Espèces en voie d’extinction : un traité pour tout changer ?

white rhino-gmacfadyen(CC BY-NC-ND 2.0)

Un traité de libre-échange pourra-t-il résoudre les problèmes de trafic ?

Par Frédéric Strack et Joséphine Staron
Un article de Trop Libre

white rhino-gmacfadyen(CC BY-NC-ND 2.0)
white rhino-gmacfadyen(CC BY-NC-ND 2.0)

En 2015, mille deux cent quinze rhinocéros ont été abattus par des braconniers en Afrique, soit 18% de plus que l’année précédente.

La situation est critique : seuls quatre rhinocéros blancs sont actuellement toujours en vie et protégés dans des zoos bien gardés, ce qui laisse présager une rapide extinction de cette espèce. Le braconnage, véritable fléau pour les espèces animales, représente un réel danger pour la survie de nombreuses espèces protégées, comme les rhinocéros et les éléphants.

Les cornes et les défenses de ces animaux sont considérées dans certains pays, asiatiques notamment, comme possédant des vertus aphrodisiaques. Les braconniers revendent donc à des prix très élevés le fruit de leurs « chasses » : un kilo de poudre de corne de rhinocéros se vend entre 50 000 et 70 000 euros, le prix d’une corne peut varier entre 25 000 et 200 000 euros selon sa taille.

Le projet de traité de libre-échange Trans-pacifique, une réponse à cette extinction ?

Les États-Unis sont en train de négocier avec 11 autres pays du Pacifique, comme la Malaisie ou le Vietnam, un traité de libre-échange qui devrait être conclu d’ici à la fin de l’année. Comme tout traité de libre-échange, il vise à faciliter considérablement les échanges commerciaux. La nouveauté est qu’il prévoit de lutter contre le braconnage d’éléphants et de rhinocéros, dont les défenses et les cornes sont vendues à prix d’or sur le marché noir. Ce traité impose également aux États signataires de renforcer leurs dispositifs législatifs de protection de l’environnement, et d’assurer, via des agences, un contrôle aux frontières. À titre d’exemple, si un État africain signale au Vietnam qu’un de ses ressortissants est associé à une opération de braconnage, le Vietnam devra tenir compte de cette information et prendre les mesures qui s’imposent.

Certes la Chine, pays très demandeur de cornes de rhinocéros et défenses d’éléphant n’est pour l’heure pas associée à ce traité, mais l’on peut penser qu’elle finira par le signer, au vue de l’intérêt économique qu’il présente.

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