Clientélisme électoral : où est passé l’intérêt général ?

Le clientélisme corrompt les institutions les plus importantes de notre démocratie.

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Vote élections urne (Crédits JaHoVil, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

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Clientélisme électoral : où est passé l’intérêt général ?

Publié le 3 novembre 2015
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Par Bernard Zimmern.

Vote élections urne (Crédits JaHoVil, licence CC-BY-NC-SA 2.0)
Vote élections urne (Crédits JaHoVil, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

C’est chaque jour que le parti au pouvoir, le parti socialiste, distribue l’argent des autres à ses affidés pour les remercier, et surtout pour acheter leurs voix aux prochaines élections. L’un des détournements les plus outranciers a été la suppression du jour de carence par Marylise Lebranchu pour se concilier la bonne grâce des fonctionnaires.

Mais c’est à tout moment que se produit l’achat de voix par les faveurs non justifiées, que ce soient les coups de pouce donnés aux traitements de la fonction publique, la démocratie larmoyante de François Hollande qui au lieu d’inaugurer les chrysanthèmes assiste aux premiers ébats de nos bambins sous le signe de l’amour pour tous, ou l’inégalité flagrante entre les avantages du privé et ceux du public que le parti socialiste considère comme son fief et tient d’ailleurs de près avec des syndicats qui ne sont plus des agents de progrès mais les agents de défense de positons acquises et de privilèges.

Le drame est que le parti opposé, qui devrait dénoncer ces abus, ne peut le faire, car il a lui aussi largement trempé dans la soupe et qu’il peut difficilement présenter des textes qui essayeraient de moraliser la vie publique.

C’est pourquoi cette moralisation se contente de moraliser le secteur privé, interdire les parachutes dorés ou les primes de départ, mais ne s’indigne pas des transferts de joueurs de foot ou des primes que le secteur public s’attribue à lui-même.

Ce clientélisme atteint les institutions les plus importantes de notre démocratie, celles chargées d’assurer l’indépendance de ses règles de fonctionnement.

On sait qu’à la différence des anglo-saxons, la France dispose d’un système judiciaire différent pour les matières qui touchent l’État et celles qui touchent la vie privée des Français. Nous avons d’un côté les tribunaux judiciaires avec les tribunaux d’instance, ceux d’appel et au sommet la Cour de Cassation chargée de défendre le droit ; et de l’autre les tribunaux administratifs dont la cassation est assurée par le Conseil d’État.

Les recrutements sont en gros très différents puisque les tribunaux judiciaires sont tenus par des juges issus de l’école de la magistrature alors que les tribunaux administratifs sont en principe tenus par des anciens élèves de l’ENA.

Il est intéressant de voir à chaque changement de majorité le chassé-croisé entre les hauts fonctionnaires qui occupaient les postes les plus élevés de l’administration sortante et ceux sortant notamment du Conseil d’État qui les remplacent.

À côté de ce remue-ménage, le « spoil system » américain, où les ministres et secrétaires d’État du gouvernement sortant sont remplacés par des cadres du parti gagnant, fait pâle figure, car le nombre de dirigeants ainsi remplacés est du même ordre que le nombre de ceux qui échangent ainsi leurs places en France alors que la taille de la France est 5 fois plus petite. Et au moins les jeux de chaises musicales se font au grand jour, pas dans les couloirs, dorés.

Il est amusant de noter la remarque qui aurait été faite à un avocat auprès du Conseil d’État, dont la coloration serait plutôt de droite, par un membre du Conseil d’État en partance pour occuper un poste dans l’administration socialiste du gouvernement Ayrault en 2012 : « vous allez enfin, cher Maître, pouvoir gagner vos procès ». En une phrase laconique, on ne pouvait mieux caricaturer le spoil system à la française mais aussi poser la question de l’indépendance de nos institutions vis-à-vis du pouvoir politique et nous rappeler que le premier problème de notre pays est la distribution des honneurs, des places et des avantages ou privilèges pour conserver, ou conquérir un électorat.

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  • Humour à la Devos…. Est-on bien sûr que le président Hollande n’a pas emprunté l’avion privé de la coke? L’a-t-on mis sur écoute en temps utile afin de prévenir un possible scandale futur? Aucune précaution n’est inutile quand des élections approchent. Taubira devrait nous rassurer à ce sujet comme cela est raisonnablement fait pour Sarko ?.

    • En même temps, pour N.Sarkozy: on ne prête qu’aux riches!
      Et il est clair que cet homme qui a fondé 2 sociétés au Luxembourg, comme trésorier, lors de la campagne présidentielle d’E.Balladur, pour de l’argent venu d’où et de quoi (sujet qui n’a pas fait une ligne, dans les journaux français), reste un personnage échappant, jusqu’à présent, hermétique à toute transparence!

      Dans son cas: « Vae victis »! Et si les Français remette ce loser fantoche au pouvoir, ils auront bien mérité leur malheur!

  • Il y a deja une mesure simple a prendre : l interdiction complete de toute subvention monétaire gouvernementale ou locale (état central, région, commune) a toute entité d’intérêts prives (entreprise, association, personne physique).
    En efffet, es subventions a des intérêts prives financés par l’argent public sont immorales. L’impôt est justifié par la contribution de tous au fonctionnement de l’état. Ceci est justifié si (et seulement si) les fonctions de l’état profite à tous. Ainsi, il nous semble à tous immoral qu’un élu profite de l’argent public pour se faire construire une piscine ou faire vivre dans les palais de la république sa famille cachée. De même, une subvention pour mon club de tennis ou mon théâtre local est l’utilisation de l’argent de tous pour satisfaire les intérêts d’une poignée.
    Le probleme est que la majorite d entre nous dénoncons ces prébendes, sauf lorsqu elles concernent des associations que nous soutenons, ou lorsque nous en beneficons directement.

    • Vous avez raison À CONDITION que
      1° ces subsides soient rendus aux citoyens, au niveau où ils les ont avancés
      2° la mesure concerne tout le monde, sans exception: ainsi, qu’en est-il des sources d’eau thermale, déclarées « d’intérêt public » où la sécu paie des vacances aux rhumatismaux, sur les cotisations de tous, simplement parce qu’il s’agit d’un secteur « économique » qui attire quelques étrangers parmi beaucoup de Français qui ont découvert le filon?
      3° Ce serait très sain que ce soit les citoyens qui décident de la destination d’une partie de leur argent confié à la gestion de redistribution aux « associations », sauf qu’il faut arrêter aussi de rétribuer le service de fonctionnaires qui s’en occupait en prélevant au passage 3 ou 4 X sa « dîme ». C’est d’ailleurs ainsi que fonctionnent les anlo-saxons, payant pour leur église et les associations qu’ils veulent soutenir, laissant disparaitre celles qui n’intéressent, en fait, personne! C’est la conséquence logique de la responsabilité libérale. (Mais, franchement, vous y croyez? En France? Sous un régime de « gauche »?)

  • En tous pays du monde – y compris ceux qualifiés démocratiques – les gens de pouvoir (au premier rang desquels les politiciens et leurs assemblées) disposent d’un attirail d’instruments d’influence sur les masses et/ou l’individu.

    Citons, sans être exhaustifs : la violence (chez toutes les dictatures), l’intimidation ordinaire (une méthode plus feutrée), la rumeur (visant l’affaiblissement de l’adversaire), la propagande (dont les nazis démontrèrent la redoutable efficacité), la connivence étroite avec les médias subventionnés (ou certains « amuseurs publics ») chargés de lobotomiser des masses ciblées.
    A cette panoplie vient s’ajouter le CLIENTELISME : celui favorisant un individu (en le subordonnant), celui axé sur les « niches électorales » (là où excellent les partis des gauches et leurs médias-relais), celle aussi vers des groupes (ethniques, religieux, géographiques, professionnels… dont les agents des services publics qui sont arrosés de mesures distinctives).

    Il ressort à l’évidence qu’un clientélisme d’effets massifs et insidieux s’exerce d’Etat à Etat. Les exemples sont flagrants via la manière « bilatérale » selon laquelle opèrerait l’ex-URSS v-à-v de ses satellites, puis l’actuelle attitude d’une Chine exercée à l’égard de l’Afrique et de l’Amérique latine (visant leurs ressources stratégiques). En chaque cas ou la plupart d’entre eux nous avons affaire à des Etats à haut taux de corruption, assortis de contrats léonins au profit du premier cité).

    Doit-on occulter que le fonctionnement de l’U.E. obéit à une variante ? Oui, sous la forme d’aides pour niveller nos nombreuses disparités nationales, par espoir de « rééquilibrage », assortis d’une subordination à l’autorité SUPRA … en lieu et place d’une subsidiarité de gouvernance bien contrôlée. Ici, ça relève d’une forme de clientélisme à l’étendue continentale ! Faut analyser de près les actes, leurs conséquences socio-économiques et le jeu des mentalités sous-jacentes.

    Notons dans la foulée que TOUS les organes SUPRA jouent à fond en ces matières clientélistes. Ainsi l’ONU et sa foultitude de « filiales » et d’ONG ($$$) subordonnées. Il ne faut pas taire l’autorité (NON ELUE au suffrage direct) que constitue le Conseil de l’Europe à Strasbourg ! Un organe dont les pouvoirs d’intimidation envers les Etats-membres sont devenus incompréhensibles … en s’abritant derrière les textes originaux des D.H. 1949 …mais dont les termes juridiques ont été infléchis au fil du temps vers dedits « droits fondamentaux » donnant à l’organe un droit « avisé » de DICTER la conduite des Etats et des politiciens ! Ceci se confondant souvent avec un musellement en dépit de certaines réalités au effets long terme qui seront dramatiques ???
    Alors la France qui nous occupe dans tout ceci ne fait « qu’exploiter » la panoplie déjà citée.
    Demain, ces imbéciles seront passés ; seuls resteront les con-séquences de leurs actes !!!

  • Faire voter le peuple sur les lois, plus de problème de corporatisme et de clientélisme.

    « Démocratie » c’est « pouvoir du peuple » à la base, pas « monarchie élective »

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