Najat Vallaud Belkacem va proposer une carte scolaire remixante

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Salle de classe (Crédits : Enac, licence CC-BY-NC-ND 2.0)

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Najat Vallaud Belkacem va proposer une carte scolaire remixante

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 25 octobre 2015
- A +

Horreur, désespoir, et jeunesse impétueuse : la carte scolaire ne marche pas. Il semblerait en effet qu’on n’obtienne pas exactement le résultat souhaité du magnifique système, destiné au départ à optimiser par un plan (pas quinquennal mais presque) la répartition des élèves dans les établissements scolaires de la République et qui est maintenant utilisé aussi pour lutter contre les abominaffreuses inégalités entre les élèves. Mais en Socialie, il n’est pas de problème grave qu’une bonne dose de Najat, de planisme et d’Éducation Nationale ne puisse envenimer un bon coup.

Il faut dire qu’entre les débuts de cette carte scolaire, dans les années 1960, et son actuelle utilisation, les choses ont un peu évolué.

À commencer par les populations : plus nombreuses ici, moins là, le planisme a vaguement fait ce qu’il a pu pour suivre et, comme dans absolument toutes les expériences de planification étatique, a bien évidemment foiré. Les établissements aux classes vides se sont disputés aux établissements bondés, sans que personne ne puisse réellement mitiger le problème.

fail cat eating

Les idéologies, ensuite. S’il était clair au départ que cette carte devait remplir un but pratique, presque terre-à-terre, d’optimisation des ressources, l’échec assez patent de cette optimisation n’a pourtant pas affaibli la croyance de ses concepteurs en une utilité, et peu importe laquelle. En somme, comme on peut très bien enfoncer un clou avec une clé à molette à condition de taper suffisamment fort, l’outil Carte Scolaire était créé, et même s’il ne servait plus du tout à optimiser les ressources, autant l’utiliser pour autre chose, comme lutter contre les discriminations, égaliser les élèves et puis pour les mixer un peu, aussi.

Encore une fois, l’idée de base est à la fois simple, facile à mettre en œuvre et parfaitement idiote : on va mélanger les élèves des classes aisées avec les élèves des classes défavorisées, ce qui va instantanément se traduire par une amélioration générale des performances des uns et des autres parce que, parce que, parce que bon voilà.

De façon surprenante, ça ne marche pas.

loup qui court et paf le loup FAIL

Concrètement par exemple, les parents, tant des milieux aisés que des milieux défavorisés, ne l’entendent pas de cette oreille et font même absolument tout pour contourner la carte scolaire dès qu’ils en ont l’occasion. Et comble de l’affaire, ce contournement fonctionne plutôt pas mal : un élève sur deux se retrouve dans le privé, les autres bénéficient de dérogations grâces aux options habilement choisies, ou du regroupement par fratrie, sans parler de ces familles qui utilisent les fausses domiciliations obtenues par des proches ou d’autres systèmes.

Décidément, les gens sont vraiment méchants en refusant ainsi de se conformer aux injonctions de l’État, du ministère et de toute la société qui, par ses porte-paroles officieux (journalistes, philosophes, sociologues et experts pédagogos rigolos) s’empressent de faire comprendre à tout ce petit monde réfractaire que, pourtant, la mixité est absolument souhaitable, indispensable même, pour faire de beaux citoyens républicains et ouverts sur le monde.

vu à la téléDès lors, lorsque la réalité ne se plie pas aux diktats égalitaro-vivrensemblistes, il devient impératif d’agir. Et bien sûr, il ne s’agit pas de changer son fusil d’épaule, mais de modifier la réalité, en utilisant la loi, les décrets et les impératifs. Ça marche. Des statistiques l’ont prouvé. L’État songe donc à intervenir (parce que lorsqu’il songe à intervenir, voire lorsqu’il fait mine de faire un truc, en général, ça aboutit à des choses géniales, et lorsqu’il bouge pour de bon, c’est carrément l’apothéose). Or, qui mieux que Najat Vallaud-Belkacem pour plier les barres de réalités autour des concepts les plus tordus ?

Ça tombe bien : après sa réforme des collèges si magnifiquement pensée et si génialement mise en place, Najat frôlait la rupture de charge et devait bien trouver à s’occuper. Rien de tel qu’une Opération Mixité pour redonner du punch et du dynamisme à son équipe de fiers baltringues et autres intermittents de l’éducologie : et la voilà qui, début novembre, devrait annoncer publiquement une série d’expérimentations hardiment qualifiées d’inédites dont une dizaine de départements seront les joyeux cobayes pour « expérimenter une modification de la sectorisation », dont l’objectif est la réintroduction du lama à poil dru de la mixité sociale, petit animal chétif qui a presque complètement disparu des cours de collèges français.

Bien sûr, tout ceci se déroule dans la plus grande discrétion : « On ne veut surtout pas faire de bruit » confie-t-on à voix basse et regard fuyant dans l’entourage du ministre. Eh oui, il en faut, de la discrétion pour un tel projet : tout le monde sait que lorsque toute une société vise, comme un seul homme, à une belle mixité, lorsque tout le monde est d’accord pour tenter des expériences, la plus grande discrétion est de mise de peur, sans doute, de recueillir trop vite l’assentiment massif et les vivats de la foule.

Najat est donc lancée, telle un petit train à vapeurs (éthyliques ?), et plus rien ne pourra arrêter la délicieuse machination machine gouvernementale : de bonnes grosses louchées bien grasses de mixité sociale épaisse et fumante seront introduites dans certains collèges dès la prochaine rentrée, vous n’y couperez pas.

Cela n’est pas sans poser quelques problèmes, comme le souligne un ardent défenseur de ce triomphe en devenir, Stéphane Troussel, le président socialiste (assurément socialiste, et socialiste assumé) de la Seine-Saint-Denis, qui ne peut s’empêcher de poser une question pleine de cette réalité poisseuse qui va singulièrement compliquer les torsions belkacémiennes : « Oui, enfin quand vous n’avez aucune mixité sociale sur l’ensemble de la ville, vous faites comment ? »

oooh filocheRooooh, sacré Troussel qui fait mine de ne pas comprendre ! C’est pourtant simple, quand il y a une vraie volonté, z’inquitiez pas qu’il y aura des solutions. Qu’est-ce qui empêche vraiment les autorités d’aller choper en bus du collégien d’une certaine classe sociale, au petit matin, et de le déporter l’amener vers ces collèges où se concentrent des collégiens d’une autre classe sociale ? Comme cette expérience (inédite, vous dit-on) a déjà magistralement foiré partout, y compris en France, il doit bien être possible d’en remettre une couche, non ? L’alternative d’imposer une carte scolaire complètement ubuesque marchera tout autant puisque les (salauds de) parents s’organiseront probablement pour s’en détourner, via le privé.

najat vallaud belkacem scrogneugneuMais après tout, si l’on y réfléchit bien profondément, c’est bien à cause de cette liberté insupportable des adultes à choisir ce qui est bon pour leurs enfants que cette mixité refuse de se réaliser. C’est bien parce que les adultes sont libres de déménager, de choisir des options bizarres pour leurs enfants, de les inscrire dans le privé que la plupart des moutards ne vont pas là où ils devraient aller, scrogneugneu de scrogneugneu.

La suite logique consistera donc à ne plus donner aucune dérogation, aucun choix, ni aucune latitude. Trop de liberté tuant la mixité, tuons la liberté. Ne vous inquiétez pas, Najat Vallaud-Belkacem s’y emploie.

—-
Sur le web

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  • On est en train de fabriquer une belle poudrière….

  • Oui dans le passé des expérience de mixité forcé on été tenté, on appelait ça des camps de concentrations. Beaucoup en on gardé des souvenirs émus enfin ceux qui ont survécu…

  • Bonjour

    Dans l’article de wiki sur le busing;

    ‘Au regard des expériences américaines, le busing a mené à une conséquence INATTENDUE. Dans les zones soumises au busing, les familles blanches ont eu tendance à inscrire leurs enfants dans les écoles privées, qui ne sont pas soumises au busing. De même, la loi américaine ayant limité le busing aux frontières géographiques des districts, les familles blanches ont eu tendances à déménager dans des districts où les minorités étaient peu présentes.’

    La version british ne s’étonne pas.

    Les français sont les champions de la doxa collectiviste.

    • Le récent accident de bus qui alimente la presse en actualité larmoyante et masturbations intellectuelles a été le prétexte pour expliquer que l’horrible libération des transports en bus augmenterait fatalement la mortalité dans les transports. Mais pour les enfants c’est pas grave ?

      • « libéralisation » et pas « libération » !!! Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes.

        • Quels torchons, quelles serviettes ?
          Libéralisation = libération = même racine.

          Il ne faut pas avoir peur du mot « liberté », même s’il est tabou en france.

    • Le « busing » dont les Démocrates ont cru que c’était l’outil définitif de la déségrégation a commencé dans le Massachusetts ( à Boston avec le gouverneur Démocrate Dukakis) il y a 40 ans puis s’est étendu au reste du pays. Ce fut un échec aussi retentissant que l’imposition de la globale. Toutes ces débâcles ont une cause unique, la méconnaissance d’une loi d’airain universelle et intemporelle qui semble être un truisme mais pas pour les bonnes âmes de gauche: l’école, conservatrice par essence (voir Arendt) est faite pour apprendre et, ensuite seulement, devient-elle une force de mobilité sociale et d’intégration, mais si la condition première n’est pas remplie, c’est l’échec assuré. Elle enseigne alors l’ignorance, creuse les inégalités et met la démocratie en péril, dans le pire des cas. C’est celui de la France qui est incapable de faire marche-arrière et avance imperturbable alors qu’elle est arrivée au bord du précipice.
      Une autre condition, qui n’est pas spécifique à l’école, doit aussi être remplie: l’institution ne fleurit que dans la liberté, l’égalité l’étouffe. Pour rester « publique » et former à l’exercice de la démocratie, l’instruction doit exclure tout endoctrinement. On en est loin!
      Jacques Julliard, pédagauchiste de la première heure, celle de 68, a rejoint la liste des pompiers-pyromanes, mais mieux vaut tard que jamais: il suggère de « raser la rue de Grenelle ». C’est bien la première fois que je suis d’accord avec lui

  • oui, beaucoup de gens et ça dépasse les électeurs de gauche, sont schizophrènes ,il en va de m^me avec l’égalité salariale, tout le monde veut que son salaire soit le plus élevé possible ,soit meilleur que celui de son voisin , et curieusement tout le monde semble s’étonner que les salaires au final ne soient pas égaux, on atteint à l’absurde quand on prétend vouloir « tous »agir pour l’égalité des salaires (sauf à comprendre que par là on entend que les gens qui aient un salaires plus élevés que le mien me donnent des sous.)..

    • eh oui, c’est la loi du plus fort, du plus riche, du plus beau, du plus éduqué, du mieux vêtu, du mieux parfumé. C’est l’être suprême ….

  • Et tout ça, ça fait
    D’excellents Français
    D´excellents soldats
    Qui marchent au pas (dans un parfait vivreensemble)
    Ils n’en avaient plus l’habitude (Le confort c’est bourgeois)
    Mais c’est comme la bicyclette, ça s’oublie pas! (et puis c’est écolo)

    Et tout ça, ça fait
    D’excellents Français
    D’excellents soldats
    Qui marchent au pas (ça pollue moins que le gasoil des bus, tant qu’à faire)
    En pensant que la République (ou le socialisme ?)
    C’est encore le meilleur régime ici-bas (surtout pour les élites pensantes)

    Chanson de Maurice Chevalier.
    Je vous parle d’un temps que Najat ne peut pas connaitre.

  • Dehors Najat!

    Qu’on nous f…te la paix, qu’on nous laisse le choix!!

    Les socialopes ne l’ont pas encore compris, ça?

    Ou alors, ils attendent un bon coup de pieds aux fesses, qui ne va pas tarder à se concrétiser!!!

    Je suis absolument anti-FN, je ne suis pour aucun réel parti, mais les gens de la classe moyenne et de l’élite (qui reste) ne vont pas tarder à en avoir ASSEZ!

    ASSEZ d’être fliqués alors que les vrais terroristes, eux, courent dans la nature en toute impunité;
    ASSEZ d’être écrasés d’impôts alors que c’est toujours les mêmes qui en bénéficient;
    ASSEZ de ne plus pouvoir rien faire sans que l’Etat ne s’immisce dans leurs décisions;
    ASSEZ d’être dirigés par des incompétents notoires et des anti-patriotes, qui coulent la France et s’acharnent sur ses valeurs!!!!!

    La carte scolaire, voyez-vous, c’est le fruit de ce système socialiste qu’on nous impose depuis la mort de Pompidou.

  • Merci pour cet eclat de rire h16, le diktat egalitaro vivrensembliste est vraiment tres tres bien vu, je suis mort de rire comme un couillon dans un aeroport chinois a attendre mon avion en retard comme il se doit. Je me delecte au quotidien de vous lire et d’apprecier toutes vos formules de socialie, celle la est particulierement gratinee et je tenais a le souligner. Longue vie a vous et a Contrepoints.

  • Envoyons les rejetons des députés montrer le bon exemple dans les lycées de Seine St Denis… Je serais curieux de savoir quels établissements il fréquentent… La mixité, c’est bien pour les autres!

    Quant à penser que le mélange bons élèves / cancres ça fait monter le niveau, au contraire ça le fait régresser fortement ! et je parle d’expérience.

  • après 50 ans de reformes a se taper la tête contre les murs , plus personne ne veut y mettre les pieds dans nos belles écoles de république , même les profs !

    • oui parce que l’école française n’existe pas. C’est l’école des valeurs de la république. L’école des valeurs a un coût très élevé. L’école des valeurs apprend qu’à certains à lire, écrire et compter, aux enfants dont les parents ont un niveau social remarquable.

  • Mon ex-compagne, de sensibilité très à gauche, a oublié ses grands principes quand il s’est agi de notre fille, inscrite dans un « bon lycée » grâce une attestation de domicile fictif que je lui fournis bien volontiers.
    Dans l’Ancien Régime, les privilégiés n’avaient pas honte de ce qu’ils étaient. En démocratie, il s’agit pour les privilégiés de faire assaut d’esprit égalitaire, en imposant aux gueux ce qu’eux-même se gardent bien d’appliquer pour leur compte. La mixité, c’est pour les autres. NVB a intérêt à inscrire rapidement sa progéniture dans un établissement de la Seine-Saint Denis, si elle ne veut pas se retrouver devant des questions embarrassantes (que les chiens des medias ne poseront pas).

  • Le multi-culturalisme ne fonctionne nulle part sur la planète.

    Les populations citées ici présent, qu’il est interdit de nommer par leur nom sous peine de crime-pensée, sont fuient par toutes les familles raisonnables absolument partout dans le monde.

    Mais continuons de prétendre qu’il n’y a aucun problème.
    Tant qu’on n’est pas concernés personnellement par le problème n’est-ce pas…

    • On ne peut pas reprocher aux parents de vouloir le meilleur pour leurs enfants, de chercher à les préserver.

      Mais il n’y a pas que cela, les parents s’évitent aussi beaucoup d’ennuis avec les « autres » parents qui n’hésitent pas débarquer devant votre porte pour régler les histoires d’honneurs.

      Pour un sourire, un regard, une petite égratignure ou juste une bise « commise » par votre enfant, vous pouvez vous faire agresser chez vous par les « autres » gentils parents.

  • Et les enfants des ministres socialo, ils vont dans quels lycées??

  • Le fait qu’une entité, sur des critères bizarres, pourrait forcer des individus sélectionnés à se rendre à un endroit donné, ça porte quel nom?

  • Les commentaires sont fermés.

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