L’arnaque écologique de Solar Impulse

Solar Impulse ne serait-il qu’un prétexte pour un peu d’écologie-spectacle à destination des masses ?

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Solar Impulse 2 over Payerne - by Tobrouk - CC BY NC ND 2.0

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L’arnaque écologique de Solar Impulse

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 11 juin 2015
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Par Stéphane Montabert, depuis la Suisse.

Par accident ou peut-être le besoin de montrer un regain de pluralisme à l’approche du vote du 14 juin sur la redevance, la RTS s’est fendue samedi dernier d’un reportage tout à fait étonnant sur le bilan écologique réel de Solar Impulse, l’avion « solaire » de Bertrand Piccard.

Il pollue plus que tout ce que vous pouvez imaginer.

Alors que les écologistes nous rabâchent qu’il faut traquer les coûts cachés de la moindre capsule de café, les journalistes se sont contenté d’en faire autant avec Solar Impulse, additionnant ainsi :

  • L’énergie grise, soit le coût énergétique de la construction de l’appareil, y compris batteries, panneaux solaires, etc. – un coût particulièrement lourd dans le cas de Solar Impulse sachant que l’avion-prototype n’est évidemment pas le prélude à une production de masse ;
  • La pollution indirecte, à savoir toute l’énergie requise pour la conception et la récolte de fonds, les dizaines de dîners de gala et de conférences requises pour réunir les 150 millions de francs du projet ;
  • La pollution de réalisation, c’est-à-dire le coût d’accompagnement de Solar Impulse par une équipe au sol d’une soixantaine de personnes à chaque vol de l’avion solaire, avec les ordinateurs, les accès réseau, etc.

 

La conclusion est cinglante : l’aventure Solar Impulse consomme autant que si 200 personnes faisaient le tour du globe en avion de ligne.

Si le reportage est assez complet, il n’aborde pourtant pas un point central à la base même du projet, l’idée que Solar Impulse vole à l’énergie solaire. C’est un grossier raccourci. Solar Impulse dispose effectivement de panneaux solaires et de batteries rechargeables pour rester en vol pendant les heures nocturnes, mais les batteries de l’avion sont chargées à bloc avant chaque décollage, à l’aide de courant électrique tout ce qu’il y a de plus banal !

Pour être un tant soit peu conforme à son esprit, Solar Impulse devrait recharger ses batteries sur le tarmac à l’aide des panneaux solaires disposés sur la surface de l’appareil. Ce n’est évidemment pas praticable à cause des poussières et du temps que réclamerait la manœuvre. En fin de compte, au moins au décollage, il doit son envol à une bonne dose d’énergie nucléaire ou thermique selon le pays d’où il part…

Interrogé dans le reportage, Suren Erkman, professeur d’écologie industrielle à l’UNIL, explique avec raison que la comparaison entre Solar Impulse et un avion de ligne commercial n’est probablement pas appropriée ; il serait sans doute plus judicieux d’établir un parallèle avec la tournée mondiale d’un groupe musical de premier plan, avec son staff technique, son matériel, sa régie, etc.

Solar Impulse ne serait donc qu’un prétexte pour un peu d’écologie-spectacle à destination des masses ? Pour ceux qui suivent le dossier depuis assez longtemps, cela ne fait guère de doute. Au tour du monde en ballon succède l’avion solaire ; le modèle d’affaire reste le même, au confluent du marketing, du sponsoring et des causes à la mode. Et puisque le grand public pourrait finir par se lasser d’un énième « exploit » de son auteur, la sauce est diluée avec sagacité pour faire durer l’aventure (et les rentrées d’argent) le plus longtemps possible.

Solar Impulse est moins un défi technique ou une aventure écologique qu’une tournée événementielle orchestrée comme du papier à musique, jusque dans la façon dont les logos des sponsors sont subtilement mis en avant dans chaque plan-séquence. Inébranlable et volontairement hermétique à toute polémique, le chef de projet Bertrand Piccard botte en touche en invoquant commodément le symbole :

« [Le but de Solar Impulse] est de montrer que toutes nos technologies, qui nous permettent de voler jour et nuit avec un avion solaire sans carburant, doivent être utilisées au sol pour avoir une société plus propre, et un monde plus propre. C’est ça qui est important, et finalement c’est ça qui fait qu’il y a des millions de gens qui aiment ce projet et qui nous suivent. »

Bien sûr les panneaux solaires ont un bilan énergétique discutable, les batteries sont lourdes et polluantes, et il faut tout une équipe au sol pour parvenir péniblement à déplacer un unique être humain à bord à la vitesse moyenne de 80 km/h, tout ceci n’étant possible que lorsque toutes les conditions météorologiques sont réunies…

Ce n’est pas la force du symbole qui, une fois invoqué, permet de justifier à peu près n’importe quoi, mais bien celle d’une puissante magie, le show-business.

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  • SI est supporté par les gros avioneurs qui ont tout intérêt à aller dans le sens de l’écologie pour leur communication car « c’est bien connu les avions ca pollue ». ( Et surtout le carburant c’est toujours trop cher, quand une compagnie paie un avion)

    la techno de ce projet est pour l’instant absolument incompatible avec une intégration sur avion de ligne, c ‘est une vaste blague que de vendre le contraire. Un A320 consomme 20 tonnes de carburant par vol, (dit autrement 2 des plus grosses citerne d’un camion citerne) dont bien 500Kg sont déjà orientés vers les besoins électriques, sans compter le simple fait de reussir à allumer les moteurs. Autant dire que la récuperation d’energie solaire de S.I. n’est même pas capable dallumer un moteur au démarrage ou de pourvoir aux besoin d’entertainement des passagers … Et c’est pas comme si S.I avait une envergure de pas loin de 80m, soit , au ratio de surface, une taille comparable a ce que peut supporter un A320. Peut être un ratio de 5 ou 10, mais pas 100.

    Par contre votre argumentaire est un peu bizarre, il s’agit ici de developper un démonstrateur, evidemment qu’il a besoin d’ingénieurs, vous comptez pas les crash tests et le blocage dans le traffic parisien des employés PSA quand vous faites votre bilan éco voiture 🙂

    • « Par contre votre argumentaire est un peu bizarre, il s’agit ici de developper un démonstrateur, evidemment qu’il a besoin d’ingénieurs, vous comptez pas les crash tests et le blocage dans le traffic parisien des employés PSA quand vous faites votre bilan éco voiture 🙂 »

      On peut, mais vu le nombre de kilomètres parcourus par les voitures du groupe PSA, il vous faudra un microscope électronique à balayage pour observer le cout au kilomètre du staff PSA.

      • Tout à fait et c’est pour cela que la comparaison avec l’avion de ligne (produit en série) n’est pas vraiment appropriée ; mais il faut l’évoquer tout de même, car ironiquement, cette comparaison est faite par Solar Impulse lui-même lorsqu’il clame qu’il consomme « zéro carburant » contre les 3l de kérosène par passager et par 100 km d’un avion de ligne classique.

        De plus, si le bilan écologique complet est critiquable une bonne part ne prête pas à la moindre discussion: tout au long du tour du monde de Solar Impulse il y a bien une indispensable équipe de 60 personnes au sol pour le suivi, et ces gens voyagent bel et bien en avion de ligne…

      • Oui mais si ils roulent en renault ? 🙂

      • Quand on fait des prototypes d’automobiles c’est dans l’idée de produire en série.

        Le prix de tout ce bazar rentre au final dans le prix de votre bagnole. Donc cela ne peut pas consommer plus d’énergie que ce que vous pourriez vous payer avec le prix de la bagnole.

  • « [Le but de Solar Impulse] est de montrer que toutes nos technologies, qui nous permettent de voler jour et nuit avec un avion solaire sans carburant, doivent être utilisées au sol pour avoir une société plus propre, et un monde plus propre. C’est ça qui est important, et finalement c’est ça qui fait qu’il y a des millions de gens qui aiment ce projet et qui nous suivent. »

    Pour l’instant il est en train de prouver que c’est pas possible et si il y arrive il aura prouvé que ca coute une blinde !

  • « [Le but de Solar Impulse] … »
    C’est vraiment l’argument de la mouche du coche !

  • Une expérimentation intéressante certes mais une escroquerie intellectuelle enorme si cela devient un vecteur de communication au service d’une idéologie idiote.

  • « Malgré les protections prises par l’équipe, un des ailerons a été abîmé après l’atterrissage, alors que Solar Impulse 2 a dû rester de longues heures sur le tarmac, exposé au vent, à la pluie et à la chaleur, dans l’attente de son abri sur mesure acheminé en urgence par avion cargo de Chine. »

    Vous avez oublié de compter la consommation de l’avion cargo qui doit impérativement le suivre avec son abri : (il est trop gros et trop fragile pour rester dehors aux escales) !
    Donc Solar Impulse consomme en fait au moins autant qu’un avion cargo.

  • C’est surtout qu’il y a déjà des « vrais » avions de loisir « électriques », qui ne sont pas cloués au sol dès quil y a un peu de vent ! Et si des industriels voulaient les faire participer à la promotion des enr, alors oui ces avions peuvent très bien se recharger au sol avec de l’électricité produite par des « enr ». Bref, pas la peine d’avoir des panneaux solaires sur les ailes ! Quand on y pense, c’est une vraie régression pour l’aéronautique.

    Oui, Solar impulse, c’est juste l’affichage du logo des industriels sur le cockpit et sur l’uniforme de Picard, tous bien visibles à chaque interview par les medias, et probablement une belle aventure pour tous ceux qui participent à l’aventure.

    Après, il n’y a pas de fonds publics là-dedans. C’est un projet privé. Quoique … tous nos medias subventionnés qui affichent ce projet en avant de façon disproportionnée, et donc qui leur font cadeau d’une publicité gratuite payée par nous).

  • Cet engin capable de voler seulement par beau temps, est un mirage. Un but inatteignable.

    Appelons le Mirage Zéro

  • A vous lire, jamais les pionniers tels que Blériot, Mermoz, Thieffry, Lindbergh n’auraient dû voler!
    La nouvelle technologie expérimentale de Solar Impulse est de démontrer que l’énergie solaire a de l’avenir dans le domaine de l’aviation. Peu importe si elle n’est pas encore parfaite. Ce n’est qu’un début.
    Et par cette expérience étonnante, Bertrand Piccard s’inscrit parfaitement dans la lignée de pionniers qu’ont été son grand-père et son père, bien connus des Belges puisque le FNRS puis Solvay (Belgique) ont soutenu financièrement et techniquement avec succès leurs audacieuses expéditions entre la stratosphère et les abysses!

    • Nombre de pionniers de l’aviation ont disparu corps et bien en mer. Picard pourrait bien suivre le même chemin avec son avion incapable de résister à un coup de vent au sol, s’il tente de traverser le pacifique …

      En résumé, les sponsors financent un fou pour attirer les gogos de l’écologie et les convaincre d’acheter leur produits (non écologiques). Mais il n’y a aucun avenir pour l’aviation dans tout ça (C’est la que se trouve la principale arnaque).

    • Les pionniers utilisent les meilleures technologies disponibles pour faire mieux que l’existant : plus haut, plus vite, plus fort, plus commode, plus satisfaisant, plus économique, etc. Ceux qui veulent montrer qu’on peut faire presque aussi bien que l’existant, bien que moins haut, moins vite, moins fort, moins commode, moins satisfaisant et plus cher, mais en respectant des préceptes religieux ou presque, ne sont pas des pionniers : ce sont des saltimbanques idéologues prosélytes.

    • « les pionniers tels que Blériot, Mermoz, Thieffry, Lindbergh » vantaient les économies d’énergie?

      J’ai du manquer un épisode, là.

  • « d’énergie nucléaire ou thermique »

    d’énergie nucléaire ou de liaisons chimiques, plutôt.

  • BOF je n’ai pas suivi cette aventure technologique mais je trouve l’ire que soulève celle ci bien déplacer.
    Bien sûr que l’Airbus A320 solaire n’est pas près d’exister ni aujourd’hui ni demain mais et alors ?

    Je trouve bien cet esprit pionnier de ces hommes qui à l’instar de Blériot, Mermoz ou Lindberg réalisent une action dont ils ne connaissent pas la portée (grande ou nulle).
    D’autant qu’il y a des argument débile du genre l’avion n’est pas écologique car un avion « classique » le suit…

    Il y a un aspect négatif à ces articles et commentaires qui dénie tout intérêt à ce genre d’aventure technologique…

      • aujourd’hui, non, en occident nous n’en avons pas encore besoin; mais la question se pose dans certains points du globe
        Et surtout, ces technologies vont s’améliorer.
        wait & see

        • Le solaire c’est mal barré. Même si on récupérait 100% de l’énergie solaire arrivant sur la surface de captage (totalement irréaliste) il faudrait couvrir la planète de panneaux pour vaguement survivre.

          L’éolien c’est un poil plus prometteur. Mais l’intermittence reste un gros soucis. Typiquement quand il fait très froid ou très chaud (donc qu’on a le plus besoin d’énergie…) on a aussi le moins de vente. On a aussi en général moins de vent la nuit. Bref, pas glop. Et en outre le rendement énergétique des éolienne ne bouge pas trop, depuis les quelques milliers d’années qu’on en utilise…

          Le truc sur lequel on peut dire avec un peu de certitude que « ça va s’améliorer » c’est les production d’énergie à base chimique (charbon, gaz, pétrole, etc.) et nucléaire. Perso j’ai beaucoup plus confiance dans la fusion et les réacteurs à sels liquide (ou même les réacteurs à neutrons rapides) pour mon énergie dans l’avenir que sur les « renouvelables »… Comme si on ne pouvait pas « renouveler » les sources chimiques utilisées pour le thermique classique.

          • « Même si on récupérait 100% de l’énergie solaire arrivant sur la surface de captage (totalement irréaliste) il faudrait couvrir la planète de panneaux pour vaguement survivre. »
            Grossièrement faux.
            Au niveau planétaire et annuellement, la quantité d’énergie solaire reçue par la Terre, c’est 8000 fois la consommation totale d’énergie toutes sources et tous usages confondus.
            Pour la France, couvrir 10% du bâti existant (10 000 km2) représenterait, avec un rendement de 15%, une puissance crête de 150GW et une production annuelle de 200TWh.

    • « Et alors ? »
      150millions de francs de pure publicité. Ca casse un peu le sponsor, alors chut.

      « Je trouve bien cet esprit pionnier de ces hommes qui à l’instar de Blériot, Mermoz ou Lindberg réalisent une action dont ils ne connaissent pas la portée (grande ou nulle). »

      Mermoz et Lindberg ont fait leurs exploits en utilisant les avions de l’époque.
      Blériot était un industriel qui a voulu démontrer la capacité croissante de ses produits.

      L’expérience Picard réussi le pire mélange des 2 : Construire un projet industriel sans avenir pour faire croire à un exploit humain faussement précurseur.

      « D’autant qu’il y a des argument débile du genre l’avion n’est pas écologique car un avion « classique » le suit… »
      Vous trouveriez débile de critiquer une voiture électrique sans batterie mais avec un (très long) câble ?

    • On n »est pas vraiment épaté par cette aventure technologique mais en revanche on salue les progrès de la Conchyliculture.

  • En tous cas, bravo au service de com très réactif. A peine l’article sur contrepoints, on se ramasse 3 commentaires avec toute les élements de langage qui vont bien et le lendemain une demande de rectification.

  • Le solaire au sol a un facteur de charge ridicule: 13%.

    Penser que le solaire intermittent et très onéreux serait l’énergie du futur est une ineptie…

  • Il faut prendre ce genre d’expérimentation dans le but d’améliorer les différentes technologies concernées, en attendant simultanément les progrès sur la miniaturisation des panneaux solaires et l’augmentation de capacités de stockage de l’énergie captée … pour pouvoir voler complètement, plus tard, sur des lignes régulières (commençons par des courts courriers…)

    Quand Sanofi sort un médicament, la période de recherche prend parfois des longues années et des milliards de dépenses, sans parler des risques de morts humaines pendant les tests et le début de commercialisation … Sans cela, comment soigner des millions de malades pour un coût de quelques euros lors de l’industrialisation et la commercialisation en grande échelle de ce médicament ?

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