Référendum : la question grecque divise les Français

Sondage Français et la crise grecque 2 (Crédits BVA, tous droits réservés)

Selon un sondage BVA – Orange – iTélé, les Français sont partagés sur le traitement de la « question grecque » dans la zone Euro.

Par Alexis Vintray.

Alors que les Grecs viennent de rejeter lors d’un référendum controversé les propositions de la Commission Européenne, de la BCE et du FMI, la question du maintien ou non de la Grèce dans la zone Euro continue de déclencher les passions.

Interrogés jeudi et vendredi sur la question pour un sondage BVA – Orange – iTélé1, les Français sont une petite majorité (57%) à vouloir que la Grèce reste dans la zone euro. À l’inverse, 39% souhaitent que la Grèce quitte la zone Euro. Le pourcentage de sondés favorables au maintien de la Grèce est stable par rapport à juin 2015 mais en baisse de 5 points par rapport à 2012.

Sondage Français et la crise grecque (Crédits BVA, tous droits réservés)
Sondage Français et la crise grecque (Crédits BVA, tous droits réservés)

 

Cette majorité cache des différences significatives. Ainsi, les sympathisants de la gauche, du PS (75%) et des partis à la gauche du PS notamment (63%), sont relativement unanimes à souhaiter le maintien de la Grèce dans la zone Euro alors qu’au centre et à droite les opinions sont plus partagées : les partisans du centre, du Modem (71%) et de l’UDI (64%), sont majoritairement favorables à ce maintien mais les sympathisants des Républicains sont bien plus clivés, une moitié (50%) souhaite que la Grèce reste dans l’Euro, l’autre moitié (47%) privilégiant une sortie. Enfin, les sympathisants du FN, généralement peu favorables à l’UE, se déclarent en très grande majorité pour une sortie de la Grèce de la zone Euro (80%).

Les Français se divisent plus encore sur la question du comment faire rester la Grèce, puisqu’ils étaient très partagés sur la question du référendum, remporté hier par le camp du Non : 32% souhaitaient que les Grecs votent pour les mesures préconisées par les créanciers du pays, 27% qu’ils votent contre et 38% estimaient ne pas connaitre assez le sujet pour se prononcer.

Sondage Français et la crise grecque 2 (Crédits BVA, tous droits réservés)
Sondage Français et la crise grecque 2 (Crédits BVA, tous droits réservés)

 

Les sympathisants de l’extrême gauche souhaitaient très majoritairement que les Grecs votent contre ces mesures (67%) alors que moins de 2 sympathisants du PS sur 10 (16%) partageaient cette opinion (40% souhaitaient qu’ils votent pour). Même constat à droite, où 41% des sympathisants du FN espéraient la victoire du « non » au referendum, contre 16% seulement des sympathisants des Républicains.

On peut toutefois se demander si les Français sont conscients du prix qu’ils doivent déjà et devront payer demain pour que la Grèce reste dans la zone euro ; à en croire les officiels français et allemands, c’est la sortie de la Grèce de la zone euro qui serait la plus coûteuse. Pourtant, malgré déjà plusieurs dizaines de milliards de dette effacée et payée, directement ou indirectement, par les contribuables européens, les grecs continuent à ne pas pouvoir payer leur dette au point qu’Alexis Tsipras, le Premier ministre d’extrême gauche, demande un nouvel « haircut » (ou effacement de dette) de 30%. Au vu de l’historique de la Grèce qui n’a jamais su qu’aller de défaut en défaut et a vécu la moitié de son histoire moderne en état de faillite, la sagesse serait plutôt d’enfin mettre un terme à cette lente agonie, prendre pour de bon les pertes qui s’imposent et repartir sur des bases saines. À quand un référendum pour demander aux Européens s’ils souhaitent continuer à payer pour les Grecs ou préfèrent cette option ?

  1. Méthodologie du sondage BVA : enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français recrutés par téléphone puis interrogés par Internet les 2 et 3 juillet 2015. Échantillon de 1098 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, profession du chef de famille et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.