Cambadelis fait du mal aux minorités ethniques

Cambadélis credits Parti socialiste (licence creative commons)

Polémique politicienne sur la nature des propos à tenir quand on parle de Christiane Taubira et de Najat Vallaud-Belkacem, à la suite d’une déclaration de Nicolas Sarkozy.

Par le Parisien libéral

Cambadélis credits Parti socialiste (licence creative commons)
Cambadélis credits Parti socialiste (licence creative commons)

 

En ce moment, le gouvernement, toujours en mode bulldozer, défend son projet de réforme du collège. En dehors des militants socialistes, tout le monde semble à peu près contre. Pas seulement le politicien UMP Bruno le Maire, pas seulement le blogueur centriste l’Hérétique, mais aussi Julien Dray (PS), Jack Lang (PS), Jean-Marc Ayrault (PS) ou toute une flopée de « pseudos intellectuels«  (Alain Finkielkraut, Régis Debray, Patrice Gueniffey, Pierre Nora, Marc Fumaroli, Jean-Pierre Le Goff, Pascal Bruckner et Michel Onfray).

Il y a un personnage particulier qui a également donné son avis sur la réforme que propose Najat Vallaud-Belkacem, c’est le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy. Et qu’a t-il déclaré ? Que « dans le combat contre la médiocrité, [Christiane Taubira] est en passe d’être dépassée par la ministre de l’Éducation nationale ».

Immédiatement, Jean-Christophe Cambadelis (celui qui usurperait des diplômes, selon Mediapart) a répondu : il « pense que l’attaque de Nicolas Sarkozy envers Najat Vallaud-Belkacem est légèrement xénophobe » (comme si Najat Vallaud-Belkacem, ministre en France, pouvait avoir une nationalité autre que française).

Michel Sapin a aussi répondu : « Je pense que ça n’est pas par hasard si Sarkozy a mis dans une même phrase, et dans des termes injurieux, la ministre de la Justice et la ministre de l’Éducation nationale. C’est une ministre de la Justice qui a une couleur de peau et c’est une ministre de l’Éducation nationale qui porte un nom. »

Quel mépris pour les qualités et les défauts de Christiane Taubira et de Najat Vallaud-Belkacem ! Le Parti Socialiste, en assimilant toute critique de ministres qui seraient arabes ou noirs à du racisme, réifie ces ministres, les réduit à leur couleur/race/religion/apparence et dénie aux critiques le droit de ne pas être d’accord avec les politiques menées.

Contrepoints459 - Cambadelis - René Le HonzecMais d’un autre coté, à coté de la démarche méprisante de Cambadelis et Sapin (méprisante mais logique, vu l’attrait du PS pour les thèses rousseauistes), quelle erreur de casting à la tête de l’UMP ! Bravo Sarkozy ! Chercher à victimiser Najat Vallaud-Belkacem, quelle bonne idée ! Les militants du parti de droite n’ont-ils pas compris qu’en choisissant Nicolas Sarkozy, ils offraient le meilleur argument possible au Parti Socialiste et que jamais la gauche au pouvoir ne ferait d’analyse de fond de ce que l’opposition aurait éventuellement à lui dire ?

Le plus comique est que Christiane Taubira et Najat Vallaud-Belkacem ne sont même pas d’accord entre elles sur la question du racisme et de la lutte  antiracisme.

L’indépendantiste guyanaise et Garde des sceaux Christiane Taubira a-t-elle demandé à Najat Vallaud-Belkacem de s’expliquer sur ses propos jugés révisionnistes sur la traite négrière ?

Cette polémique sur la nature des propos à tenir quand on parle de Christiane Taubira et de Najat Vallaud-Belkacem montre en tout cas que face à la prise en otage par le Parti Socialiste de la lutte antiracisme, il est vraiment temps qu’une option alternative émerge. La fin des tentatives de discrimination positive et des politiques implicites de quotas, par exemple. Après tout, comme l’a affirmé Ségolène Royal, si Najat Vallaud-Belkacem est là où elle est, c’est bien parce qu’elle ne s’appelle pas Claudine Dupont, non ?


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