L’augmentation salariale, un droit ?

Feuille de paie (Crédits Matt, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

Désormais les entreprises devront justifier l’augmentation, mais également, la non-augmentation d’un salarié, chiffres à l’appui. À l’origine de ce changement, un arrêt de la Cour de cassation du 6 mai 2015.

Par Thibault Doidy de Kerguelen.

Feuille de paie (Crédits Matt, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.
Feuille de paie (Crédits Matt, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

Création du délit de « discrimination salariale »

Désormais les entreprises devront justifier l’augmentation, mais également, la non-augmentation d’un salarié, chiffres à l’appui. À l’origine de ce changement, un arrêt de la Cour de cassation du 6 mai 2015 donnant raison à un cadre d’un centre hospitalier qui n’avait pas obtenu d’augmentation, contrairement à ses collègues. Son employeur lui reprochait les mauvaises performances de son service. Eh bien le dit employeur, qui très probablement se croyait maître chez lui – le fou – a été condamné à verser à son salarié la somme de 3 000 euros à titre de dommages-intérêts pour « discrimination salariale ».

Sans arguments objectifs, augmentation obligatoire

Les prêcheurs de l’égalitarisme socialiste se réjouissent de cet arrêt : «  les augmentations ne peuvent plus être faites à la tête du client », s’exclame Éric Rocheblave, avocat.

La notion d’argument objectif implique la notion de « quantification ». Cela veut dire, comme nous l’explique ce même avocat,  que « l’argument de la performance n’est pas recevable car, sans chiffres précis, il est subjectif. Un employeur ne peut pas non plus reprocher un mauvais encadrement ou l’insatisfaction d’un client à son employé pour lui refuser une augmentation ».

Vers une fonctionnarisation générale de l’économie

Nous voyons bien, alors que le compte pénibilité se met en place, que malgré les beaux discours « cache sexe » d’Emmanuel Macron, les socialistes n’ont toujours rien compris à l’économie, à la nécessité de compétition, de concurrence pour l’accomplissement de progrès sans lequel, comme nous l’ont démontré les pays communistes, il n’existe que régression. La logique de nos idéologues nous conduit tout droit vers un statut unique du salarié calqué sur celui du fonctionnaire avec des perspectives limitées de revenus, des augmentations et de l’avancement automatiques non liés à des contingences de réussite ou de performance. Après cela, ils ne comprendront toujours pas pourquoi ceux qui se lancent dans la création d’entreprise et dont la réussite dépendra de l’engagement et de la compétence de leurs collaborateurs et, de facto, de la valorisation de cet engagement, n’auront d’autre choix que d’aller s’installer ailleurs qu’en France !

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