Élections départementales : attention, le piège

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La démocratie n’est pas la liberté car asservir quiconque n’est pas un droit.

Par Marius-Joseph Marchetti.

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Dimanche passé, comme tout le monde le sait, a eu lieu le premier tour des élections départementales. Il est donc d’actualité de parler de ce système liberticide que nous appelons démocratie. Ai-je dit liberticide ? N’ai-je pas plutôt dit « merveilleux système promouvant la liberté de chacun » ? Non, bien loin de moi cette idée. Quels sont donc les arguments que j’ai à faire valoir pour énoncer pareille cruauté ? Tout d’abord, le fait même que les gens se déplacent de moins en moins pour voter. Comprenez-vous, les étatistes de tout bord détestent cela ! Nous avons tous déjà entendu les cris éhontés des plus ardents défenseurs de la démocratie quand tombent les résultats des élections, avec en général son important taux d’abstention. La première remarque n’est-elle pas « et si essayer de contrôler les gens n’était pas la bonne solution » ? Ce serait clairement naïf. Non, la première remarque de nos charmants étatistes est : « Si les gens ne votent pas pour ce système qui les enchaîne, nous devrions les obliger à le faire. Leur coller une amende, en plus du fait qu’ils se feront plumer de toute manière. » L’affiche est moins reluisante, n’est-ce-pas ? Le vote est un droit si on tolère le système, mais il est une peine si tel n’est pas le cas.

« Ah bon ? Comment ça ? La démocratie n’est-elle pas le résultat de la liberté de choix de chacun ? Voter pour enchaîner notre voisin, n’est-ce pas user de la liberté que nous donne la démocratie ? » Eh bien, comment dire ? Il est une phrase très joliment formulée dans La Vertu d’Égoïsme d’Ayn Rand qui répond parfaitement à cette interrogation : « Personne n’a le droit d’imposer une obligation non choisie, un devoir non récompensé ou une servitude involontaire aux autres. Il ne peut exister un quelconque droit à asservir. » Non, la démocratie n’est pas la liberté car asservir quiconque n’est pas un droit.

Rien ne saurait légitimer que quelqu’un me vole et me mette en esclavage, qu’il soit mon voisin ou 99,9% de la population. « Et pourquoi donc ? La liberté de voter, n’est-ce pas une liberté collective, une manière de montrer ce qu’est l’intérêt général ? » Sophisme, quand tu nous tiens… Encore une fois, non. Pour la simple et bonne raison que le terme de liberté collective est un oxymore. Les libertés collectives n’existent pas, un droit ne pouvant être que purement individuel, et ne pouvant être mis en application que par son détenteur. Seul l’individu peut exercer sa liberté, et non pas la masse, qui, lorsqu’elle pense en tant que masse, est bien plus féroce et moins paisible.

« Comment ça, une liberté ne saurait être collective ? Mais si je ne vote pas afin que mon voisin qui est pauvre puisse être aidé, qui le fera ? » Eh bien, si vous étiez réellement soucieux des plus démunis, pourquoi ne les aidez-vous pas vous-même, individuellement ? N’est-ce donc pas « l’intérêt général » qui vous intéresse ? Pourquoi forcer quelqu’un à faire ce qu’il ne souhaite pas (ou ce qu’il souhaite faire d’ailleurs, mais d’une autre manière) ? Car sinon il serait égoïste ? Et qu’il faut le contraindre à ne pas l’être ? L’égoïste est quelqu’un, selon Ayn Rand, qui se caractérise par son indépendance d’esprit. À l’écoute des réflexions de certains, on comprend qu’ils ne sont clairement pas égoïstes puisqu’ils admettent, comme prémisse fondamentale que la violence est la base de toute relation humaine.

« Les libertés fondamentales ne sont pas sujettes au vote public ; une majorité n’a aucun droit de légiférer sur les droits d’une minorité ; la fonction politique des droits est précisément de protéger les minorités de l’oppression des majorités, et la plus petite minorité sur terre est l’individu. » — Ayn Rand.

« La violence ? Mais c’est ridicule. On leur laisse le choix pour voter. » La violence ? Oui, la violence. Voilà ce que nous pouvons lire ici : « Un chrétien américain a déposé en toute légalité une initiative visant l’autorisation de tuer gays et lesbiennes sans autre forme de procès. » Imaginez que cette loi soit votée et approuvée par une majorité de personne. Cela rendrait-il cet acte plus légitime ? Je vous laisse deviner. On peut qualifier caricatural mon exemple, mais une prémisse reste une prémisse, et il n’y a pas de nuance entre prémisse. Le choix ? Mais quel choix ? Celui de mon maître pendant x années ? Dieu m’en préserve, quitte à être enchaîné, je préfère clairement montrer que je n’y consens que moyennement. Voilà l’essentiel ! Le consentement ! Tout le monde évoque par exemple le consentement à l’impôt. Et tout le monde, par exemple, explique que mieux vaut vivre en démocratie qu’en monarchie (je ne suis pas monarchiste, je présente un état de fait).

Je dirais l’inverse. Prenons au départ une monarchie et une démocratie ayant le même niveau de développement et le même taux très faible de prélèvements ; les deux pays décident d’augmenter les impôts. Chacun sait très bien que le roi va s’en servir à son bénéfice personnel, ou pour augmenter le nombre de privilégiés et appauvrir tous les autres. La révolte ne tarde donc pas à gronder. Dans le second pays, la situation est plus timorée, oserais-je dire. Chacun se renfrogne, mais admet que c’est dans l’intérêt général. Et puis, que risquons-nous ? Nous voterons pour quelqu’un de différent dans quelques années. Cette personne ne sera pas éternellement au pouvoir. Non, mais l’État sera éternellement présent, et croîtra au fil des ans. Voilà deux situations : l’une où le vol est patent, et la seconde où on imagine pouvoir y mettre un terme en votant pour un autre maître.

Oui, la démocratie est le jeu des dupes. Elle endort les esprits, et ses défenseurs susurrent à nos oreilles : « Vénérez-nous, nous qui vous avons donné la possibilité d’asservir votre voisin. Vous êtes libres. Enfin, croyez-le. Nous ne demandons que cela. »

Voter n’est pas un droit. Voilà ce qu’est un droit :

« Les droits sont des principes moraux qui protègent la liberté d’action de l’homme, mais qui n’imposent aucune obligation aux autres hommes. » — Ayn Rand.

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