Grèce : honte aux économistes irresponsables !

Paul Krugman (Crédits : Rachem Maddow, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

Certains économistes, en choisissant le populisme, ont sombré dans la facilité.

Par Nathalie Janson.
Un article de Trop Libre

Paul Krugman (Crédits : Rachem Maddow, <a href="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/" target="_blank">licence CC-BY-NC-ND 2.0</a>), via <a href="https://www.flickr.com/photos/therachelmaddowshow/" target="_blank">Flickr</a>.
Paul Krugman (Crédits : Rachem Maddow, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

Une nouvelle période de troubles se profile sans doute sur la zone euro en ce début du mois de juillet avec la victoire du « non » au référendum en Grèce. Que la classe politique grecque ait fait preuve d’irresponsabilité et d’inconséquence depuis janvier n’est malheureusement pas fait pour nous surprendre et les hommes politiques européens n’ont guère contribué à relever le niveau. En revanche, l’irresponsabilité des économistes dans leurs diagnostics et leurs préconisations est impardonnable. La médiocrité de la classe politique peut au moins s’expliquer par leur irrésistible envie de pouvoir et il est plus facile d’y accéder en disant ce que les gens veulent entendre, à savoir que l’austérité est terminée et que le salut du pays peut se faire sans ajustements douloureux. Le choix du populisme est le choix de la facilité.

Quand les économistes et non des moindres volent au secours du populisme…

économistes irresponsables rené le honzecLe plus surprenant, au fur et à mesure des jours qui nous rapprochaient du référendum, était de constater les prises de position des économistes et parmi lesquels des prix Nobel comme Stiglitz ou encore Krugman. Ces éminents spécialistes de politique économique expliquent à qui veut l’entendre que continuer l’austérité est une erreur, que c’est bien la cause de tous les maux en Grèce. Il vaudrait mieux, non seulement effacer la dette grecque, mais également lui apporter de l’argent frais afin de permettre la reprise de l’activité économique.

N’avoir comme seule proposition la relance de l’activité par la dépense publique est un déni de la réalité grecque. La Grèce souffre essentiellement d’un problème institutionnel et c’est bien ce qui rend compliqué son rétablissement. Le problème demande du temps pour être résolu et la confiance dans les institutions ne se décrète pas. Dans ce contexte, prôner la dépense publique à un État clientéliste est presque criminel. C’est comme si vous recommandiez à une personne au régime de manger des gâteaux pour maigrir. Il y a peu de chance que le résultat obtenu soit celui espéré…

Une thérapie de choc qui demande une constance qui ne rime avec politique

Si la Grèce veut retrouver le chemin de la croissance, elle a plus que jamais besoin de stabilité, ce qui n’est guère probable avec la victoire du « non » au référendum. On continue sur le chemin de l’inconnu et cette incertitude radicale ne permet pas aux entrepreneurs grecs de se projeter dans l’avenir.

En outre, il est urgent de faire rentrer l’impôt mais en l’absence de croissance on se demande bien comment un tel miracle peut se produire. Les propositions des créanciers de la Grèce d’augmenter la TVA dans un pays où l’économie souterraine a une place de choix, est particulièrement malvenue et ne fait que la renforcer.

Il serait opportun de réfléchir à comment améliorer la rentabilité de l’impôt quitte à en baisser son pourcentage et à en élargir l’assiette.

Les économistes sous-estiment sans doute la puissance du théorème de Laffer : « trop d’impôts tue l’impôt ». Il serait opportun de réfléchir à comment améliorer la rentabilité de l’impôt quitte à en baisser son pourcentage et à en élargir l’assiette. Il est vrai que la collecte de l’impôt ne s’améliorera que si la confiance dans le gouvernement en place est telle qu’elle renforce la crédibilité dans les institutions.

Est-ce qu’un gouvernement comme celui de Tsipras qui s’affiche clairement anti-capitaliste peut créer un climat tel que les riches grecs investissent dans leur pays ? Rien n’est moins sûr…

Sur le web. Article paru à l’origine dans Le Figaro.