Rapport PISA : le genre féminin l’emporte sur le masculin !

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Le rapport PISA 2012 est clair, dans tous les pays de l’OCDE les filles réussissent mieux les tests que les garçons, en moyenne 38 points de plus.

Par Jacques Henry.

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Une des études figurant dans le rapport PISA et qui fit beaucoup de bruit lors de sa publication parut presque inaperçue car elle révèle ce que l’on veut cacher : la différence entre garçons et filles. Ce n’est plus politiquement correct d’établir une telle différence même si les faits sont pourtant là. Prétendre que les filles sont plus douées que les garçons pour les études bouscule la théorie du genre dont l’apologie fut largement répandue par Sarah Palin, membre du Parti Républicain américain mais surtout militante du Tea Party. Palin défend presque hystériquement, au sens étymologique du terme, la théorie du genre ; et quand on se rend à l’évidence, prétendre que les filles sont plus douées que les garçons dans l’apprentissage de la lecture pourrait au contraire satisfaire les tenantes de l’égalité des genres, tout dépend naturellement de quel côté on se trouve idéologiquement. Le rapport PISA 2012 est pourtant clair, dans tous les pays de l’OCDE les filles réussissent mieux les tests que les garçons, en moyenne de 38 points de plus (515 pour les filles et 478 pour les garçons), leur domaine d’excellence étant la lecture.

Le pays dont les filles sont les plus performantes est la Finlande. Elles surpassent les garçons de 62 points dans les tests de lecture. Ce sont d’ailleurs ces excellentes performances des filles qui font que la Finlande a été classée première dans les tests PISA.

genre rené le honzecSi on analyse le graphique ci-dessus, il y a trois pays qui n’utilisent pas les caractères romains, Israël, la Corée et le Japon. Israël fait un peu exception car les élèves apprennent systématiquement l’anglais et l’hébreu à l’école, ce qui n’est pas le cas en Corée et au Japon lors des premières années d’étude. Ceci pourrait expliquer pourquoi la différence entre garçons et filles est la plus faible dans ces deux pays. L’incitation à la lecture pourrait faire la différence, or ce n’est pas le cas. On ne peut qu’en être réduit à des hypothèses floues considérant que les garçons se découvrent d’autres sujets d’intérêt les divertissant de leur scolarité. Dans des pays comme le Canada ou l’Australie où les enseignants encouragent les élèves à lire, les scores PISA n’ont pas été sensiblement augmentés pour les garçons. De même que les écoles exigeant plus de « travail à la maison » n’ont pas vu leur score PISA amélioré, il paraît illusoire de tenter d’établir des corrélations compte tenu de l’apparente simplicité du classement PISA qui n’autorise aucune stratégie analytique des « différences dans les différences ». Ce dernier point pourrait tout simplement remettre en cause la validité du classement PISA qui n’est finalement qu’une image très approximative du classement par pays de la qualité de l’enseignement.

Il faut cependant remarquer que la différence entre filles et garçons a tendance à s’estomper depuis une cinquantaine d’années en particulier dans des disciplines comme les maths ou les sciences. Et cette « égalisation » des genres est encore plus marquée chez les adultes dans leur vie professionnelle. Il n’en reste pas moins que 65% des hommes adultes déclarent (moyenne OCDE) ne jamais lire de livres alors que 63% des femmes adultes s’adonnent régulièrement à la lecture. Une étude a montré que les femmes étaient très avides de livres d’occasion dans les présentoirs de certaines librairies alors que les hommes ne s’y intéressent que très rarement.

Peut-être que les tests PISA se vérifient à l’âge adulte…

  • Source : Brookings.edu


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