La société de Droit contre l’État des castes

Le mépris du droit est en train de triompher au détriment de la liberté individuelle.

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La société de Droit contre l’État des castes

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 3 décembre 2015
- A +

Par Jan Krepelka.

Léviathan (image libre de droits)
Léviathan (image libre de droits)

 

Les attentats de Paris auront été le prétexte idéal pour faire passer toutes sortes de lois autoritaires qui dormaient depuis longtemps – quelle heureuse coïncidence, c’étaient exactement celles qu’il fallait ! –  dans les tiroirs des politiques et de leurs affidés.

Qu’ont-elles toutes en commun ? Tout simplement, le mépris du Droit. En effet, nous pourrions croire à première vue que le recul du respect du Droit serait une simple conséquence occasionnelle, passagère et regrettable de lois nécessaires pour lutter contre le terrorisme, un sacrifice nécessaire de liberté à consentir afin de s’assurer d’un peu de sécurité. Mais ce serait faire preuve d’une naïveté coupable. Peut-on en effet croire sérieusement que, au hasard en France

… fera quoi que ce soit pour empêcher de futurs attentats de se produire ?

N’est-il pas plutôt, clairement, bien plus probable que cette destruction du Droit est plutôt le véritable objectif, et les attentats le prétexte ?

Ce n’est donc pas une conséquence secondaire fâcheuse que ces lois seraient anticonstitutionnelles, non, c’est bien leur principe fondateur.

Elles s’inscrivent en effet dans un très vieux conflit, celui entre deux visions du monde, deux visions qui s’affrontent depuis les débuts de la civilisation : d’un côté, la conception libérale du Droit, l’identité des droits de tous ; de l’autre, la défense d’une société de castes, de privilèges, où certains sont plus égaux que d’autres.

Société de Droit

Dans la conception Suisse de l’armée, les soldats sont des citoyens qui consacrent une partie de leur temps à défendre leur patrie : des citoyens-soldats. Ainsi, n’importe quel citoyen peut acquérir, ou se faire prêter par l’armée, les mêmes outils, qu’il exerce une activité militaire, qu’il en ait exercé par le passé, ou n’en ait jamais exercé.

De même, le fondateur de la police britannique définissait les policiers comme des membres du public qui se consacrent à plein temps à des tâches que tout membre du public est en droit et devoir d’accomplir.

Dans une société de Droit, les sujets du Droit (pénal), ce sont toutes les personnes. Et si le Droit est universel, alors c’est que les règles de Droit fondamentales doivent être les mêmes pour toute personne.

Cela, c’est la société libérale, « républicaine » et « démocratique », si l’on veut : nous sommes tous des êtres humains, des citoyens égaux, avec les mêmes droits et devoirs ; le reste, c’est juste de la division du travail.

Liberté et sécurité ne s’opposent pas mais vont de pair, justement : les membres d’une société de Droit choisissent librement la sécurité, et s’organisent de façon ordonnée. Chacun choisit de s’assurer et d’acquérir la sécurité dont il a besoin, et les personnes qui la lui fournissent, les personnes qui se consacrent à plein temps à assurer la sécurité, sont tenues pour responsables si elles n’y parviennent pas.

État de non-Droit

En face, nous avons le modèle féodal. Le modèle féodal, c’est ça :

Stricter rules to ban certain semi-automatic firearms, which will not, under any circumstance, be allowed to be held by private persons, even if they have been permanently deactivated [dans la version française : « des règles plus strictes concernant l’interdiction de détention de certaines armes à feu semi-automatiques par des particuliers, même si elles ont été neutralisées de manière permanente »];

Notez bien cette notion de « personne privée », de « particulier ». S’il y a des personnes privées, c’est qu’il y a des personnes non-privées, et si l’on introduit le concept dans un texte de loi, c’est bien pour s’en servir à discriminer les premières vis-à-vis des secondes. Ainsi, dans un État de non-Droit, le droit n’est pas universel. Par définition, puisqu’on n’a plus un Droit unique (le Droit) et un ensemble unique de sujets de Droit (les personnes), on introduit une distinction de classe, de caste, de personnes ayant des droits différenciés selon leur appartenance à un groupe ou un autre.

Dans un tel système, le Droit avec un grand D n’existe plus : il n’y a plus qu’un droit à géométrie variable, fait de décrets, de directives européennes, de privilèges.

Dans un tel système, tout au contraire, nous avons une caste guerrière, seule autorisée à porter des armes. Et nous avons une caste dirigeante, seule autorisée à être protégée par les porteurs d’armes.

Les membres de la classe dirigeante ne sont pas soumis aux mêmes lois (immunité), ils ne vivent pas dans les mêmes demeures que leurs sujets (hôtels particuliers de fonction) ; une transparence absolue est exigée des sujets, alors que, asymétriquement, les seigneurs n’ont aucun compte à rendre. Dans un tel système, le secret bancaire n’a pas sa place, alors qu’en revanche, les Snowden et les Assange doivent être poursuivis.

Il existe aussi une caste bancaire, faite d’une banque centrale « indépendante » et de banques commerciales, qui peuvent « créer » de la monnaie à discrétion, selon leur bon vouloir, et imposer son usage à la population. Les membres de la caste productive, en revanche, ne peuvent même plus retirer librement leur propre argent à la banque, le transférer, ou avoir la moindre garantie qu’il ne sera pas « dévalué », soumis à un « taux d’intérêt négatif », ou tout simplement confisqué. Et les membres de la caste dirigeante, eux, ont toute liberté de confisquer l’argent des membres de la caste productive, et l’allouer à qui bon leur semble (par exemple : en subventions aux terroristes).

Caste protégée et caste de victimes désignées

Comme le note Swissguns :

« François Hollande et ses ministres sont protégés par des porteurs d’armes. Ils n’ont pas besoin d’en porter. Alors, pourquoi les simples citoyens en auraient-ils besoin ? »

Les simples citoyens sont-ils autant protégés que les ministres ? Bien sûr que non. La sécurité est un bien privé, qui peut être fourni en différentes quantités et qualités, il n’y a pas de « la sécurité » qui puisse être fournie globalement à tout un pays. Dans un système de castes, certains choisissent pour d’autres la sécurité qu’ils « méritent », et s’ils échouent à l’assurer, ils ne sont pas tenus pour responsables. Ils ne sont pas mêmes légalement tenus de vous protéger.

Personne ne parle de désarmer les soldats ou les policiers. Et bien sûr, concrètement, personne ne pense désarmer, par de nouvelles lois,les criminels qui violent déjà la loi…

Personne ne propose d’interdire les armes. Aucune société n’a jamais interdit les armes. En revanche, certaines sociétés réservent l’usage des armes à certaines castes : en l’occurrence, aux criminels, aux terroristes, aux policiers et aux soldats (professionnels).

Les nombreuses dérives de l’usage des armes par les policiers américains, récemment, ou plus généralement, par les armées étatiques de toute la planète depuis des siècles, devraient peut-être nous rappeler au fait que cette inégalité-là n’a rien de naturelle, de saine, d’acceptable ou de sécurisante, et que, peut-être, le principe de l’identité des droits de toutes les personnes, en effet, repose bien sur une notion de personnes, toutes sujets de Droit au même titre, toutes responsables de leurs actes, et que cette notion repose plus sur la réalité qu’une dichotomie inventée de toutes pièces pour discriminer les personnes sans aucun fondement rationnel et juridiquement valable.

En Suisse, naturellement, en plus de risquer d’être affectés par les directives européennes grâce au merveilleux Schengen, certains se découvrent soudain un désir d’obéissance et de foi aveugle en l’État, et nous expliquent que :

« Le risque d’abus est moins à craindre des États, plus ou moins contrôlés, que des sociétés privées, sans garde-fous légaux ou éthiques. »

Mais oui, bien entendu ! Après tout, les États n’ont jamais tué personne. Le point central qu’il s’agit de nous faire oublier, à nouveau, est bien entendu que les sociétés privées sont soumises au Droit, alors que les États tentent de s’en exonérer, justement.

Insécurité et défaite

Et enfin, s’il y a chaos et insécurité, c’est justement que ce désordre a été imposé aux populations en niant le Droit : qu’on les a empêché de se coordonner, de se défendre, de faire leurs propres choix selon leurs propres évaluations des risques, de choisir avec qui s’associer, avec qui travailler, comment se protéger ; et que ceux qui prétendent assurer notre insécurité sont irresponsables au point de ne pas même assumer la moindre seconde l’échec de leurs vaines promesses, et au contraire reproduire exactement les mêmes erreurs ; et que c’est ainsi que leur système féodal fonctionne et se perpétue.

Ce modèle féodal, c’est aussi celui de l’État islamique. Sous une variante, disons, plus crue.

C’est un très vieux conflit, oui, et, en Europe, nous sommes en train de le perdre.


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  • Un article terrifiant en fait.. Si un jour je deviens ministre de l’éducation, j’impose la lecture de « La ferme des animaux » aux élèves de 5ème, et « 1984 » aux élèves de 1ère. Si seulement 5% des élèves percutent, on est sauvés.

  • Le gouvernement est plus à droite que la droite !

  • Très bon article, extrêmement clairvoyant, et qui décrypte efficacement les manipulations verbales et conceptuelles qui servent à rendre de plus en plus « féodale » en effet, le mot est juste) les sociétés développées, au point de leur faire oublier toutes les conquêtes de l’état de droit. Et la France est extrêmement en pointe depuis quelque temps à ce sujet : plus la peine d’évoquer sarcastiquement le « patriot act » : depuis plusieurs années (dès avant 2012) nous faisons pire… dans le consensus le plus lénifiant.
    La France est par exemple le seul pays du monde à ma connaissance où un avocat est obligé par la loi de dénoncer un client, (incroyable, non?) s’il a des « soupçons » – même pas des preuves- de « blanchiment ».
    Et si elle n’est sans doute pas le seul pays où on met les avocats sur écoute, ne nous faisons pas d’illusions, elle est le seul où les transcriptions de ces écoutes peuvent être ajoutées au dossier à charge.
    Etat de droit ? rien que cela montre que c’est déjà bien fini, hélas, et ça ne va pas s’arranger.
    Il faudrait au moins que Breizh06 devienne Ministre; je le lui souhaite !

  • Je ne sais pas si le terme de féodalité est bien approprié.

    Dans son acceptation actuelle (celle qui l’identifie aux privilèges de l’ancien régime) oui, mais à l’origine, la féodalité repose sur le mécanisme de vassalité qui justement repose sur l’égalité de Droit : le vassal est un homme libre qui conclut un contrat (l’hommage) avec son seigneur.

    C’est à cette organisation que la frange libérale des révolutionnaires voulait restaurer en supprimant cet empilement de privilèges et d’asymétrie de droits qui avaient été instauré petit à petit pour aboutir à l’Etat royal.

    Ceci dit, l’article est excellent et dénonce bien comment l’égalité de Droit est entièrement pervertie par l’égalité de condition (la différentiation des personnes privées en tant que réceptacles de la puissance publique) qui mène finalement à l’établissement de privilèges et de castes.

    On retrouve le même processus des dizaines de fois dans l’histoire : la démocratie amène finalement à l’établissement d’un conglomérat (parti, empereur, roi, caste, Etat …) qui sensé le représenter ou pire l’incarner, finit toujours par se dissocier, se séparer et prendre l’ascendant sur le « Peuple »

    • « le mécanisme de vassalité qui justement repose sur l’égalité de Droit ». heu … On part peut-être d’une situation d’égalité, mais c’est pour organiser l’inégalité : le vassal cède certains droits et en obtient d’autre en échange. Rien de tel dans une société de droit.
      D’autre part, elle ne régit que les rapports entre les détenteurs de fiefs (essentiellement les nobles, marginalement des institutions religieuses). les clercs sont des clercs, liés par leurs vœux ils ne sont plus tout à fait libres. Les serfs sont des serfs, pas des vassaux, pas des hommes libres. Les citadins, les artisans spécialisés qui construisent des cathédrales sont des hommes libres, pas des vassaux. etc.
      Bien sûr les choses ne sont pas en noir et blanc, il y a de l’égalité dans la féodalité, mais ce n’est pas l’archétype.
      La féodalité est un système de caste qui accepte et contient une certaine égalité au sein de chaque caste, mais où chaque caste et chaque membre de caste reste à sa place et n’est pas dans une relation d’égalité avec les autres. il est légitime de l’opposer à la société de droit

      pour le reste +1

      • L’intercession de droits est libérale, c’est le principe même du contrat admis par les deux parties. (Après, on peut discuter sur le contractualisme dans le libéralisme, mais je pars de ce principe)

        Ce qui pervertit le système, c’est quand cette intercession de droits devient petit à petit normée, puis régulée, puis obligatoire et enfin automatique.

        Ainsi l’hommage qui était au début traditionnel et libre, est devenu au fil du temps normé (par la présence de tierces personnes qui validaient la forme), puis régulé (n’ont eu le droit de rendre hommage que certaines personnes), puis obligatoire (les Rois de France et autres comtes réprimant par la force les « félons »), puis finalement automatique, voire discrétionnaire (la cour de Louis XIV)

        Ce que vous décrivez est l’état final ou quasi final de la féodalité et pour cela, je suis d’accord avec vous. En fait, on peut se demander si ce passage du libéralisme au socialisme n’est pas un processus naturel de déliquescence de la civilisation : les gens cherchant à codifier, à réguler la liberté et les petits malins en tirant profit.

        Le même processus s’est produit à Rome et se passe depuis 200 ans suite à la révolution.

        http://www.contrepoints.org/2014/07/08/171609-rome-du-liberalisme-au-socialisme-de-philippe-fabry

        • L’intercession de droits n’est pas libérale en soi, elle l’est dans certaines conditions, notamment la réversibilité à l’initiative des deux parties (ou son caractère temporaire), et plus important encore la possibilité pour les deux parties d’avoir moyen de s’assurer que l’autre exécutera sa part.
          Le système féodal est léonin dès l’origine : une des parties a tout pouvoir pour faire exécuter le « contrat », l’autre partie n’en a aucun. Elle n’a d’autre choix que de faire foi et s’en remettre à la bonne foi de la première.
          En outre il ne régit que les relations entre « hommes libres », les clercs et le tiers état (terme fourre-tout parce qu’en effet il recouvre une palette très vaste de situations) en sont exclus.

          L’époque féodale est une société d’ordre dont l’idée d’égalité n’a guère de place. Elle existe, mais sous forme très encadrée, entre « pairs ».

          L’équilibre entre collectivisme et libéralisme n’a pas grand chose à voire avec une déliquescence de la civilisation, un peuple libre peut être barbare et un peuple sous la botte peut développer rune civilisation raffinée (en fait c’est même un des reproches fréquent contre le despotisme : la haute classe vit dans le luxe raffiné et les arts pendant que le peuple est opprimé). Cet équilibre est lié à la concentration (->collectivisme) ou à la déconcentration (->libéralisme) des droits, richesses et … armes.

  • Très bon article.

    Nous sommes, en France, dans une société de classe. Et sous la coupe d’une caste dirigeante. Cependant, il me semble qu’à la Révolution, en plus de l’abolition des privilèges et la création de la Déclaration des Droits De l’Homme et du Citoyen, l’avènement d’une classe supérieure et seule habilitée à gouverner était à proscrire et à éviter. Du coup, nos aristocrates et autres nobles de l’Ancien Régime ont été remplacés par cette bande d’énarques coupés du monde et de la réalité. A la trappe, les articles de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen :
    « Art. 1er. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.
    Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression.
    Art. 12. La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. » Par exemple…

    Je rejoins ce que dit Breizh06 : « 1984 » devrait être lu par beaucoup plus de monde, et en particulier les lycéens, parce que ce bouquin, est le modèle dont un gouvernement à tendances policières se destine, c’est leur « livre saint ». Et on y va droit dedans.

  • Les commentaires sont fermés.

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