Les questions au gouvernement que vous n’entendrez pas cet après-midi

Stéphane Le Foll (crédits Philippe Grangeaud-Solfe Communications, licence Creative Commons)

Face à un exécutif en mode bulldozer, le corps législatif saura-t-il relayer les inquiétudes des Français ?

Par Le Parisien Libéral.

Stéphane Le Foll (crédits Philippe Grangeaud-Solfe Communications, licence Creative Commons)
Stéphane Le Foll (crédits Philippe Grangeaud-Solfe Communications, licence Creative Commons)

Ne vous fiez pas à la météo ! Pendant que nous commençons à profiter des vacances, l’exécutif socialiste, lui, continue à travailler, dans un curieux mélange d’impuissance et de volontarisme dogmatique. Cela donne des séquences comiques, comme la tenue de conférences de presse pour ne rien dire, ou alors des débats sur des projets de loi si lourds que les députés n’ont pas vraiment le temps d’étudier, ce qui contribue un peu plus à l’asphyxie du parlement.
Face à un exécutif en mode bulldozer, le corps législatif saura-t-il, notamment par le biais des questions au gouvernement, relayer les inquiétudes des Français ?

Question au ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll
Monsieur le Ministre, bravo pour le numéro d’équilibriste ! Sans rien pouvoir changer à leur situation, vous tentez de convaincre les agriculteurs et éleveurs touchés par la crise du porc, du bœuf et du lait que le gouvernement, pourtant légèrement à court d’argent et d’idées, que vous allez pouvoir faire quelque chose pour eux. Pourtant, cette crise, qui dure depuis des mois, est due à des facteurs sur lesquels vous n’avez soit aucun levier de court terme (le surinvestissement des années passées lié à la hausse du prix du lait, la révision de la politique européenne) soit aucun droit de commentaire (l’embargo contre la Russie). Monsieur le Ministre, pourquoi ne voulez-vous pas dire aux agriculteurs que la sortie de crise passera pas une combinaison de faillites des exploitations les moins en phase avec le marché, une adaptation des survivants à la demande des consommateurs intermédiaires ou finaux et par la construction d’une agriculture moins sensible au soutien public, autrement dit, par des solutions de marché ? Pourquoi n’expliquez-vous pas aux syndicats agricoles que le nombre d’emplois agricoles ou d’exploitations ne saurait être une fin, mais au mieux un moyen ?

Question au secrétaire d’État aux Droits des femmes, Pascale Boistard
Madame la Ministre, le harcèlement des parisiennes et des franciliennes est une réalité que nul ne nie. La plupart des femmes ont en effet été victimes, à un moment ou à un autre, de gestes et propos déplacés, quand il ne s’agit pas de pire. Dans ce contexte, auriez-vous l’amabilité de fonder vos conclusions sur des études sérieuses et robustes au sens statistique du terme, afin qu’elles ne souffrent pas de critiques sur la méthodologie, telles que rapportées dans l’article « 100% des femmes harcelées dans les transports » ? De plus, on se demande pourquoi les hommes n’agissent pas quand ils voient une femme être agressée. Mais force est de constater que la justice ne protège pas ceux qui s’interposent, comme on peut le voir dans le cas de cet homme condamné à deux mois de prison pour avoir blessé un agresseur lors d’une agression sexuelle ? Madame la Ministre, allez-vous discuter avec votre collègue de la justice afin de revoir les lois sur le droit à l’auto défense ou à l’assistance à autrui ?

Question au ministre des Finances, Michel Sapin
Monsieur le Ministre, en dépit de l’appel du Parti Libéral Démocrate qui enjoignait les parlementaires français à rejeter le plan d’aide inique, à refuser toute aide supplémentaire et à demander le départ temporaire de la Grèce de la zone euro en échange d’un abandon partiel de créance, le plan de Hollande a été validé par le Parlement, afin de « sauver » l’euro. Pouvez-vous nous tenir informés des prochaines étapes ? La Grèce est-elle sauvée, selon vous ?

Question à la ministre des Affaires sociales, de la Santé, Marisol Touraine
Madame la Ministre, il parait que vous rêvez d’une France sans tabac. Même si la prohibition ne marche pas, pourquoi n’appliquez-vous pas la politique anti-cannabis, en rendant le tabac illégal ? Si vous craignez, au vu de l’échec de la politique contre la drogue, qu’une politique de prohibition du tabac ne fonctionne pas, allez-vous débattre du sujet du cannabis avec vos collègues ? Enfin, votre politique est-elle dictée par le fait que le tabac rapporte 16 milliards d’euros de taxes par an ? Dans ce contexte, on comprend qu’il ne faille surtout pas que votre rêve d’une France sans tabac se réalise !

L’été aussi, le gouvernement travaille. Mais pas sûr qu’il le fasse au profit des Français. Surveillez le gouvernement !

Sur le web