Mixité sociale : la droite piégée par son penchant social-démocrate

Cités : logements sociaux à Saint Denis (KoS, Creative Commons)

Les critiques des Républicains contre la politique du PS et du PCF à Paris tombent à plat, faute de s’attaquer au cœur du problème : l’existence du concept HLM, une hérésie.

Par le Parisien libéral.

Sacrés soi-disant droitards !

Faute de formuler une alternative claire à la politique menée par le Parti Socialiste, ils en sont réduits, en plein conseil municipal, à élever la voix contre les « staliniens » qui pratiquent une politique « dogmatique » en matière de logement. L’objet de la discorde : les HLM dans le XVIeme arrondissement. Le communiste Ian Brossat est fier de pouvoir en implanter.

Il est vrai que si on considère que la loi SRU est légitime et que l’on considère qu’en matière de logement, les arrondissements parisiens sont des villes à part entière, alors force est de constater que le seizième arrondissement n’est pas un bon élève du logement social.

Logement social à Paris (Crédits : APUR, tous droits réservés)
Logement social à Paris (Crédits : APUR, tous droits réservés)

Alors que 36% des logements du XIXeme sont des HLM, cette proportion tombe à moins de 3% dans le XVIeme. Pourtant, les critiques des Républicains contre la politique du Parti Socialiste et du Parti Communiste à Paris tombent un peu à plat, faute de s’attaquer au cœur du problème : l’existence du concept HLM, une hérésie.

A t-on vu la « droite » parisienne expliquer, lors de la dernière campagne municipale, qu’il fallait remettre en cause la loi SRU et l’existence du parc HLM ? Non. Trop soucieuse de courir après le PS, et désireuse de ne pas faire de vagues, elle a préféré faire profil bas sur le sujet, dont on sait pourtant qu’il a contribué à la victoire d’Anne Hidalgo.

Un logement, c’est quoi ? Citons Wikipedia : un logement est un local, un appartement ou une maison et plus généralement tout endroit où une ou plusieurs personnes peuvent s’abriter, en particulier pour se détendre, dormir, manger et vivre en privé. C’est un endroit pour s’abriter (héberger) le jour et la nuit.

Et un logement social, c’est quoi ? Un logement social est un logement destiné, à la suite d’une initiative publique ou privée, à des personnes à revenus modestes qui auraient des difficultés à se loger sur le marché privé. L’expression sert aussi à désigner le secteur économique constitué par ce marché immobilier et les politiques d’économie sociale qui président à son administration.

Première erreur de la « droite » : penser qu’il faille aider les personnes à revenus modestes qui auraient des difficultés à se loger sur le marché privé.

Si on reprend la pyramide des besoins selon Maslow, le logement, certes indispensable, vient néanmoins, dans la hiérarchie des besoins auxquels les êtres humains sont confrontés, directement après les fonctions vitales, telles que se nourrir. Or, depuis l’échec de l’expérience communiste, personne ne songe sérieusement à nationaliser l’agriculture, Danone, Auchan et Carrefour pour que l’État assure à chacun son alimentation. Pour se nourrir, une fonction vitale, on fait confiance au marché et à ses millions d’intervenants décentralisés, du producteur de semences au caissier du magasin. Alors pourquoi le logement devrait-il sortir de ce schéma ?

Si des Parisiens ne parviennent pas à se loger à Paris, pourquoi les y aider alors qu’ils peuvent tout simplement déménager pour s’installer plus loin ?

Deuxième erreur de la droite : souscrire au concept de mixité sociale.

L’idée du PS, c’est que le logement social permet aux « pauvres » de vivre aux cotés des « riches ». Mais qui a dit que les différents groupes sociaux ont envie de se mélanger ? Pas les pauvres, en tout cas, ni les riches, pour peu que l’on puisse adopter une typologie aussi simpliste.

Quand les habitants de HLM s’installent dans le VIIeme ou le XVIeme, ils ne font pas leurs courses à Passy ou rue Cler, ils prennent le métro pour trouver des produits moins chers. Eh oui, habiter quelque part ne fait pas tout, encore faut-il que l’environnement ne soit pas hostile.

On peut d’autant plus en rire en évoquant la question de la mixité sociale quand on reprend toutes les stratégies que les plus informés mettent en oeuvre afin que leurs enfants échappent à la mixité scolaire. Entre les options rares, les classes spéciales ou carrément les écoles privées, n’est-ce pas la caractéristique des CSP+ de gauche, pas forcément ultra fortunées mais à fort capital intellectuel, que de penser que leurs enfants n’ont pas à subir les volontés niveleuses de l’Éducation nationale ? Il ne s’agit pas de blâmer ces parents, mais juste de voir les choses en face : la mixité sociale, personne n’en veut.

Troisième erreur de la droite : valider l’idée de mixité sociale se fait par arrondissement.

C’est vrai, pourquoi ne pas chercher à affiner le concept, et vérifier que dans chaque rue, voire dans chaque immeuble, résident un maximum de 40% de diplômés de l’enseignement supérieur, 10 ou 15% de gays, 52% de femmes, 10% de maghrébins, bref que chaque immeuble reflète bien la sociologie de l’Île de France ? Mieux, pourquoi ne pas bloquer les mariages de CSP+ ou de CSP +++, afin de s’assurer que la mixité sociale s’applique aussi aux familles ?

Résumons nous : les HLM sont une arnaque sur le plan intellectuel. Ils octroient un pouvoir démesuré au politique, et ce au détriment des contribuables. De plus, des gens qui y résident n’ont rien à y faire. L’avantage de ce dispositif est tel qu’il fait l’objet de trafics.

Si la droite était vraiment une opposition, elle proposerait la seule idée qui vaille : privatiser ces logements sociaux, en les proposant à la vente à qui le souhaite, à commencer par leurs actuels occupants.


Sur le web