Justin Trudeau commence à dépenser

Justin Trudeau (Crédits : Alex Guibord, licence CC BY 2.0)

Justin Trudeau a annoncé que le Canada octroiera 2,65 milliards $ sur cinq ans au Fonds vert pour le climat. Une générosité discutable.

Par Nathalie Elgrably

Justin Trudeau by Alex Guibord (CC BY 2.0)
Justin Trudeau by Alex Guibord (CC BY 2.0)

 

Sans même attendre la conférence de Paris, Justin Trudeau a annoncé que le Canada octroiera 2,65 milliards $ sur cinq ans au Fonds vert pour le climat (mis sur pied et géré par l’ONU) pour aider les pays en développement à lutter contre les changements climatiques et à s’y adapter.

Le geste peut sembler noble, voire admirable. Personne n’est contre la vertu ! Mais il faut se méfier des vernis qui scintillent et des analyses superficielles. Le Premier ministre aurait dû en être conscient et pousser sa réflexion au-delà du premier degré. Il aurait alors compris que son élan de générosité est naïf, irresponsable, irraisonné et carrément absurde.

7000 autobus

Naïf : M. Trudeau pense-t-il sérieusement que les pays en développement, où les populations vivent dans l’extrê­me pauvreté, où des dizaines de milliers d’enfants meurent quotidiennement de malnutrition et de diverses maladies, se soucient de réduire leurs émissions de carbone ? Leurs priorités sont ailleurs, et c’est normal ! S’il faut absolument dépenser cet argent pour des mesures environnementales, pourquoi donc ne pas le dépenser au Canada ? Avec 2,65 G$, il pourrait y avoir environ 7000 nouveaux autobus sur les routes.

Irraisonné : non seulement l’initiative de M. Trudeau sera inefficace du point de vue environnemental, mais elle échouera également à apaiser la pauvreté. Depuis 1975, les pays riches ont versé 16.500 G$ en aide internationale. L’Afrique subsaharienne a reçu plus de 800 G$. Pourtant, son PIB réel par habitant a stagné et cette région demeure la plus pauvre de la planète malgré son potentiel économique énorme, ses réserves de pétrole et ses ressources minières importantes. Si certains pays sont pauvres, ce n’est pas parce que l’aide internationale est insuffisante, c’est parce que leurs régimes politiques, viscéralement corrompus, font obstacle à la croissance. D’ailleurs, il est à présent de notoriété publique que l’aide internationale qui a transité par des organisations gouvernementales a surtout servi à enrichir la classe politique des pays récipiendaires, parmi laquelle figurent des dictateurs et autres despotes de tout acabit.

Irresponsable : M. Trudeau nous a déjà promis trois années de déficit totalisant 25,1 G$ pour financer les infrastructures et modifier le fardeau fiscal de la classe moyenne. Est-il donc sage d’ajouter la contribution inattendue au Fonds vert, laquelle viendra nécessairement alourdir les déficits et gonfler la dette des Canadiens ? Cette question est d’autant plus pertinente que nous payons déjà une multitude de taxes vertes : taxes sur le carburant et les combustibles fossiles, hausse de la taxe sur l’assurance auto, hausse des droits d’immatriculation pour les véhicules énergivores, taxe supplémentaire à l’achat de certains véhicules, taxe sur le carbone et taxes sur les appareils électroniques, les pneus, etc. N’est-ce pas suffisant pour une population dont les émissions de carbone totalisent à peine 1,6 % des émissions mondiales ?

Le physique plutôt que l’intellect

Absurde : dans les faits, le Fonds vert de l’ONU consiste à prendre l’argent des pauvres vivant dans les pays riches pour l’envoyer aux dirigeants immensément riches des pays pauvres sous couvert de changements climatiques. Le plus regrettable, c’est que le Premier ministre du Canada, dont le rôle est de veiller aux intérêts des Canadiens, adhère à ce principe avec enthousiasme et désinvolture.

Voilà ce qui arrive quand on choisit un Premier ministre pour son physique plutôt que pour son intellect !

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