CMU, PUMA : dès 2017, c’est fini selon la Cour des Comptes !

curtain credits goshesh licence (CC BY 2.0) ), via Flickr.

Un rapport de la Cour des Comptes annonce l’impossibilité de financer la CMU à partir de 2017.

Par Thibault Doidy de Kerguelen.

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Dans le cadre de la grande collectivisation du pays, à partir du 1er janvier 2016, les fichiers du fisc et de la sécu seront croisés. Il deviendra quasiment impossible d’échapper au grand Moloch, si ce n’est en devenant un total paria hors système ou en refusant d’être affilié à la sécu.

Il manquera entre 1,2 et 2 Mds d’€ pour couvrir les promesses du gouvernement

L’élargissement des régimes CMU-C et ACS (aide accordée au financement des mutuelles pour les bénéficiaires qui dépassent jusqu’à 135% le plafond donnant droit à la CMU-C) décidé par le gouvernement socialiste entraîne un surcoût évalué à une fourchette entre 1,2 et 2Mds d’€ à l’horizon 2017-2018 par la Cour des Comptes (le delta vient du fait que tous les ayants-droit ne demandent pas à devenir bénéficiaires). Ce surcoût n’est pas provisionné et aucune recette nouvelle n’est prévue. « Ces montants soulignent une difficulté majeure à honorer les engagements pris au titre de la CMU-C et de l’ACS, à travers notamment les relèvements de plafond de ressources dont elles ont fait l’objet ».

Ils faut dire que ce déficit vient s’ajouter aux 1,5 à 2 Mds d’€ d’allègement de charges prévu dans le cadre de la généralisation de la couverture complémentaire obligatoire d’entreprise qui vient elle aussi d’être imposée aux salariés par nos collectivistes.

Augmenter les contrats d’assurance de 5% ?

Dans l’hypothèse évoquée, le taux de la taxe affectée au Fonds CMU-C devrait augmenter dans une fourchette de 3,8 à 6,6 points. C’est écrit en toutes lettres dans le rapport de la Cour des Comptes. Or, les auteurs du rapport en conviennent eux mêmes, même d’ampleur plus limitée, une hausse de la taxe sur les contrats d’assurance n’est pas raisonnablement envisageable (mais sommes-nous encore sous l’empire de la raison ?). Cette taxe s’élève déjà aujourd’hui à 13,27% quand elle n’était que de 1,75 % en 2000, lors de sa création (Toujours ce bon vieux principe de la grenouille qu’on cuit à petit feu…).

L’augmenter encore équivaudrait à sortir encore plus de membres de la classe moyenne-basse de la couverture santé. Pour quoi faire ? Ré-augmenter les seuils d’accession à l’ACS ? C’est le cercle vicieux du collectivisme qui, à terme, nous le savons bien, finit toujours par une implosion et la disparition de toute prestation. D’autant que, maintenant, avec cette stupidité de contrat collectif obligatoire, toute augmentation de la fiscalité sur les contrats augmentera de facto le coût du travail.

Que préconise la Cour des Comptes ?

Eh bien, il n’y a pas de mystère. Si l’État, englué dans sa dette et dans ses déficits ne peut pas prendre en charge le surcoût, si augmenter la taxe qui finance actuellement le dispositif est inenvisageable, il ne reste plus qu’une voie… supprimer le déficit en réduisant le nombre de bénéficiaires !

Contrepoints525 - CMU - René Le HonzecEh oui, vous avez bien lu, je vous invite à consulter le rapport en ligne sur cette page. La Cour des Comptes préconise de prendre en compte l’intégralité des revenus (ce qui n’est pas le cas actuellement, les prestations sociales n’étant pas comprises comme revenus) des allocataires afin d’éliminer, en conservant les seuils établis par le gouvernement, l’équivalent du surplus de nouveaux bénéficiaires consécutifs aux décisions socialistes. Incroyable, non ? D’un côté on joue la démagogie en disant qu’on relève les montants donnant droit aux prestations et de l’autre on change les règles de calcul afin de réduire en réalité le nombre de bénéficiaires ! C’est vicieux, c’est stupide, c’est surtout le résultat logique de décisions prises sans réflexion, sans analyse, par des incompétents idéologues.

Toujours, la réalité rattrape les idéologues, toujours, les dindons sont… les citoyens qui paient.

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