Scandale de l’Ina : les privilégiés de la république

Clergé Noblesse Tiers état (Image libre de droits)

Il aura fallu qu’Agnès Saal soit visée par une plainte déposée par l’association Anticor pour que Fleur Pellerin se décide à saisir la justice.

Par Geneviève Frixon.

Clergé Noblesse Tiers état (Image libre de droits)
Clergé Noblesse Tiers état (Image libre de droits)

C’est le moins que l’on puisse dire, l’aspect sacerdotal de la fonction publique est bafoué par l’arrogance de certains énarques. On y voit, comme l’écrivait Alain Etchegoyen, « un sens de l’État qui part en quenouille ! » Le dernier scandale en date, celui de Mme Agnès Saal ex-présidente de l’INA et les révélations sur ses dépenses de taxi avoisinant les 41 000 €, puis son recasage au ministère de la Culture comme chargée de mission, n’est que l’arbre qui cache une forêt de hauts fonctionnaires, enfants gâtés de l’État comme le rappelait en septembre 2014, Les enquêtes du contribuable.

Tout-puissants et totalement coupés des réalités, les hauts fonctionnaires échappent à tout contrôle. Toutefois, l’association anti-corruption Anticor a décidé de porter plainte contre X « pour détournement de fonds publics et délit de favoritisme » ; elle s’étonne qu’aucune plainte n’ait été déposée par les autorités compétentes.

Agnès Saal n’est pas la seule dans le collimateur d’Anticor, son prédécesseur Mathieu Gallet est également pointé du doigt. Le Canard Enchaîné du 6 mai dernier faisait état, sous sa direction, « de graves irrégularités lors de la passation de plusieurs marchés publics ». Rappelons que l’INA est financé à hauteur de 90 M€ par des fonds publics.

Le Président d’Anticor Jean-Christophe Picard, soulève deux problèmes :

  • le manque de transparence des dirigeants nommés par le pouvoir politique, puisque les recrutés ne le sont plus uniquement sur leurs compétences mais également sur leurs opinions politiques.
  • La défaillance du contrôle de gestion. En effet, selon Le Canard Enchaîné, Mathieu Gallet aurait dépensé 795 000 € à l’INA pour rémunérer un consultant.

Le Conseil d’administration, censé contrôler la bonne destination de l’argent public, ne semble pas s’émouvoir de ces sommes astronomiques.

Anticor attend donc que la ministre de tutelle, le Conseil d’administration ou le prochain président déposent plainte au nom de l’INA pour qu’il y ait une enquête, et de citer l’article 40 du Code de procédure pénale qui oblige toute autorité informée d’un délit, à saisir le procureur de la République.

Droit commun et droit administratif, deux poids deux mesures dans une France qui cajole sa noblesse d’État, mais asphyxie par une pression fiscale grandissante la France qui se lève tôt !

Note : à l’heure où nous écrivons ces lignes, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a « décidé de saisir la justice » sur la base de l’article 40 du Code de procédure pénale.

Sources :

  • Alain Etchegoyen, La démocratie malade du mensonge
  • Enquêtes du Contribuables « Les enfants gâtés de l’État »
  • Mai 2015 : INA : Anticor dépose plainte pour détournement de fonds publics et favoritisme


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