Le couac de l’OCDE sur les inégalités

Statistiques contestables : Jean Nouailhac et Bernard Zimmern répondent à l’OCDE.

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Injustice (Crédits : Stéfan, licence BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

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Le couac de l’OCDE sur les inégalités

Publié le 22 décembre 2015
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Par Bernard Zimmern.

Injustice (Crédits : Stéfan, licence BY-NC-SA 2.0), via Flickr.
Injustice (Crédits : Stéfan, licence BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

L’OCDE avait publié en novembre 2014 sous la plume d’un collaborateur, Frederico Cingano, une étude statistique cherchant à démontrer que les inégalités au sein d’un pays y réduisent la croissance.

Cette étude avait été reprise sous la signature du secrétaire général de l’OCDE en mai 2015 sous le titre Tous concernés : pourquoi moins d’inégalités profitent à tous (en anglais : In it together, why less inequality benefits all).

On y trouvera toute une série de condamnations, dont celle des emplois à temps partiel, qualifiés d’ emplois non standards et une recommandation d’accroître les transferts par les impôts avec la conclusion, reprise par le FMI, que cet accroissement n’affecte pas la croissance.

It follows that policies to reduce income inequalities should not only be pursued to improve social outcomes but also to sustain long-term growth. Redistribution policies via taxes and transfers are a key tool to ensure the benefits of growth are more broadly distributed and the results suggest they need not be expected to undermine growth. But it is also important to promote equality of opportunity in access to and quality of education.

Ceci nous avait profondément choqués car, comme l’explique très bien Jean Nouailhac, nous croyons au contraire que ce sont l’augmentation des impôts et transferts sociaux qui ont aggravé les inégalités en détruisant les emplois, le principal capital des pauvres.

Nous avions embauché un statisticien qui très rapidement, en utilisant les mêmes bases statistiques et les mêmes méthodes, avait montré que l’effet des inégalités s’inverse si l’on prend comme mesure de la croissance, non comme l’OCDE le PIB par tête, mais le PIB tout court ; et nous avions montré que cette inversion s’explique parce qu’au dénominateur du PIB par tête figure l’immigration qui simultanément réduit la part du PIB disponible pour chacun mais aussi fait chuter le revenu moyen des plus pauvres et donc aggrave la mesure des inégalités.

Il était par ailleurs consternant de voir l’OCDE publier ce document qui dénonce l’effet des inégalités sur la croissance mais reconnaît que ce n’est pas l’effet des inégalités du haut, l’enrichissement des plus riches, mais des inégalités du bas, l’appauvrissement des plus pauvres et fait de très longs développements sur la baisse du capital humain des plus pauvres sans s’apercevoir qu’elle est liée à l’immigration.

C’est l’erreur que n’avait pas commise l’université de Linnæus qui, avec des méthodes statistiques aussi sophistiquées, a démontré que sans l’immigration les inégalités n’avaient pas augmenté en Suède.

Il a été donc assez sidérant de voir les mêmes auteurs de l’OCDE demander un droit de réponse au journal Le Point et, comme des étudiants pris en faute, expliquer qu’ils n’ont fait que reprendre une variable, le PIB par tête, utilisée par beaucoup d’économistes. Il nous a été facile de répondre que la Banque mondiale et tous les modèles de prévision économique nationaux utilisent le PIB pour la croissance.

Mais comme nous l’avons montré sur le site Irdeme, ce qui est grave pour l’OCDE, ce n’est pas de s’être trompé de signe dans la relation inégalités et croissance, c’est d’avoir ignoré d’autres études aussi sophistiquées que celle de l’université Dauphine en 2002 qui avaient conclu en l’absence de lien solide entre ces deux variables.

Ce qui est grave c’est d’avoir publié des conclusions qui tiennent plus de l’idéologie que de la science économique et de laisser croire que l’OCDE, une organisation économique de renommée mondiale qui sert de repère à tous les économistes, soit en faveur d’une hausse des prélèvements et des transferts alors qu’une telle hausse dans de nombreux cas décourage la création d’emplois qui est le principal capital dont manquent les populations les plus miséreuses.

Pour information :

• L’article de Jean Nouailhac sur Le Point

• Copie du droit de réponse demandé par l’OCDE et des observations formulées par Jean Nouailhac et Bernard Zimmern, publiés le 17 décembre 2015.

Droit de réponse de l’OCDE : Le Point a publié le 24 novembre 2015 un article intitulé « Un scandale statistique à l’OCDE ? », signé par M. Jean Nouailhac, « invité » récurrent de la rédaction. Citant des recherches menées par le chef d’entreprise et militant M. Bernard Zimmern, M. Nouailhac y accuse l’OCDE d’utiliser une mauvaise variable (le taux de croissance du PIB par habitant plutôt que le taux de croissance du PIB total) pour affirmer que les inégalités de revenu pèseraient sur la croissance économique à long terme. L’OCDE reste ferme sur sa méthodologie : c’est en évaluant le niveau de vie ou de bien-être d’une population, mesuré par le volume des biens et services disponibles pour chaque personne et leur évolution dans le temps, et pas simplement les taux de croissance du PIB total, que l’on mesure la performance, ou encore le progrès économiques dans un pays. À titre d’exemple, si l’on se concentrait uniquement sur la croissance du PIB, on en conclurait qu’avec un taux de croissance du PIB similaire d’environ 4,2 % par an entre 1980 et 2010, l’Irlande et la Jordanie seraient des pays semblables. Or, le PIB par tête a beaucoup plus crû en Irlande – environ 3,3 % par an – qu’en Jordanie – environ 0,9 % – impliquant donc une augmentation du niveau de vie très supérieure pour la population irlandaise. La littérature économique sur la croissance de long terme, qu’elle soit théorique ou empirique, a également fondé son analyse sur le PIB par tête depuis des décennies.

Réponse de Jean Nouailhac et Bernard Zimmern : L’OCDE ne répond pas à la question principale posée par l’article : oui ou non, peut-on mesurer la croissance seulement en utilisant le PIB par tête alors que celui-ci est largement affecté par l’immigration et pourquoi ne pas utiliser le simple PIB ? Sait-on à l’OCDE que les modèles nationaux de prévision économique comme Mésange ou Némésis en France, ou ceux du Joint Committee on Taxation du Congrès américain ainsi que beaucoup d’autres modèles dans de nombreux pays utilisent le PIB comme mesure de la croissance et non le PIB par tête ? La Banque mondiale elle-même utilise le PIB pour mesurer la croissance. Ajoutons que l’OCDE ne répond pas à l’objection principale soulevée par Bernard Zimmern, observant qu’il y a inversion des liens inégalités-croissance lorsque l’on passe de PIB par tête à PIB. N’est-il pas inquiétant de voir l’OCDE diffuser mondialement que les inégalités réduisent la croissance alors que l’existence d’un lien robuste entre inégalités et croissance est donc largement sujette à caution et que, de plus, ce même rapport OCDE reconnaît n’avoir pu prouver que l’enrichissement des riches est en cause, seulement l’appauvrissement des pauvres, et n’a pas pensé que sous les chiffres se cache l’immigration, comme démontré par les économistes de l’université suédoise de Linnaeus ? Ne faudrait-il pas que l’OCDE revoie ses protocoles et publie un rapport rectificatif ?

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  • Mon dieu, un article sur CP qui énonce que l’immigration ‘aurait’ un effet négatif !!

    • Si l’on parle du PIB oar tête, c’est évident

    • Un effet négatif « statistique », pas réel. Si vous ajoutez des gens sans aucune ressources et faiblement qualifié à votre population, mécaniquement le PIB/habitant diminue, mais cela ne signifie pas que le revenue des autochtone a diminué.

      • si vous ajoutez des gens sans aucune ressource et sans qualification , ils ne produisent rien mais il faut bien les nourrir et les loger. Donc il faut prendre dans la production et donc le revenu des autochtones qui va forcément baisser.

        • @patrick : oui, dans un pays qui ‘nestp as libéral, cad redistributeur.

          C’est donc pour un pays redistributeur, cad socialiste, que l’immigration et mauvaise, pas pour un pays vraiment libéral.

      • Mais les statistiques ne sont qu’un moyen de connaître la réalité.
        On pourrait avoir des immigrés riches et bien formés, ça changerait du tout au tout. Et si à moyen terme ils contribuaient, l’effet des nouveaux entrants s’était au moins compensé part celui des gens arrivés avant…
        L’immigration est polémique parce que d’un côté il y a la théorie dans un monde libre optimal (et là c’est très bon) et de l’autre la réalité des pays affublés d’un énorme État Providence (et là c’est ce que l’article montre, mauvais pour la croissance, mauvais pour les salariés peu qualifiés etc. Les seuls à en bénéficier réellement sont les politiciens qui s’en servent pour faire tenir leurs Ponzi « sociaux » et les entreprises de main d’œuvre sous capitalisées).

  • Si les politiques de redistribution étaient facteurs de croissance, la France devrait être en tête de tous les pays de l’OCDE!

  • L’OCDE ❓ L’Organisation Communiste de Distribution Étatiste.

  • Le plus comique c’est que l’OCDE dans son droit de réponse, prend l’Irlande pour exemple, : (une augmentation du niveau de vie très supérieure pour la population irlandaise) alors que les gauchistes sont les premiers à condamner ce pays ultra turbo libéral avec son IS à 12,5 %.

  • Votre critique sur l’immigration serait valable si les études du PNUD, de l’OCDE ou encore pour la France de l’université de Lille montraient que l’immigration appauvrissait le pays. or c’est tout le contraire.

    L’immigration que conçoit Zimmern correspond sans doute à l’époque où il était en prépa à l’X ou à l’ENA mais cela fait bien longtemps. Aujou’rd’hui l’immigration est bien plus qualifiée, elle est même surqualifiée pour les boulots qu’on leur propose, malheureusement. Encore un stéréotype des immigrés va-nu-pieds ! Quelle tristesse !

    • Vous extrapolez. L’auteur ne dit pas que l’immigration est mauvaise juste que cela conduit à une aggravation des inégalités. L’un n’empêche pas l’autre.
      D’ailleurs, comme dit dexter au dessus: « Un effet négatif « statistique », pas réel. Si vous ajoutez des gens sans aucune ressources et faiblement qualifié à votre population, mécaniquement le PIB/habitant diminue, mais cela ne signifie pas que le revenue des autochtone a diminué. »

    • J-B37
      C’est idiot de faire des calculs sur ce qu’apporterait ou pas l’immigration. Rien que le fait de commencer le calcul prouve une orientation idéologique de celui qui se lance dedans. Ce n’est pas l’immigration qui crée de l’emploi, sauf dans les organismes sociaux.

      L’immigration est une réponse à un déséquilibre de l’offre et de la demande d’emplois dans un secteur dynamique. Si le secteur de la construction ou de l’industrie est sinistré ce n’est pas en faisant venir des ingénieurs en génie civil que ça va s’améliorer.
      On ne peut pas tirer de conclusion sur l’immigration entre 2 pays si on ne connaît pas les motivations des immigrés : soit ils viennent pallier une insuffisance de main d’oeuvre et ils sont un gain pour l’économie, soit ils viennent pour bénéficier d’avantages sociaux et ils sont une charge : donner 1000E d’allocations diverses à quelqu’un qui ne produit pas ça ne fait pas 1000E de richesses produites en plus car ces 1000E ont été pris à quelqu’un. Le multiplicateur keynésien supérieur à 1 est une vaste blague, regardez la dette.

      L’Allemagne a besoin d’immigrés et elle leur donne du boulot et une formation si nécessaire car son économie en a besoin et son avenir aussi pour soutenir sa pyramides âges vieillissante.

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