Climathon, semaine 15 : nouvelles frontières

Tout au long de l’année 2015, le climathon récompense chaque semaine la plus belle pièce de propagande climatique de la semaine écoulée.

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titanic credits Eric Constantineau (CC BY-NC 2.0)

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Climathon, semaine 15 : nouvelles frontières

Publié le 15 avril 2015
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Par Benoît Rittaud.

titanic credits Eric Constantineau (CC BY-NC 2.0)
titanic credits Eric Constantineau (CC BY-NC 2.0)

 

Le haut niveau est sans pitié : il laisse parfois sur le bord de la route des compétiteurs qui devraient normalement figurer parmi les meilleurs. Ainsi de Laurence Tubiana, ambassadrice française chargée des négociations climatiques en vue de la conférence Paris Climat de la fin de l’année (mais surtout récipiendaire d’un accessit lors de la semaine 6 du climathon), qui concède un gros coup de moins bien dans le JDD de cette semaine :

« Tous les pays souhaitent finir cette négociation. Ils pensent que c’est le moment. Ce ne sera sans doute pas un accord qui pourra tout résoudre, mais (…)

C’est extrêmement difficile, on n’arrive pas à avoir une distribution juste entre tous les pays (…)

[S’il n’y a pas d’accord à Paris] Il n’y aura pas d’effondrement, mais un très grand découragement. Tout le monde en a marre de négocier. »

Courage, madame l’Ambassadrice : si l’on a su discuter sans résultat depuis maintenant vingt ans (NB : la conférence Paris Climat est la « COP21 », c’est-à-dire la 21è conférence annuelle), on peut bien continuer encore quelques années de plus sans davantage d’effets. Nous avons confiance en vous, ne cédez pas à l’abattement !

La déception de voir une compétitrice à gros potentiel perdre du terrain est heureusement compensée par deux autres réalisations qui maintiennent le concours sur le rythme infernal qu’il ne quitte jamais. Pour la première fois, un parti politique en tant que tel obtient un accessit. C’est un parti français, en l’occurrence Europe Écologie Les Verts, qui se distingue ainsi, avec ce clip d’expression directe destiné à promouvoir une action climatique. Un clip à prendre au sérieux, car il s’agit tout de même de « sauver la planète », expression qui revient plusieurs fois.

Le temps fort de ce clip promotionnel est un reportage mené auprès d’un habitant du littoral atlantique (en Aquitaine) qui a dû abandonner il y a quelques années son logement en bord de mer « à cause du dérèglement climatique », et plus précisément du recul de la plage en quelques décennies. La faute au CO2, bien sûr.

Le jury, soucieux de ne primer que la propagande la plus pure et non quoi que ce soit qui ressemblerait à la vérité, est en mesure de confirmer que EELV mérite bien son accessit, en ayant usé du mensonge le plus flagrant. En effet, comme ne peut manquer de le savoir l’élue locale qui intervient dans le reportage, le recul de la plage sur la côte aquitaine n’a nul besoin de « réchauffement climatique » pour trouver une explication. Voici notamment une figure tirée d’un document de l’IFREMER paru à l’occasion d’un colloque à Biarritz en 2011, qui compare l’évolution du trait de côte à celle de l’occupation du rivage.

FigureIfremer / Climathon

Comme on le voit, le trait de côte recule depuis au moins le milieu du XIXème siècle (soit depuis bien avant nos émissions massives de gaz à effet de serre), et d’une façon régulière, sans accélération récente visible. Il n’y a nul besoin d’invoquer de dérèglement climatique pour expliquer ce qui est arrivé à ce malheureux riverain instrumentalisé par EELV. (NB : le document de l’IFREMER parle de changement climatique, bien sûr on ne se refait pas, mais va beaucoup plus loin et, surtout, sans proposer que l’évolution passée du trait de côte s’expliquerait mieux avec ce paramètre.)

Comme on n’imagine pas qu’une élue d’aquitaine pourrait ignorer la tendance séculaire au recul de la côte, ni l’évolution récente de l’occupation du rivage par les constructions humaines, le jury est pleinement fondé à accorder à EELV un accessit au climathon, pour propagande bien orchestrée et instrumentalisation du malheur d’autrui. On n’en attendait pas moins de ce parti politique, faut-il le dire.

Le vainqueur de la semaine 15

« On atteint des profondeurs insondables, quelque chose comme de nouvelles frontières de l’esprit humain. Un truc indéfinissable qui dépasse l’entendement. » Seuls ces quelques mots de Murps (en commentaire sur Skyfall) semblent à la hauteur pour rendre valablement compte de l’incroyable performance de Pauline Château, auteur d’un article dans L’Express intitulé, en toute simplicité, « L’acidité des océans pourrait entraîner la fin de l’humanité ». Cet exploit lui vaut sans contestation possible le titre de vainqueur de la semaine 15 du climathon.

Damant le pion à d’autres médias tels que Le Figaro, 24 heures, Métro (édition Belgique), Le Journal de Montréal ou encore i24News qui, eux, se sont contentés de recopier servilement la dépêche AFP afférente (qui à elle seule mérite un bel accessit), l’article de L’Express montre que les records en terme de délires climatiques sont faits pour être battus. Celui-ci fait en effet plus que tenir les promesses de son titre, avec une introduction qui situe le niveau journalistique de l’ensemble :

« Ni bombe nucléaire, ni fonte des glaces : l’extinction de l’humanité pourrait provenir de l’acidité des océans. C’est ce qu’une nouvelle étude tend à démontrer. »

rené le honzec climathonAh, les « études »… Que n’ont-elles pas démontré, les « études » ! Nous apprenons ainsi que l’extinction massive d’espèces du Permien-Trias (rebaptisée pour l’occasion « permien-triasique », expression visiblement recopiée de la dépêche AFP et que l’on retrouve dans tous les autres médias ayant repris l’information) n’a été qu’incidemment causée par une activité volcanique. En effet, le plus terrible a été alors l’acidification des océans qui en aurait été la conséquence. Et donc, et donc, et donc… Les volcans d’aujourd’hui sont des cheminées d’usine et leur gaz satanique, qui ont augmenté l’acidité des océans de 30% en 250 ans, nous explique l’article (l’unité de pH étant logarithmique, le jury confesse n’être pas sûr de la manière correcte d’interpréter ce chiffre). Les coraux peuvent alors reprendre du service : les voilà à nouveau, comme d’habitude, au bord de l’extinction (en 2010, la disparition de la Grande barrière de corail était déjà « imminente »). Mais l’humanité aussi, nous dit l’article, puisque nous mangeons du poisson…

L’article va encore plus loin. Loin d’un énième et banal cri d’alarme sur la fin du monde, il nous gratifie en effet d’un message en provenance de l’avenir ! En direct du XXIIème siècle, soit juste après la Très Grande Catastrophe Climatique Terrestre, l’un des rares rescapés du désastre est en effet parvenu à envoyer un message dans le passé. C’est celui-ci qui a été capté par Pauline Château. Elle nous le restitue in extenso, choisissant, pour marquer le caractère inéluctable de ce qui nous attend, de laisser le message dans sa version originale, c’est-à-dire au passé :

« L’acidification des océans a joué un rôle majeur dans l’extinction de l’humanité. Il (sic) a en effet entraîné une perte massive d’oxygène et une hausse importante des températures. »

Nous savons donc comment l’humanité va bientôt disparaître. L’on ne peut toutefois que s’étonner que L’Express n’en ait pas fait sa une. Une forme de déni, probablement.

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  • J’ai lu aussi que les « fish and chips » étaient menacés par le réchauffement des océans bordant la GB

  • Que dire des commentaires sur l’article de Pauline Château… La majorité se flagelle, croit dur comme fer ce qui y est raconté et nous sommes tous responsable de la mort de notre mère la Terre. Con.ster.nant.

  • Il faut bien gagner sa vie. même en écrivant de conneries.
    Seul parade. faire des paris. Avec de l’argent.
    Sinon , tout un chacun peut articuler de phrases sur tous les sujets, que les étoiles sont loin, qu’elles sont en fait tout près, … et alors. Comme le ridicule ne tue presque plus, et de moins en moins.. quelle importance.
    Donc…. les paris !!
    Si a la dame , on lui réponds en pariant sur sa maison, que l’année prochaine (et non pas dans 50 ans, ou plus), si l’acidité va encore monter, on va observer une chute de l’oxigene dans l’atmosphère (pari gagné par elle) ou non (paris gagné et perte de sa maison), je fais le pari (encore un) qu’elle va être beaucoup plus circonspecte dans ses affirmations.

  • Pour les réchauffistes professionnels, la propagande consiste à affirmer qu’il n’y a plus de débat. Effectivement, le débat est clos : les changements climatiques ne dépendent pas de l’activité humaine. Aucune intervention ne pourra les influencer, et certainement pas les politiques publiques collectivistes. Quand on y réfléchit objectivement un instant, compte tenu des échelles en jeu, on ne peut s’empêcher de remarquer à quel point cette prétention est inouïe, confinant au délire pathologique. Cela ne veut pas dire qu’il faut cesser d’étudier le climat mais qu’il n’y a absolument aucune urgence ni nécessité politique. Mieux, la politique est totalement impuissante en la matière.

    Voir : https://www.youtube.com/watch?v=dPpMdr9VqUY

    Le principal argument, montré depuis longtemps, est la séquence historique de la hausse des températures et de la concentration de CO2 dans l’atmosphère. Les données disponibles démontrent que la seconde suit toujours la première. Le CO2 n’est pas une cause des variations, c’est une conséquence. L’activité humaine ne peut pas expliquer le changement climatique, réchauffement ou refroidissement. Le changement du climat ne peut pas être d’origine anthropique. Les politiques collectivistes d’assujettissement de l’activité humaine sont donc parfaitement inutiles du point de vue du climat. En revanche, nous savons qu’elles sont extrêmement néfastes du point de vue économique ainsi que la théorie, et surtout les faits, l’ont amplement démontré sans doute possible.

    • Au moins vous semblez reconnaître le réchauffement, ce qui n’est pas le cas de nombreux commentateurs ici.

      • Pour être précis, on doit considérer les changements climatiques comme hors de portée qu’une quelconque action humaine, à commencer par une action collectiviste. Dès lors que les (petites) variations des températures moyennes à la surface du globe dépendent de la combinaison des cycles solaires et des variations des orbites des planètes, vous imaginez sans mal que la nature se moque comme d’une guigne des agitations, même frénétiques, des micro-particules humaines (pour faire dans le paganisme anthropomorphe des escrologistes)

        L’écologisme politicien est à peu près aussi idiot et vain que de croire qu’en réunissant toute la population mondiale en un point unique du globe, on pourrait le faire basculer ou changer son orbite.

      • J’ajoute qu’il existe une écologie responsable, celle qui optimise l’effet des actions de l’homme sur son environnement dédié à son service. Cette écologie est de nature strictement privée et, comme n’importe quelle richesse, dépend de la fixation des prix et des quantités sur les marchés libres par le bienfait des échanges volontaires. En dernière analyse, l’écologie bien comprise dépend de la régulation par les marchés libres mais souffre de l’interventionnisme collectiviste, parce que ce dernier interdit toute possibilité de régulation.

  • « C’est ce qu’une nouvelle étude tend à démontrer. »

    Ces fameuses « zétudes » qu’adorent citer les écolos, qui sont censées d’autorité avoir tout résolu et réfuté tous les arguments des adversaires…

    Dans un débat comme le sexe des anges, on pourra sortir toutes les études qu’on veut, ça ne prouvera rien…

  • En lisant votre article j’ai compris comment l’église de Barfleur, qui en l’an mil était au milieu de la ville, a fini par se retrouver au bord de la mer. C’est la faute au réchauffement climatique qui s’est produit depuis cette époque. Tout s’éclaire !!!

  • C’est la technique du cri qui tue.
    Dans un premier temps, on fait un peu peur avec le CO2. 80 % de gogos sont convaincus.
    Il suffit de mouliner encore une fois avec menace de fin de l’humanité, on ne pourra plus tremper le doigt de pied dans l’eau. La on a 90% des 20 % restants.
    Les 2% sceptiques comptent alors pour beurre.

    Et HOP, par ici les bonnes subventions bien juteuses …

  • Entendu ce matin à la radio : le coût de la conférence de Paris en décembre est « estimé » à 180 millions € !
    On reste dans les normes puisque le GIEC demande 100 milliards pour commencer et prévoit de monter à 300 milliards pour la suite.
    C’est un délire planétaire !

  • Les commentaires sont fermés.

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