Une politique monétaire chère… et sans effets

Euro BCE (Crédits Maciej Janiec, licence Creative Commons)

Malgré les initiatives des banques centrales, rien ne semble changer. Que faire pour remédier à cette politique inutile et très coûteuse ?

Par Dr. Eberhardt Unger.

Agora illustration

Les principales banques centrales dans le monde continuent leur politique monétaire ultra-dépensière : la Fed, la BCE, la Banque d’Angleterre depuis 2009 et la Banque du Japon depuis 1990.

Toutefois, il n’en résulte aucune impulsion économique ni aux États-Unis (voir graphique ci-dessus), ni dans la Zone euro, ni au Royaume-Uni ni au Japon. Ni la politique de taux zéro, ni les taux négatifs du marché monétaire, ni l’assouplissement quantitatif pas plus que les rendements obligataires extrêmement faibles n’ont été la « panacée » tant attendue.

La Fed a vu son bilan total passer de 1 000 milliards de dollars fin 2008 à 4 500 milliards fin 2014, alors que le PIB nominal américain n’a augmenté que de 2 700 milliards. Environ 900 milliards de dollars ont été déversés sur les marchés financiers, provoquant un triple-ment du prix des actions américaines. La consommation privée aux États-Unis, qui n’a augmenté que de 1,4 % par an sur les sept dernières années, est décevante.

Le cas du Japon

Le cas le plus marquant est celui du Japon. Depuis 25 ans, aucune reprise ne s’est produite ; le pays a désormais la dette publique la plus élevée du monde à 250% du PIB — et même environ 500% tous secteurs confondus.

Néanmoins, la BCE vient juste d’annoncer de plus grands achats d’obligations dans les prochaines semaines — ce qui a immédiatement stimulé les cours des actions et des obligations, ainsi que le taux de change du dollar.

Essayer de résoudre les problèmes structurels uniquement avec la politique monétaire ne marche pas, car l’argent va dans les actifs. On ne fait que préparer de nouvelles bulles financières, de nouvelles crises économiques, accroître les dettes publiques et prolonger la stagnation. Les déséquilibres mondiaux deviennent de plus en plus grands.

Quand les taux d’intérêt et les rendements sont à 0% ou s’en approchent, injecter de la monnaie via le QE devient une absurdité. En effet, si les taux zéro ne sont pas en mesure de stimuler de nouveaux investissements, à quoi peut servir le QE ?

Ce ne sont pas des bulles spéculatives qui peuvent causer une reprise économique. Les problèmes sont seulement transférés vers les marchés des changes et provoquent une course à la dévaluation. Quel pays est prêt à perdre ses positions sur les marchés mondiaux en acceptant qu’un concurrent obtienne des avantages grâce à un taux de change inférieur ?

Conclusion

Selon l’économiste Joseph Schumpeter, une économie libre a l’étonnante capacité de guérir par elle-même. La politique monétaire actuelle enraye ce processus d’auto-guérison. L’arrogance avec laquelle est menée la politique budgétaire actuelle élimine toutes possibilités de mise en œuvre des réformes nécessaires.

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