en cassant tout autour de lui. De manière plus fondamentale, François Hollande se trompe en faisant de «la société du travail» une valeur centrale. C’est le vieux discours de la droite, dépassé par l’extraordinaire vague d’innovations technologiques. L’idée classique du travail est aujourd’hui remise en cause, d’abord par la disparition massive d’emplois entraînée par la numérisation (un rapport tout juste paru du Forum économique mondial anticipe ainsi la perte nette de plus de 5 millions d’emplois dans une quinzaine de pays développés), et ensuite par le reflux progressif du salariat qui ouvre la voie à des combinaisons d’«activités» plus complexes. Dans l’économie des données, les formes de rémunération seront plus variables, les formes d'(auto-) organisation collective plus diverses, les formes de participation citoyenne plus spontanées. Si nos politiques publiques ne se renouvellent pas radicalement, elles seront pulvérisées par l’évolution fulgurante de nos sociétés.

François Hollande rejette un «libéralisme sans conscience». Voilà qui le réduit à pratiquer un libéralisme sans efficience, un libéralisme timide, engoncé dans les questions des années 1980, un libéralisme sans succès qui ternira encore davantage l’image de cette grande philosophie politique. Il est plus que temps de porter un libéralisme sans méfiance, éradiquant les corps intermédiaires qui étranglent le pays, et garantissant à l’individu toute sa capacité de choix et d’initiative.

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  • Et dire que pour une majorité de français, notre systeme tres fortement admistré et subventionné de toute part, est un systeme déja tres liberal.
    Et dire que l’augmentation sans fin des dépenses de la,puissance publique, pourtant financée par la dette depuis des décennies est considéré comme de l’austérité.

    • J’oubliais aussi le role des medias et des journalistes, sensés vérifier les infos qu’ils diffusent, et nous faire bénéficier de leurs analyses…
      Zut, eux même heureux bénéficiaires d’une niche fiscale généreuse, et employés dans des médias completement subventionnés…

  • manifestement, à davos non plus on a pas lu Bastiat.

    les machines, les machines !!!

  • Le discours de Hollande et ses mesurettes sont comparables à la perestroika : on tente d’injecter un peu de libéralisme « contrôlé » dans un système moribond en espérant sauver les meubles. C’est le double aveux que l’on est dans un système communiste et que cela ne fonctionne pas.

    La prochaine prise de conscience – mais pas pour le PS – sera que le « libéralisme surveillé » et humilié à la façon des pays (plus ou moins ex-) communiste ne fonctionne pas et à en plus l’effet perverse de développer la corruption.

    L’idée même de « contrôler le libéralisme » (ce qui est différent de contrôler le capitalisme) est une hérésie. Alors qu’il faut simplement desserrer l’étau, on se propose de rajouter plusieurs couches de friction théoriquement contrôlées mais de fait non maitrisées comme en Chine ou en Russie. On interdit par principe et on autorise au coup par coup – et inévitablement aux « amis ». On connait le résultat.

  • « éradiquant les corps intermédiaires qui étranglent le pays, et garantissant à l’individu toute sa capacité de choix et d’initiative. »
    Plus que d’éradiquer les corps intermédiaires, il faudrait les rendre indépendants de l’Etat (subventions et/ou nominations)

  • Le Libéralisme n’a pas une mais des consciences, celles de chacun d’entre nous. Alors que le Socialisme ne voudrait s’autoriser en à avoir qu’une seule, officielle et imposable à tous.

  • Je reste convaincu depuis des années que je lis contrepoint, la seule et unique solution , c’est de fermé le robinet de l’emprunt de la dette, on a aucune autre solution pour que enfin la population puissent se rendre compte du problème, sinon aucun drogué ne peut arréte avec une dose dans la main. C’est malheureux c’est triste et j’ai honte de nos politiques, de nos journalistes de ne pas tirer plus la sonnette d’alarme , mais l’addiction aux subvention, la perf de l’exonération, la dose de niche fiscale, va ruiner notre pays.

  • Contrairement au xcredo de l’auteur, je ne vois dans cette « révolution numérique » , cette « ubérisation » de l’économie (réelle ou fantasmée) qu’une continuation de ce qui existe depuis la contre–révolution néolibérale des années 1970.

    Ce n’est que persister dans un modèle qui au passage montre tous les jours son échec (je rappelle que la croissance mondiale entre 1950 et 1970 a été bien plus forte que depuis cette date), mais comme le pense tout bon sectaire, l’échec est la preuve qu’il faut continuer dans la même direction (après tout les soviétiques n’expliquaient-ils pas que leur échec était dû au fait qu’ils n’étaient pas assez assez loin ? Tout comme nous explique certains idéologues libertairens en nous expliquant que si les privatisations, les libéralisations ne fonctionnent pas c’est parce qu’on n’a pas assez libéralisé).

    pourquoi continuation ? Parce que ce n’est que continuer dans la sous-traitance qui s’est développée depuis cette époque, dans le développement d’emplois précaires (CDD, intérim, temps partiels), l’utilisation de faux travailleurs indépendants ce qu’on appelle maintenant auto-entrepreneurs et qui de facto sont salairés d’entreprises (ils ont même leur bureau !) Tout cela est connu depuis maintenant au moins deux décennies. Tu parles d’une disruption !

    En fait, encore une fois Marx était visionnaire lorsqu’il écrivait : « La bourgeoisie n’existe qu’à la condition de révolutionner sans cesse les instruments de travail, par conséquent le mode de production, par conséquent tous les rapports sociaux. » Nous sommes en plein dedans.

    Maintenant commentaires plus en détail sur ce que vous écrivez :

    « au Royaume-Uni, en Espagne, en Allemagne, le chômage entame ou poursuit sa décrue, nous restons fidèles aux recettes qui ne marchent pas. »En effet, en France on en reste aux recettes éculées : baisses de cotisations sociales (comme ce qui existait il y a 20 ans), précarisation (je rappelle que qu’Yvon Gattaz, papa de l’actuel président du Medef avait obtenu la fin de l’autorisation administrative de licenciement dans le milieu des années 80 qui devait conduire à des milliers de créations d’emplois, or le chômage n’a pas diminué). les solutions efficaces existent, uil s’agit en opremier lieu de la réduction de la durée du travail. Je rappelle tout de même que le chômage n’a jamais autant diminué qu’après la mise en place de cette réforme. Les autres pays l’ont bien compris puisque dans les pays que vous citez la baisse du chômage se fait grâce à la multiplication des temps partiels. Seul différence avec la réforme française, elle n’a pas conduit à l’appauvrissement comme c’est la cas dans ces pays.

    Quant à la réforme du code du travail soyons sérieux, cela fait des décennies qu’elle existe. on a multiplié les dérogations, les types de contrat de travail, empilé les chapitres sur injonction du patronat pour faire baisser le chômage. encore une recette éculée.

    Vous vous présentez comme un homme d’avenir mais vous n’êtes qu’un reliquat du passé qui recycle des recettes qui ont fait la preuve de leur échec. Vous êtes très bon en marketing, il faut le reconnaître!

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